adj. XIXe siècle. Dérivé d'abstention.Qui s'abstient de participer à une élection, à un scrutin. Les électeurs abstentionnistes. Subst. Un, une abstentionniste. Abstinencen. f. XIIe siècle. Emprunté du latin abstinentia, « action de s'abstenir ».Renonciation partielle ou totale, par principe, hygiène ou pénitence, à la consommation de certains aliments, à la satisfaction d'un besoin, d'un désir. S'astreindre à une abstinence prolongée. Abstinence de boissons fortes. Jours d'abstinence, jours où l'Église catholique interdit de consommer de la viande. Aujourd'hui, l'abstinence est de règle le Mercredi des Cendres, les vendredis de carême et le Vendredi saint. Abstinent, -ENTE adj. XIIe siècle. Emprunté du latin abstinens, -entis, participe présent de abstinere (voir Abstenir).Qui renonce à l'usage de certains aliments, de certaines boissons, de certains plaisirs, soit par obéissance aux prescriptions de sa religion, soit par souci d'éthique ou d'hygiène. Abstracteurn. m. XVIe siècle. Emprunté du latin médiéval abstractor, terme d'alchimie, dérivé de abstractus (voir Abstrait).Seulement dans l'expression Abstracteur de quintessence. Anciennt. Alchimiste qui extrayait la partie la plus subtile d'un corps. Auj. Fig. Celui qui se complaît dans les idées abstraites et les subtilités excessives. Ellipt. C'est un abstracteur. En apposition. Un esprit abstracteur. Abstractionn. f. XIIIe siècle. Emprunté du bas latin abstractio, dérivé de abstractum, supin de abstrahere (voir Abstraire). 1. Action d'abstraire, d'isoler dans un objet un caractère pour le considérer séparément. L'homme est capable d'abstraction et de généralisation. Expr. Faire abstraction de, écarter par la pensée, ne pas prendre en considération. Pour bien juger des hommes, il faut ne considérer que leur mérite et faire abstraction de leur fortune. Abstraction faite de la langue, souvent incorrecte, cet ouvrage n'est pas sans mérite. 2. Idée, représentation, qualité, propriété isolée par la pensée. Le point géométrique est une abstraction. Les concepts de couleur, de forme, de volume sont des abstractions. Par ext. Idée abstraite, par opposition aux faits concrets, à la réalité vécue. Pour qui habite ce faubourg, la misère n'est pas une abstraction. 3. Péj. Vue de l'esprit qui néglige la réalité, les faits. C'est un esprit chimérique : il se perd dans des abstractions. 4. BX-ARTS. Procédé ou doctrine de l'art abstrait ; ensemble d'œuvres répondant aux critères de l'art abstrait. Abstrairev. tr. (se conjugue comme Traire). XIVe siècle. Emprunté du latin abstrahere, « enlever en tirant, retirer, arracher », et « isoler par la pensée ». 1. Séparer par l'esprit un ou plusieurs caractères d'un être, d'un objet, d'une notion. Abstraire les accidents de la substance. 2. Pron. S'abstraire, s'isoler du milieu environnant pour concentrer sa pensée sur l'objet de sa méditation. Il a une telle faculté de s'abstraire qu'il peut travailler au milieu du bruit. Abstrait, -AITE adj. XIVe siècle. Emprunté du latin abstractus, « isolé (de la matière) par la pensée », participe passé de abstrahere (voir Abstraire). 1. Qui est le résultat d'une abstraction. Terme abstrait, désignant une qualité, par opposition à Terme concret. Blancheur, noirceur, pureté sont des termes abstraits. Nombre abstrait, considéré seulement comme faisant partie d'une collection d'unités indépendamment de l'espèce réelle de ces unités, par opposition à Nombre concret. Subst. Ce qui est abstrait, par opposition à Concret. Se perdre dans l'abstrait. Raisonner dans l'abstrait. 2. Qui use d'abstractions, qui opère sur des relations. La pensée abstraite. L'algèbre, la géométrie sont des sciences abstraites. 3. Péj. Qui se perd dans les abstractions. Ce discours est trop abstrait. Une argumentation abstraite. 4. BX-ARTS. Se dit d'un art qui combine lignes, couleurs ou formes pour leur valeur esthétique ou émotionnelle, en s'affranchissant des contraintes de la représentation. L'art abstrait ou, ellipt., l'abstrait est aussi appelé art non figuratif. Par méton. Un peintre abstrait ou, ellipt., un abstrait. Abstraitementadv. XVIe siècle. Dérivé d'abstrait.D'une manière abstraite. S'exprimer abstraitement. Raisonner abstraitement. Abstrus, -USE adj. XVIe siècle. Emprunté du latin abstrusus, participe passé de abstrudere, « cacher profondément ».Difficile à saisir par l'esprit. Un raisonnement abstrus. Une pensée abstruse. Absurdeadj. et n. m. XIIIe siècle, absorde. Emprunté du latin absurdus, « discordant, dissonant, hors de propos ». 1. Adj. Qui va contre la raison, la logique, le sens commun. Un raisonnement absurde. C'est une idée absurde. Il est absurde d'agir comme vous le faites. Une conduite absurde. Une supposition absurde. Ce que vous dites là est absurde. 2. N. m. Ce qui viole les normes de la logique, ce qui est contradictoire, déraisonnable. Tomber dans l'absurde. Raisonnement par l'absurde, consistant à démontrer qu'une proposition est vraie par l'énoncé des conséquences qui découlent de la proposition contradictoire. Démonstration par l'absurde. Spécialt. L'absurde, l'abîme entre les aspirations de l'homme et son expérience vécue ; l'absence de fins dernières. Le sentiment de l'absurde. La philosophie, le théâtre de l'absurde. |