adj. et n. m. XVIIe siècle. Emprunté du latin complexus, « fait d'éléments différents imbriqués », participe passé de complecti, « embrasser, enlacer », « comprendre, contenir ». Pour le sens psychanalytique, emprunté de l'allemand Komplex. I. Adj. Qui n'est pas simple, qui est composé d'éléments divers et entremêlés ; compliqué, difficile à comprendre. Une structure complexe. Un organisme complexe. Une question, une idée complexe. L'action de cette tragédie est complexe, trop complexe. Un caractère complexe. Un personnage complexe. Subst. Ce qui est complexe. Aller du simple au complexe. Spécialt. LOGIQUE. Terme complexe, dans lequel le mot principal est accompagné soit d'une explication, soit d'une détermination. « L'homme, qui est un animal raisonnable... » est un terme complexe. - GRAMM. Phrase complexe, phrase constituée de deux ou de plusieurs propositions. « Je dis qu'il fait beau » est une phrase complexe. - MATH. Un nombre complexe ou, subst., un complexe, nombre représenté par un couple de nombres réels (a, b) pouvant s'écrire sous la forme a + ib, où i est le nombre dont le carré est égal à moins un. Partie réelle, partie imaginaire d'un nombre complexe, le réel a, le réel b. Plan complexe, voir Plan. II. N. m. Combinaison, mélange. Un complexe de réserve et d'audace. MATH. Ensemble de courbes dépendant de plusieurs paramètres. Les droites de l'espace s'appuyant sur une droite donnée constituent un complexe de droites. - CHIM. Édifice moléculaire ordonné autour d'un ion le plus souvent métallique. Le bleu de Prusse est un complexe. - MÉD. Complexe ou complexe immun, macromolécule faite d'un antigène et d'un anticorps spécifiquement unis. Les complexes circulant dans le sang ont été tenus pour responsables de divers états pathologiques. - ÉCON. Ensemble d'industries complémentaires installées à proximité les unes des autres. Un complexe industriel. Un complexe sidérurgique formé de hauts-fourneaux, d'aciéries et de laminoirs. Un complexe pétrochimique. Par anal. Un complexe hôtelier. - PSYCHAN. Ensemble organisé de représentations, de sentiments inconscients, liés à un traumatisme infantile et exerçant une influence constante sur la conduite du sujet. Un complexe de culpabilité. Complexe d'Œdipe, attachement passionné au parent du sexe opposé, accompagné d'un sentiment d'hostilité à l'égard du parent du même sexe. Complexe d'infériorité, qui donne au sujet l'impression d'être inférieur aux autres ou de ne pas être à la hauteur de sa tâche. Par ext. Au pluriel. Fam. Sentiment de gêne, manque de confiance en soi. Avoir des complexes. Souvent péj. Allons, ne fais pas de complexes ! Il est sans complexes, il a beaucoup d'assurance. <!--Oui-->Dans ce dernier sens, il est très relâché et presque argotique. Emploi déconseillé. Complexé, -ÉE adj. XXe siècle. Dérivé de complexe.Fam. Timide ; affligé d'un complexe, de complexes. Un garçon complexé. <!--Oui-->Emploi déconseillé. Complexionn. f. XIIe siècle. Emprunté du latin classique complexio, « assemblage, union d'éléments », d'où, en latin médiéval, « tempérament ». 1. Litt. Ensemble des différents éléments constitutifs du corps humain considéré par rapport à sa santé ; constitution, tempérament. Une complexion bilieuse, lymphatique, sanguine (vieilli). Être de complexion délicate, fragile, maladive, robuste. 2. Vieilli. Humeur, caractère. Il est de complexion amoureuse, gaie, triste. Complexitén. f. XVIIIe siècle. Dérivé de complexe. 1. État, caractère de ce qui est composé d'éléments divers et entremêlés. La complexité d'une préparation chimique. La complexité d'une phrase. 2. Caractère de ce qui est difficile à démêler ou à analyser en raison de l'enchevêtrement de ses éléments. La complexité d'une situation. La complexité d'un personnage. La complexité d'une affaire. Complicationn. f. XIVe siècle. Emprunté du bas latin complicatio, « action de rouler, de plier », et, au figuré, « embarras, confusion ». 1. Le fait d'être compliqué. La complication des démarches administratives. 