n. m. XIXe siècle. Dérivé de jalonner. 1. Personne qui plante des jalons, qui établit un jalonnement. 2. MILIT. Chacun des hommes placés de loin en loin pour déterminer d'avance une direction, un alignement. Établir des jalonneurs. Le premier, le second jalonneur. Donner l'ordre aux jalonneurs de se retirer après le passage du convoi. Jalousementadv. XIIIe siècle. Dérivé de jaloux. 1. Avec un soin jaloux, qui ne se relâche pas, ni ne transige. Un secret jalousement gardé. Défendre jalousement ses droits. 2. Avec jalousie, par jalousie. Aimer jalousement. Il observait jalousement les progrès de son rival. Jalouserv. tr. XIIIe siècle. Dérivé de jaloux.Éprouver de la jalousie pour quelqu'un, considérer avec dépit ses biens, ses succès. Jalouser ses concurrents. On jalouse sa carrière. Il est jalousé de ses condisciples. Pron. réciproque. Les gens de même métier se jalousent souvent entre eux. Jalousien. f. XIIe siècle, jalosie. Dérivé de jaloux. 1. Attachement vif et ombrageux à un bien, à un avantage que l'on a et que l'on croit menacé. Il défend ses prérogatives avec jalousie. 2. Sentiment d'une personne qui se sait ou se croit trahie par l'être aimé. Accès, crise de jalousie. Les chagrins, les tourments de la jalousie. Être dévoré de jalousie. Les inconstances, les relations de son mari excitent sa jalousie. Par ext. Humeur jalouse, disposition constante au soupçon. Elle souffre beaucoup de la jalousie de son mari. Titre célèbre : La Jalousie du barbouillé, de Molière (avant 1655). 3. Dépit de ne pas avoir ce qu'un autre obtient ou possède et que l'on désire pour soi-même. Vos succès lui inspirent, lui donnent quelque jalousie. Il a fait cela par jalousie. Il y a une vieille jalousie entre les deux familles. Jalousien. f. XVIe siècle. Emprunté de l'italien gelosia, de même sens, dérivé de geloso, « jaloux ».Treillis de bois ou de métal garnissant une fenêtre, et au travers duquel on peut voir sans être vu. Épier au travers d'une jalousie. Désigne surtout aujourd'hui une sorte de volet mobile dont on peut modifier à volonté l'inclinaison des lattes, pour se garantir du soleil ou de la lumière. Baisser, lever la jalousie. Les cordons d'une jalousie, qui permettent de la manœuvrer. Jaloux, -OUSE adj. XIIe siècle, gelos. Issu, par l'intermédiaire du bas latin zelosus, « plein d'amour et de prévenance », du grec zêlos, « empressement, ardeur ; rivalité, envie ». 1. Qui tient beaucoup, qui est fort attaché à quelque chose. Être jaloux de sa réputation, de son honneur. Il est trop jaloux de ses prérogatives, de son autorité pour accepter de les partager. Un peuple jaloux de sa liberté. Veiller sur ses intérêts avec un soin jaloux, ombrageux, obstiné. ÉCRITURE SAINTE. Dieu jaloux, se dit pour faire entendre que Dieu veut être seul adoré et servi sans partage. Suivi d'un infinitif. Class. Qui a à cœur, qui est très désireux de. Je suis jaloux d'acquérir, de conserver votre estime. Il est jaloux de lui plaire. 2. Qui éprouve un attachement exclusif pour quelqu'un ; qui souffre de l'infidélité réelle ou imaginée de l'être aimé. Un mari, un amant jaloux. Elle est jalouse de son mari. Il est jaloux de tous ceux qui parlent à sa maîtresse. Par ext. Soupçons jaloux. Expr. Être jaloux comme un tigre, jalouse comme une tigresse. Subst. C'est un jaloux, une jalouse. Le jaloux berné est un personnage du fabliau et de la comédie. 3. Qui éprouve une envie mêlée de dépit à voir un autre jouir de ce que lui-même désire sans le posséder ni pouvoir l'obtenir. Être jaloux d'un rival, d'un frère. Elles sont jalouses de cette femme, de sa beauté. Il est jaloux de votre réputation, de votre gloire. Âme jalouse. Par ext. Regarder d'un œil jaloux la prospérité d'autrui. Subst. Votre réussite fait bien des jaloux, plus d'un jaloux. Jamaïcain, -AINE ou JAMAÏQUAIN, -AINE adj. XIXe siècle. Dérivé de Jamaïque, nom géographique.Relatif à la Jamaïque. Subst. Un Jamaïcain, une Jamaïcaine, personne qui est originaire de la Jamaïque ou qui a la nationalité de ce pays. Jamaisadv. XIe siècle. Composé des anciens adverbes jà, « déjà », et mais, « plus ». 