n. m. XIXe siècle. Dérivé de chiffrer. 1. Action d'évaluer en chiffres ; résultat de cette action. Le chiffrage d'un stock de marchandises. Le chiffrage du prix de revient d'une construction. 2. Action de chiffrer un texte pour en assurer le secret ; résultat de cette action. Le chiffrage d'une dépêche, d'un ordre de combat. (On dit aussi Chiffrement.) 3. MUS. Anciennt. Procédé qui consiste à chiffrer les accords, plus spécialement ceux de la basse. Chiffren. m. XIIIe siècle, cifre. Emprunté du latin médiéval cifra, transcription de l'arabe sifr, « zéro ». 1. Caractère utilisé pour représenter un nombre. Un nombre de quatre chiffres. Une colonne de chiffres. Une longue série de chiffres. Écrire une date en chiffres. Chiffres arabes, ceux qu'on utilise couramment (voir Arabe). Chiffres romains, figurés par des lettres capitales ayant une valeur numérique, comme dans CL (cent cinquante), IX (neuf). 2. Le nombre que figurent les chiffres ; le montant total. Le chiffre de la population d'un pays, le nombre de ses habitants. Ses dépenses se montent à un chiffre très élevé. COMMERCE. Chiffre d'affaires, montant des recettes d'un exercice annuel. La taxe sur le chiffre d'affaires. Augmenter son chiffre d'affaires. 3. Manière secrète d'écrire au moyen de caractères, de signes conventionnels. Écrire en chiffres, à l'aide d'un code. Changer de chiffre. Par méton. Le code indiquant cette manière d'écrire. Le secret du chiffre. La clef du chiffre, voir Clef. Spécialt. Bureau du chiffre. Le service du chiffre ou, ellipt., le chiffre, dans l'armée, la diplomatie, bureau chargé de transmettre et de recevoir les dépêches secrètes. Un officier du chiffre. Être attaché au chiffre, être affecté à ce service. Par anal. Le chiffre d'une serrure, l'ensemble des caractères, des nombres convenus qui permettent à ceux qui en ont connaissance de faire fonctionner cette serrure. 4. Combinaison artistement dessinée des lettres initiales du nom d'une personne. Faire dessiner son chiffre sur un service de porcelaine. Faire graver son chiffre sur sa chevalière. Faire broder son chiffre. 5. MUS. Caractère numérique utilisé pour indiquer la mesure, certains doigtés, à l'usage des instrumentistes ou, anciennt., les accords que doivent porter les notes de la basse (voir Basse). Chiffrementn. m. XVIIe siècle. Dérivé de chiffrer.Voir Chiffrage 2. Chiffrerv. intr. et tr. XVIe siècle. Dérivé de chiffre. I. V. intr. Vieilli. Se servir des chiffres pour calculer. Ne pas savoir chiffrer. II. V. tr. 1. Numéroter, distinguer par des chiffres. Chiffrer les pages d'un registre. 2. Évaluer en chiffres. Chiffrer une dépense, un projet. Noter quelqu'un ou quelque chose par une appréciation chiffrée. 3. Transcrire un texte en langage conventionnel pour en assurer le secret. Chiffrer une dépêche diplomatique. User d'un langage chiffré. Un message chiffré. 4. Marquer d'initiales. Chiffrer du linge, des draps. 5. MUS. Indiquer à l'aide de chiffres les accords accompagnant la mélodie. Une basse chiffrée, voir Basse. Chiffreur, -EUSE n. XVIIe siècle. Dérivé de chiffrer. 1. Celui que sa profession amène à manier constamment des chiffres. Un habile chiffreur. 2. Personne chargée de chiffrer et de déchiffrer des textes. Chignerv. intr. XVIIIe siècle. Terme dialectal, surtout de l'Est de la France. Issu de rechigner.Pleurnicher. Chignolen. f. XVIIIe siècle, au sens de « dévidoir de passementerie ». Forme normanno-picarde de l'ancien français ceoingnole, « manivelle », qui remonte au latin ciconia, « cigogne ». 1. Perceuse rotative, électrique ou manuelle. 2. Vieilli. et pop. Mauvaise voiture. Chignonn. m. XIIe siècle, au sens de « nuque » jusqu'au XVIIIe siècle. Du bas latin *catenione, dérivé de catena, « chaîne ».Partie de la coiffure féminine que forment les cheveux relevés et retenus au-dessus de la nuque. Dénouer son chignon. Refaire son chignon. Un faux chignon. Un chignon natté, torsadé. Expr. fam. Se crêper le chignon, en parlant des femmes, se prendre aux cheveux et, fig., se disputer, se battre. Elles se sont encore crêpé le chignon. Un crêpage de chignon. Chiismen. m. XIXe siècle. Emprunté de l'arabe shi'a, shiya', « suiveur », « faction, parti » désignant l'ensemble d'une école ou des adeptes d'un maître.ISLAM. Doctrine des musulmans qui, s'opposant aux sunnites, professent que le califat doit revenir à un descendant d'Ali, gendre de Mahomet, et se distinguent aussi par des croyances et des pratiques culturelles spécifiques. Par méton. Ensemble des communautés islamiques qui se rattachent au chiisme (on écrit aussi Shiisme). Chiiteadj. XVIIe siècle, shiai ; XVIIIe siècle, shiaite, schiite. Emprunté de l'arabe shi'i, proprement « sectateur, partisan ».ISLAM. Qui se rapporte au chiisme. Un imam chiite. Une dynastie chiite. Subst. Un, une chiite. (On écrit aussi Shiite.) |