v. intr. et tr. (se conjugue comme Mettre). XIIIe siècle, au sens de « s'en remettre à l'arbitrage d'un tiers ». Emprunté du latin juridique compromittere, « promettre en même temps », puis « s'engager mutuellement à soumettre un différend à arbitrage ». I. V. intr. DROIT. Stipuler par écrit qu'on soumettra toute contestation ou tout différend éventuel à un ou plusieurs arbitres en vue d'aboutir à un compromis. Ils ont décidé de compromettre sur ce litige. Je lui ai offert de compromettre là-dessus, s'il voulait. II. V. tr. 1. Mettre quelqu'un dans une situation embarrassante, soit en utilisant son nom à son insu, soit en l'engageant dans des démêlés ou une affaire douteuse. Vous m'avez compromis. Je ne veux pas vous compromettre. Il est gravement compromis. Spécialt. Compromettre une femme, donner à penser par ses paroles ou ses actes qu'on a une liaison avec elle. Par méton. Compromettre l'honneur, la réputation de quelqu'un. Pron. Se compromettre, se porter à soi-même préjudice. Il s'est compromis avec des affairistes. Vous courez le risque de vous compromettre en agissant de la sorte. Elle avait peur de se compromettre, de perdre sa réputation. 2. Mettre en péril ; porter atteinte à, nuire à. Compromettre sa santé, ses chances de guérison. Compromettre sa dignité, sa situation, sa fortune. Compromettre le succès d'une négociation. Ce coup de force compromet la paix. L'affaire est bien compromise, elle a peu de chances d'aboutir. Ces gelées risquent de compromettre la récolte. La saison touristique est compromise. Compromisn. m. XIIIe siècle. Emprunté du latin juridique compromissum, participe passé substantivé de compromittere, « compromettre ». 1. DROIT. Convention par laquelle deux ou plusieurs personnes décident de soumettre un litige à des arbitres. Passer, dresser, signer un compromis. Spécialt. Compromis de vente, engagement réciproque de vente et d'achat, à un prix convenu, entre le propriétaire d'un bien immobilier et un tiers. 2. Transaction par laquelle deux parties se font des concessions mutuelles. Un compromis diplomatique, politique. Chercher, obtenir un compromis. Ils en sont venus à un compromis. L'affaire a fini par un compromis. 3. Solution intermédiaire, moyen terme. Chercher un compromis entre la tradition et le progrès. Compromissionn. f. XIIIe siècle, au sens de « compromis » ; XVIIIe siècle, au sens 2. Emprunté du latin médiéval compromissio, « convention d'arbitrage ». 1. Le fait de compromettre quelqu'un, ou d'être soi-même compromis. Être exposé à des compromissions. 2. Péj. Acte par lequel, que ce soit par faiblesse de caractère, par intérêt ou par ambition, on transige sur ses principes, sur ses opinions. Se laisser entraîner à des compromissions. N'accepter aucune compromission. Consentir, être prêt à toutes les compromissions. Compromissoireadj. XIXe siècle. Dérivé de compromis, « engagement de s'en remettre à la décision d'un tiers », sur le modèle de promissoire.DROIT. Clause compromissoire, clause d'un contrat qui prévoit le recours à l'arbitrage en cas de différend entre les parties. Comptabilisable(p ne se prononce pas) adj. XXe siècle. Dérivé de comptabiliser.Qui peut être comptabilisé. Comptabiliser(p ne se prononce pas) v. tr. XIXe siècle. Dérivé de comptable.Inscrire dans une comptabilité. Comptabilité(p ne se prononce pas) n. f. XVIe siècle. Dérivé de comptable. 