n. m. XIIIe siècle, au sens de « aliment liquide, bouillon ». Dérivé de l'ancien français breu, bro, d'origine germanique, « bouillon ».ANTIQ. Brouet noir, un des mets des Spartiates, sorte de ragoût grossier, à la sauce noirâtre. Par ext. Plat de médiocre composition et de piètre saveur. Nous dûmes nous contenter d'un triste brouet. Iron. Je ne vous servirai qu'un brouet. Brouetten. f. XIIIe siècle, au sens 2 ; XVIIe siècle, au sens 1. Diminutif d'un ancien français *berou(e), issu du bas latin birota, « véhicule à deux roues ». 1. Anciennt. Chaise à porteur montée sur deux roues (on disait aussi Vinaigrette). 2. Petite charrette munie d'une seule roue et de deux brancards, que l'on manœuvre à la main. La brouette du jardinier, du terrassier. On se sert de la brouette pour transporter de la terre, des pierres, du fumier. Pousser, tirer une brouette. Mettre des ridelles à sa brouette pour transporter du foin. Par méton. Quantité, charge transportée par la brouette. Répandre trois brouettes de terreau pour amender le sol. Fig. et fam. En parlant d'un transport lent. Ce train est une brouette, il s'arrête à toutes les stations. Brouettéen. f. XIVe siècle. Forme féminine substantivée du participe passé de brouetter.Contenu d'une brouette. Une brouettée de gravier. Brouetterv. tr. XIVe siècle. Dérivé de brouette.Transporter dans une brouette. Brouetter de la terre, du sable. Par anal. Fam. Transporter dans des conditions peu confortables. Il nous a brouettés dans sa vieille camionnette. Brouhahan. m. XVIe siècle, Brou, brou, brou, ha, ha ! Probablement altération de la formule hébraïque barukh habba, « béni soit celui qui vient (au nom du Seigneur) ».Bruit confus qui s'élève dans une assemblée nombreuse en signe d'approbation ou de désaccord. Un brouhaha admiratif, désapprobateur. Par ext. Le brouhaha de la rue, des gares, du stade, de la fête foraine. Il est impossible de s'entendre dans un tel brouhaha ! Brouillagen. m. XVIe siècle, au sens de « état de ce qui n'est pas en ordre », attestation isolée ; XIXe siècle, au sens 1. Dérivé de brouiller. 1. MINES. Interruption d'un filon de houille par des blocs pierreux hétérogènes. 2. TÉLÉCOMM. Perturbation accidentelle ou volontaire de la réception d'une émission ; superposition d'une émission à une autre, qu'elle rend inaudible. Brouillage sonore, brouillage visuel. Brouillage des ondes. Le brouillage systématique des émissions ennemies en temps de guerre. Station de brouillage, établie pour empêcher l'audition d'émissions étrangères sur un territoire. Les orages, les parasites industriels provoquent des brouillages. Brouillaminin. m. XVIe siècle. Emploi figuré de brouillamini, « petites boules de terre argileuse utilisées comme médecine », altération du latin des pharmaciens boli armenii, « grosse pilule d'Arménie ».Fam. Désordre, grande confusion. Le brouillamini de ses affaires. Je me perdais dans le brouillamini de ses explications. (On dit aussi Embrouillamini.) Brouillardn. m. XVe siècle. Altération de brouillas, « brouillard », dérivé de brouiller, « rendre trouble ».Nuage formé de très fines gouttelettes d'eau en suspension au-dessus du sol, de la mer, d'une rivière, etc. Des nappes de brouillard. Un brouillard dense, épais. Du brouillard givrant. Le brouillard monte, s'élève, tombe, se dissipe. Le brouillard limite la visibilité. Être pris dans le brouillard, se perdre dans le brouillard. Rouler, naviguer, voler dans le brouillard. Expr. fam. Un brouillard à couper au couteau. Par anal. Nuage produit par la combustion de produits chimiques. Les brouillards et les fumées des villes industrielles. MILIT. Brouillard artificiel, produit par des appareillages spéciaux afin de dérober une troupe à la vue de l'ennemi. Fig. État confus, trouble de la pensée, de la mémoire, de l'âme. Avoir du brouillard dans la tête. Émerger des brouillards de l'ivresse, du sommeil. Des souvenirs qui se perdent dans le brouillard. Expr. Avoir un brouillard devant les yeux, voir à travers un brouillard, avoir la vue extrêmement affaiblie, n'apercevoir les objets qu'avec peine. Fig. et fam. Être, vivre, marcher dans le brouillard, sans pouvoir se faire une idée nette de la situation dans laquelle on se trouve, ni en apercevoir l'issue. Foncer dans le brouillard, se lancer aveuglément dans une entreprise sans tenir compte des difficultés. Ne me laissez pas dans le brouillard, informez-moi, éclairez-moi. Brouillardn. m. et adj. XVIe siècle. Dérivé de brouiller au sens de « salir, griffonner ». 1. N. m. COMPT. Livre de commerce sur lequel on inscrit les opérations à mesure qu'elles se font, pour les reporter ensuite sur le livre journal, sans surcharges ni ratures (on dit aussi Brouillon ou Main courante). 2. Adj. Vieilli. Papier brouillard, papier non encollé utilisé comme papier buvard ou pour filtrer un liquide. Une main de papier brouillard. Brouillassen. f. XIXe siècle. Déverbal de brouillasser.Brouillard qui tombe en pluie très fine ; bruine. |