n. f. XIIe siècle. Féminin de l'ancien français compain, « compagnon » (voir Copain). 1. Celle qui partage ou a partagé le sort, les occupations de quelqu'un. Des compagnes de jeux. Les compagnes de sa jeunesse. Une compagne de voyage. Des compagnes de captivité. Une compagne d'infortune. Fig. et litt. Les infirmités, compagnes de la vieillesse. 2. Femme qui partage la vie d'un homme, épouse ou concubine. Il l'avait choisie pour compagne. Elle a été la compagne de sa vie. Par anal. Le bouvreuil dépérit quand il perd sa compagne. Compagnien. f. XIe siècle, au sens de « réunion de personnes ». Dérivé soit de compagne (du latin populaire *compania, « compagnie » ), soit de compain, « compagnon ». 1. Présence auprès de quelqu'un. Aimer, rechercher la compagnie de ses amis. Fuir la compagnie de quelqu'un. Sa compagnie me plaît, me pèse. Il est d'une agréable compagnie. Expr. Une dame, une demoiselle de compagnie, rétribuée pour tenir compagnie à une personne seule. Un animal de compagnie, qui vit constamment auprès de quelqu'un. Tenir compagnie à quelqu'un. Fausser compagnie à quelqu'un, le quitter brusquement sans prendre congé. Loc. prép. En compagnie de quelqu'un, avec quelqu'un. Il est arrivé en compagnie de sa sœur. Il vit en sa compagnie. Loc. adv. De compagnie, ensemble. Aller de compagnie. 2. Réunion, groupe de personnes que rapprochent des habitudes ou des goûts communs. Introduire quelqu'un dans une compagnie. Il y avait là une nombreuse, une brillante compagnie. Il est très spirituel en compagnie. (Aujourd'hui, on dit plutôt Société.) Pop. Bonsoir, la compagnie ! en guise de salut. Spécialt. La bonne compagnie, la bonne société. Sa maison est le rendez-vous de la bonne compagnie. Il a le ton, les manières de la bonne compagnie. Un homme de bonne compagnie, de bonne éducation et de comportement agréable. Expr. Être en bonne compagnie, dans une société policée, convenable, de bonne tenue. Se trouver en mauvaise compagnie. Être en galante compagnie. Les mauvaises compagnies (vieilli), les mauvaises fréquentations. De bonne compagnie, plein d'urbanité, de courtoisie. Ils ont bavardé sur un ton de bonne compagnie. Expr. proverbiale. Il n'y a si bonne compagnie qui ne se quitte, formule dont on use parfois, plaisamment, pour prendre congé. 3. Corps constitué, régi par des statuts particuliers et réunissant des écrivains, des savants, des artistes, des religieux. Se dit particulièrement des académies. Il a eu tous les suffrages de la Compagnie. Spécialt. La Compagnie de Jésus, institut religieux fondé par saint Ignace de Loyola. Par anal. Une compagnie théâtrale. Une compagnie de ballets. 4. Association constituée en vue de gérer une entreprise commerciale, industrielle ou financière. Former, créer, constituer une compagnie. La compagnie des Indes. Une compagnie bancaire, maritime, aérienne. Une compagnie d'assurances. Les actionnaires, les administrateurs de la compagnie. Loc. Et compagnie ou, par abréviation, et Cie, expression ajoutée à une raison sociale après l'énumération des associés en nom. La maison Gauthier, Lefèvre et Cie. 5. MILIT. Unité tactique et administrative de l'infanterie et des armes anciennement à pied, placée sous les ordres d'un capitaine. Les compagnies d'un bataillon, d'un régiment. Le capitaine commandant la compagnie. La première, la deuxième compagnie. Une compagnie hors rang. Les sections d'une compagnie. Anciennt. Compagnie colonelle, voir Colonelle. Compagnie de discipline, unité disciplinaire formée de soldats punis et que l'on soumettait à un régime rigoureux. - POLICE. Compagnie républicaine de sécurité ou, par abréviation, C.R.S., unité mobile chargée plus spécialement du maintien de l'ordre public. - HIST. Les Grandes Compagnies, pendant la guerre de Cent Ans, bandes formées de mercenaires qui, au service de l'un des partis ou à leur compte propre, se livraient au pillage et au brigandage. 