2. Incident provoquant une situation inextricable, pénible ou dangereuse. Une complication imprévue a retardé notre départ. Éviter, fuir les complications. Aller au-devant de nouvelles complications. Des complications diplomatiques. 3. PATHOL. Trouble d'une certaine gravité, lié à une maladie et apparaissant éventuellement au cours de son déroulement. Les complications d'une rougeole. Compliceadj. et n. XIVe siècle. Emprunté du bas latin complex, complicis, proprement « impliqué dans », « uni, associé ». 1. Adj. Qui participe intentionnellement à l'infraction commise par un autre. Il n'est pas complice de ce vol. On le soupçonne d'être complice de l'assassin. Par affaibl. Ils sont complices de sa faiblesse. Par méton. Qui révèle une entente secrète. Un clin d'œil, un sourire complice. Par anal. Qui favorise une action répréhensible. Un silence complice. La nuit, l'obscurité complice, propice à l'accomplissement d'un forfait. 2. N. Celui, celle qui facilite volontairement l'exécution d'un délit, d'un crime. Le coupable a dénoncé ses complices. Elle est devenue sa complice. Elle en a fait son complice. Par affaibl. Celui, celle qui favorise quelqu'un dans une action secrète. Il s'est fait le complice de cette mystification. Complicitén. f. XVe siècle. Dérivé de complice. 1. Participation intentionnelle à un crime ou à un délit. Sa complicité est évidente, est prouvée. Il fut accusé de complicité. S'assurer la complicité de quelqu'un. Au pluriel. Actes de complicité et, parfois, par méton., ceux qui s'en rendent coupables. Il s'est évadé grâce à des complicités, grâce à l'intervention de complices. 2. Par ext. Entente tacite, connivence. Un sourire de complicité. Ils sont unis par une vieille complicité qui remonte à leur adolescence. Compliesn. f. pl. XIIe siècle. Emprunté du latin médiéval completa (hora), completae (horae), proprement, « heure qui termine, qui complète l'office ».LITURG. CATHOL. La dernière heure de l'office, qui se dit ou se chante avant le repos de la nuit. Les moines chantent complies. Complimentn. m. XVIIe siècle. Emprunté de l'italien complimento, proprement « acte, expression d'hommage ». 1. Parole obligeante, flatteuse, par laquelle on fait part à quelqu'un de l'estime qu'on a pour lui ou de la part qu'on prend à ce qui lui arrive. Un compliment bien tourné. Un compliment de circonstance. Expr. Faire compliment sur (vieilli) ou faire compliment de quelque chose. Je lui ai fait compliment sur son mariage. Il lui fit compliment de son succès. Fam. Rengainer son compliment, ne pas achever ou taire l'amabilité que l'on s'apprêtait à dire. Sans compliment (vieilli), sans flatterie, en toute sincérité. Iron. Voilà un fâcheux compliment ! Il est venu me faire un étrange, un sot compliment. Par antiphrase. Voilà un joli compliment ! Je vous en fais mon compliment ! Souvent au pluriel. Débiter, recevoir des compliments. Un concert de compliments. Il est avare de compliments. Dans des formules de politesse. Civilités, salutations, félicitations. Il m'a chargé de vous faire mille compliments. Tous mes compliments ! Avec mes compliments, avec les compliments de, formule accompagnant un envoi. Mes compliments ! par antiphrase, pour reprocher à quelqu'un une faute, une maladresse. Expr. fig. et fam. Laissons là les compliments ! Trêve de compliments ! Tout s'est passé en compliments (vieilli), en échanges de politesses, sans débat sérieux ni décision ferme. 2. Petit discours en vers ou en prose qu'on faisait réciter par un enfant à l'un de ses parents ou à une autre personne à l'occasion d'une fête. Apprendre, dire, réciter un compliment. Par ext. Brève allocution à la fin d'un repas ou dans une réunion. J'ai terminé mon compliment. Complimenterv. tr. XVIIe siècle. Dérivé de compliment.Honorer quelqu'un d'un compliment, lui faire des compliments. Je l'ai complimenté de sa promotion. Il la complimenta sur sa toilette. Il fut complimenté pour sa brillante réussite. |