v. tr. et intr. XIVe siècle, comme transitif ; XVIe siècle, comme intransitif. Dérivé de boule. 1. V. tr. Bouler les cornes d'un taureau, en garnir les pointes de boules pour le rendre moins dangereux. THÉÂTRE. Bouler un texte, le dire trop vite et sans prendre la peine de bien articuler. 2. V. intr. Fam. Rouler par terre en se mettant en boule. Il a boulé jusqu'au bas de l'escalier. Expr. fig. Envoyer bouler quelqu'un, l'éconduire rudement. Bouletn. m. XIVe siècle. Dérivé de boule. 1. ARTILL. Anciennt. Projectile sphérique dont on chargeait les canons. Boulet de pierre, de fonte, de bronze. Il eut la tête emportée par un boulet. Boulets rouges, rougis au feu avant d'être placés dans les canons, et destinés à incendier l'objectif. Expr. fig. Tirer à boulets rouges sur quelqu'un, l'attaquer violemment par la parole ou par des écrits. Passer, arriver comme un boulet, très brusquement. Sentir passer le vent du boulet, échapper de très peu à un danger. Je ne donnerais pas ma place pour un boulet de canon, je ne la laisserais à aucun prix, quel que soit le risque. 2. Lourde boule de fonte, attachée par une chaîne de fer à la jambe d'un forçat. Traîner le boulet (vieilli), être forçat. Fig. C'est un boulet à traîner, c'est une charge ou une obligation pesante, contraignante. Vivre avec ces gens-là, quel boulet ! 3. HIPPOL. Dans la jambe du cheval, articulation de l'os du canon avec le paturon. Un cheval blessé au boulet. Ce cheval est sur les boulets, est à bout de force et marche avec peine. Expr. fig. et fam. Être sur les boulets, être épuisé à la suite d'un effort intense et prolongé. Nous sommes rentrés sur les boulets. 4. Aggloméré de charbon de forme ovoïde. Un sac de boulets. Boulets d'anthracite. Se chauffer aux boulets. Bouleté, -ÉE adj. XVIIe siècle. Dérivé de boulet.HIPPOL. Se dit d'un cheval dont le boulet est porté en avant, par suite du raccourcissement du tendon. Bouletten. f. XIVe siècle ; XIXe siècle, au sens figuré. Dérivé de boule.Petite boule de matière malléable façonnée à la main. Une boulette de cire, de mie de pain. Lancer des boulettes de papier. CUIS. Petite boule de viande hachée, de pâte, de purée de pommes de terre, etc. Faire frire des boulettes. Boulettes panées à l'œuf. Expr. fig. et fam. Faire une boulette, faire une bévue, une sottise. Boulevardn. m. XIVe siècle, bolevers, « ouvrage de défense » ; XVIe siècle, bolvert, boulevard. Emprunté du moyen néerlandais bolwerc, « bastion, ouvrage (werc) de fortification fait de madriers ». 1. FORTIFICATIONS. Anciennt. Terre-plein d'un rempart, terrain occupé par un bastion ou une courtine. Par ext. Le rempart lui-même. Fig. Ce qui constitue une ligne de défense contre une invasion ennemie. Malte fut longtemps le boulevard de la chrétienté contre les Turcs. 2. Promenade plantée d'arbres, qui fait le tour d'une ville et occupe souvent l'espace des anciens remparts. Boulevard circulaire. Les boulevards extérieurs entourant Paris sont appelés aussi boulevards des Maréchaux. Par anal. Boulevard périphérique, voie de circulation rapide réservée aux voitures automobiles, et qui fait le tour d'une ville. Par ext. Large voie le plus souvent plantée d'arbres. Haussmann a fait percer le boulevard de Sébastopol. Descendre le boulevard Saint-Michel. Le boulevard des Belges à Lyon. À Paris. Les Grands Boulevards ou, ellipt., les Boulevards ou, vieilli, le Boulevard, les voies menant de la place de la Bastille à la Madeleine. Fam. Faire les Boulevards, flâner sur les Grands Boulevards. Spécialt. Les théâtres des Boulevards, les théâtres établis sur ces artères. Le théâtre de boulevard ou, ellipt., le boulevard, l'ensemble de ces théâtres ; le répertoire des comédies légères données généralement dans les théâtres des Boulevards. Un auteur de boulevard. Une actrice de boulevard. Une pièce de boulevard. C'est du bon boulevard. Péj. C'est du théâtre de boulevard, expression qui oppose un théâtre considéré comme superficiel, commercial et monté de manière traditionnelle au théâtre qui se veut d'avant-garde. HIST. Le Boulevard du crime, le boulevard du Temple, dont les théâtres présentaient fréquemment des mélodrames. Le Boulevard, au XIXe siècle, le milieu des artistes qui fréquentaient les salles de spectacle et les cafés des Boulevards. L'esprit du Boulevard. Boulevardiern. m. et adj. XIXe siècle. Dérivé de boulevard. 1. N. m. Au XIXe siècle, familier des Boulevards, de leurs théâtres, de leurs cafés, alors le centre de la vie parisienne. Par ext. Journaliste qui rédige des chroniques légères et rapporte les échos du monde du spectacle, ou auteur de pièces de boulevard. 2. Adj. (féminin Boulevardière). Léger, brillant et superficiel. L'esprit boulevardier. Une comédie boulevardière. Bouleversant, -ANTE adj. XIXe siècle. Participe présent de bouleverser.Qui jette dans le trouble et le désarroi, qui émeut profondément. Des nouvelles bouleversantes. Un spectacle, un récit bouleversant. Bouleversementn. m. XVIe siècle. Dérivé de bouleverser. 1. Agitation violente et brutale d'où résulte une confusion extrême. Le tremblement de terre causa un effroyable bouleversement. 2. Grand désordre qui survient brusquement dans la vie d'un homme, d'une société. Ses affaires sont dans un total bouleversement. Des bouleversements politiques. Bouleverserv. tr. XVIe siècle, bouleverser, « renverser ». Composé de bouler, « renverser, abattre », et de verser. 1. Désorganiser, mettre sens dessus dessous, jeter dans le désordre et la confusion. Pour trouver ce livre, j'ai dû bouleverser toute ma bibliothèque. L'attaque ennemie a bouleversé les plans de l'état-major. 2. Modifier du tout au tout. Cette découverte a bouleversé nos connaissances. Cet accident a bouleversé sa vie. La télévision a bouleversé beaucoup d'habitudes. 3. Jeter dans un trouble profond. L'évènement bouleversa toute l'Europe. Je suis bouleversé par ce que vous me dites. Cela m'a bouleversé. Bouliern. m. XVIIe siècle. Emprunté du provençal bouliech, qui remonte au bas latin bolus, « coup de filet ».Grand filet de pêche que des bateaux traînent sur le sable le long des côtes (on dit aussi Bolier). |