6. CHASSE. Bande d'animaux de la même espèce vivant en colonie. Une compagnie de perdreaux. Une compagnie de sangliers. Bêtes de compagnie, jeunes sangliers âgés de un à deux ans, qui vont encore par troupes. Compagnonn. m. XIe siècle. Du latin populaire *companionem, proprement, « celui qui partage le pain avec un autre », de cum, « avec », et panis, « pain ». Du cas sujet compain est issu copain. 1. Anciennt. Au sein des corporations, ouvrier qui avait terminé son apprentissage. Spécialt. Membre d'un compagnonnage. Les compagnons du Tour de France. Les compagnons du Devoir. Auj. Ouvrier qualifié, dans certaines professions artisanales comme celles du bâtiment. Trois compagnons travaillent sur ce chantier. Expr. Traiter quelqu'un de pair à compagnon (class.), le traiter familièrement, vivre d'égal à égal avec lui. Travailler à dépêche compagnon (vieilli), vite et mal. C'est un homme qui ne peut souffrir ni compagnon ni maître, il est indépendant à l'excès. Prov. Qui a compagnon a maître, la société d'autrui oblige à des concessions. 2. Celui qui partage ou a partagé le sort, les occupations de quelqu'un. Compagnon de jeux, de voyage. Compagnon de travail. Compagnon de route, avec qui l'on voyage. Des compagnons de captivité, d'exil. Un compagnon d'infortune. Les compagnons d'Ulysse. « Qui est-ce qui passe ici si tard, compagnons de la Marjolaine ? », paroles d'une ancienne chanson française. Expr. Un bon compagnon, un homme agréable, facile à vivre. Un rude compagnon, un homme solide, dur à la tâche. Par anal. Le chien, fidèle compagnon de l'homme. Les livres sont les compagnons de la vie. 3. Celui qui partage la vie d'une femme, époux ou concubin. Elle l'avait pris pour compagnon. 4. Spécialt. Compagnons d'armes, au Moyen Âge, chevaliers qui étaient liés d'amitié, avec protestation de ne jamais se quitter. Par anal. Auj. Ils sont compagnons d'armes, ils appartiennent au même corps et, par ext., ils ont participé aux mêmes combats. Compagnons de la Libération, membres de l'ordre de la Libération. Compagnonnagen. m. XVIIIe siècle. Dérivé de compagnon. 1. Anciennt. Au sein des corporations, degré situé entre l'apprentissage et la maîtrise ; temps pendant lequel un compagnon travaillait chez un maître. 2. Spécialt. Association d'ouvriers compagnons, constituée à des fins de formation professionnelle et d'entraide. Le compagnonnage comportait autrefois des rites particuliers d'affiliation. Comparableadj. XIIIe siècle. Emprunté du latin comparabilis, « qui peut être comparé », de comparare (voir Comparer).Qui peut être comparé avec quelqu'un ou quelque chose. Un homme comparable aux héros de l'Antiquité. Des talents, des valeurs, des actes, des situations comparables. Pour les vaincre, il nous faudrait des moyens comparables aux leurs. Dans les tournures négatives ou interrogatives, avec une valeur laudative. Il n'y a rien de comparable dans toute son œuvre. Rien n'est comparable à son accueil. Y a-t-il rien de comparable à cela ? Comparaisonn. f. XIIe siècle. Emprunté du classique comparatio, « action de comparer », de comparare (voir Comparer). 