1. Tenue des comptes ; manière d'établir et de rendre des comptes. Apprendre la comptabilité. La comptabilité d'une société, d'une entreprise. La comptabilité d'un commerçant, d'un artisan. Être chargé de la comptabilité. Comptabilité en partie simple, constituée par un compte des recettes et un compte des dépenses. Comptabilité en partie double, où chaque opération fait l'objet de deux écritures, l'une de débit, l'autre de crédit. Comptabilité en deniers ou, ellipt., comptabilité deniers, enregistrant les mouvements de fonds. Comptabilité en matières ou, ellipt., comptabilité matières, enregistrant les variations des stocks. Comptabilité générale ou comptabilité financière, qui enregistre les opérations financières découlant de l'activité de l'entreprise et permet d'en établir le bilan. Comptabilité analytique, qui décompose les coûts par produit ou activité, détermine les prix de revient et permet d'établir des prévisions. Comptabilité publique, ensemble des règles qui s'imposent aux administrateurs et aux comptables de l'État, des collectivités locales, des organismes publics. La Direction de la comptabilité publique au ministère des Finances. 2. Ensemble des livres et des documents comptables d'une entreprise ou d'une administration. La comptabilité d'un commerçant, d'un notaire. Une comptabilité en règle. Une comptabilité falsifiée. Contrôler la comptabilité d'une entreprise. 3. Service assurant la tenue des comptes ; local affecté à ce service. Être employé à la comptabilité. La comptabilité ferme à cinq heures. Comptable(p ne se prononce pas) adj. et n. XIIIe siècle, au sens de « qui peut, qui doit être compté ». Dérivé de compter. I. Adj. 1. Assujetti à rendre des comptes. Il est comptable de sa gestion. Fig. Être moralement responsable de quelque chose. Il n'est comptable à personne de ses actions. 2. Qui tient une comptabilité. Un agent, un officier comptable. 3. Qui concerne la comptabilité. Le plan comptable, l'ensemble des principes généraux de comptabilité qui s'imposent aux entreprises d'un même secteur d'activité. Une pièce, une quittance comptable, justifiant un article de compte. Machine comptable, qui sert à tenir une comptabilité. II. N. Personne dont la profession est de tenir la comptabilité dans une entreprise, dans une administration. Un bon comptable. Cette société recherche une comptable expérimentée. Un comptable agréé. Comptable public, fonctionnaire ayant seul qualité pour recouvrer les créances de l'État ou des collectivités et organismes publics, en payer les dettes, en conserver et en manier les fonds. Les fonctions de comptable et d'ordonnateur sont incompatibles. Les comptables publics sont pécuniairement responsables de leurs opérations. En apposition. Un chef comptable. Expert-comptable, voir ce mot. Comptage(p ne se prononce pas) n. m. XVe siècle. Dérivé de compter.Le fait de dénombrer des personnes, des choses de même catégorie. Le comptage des colis. Le comptage des voitures sur une autoroute. Comptage des particules. Comptant(p ne se prononce pas) adj. m., adv. et n. m. XIIIe siècle, content. Participe présent de compter. I. Adj. m. (l'accord en nombre est possible). 1. Vieilli. Qui se compte sur-le-champ. Acheter à deniers comptants. 2. Auj. Qui est payé immédiatement. Effectuer un paiement comptant. Il a payé les deux tiers comptants et le solde à six mois. 3. Spécialt. Argent comptant, argent en espèces immédiatement disponibles. Il possède cette somme en argent comptant. Il refusa le chèque, il voulait de l'argent comptant. On ne lui délivra les marchandises que contre argent comptant. Fig. Une promesse de lui, c'est de l'argent comptant, c'est une chose assurée, certaine. Prendre quelque chose pour argent comptant, faire trop facilement confiance aux discours ou aux promesses d'autrui. II. Adv. En réglant un achat immédiatement et dans sa totalité. Il paye toujours comptant. Il a réglé la facture comptant. Cela lui coûtera cinquante livres comptant. Par ext. Il préfère vendre comptant. Fig. Payer comptant, ne pas attendre pour remercier d'un bienfait ou pour se venger d'un méfait. III. N. m. 1. Vieilli. Somme en argent immédiatement disponible. Il avait un comptant de plus de mille écus. 2. BOURSE. Marché du comptant, par opposition à Marché à terme, marché où les échanges se font titres contre argent ou argent contre titres. Ellipt. Le comptant. 3. Loc. adv. Au comptant. L'affaire a été négociée au comptant, le règlement des sommes dues s'est fait sur-le-champ. BOURSE. Les opérations au comptant. |