1. En aucun temps. Avec la particule négative ne. On n'a jamais rien vu de pareil. Je n'en avais jamais entendu parler. Jamais homme ne fut plus serviable. Pour renforcer la négation ou la restriction. Ne me parlez plus jamais de cela. On ne l'a jamais plus revu. Il n'a jamais fait que son devoir. Dans d'autres constructions ou phrases de sens négatif. Son style est élégant, jamais recherché. Une haine jamais assouvie. Il travaille sans jamais s'arrêter. Ellipt. « Avez-vous été à Rome ? - Jamais. » Exclam. Plus jamais cela ! Jamais de la vie ! en aucun cas. Subst., dans la loc. adv. Au grand jamais, en aucun cas, sous aucun prétexte. Jamais, au grand jamais je ne ferai cela. Expr. On ne sait jamais, c'est possible malgré tout. C'est le moment ou jamais, pour signifier qu'une décision, qu'une action ne doit plus être différée. Fam. Jamais deux sans trois, voir Deux. Prov. Mieux vaut tard que jamais. 2. En un temps quelconque, à un moment, en un jour quelconque. Elle m'est plus chère que jamais. Si vous venez jamais me voir, je vous montrerai ma collection. C'est un homme consciencieux, s'il en fut jamais. J'ignore s'il a jamais affirmé cela. C'est ce qu'on pourra jamais dire de plus fort. Y parviendra-t-il jamais ? A-t-on jamais vu pareille insolence ? Expr. Sait-on jamais ? se dit à propos d'une chose peu probable, mais dont on refuse d'écarter complètement l'éventualité. Loc. adv. À jamais, à tout jamais, pour toujours, dans tout le temps à venir. Il vous est dévoué à jamais. La mort les a réunis à tout jamais. Vieilli. Pour jamais, pour toujours. Adieu pour jamais. Jambagen. m. XIVe siècle. Dérivé de jambe. 1. BÂT. Chaîne de pierre ou de maçonnerie qui soutient l'édifice et sur laquelle reposent les grosses poutres. Jambage de pierre de taille, de brique. Par ext. Jambage de cheminée, désigne les assises de pierres qui soutiennent le manteau d'une cheminée. Les jambages d'une porte, d'une fenêtre, les montants verticaux qui forment l'encadrement d'une porte, d'une fenêtre. (On dit aussi Piédroit.) 2. Ligne droite dans le tracé de certaines lettres. Les jambages du m, du n, du u, du p. Les hampes et les jambages. Des jambages mal formés, mal liés. Jamben. f. XIe siècle. Issu, par l'intermédiaire du bas latin gamba, « paturon du cheval », du grec kampê, « courbure ; articulation du pied du cheval ». I. Membre inférieur du corps humain. 1. ANAT. Partie de ce membre comprise entre le genou et le pied. Le tibia et le péroné sont les os de la jambe. Se casser la jambe, une jambe. Le gras de la jambe, le mollet. Le galbe de la jambe. Avoir la jambe fine, bien faite, bien galbée. Des jambes arquées, torses, cagneuses. Être assis les jambes ballantes, les jambes dans le vide. Fam. Avoir des jambes comme des allumettes, comme des baguettes de tambour, raides et grêles, comme des poteaux, aussi épaisses à la cheville qu'au mollet. Loc. adv. À mi-jambe, jusqu'à la moitié de la jambe. L'eau lui venait jusqu'à mi-jambe. Une robe qui tombe à mi-jambe. 2. Se dit couramment du membre inférieur tout entier, y compris la cuisse. Croiser, plier, étendre les jambes. Se tenir les jambes écartées, fléchies. Se camper sur ses deux jambes. Cet enfant commence à tenir sur ses jambes. Il est si affaibli que ses jambes ne le portent plus. Avoir les jambes molles, flageolantes. Se dégourdir ou, fam., se dérouiller les jambes, marcher pour prendre de l'exercice. On a dû l'amputer d'une jambe. Par anal. Jambe de bois, jambe artificielle, articulée, appareil qui remplace une jambe amputée. Expr. fig. C'est un emplâtre, un cautère sur une jambe de bois, un remède dérisoire, une mesure inefficace. ÉQUIT. Avoir un bon cheval entre les jambes. La science du cavalier consiste dans l'accord de la main et des jambes. Se servir de la jambe de dedans, de la jambe de dehors, voir Dedans, Dehors. Ce cheval est très sensible à la jambe, répond bien à la jambe. 