1. Action de comparer, de chercher les ressemblances ou les différences qui peuvent exister entre deux personnes ou deux choses. Elle ne peut entrer en comparaison avec sa compagne. Faire la comparaison d'un tableau avec un autre. Faire la comparaison de deux ouvrages, de deux systèmes philosophiques. Ce morceau de musique ne soutient pas la comparaison avec le précédent. C'est hors de comparaison. Loc. prép. En comparaison de, par comparaison à, avec, relativement à, par rapport à. Ce n'est qu'un ignorant en comparaison de son frère. Cette étoffe n'est blanche que par comparaison à celle-là, avec celle-là. Ellipt. Par comparaison, ces résultats ne sont pas à dédaigner. Loc. adv. Sans comparaison, de beaucoup, de très loin. Il est, sans comparaison, le plus savant de tous ses confrères. Son dernier roman est, sans comparaison, le meilleur. Prov. Comparaison n'est pas raison, une comparaison ne prouve rien. 2. DROIT. Comparaison d'écritures, le fait de confronter deux pièces manuscrites afin d'examiner si elles sont du même auteur. Pièce de comparaison, pièce dont l'écriture et la signature sont reconnues pour authentiques et que l'on compare à la pièce arguée de faux ou, par ext., ce qui peut servir de modèle pour juger de la qualité, de la valeur d'autres objets de même nature. 3. GRAMM. Les degrés de comparaison de l'adjectif et de l'adverbe, le comparatif et le superlatif relatif. En français, la comparaison est le plus souvent exprimée par des adverbes : « autant », « aussi » servent à marquer un comparatif d'égalité, « moins » un comparatif d'infériorité, « plus » un comparatif de supériorité. Proposition subordonnée de comparaison, élément de la phrase constituant le second terme de la comparaison annoncée dans la principale. Dans les phrases : « comme tu as semé, tu moissonneras », « le cas est plus grave qu'il ne semblait », « plus il travaille, plus il s'enrichit », les propositions « comme tu as semé », « qu'il ne semblait », « plus il travaille » sont des subordonnées de comparaison. (On dit aussi Proposition subordonnée comparative.) 4. RHÉTOR. Figure de style qui consiste à comparer une personne ou une chose à une autre pour orner le discours ou pour y apporter de la clarté. Une comparaison ingénieuse, hardie, inattendue. Une comparaison empruntée de Virgile. Les deux termes d'une comparaison. ComparaÎtre v. tr. (se conjugue comme Connaître). XVe siècle. Réfection, d'après paraître, de l'ancien français comparoir (voir ce mot).DROIT. Se présenter sur ordre devant un magistrat, un officier ministériel ; constituer avocat ou avoué dans le délai fixé. Comparaître devant un juge. Comparaître en justice. Assigner, citer à comparaître. Comparaître en personne, par mandataire. Par anal. Comparaître devant un conseil de discipline. RELIG. Comparaître devant Dieu, après la mort, paraître devant Dieu pour faire l'objet d'un jugement particulier. Comparant, -ANTE adj. XIVe siècle. Participe présent de comparoir.DROIT. Qui comparaît. Les parties comparantes. Subst. La signature du comparant. Les non-comparants. Comparateurn. m. XIXe siècle. Dérivé de comparer.TECHN. Instrument qui permet de détecter et de mesurer à l'échelle microscopique les différences de longueur entre deux pièces ou entre une pièce et un étalon. Comparatif, -IVE adj. et n. XIIIe siècle. Emprunté du latin comparativus, « qui sert à comparer ». 1. Adj. Qui sert à comparer, qui met en comparaison. Étude comparative. Méthode comparative. Tableau comparatif. Publicité comparative. GRAMM. Une proposition subordonnée comparative, voir Comparaison. 2. N. m. GRAMM. Le comparatif, degré de signification de l'adjectif ou de l'adverbe, qui indique l'égalité, la supériorité ou l'infériorité. « Aussi grand », « plus grand », « moins grand », sont des comparatifs d'égalité, de supériorité, d'infériorité. « Meilleur », « moindre », « pire », sont des comparatifs synthétiques ou, adjt., des adjectifs comparatifs. Un adjectif au comparatif. Complément du comparatif, le second terme de la comparaison, introduit par la conjonction que. Dans « plus grand que lui », « moins grave que je ne craignais », « lui » et « je ne craignais » sont les compléments des comparatifs « plus grand » et « moins grave ». |