3. Locutions et expressions. Être tout en jambe ou en jambes, être haut sur jambes, avoir des jambes très longues. Être court de jambes (vieilli). Jeu de jambes, dans certains sports, désigne la manière dont on meut ses jambes. Ce boxeur a un bon jeu de jambes. Rompre bras et jambes à quelqu'un, le rouer de coups. Croc-en-jambe, voir ce mot. N'aller que d'une jambe, se dit d'une personne qui boite ou, fig., d'une entreprise qui périclite. Jouer quelqu'un par-dessus ou par-dessous la jambe (expression empruntée au jeu de paume), obtenir avec facilité un avantage sur lui, l'amener avec adresse à faire exactement ce qu'on veut de lui. Il les a tous joués par-dessous la jambe. Fam. Traiter quelqu'un par-dessus ou par-dessous la jambe, le traiter avec peu d'égards, comme une personne de peu de considération. Faire quelque chose, traiter une affaire par-dessus la jambe. Tenir la jambe à quelqu'un, le retenir par de longs discours, l'importuner par des propos oiseux. Il m'a tenu la jambe pendant une heure. Faire la belle jambe (vieilli), faire le beau, parader. Iron. Cela ne lui rend pas la jambe mieux faite (vieilli) ou, auj., Cela lui fait une belle jambe, cela ne lui apporte aucun avantage, ne lui est d'aucune utilité. Lever la jambe (vieilli), danser. Triv. Une partie de jambes en l'air, des ébats amoureux. DANSE. Rond de jambe, demi-cercle exécuté par une jambe vers l'avant ou vers l'arrière. Fig. Faire des ronds de jambes, se répandre en politesses affectées. Employé au pluriel et pris pour l'organe de la marche, de la locomotion. Avoir de bonnes jambes, être capable de longues marches. Avoir ses jambes de quinze ans, de vingt ans, se dit d'une personne âgée qui est encore alerte, ferme sur ses jambes. Avoir tant de kilomètres dans les jambes, ressentir la fatigue d'une marche de tant de kilomètres. N'avoir plus de jambes, ne plus sentir ses jambes, n'avoir plus la force d'avancer. Avoir des fourmis dans les jambes, voir Fourmi. Avoir les jambes en coton, voir Coton. Être toujours dans les jambes de quelqu'un, le gêner dans ses mouvements en se mettant sans cesse sur son chemin. Donner des jambes, donner un surcroît d'énergie pour courir et, fig., donner de l'allant. La peur lui donnait des jambes. Prendre ses jambes à son cou ou, pop., jouer des jambes, s'enfuir en courant. Tirer dans les jambes de quelqu'un, entraver ses démarches, chercher à lui nuire par des procédés déloyaux. Couper bras et jambes à quelqu'un, lui enlever beaucoup de ses prétentions, de ce qu'il regarde comme ses droits (vieilli). Cet arrêt lui a coupé bras et jambes. Se dit également en parlant de ce qui ôte à quelqu'un tout moyen d'agir, d'arriver à ses fins, ou le frappe d'étonnement, de stupeur. Ce malheur, cette nouvelle lui a coupé bras et jambes. Cela me coupe les jambes, me laisse sans force. Avoir les jambes coupées, être paralysé par une émotion violente. 4. Par méton. Chacune des parties d'un vêtement qui recouvrent les membres inférieurs. Les jambes d'un pantalon. Ourler le bas des jambes. Retrousser les jambes de son pantalon. II. Chez certains animaux. Chacun des membres qui soutiennent le corps et permettent la locomotion. Les jambes de devant, de derrière d'un bœuf. Les jambes torses d'un basset. Ce cheval a les jambes arquées. La tradition veut qu'on ne parle jamais de la patte d'un cheval, mais de la jambe. ÉQUIT. Retenir la jambe du dedans du cheval, la jambe du dehors. Changer la direction d'une jambe de l'animal par l'action oblique et croisée de l'une ou de l'autre rêne. Spécialt. Pour certains mammifères, se dit de la partie de chacun des membres qui correspond chez l'homme à l'avant-bras ou à la jambe au sens strict. VÈN. La jambe du cerf, du sanglier, la partie du pied comprise entre le talon et les ergots. - HIPPOL. Partie du membre postérieur du cheval qui est comprise entre le grasset et le jarret. Désigne encore l'avant-dernier article des pattes des insectes et des arachnides (on dit aussi Tibia). III. Par anal. Dans des emplois techniques, se dit de ce qui évoque la jambe par sa forme, sa fonction. 1. Chacune des deux branches d'un compas ou des deux règles mobiles d'un compas de proportion. 2. Pièce de charpente, de construction servant de support ou de renfort. Jambe sous poutre, chaîne de pierres de taille qui soutient une poutre. Jambe d'encoignure, pilier d'angle d'un mur. Jambe de force, chacune des deux grosses pièces de bois qui, posées sur les extrémités de la poutre au dernier étage d'un édifice, vont se joindre dans le poinçon pour former le comble ; pièce de bois ou de fer inclinée soutenant l'extrémité d'une poutre pour la soulager en diminuant sa portée. AÉRON. Jambe de train d'atterrissage, pièce reliant chacune des roues à la cellule de l'avion. 3. ŒNOL. Les jambes du vin, les fines coulures qu'il laisse sur les parois du verre quand on l'y a fait tourner, et qui varient selon son degré d'alcool. |