n. f. XIIe siècle. Emprunté du latin concordia, « accord, harmonie ».Union harmonieuse entre plusieurs personnes, plusieurs groupes sociaux, plusieurs États. La concorde entre époux, entre parents et enfants. Prôner, maintenir, entretenir la concorde. Troubler, rétablir la concorde. Aborder une discussion dans un esprit de concorde. Cela pourrait altérer la concorde qui règne entre eux. Souhaiter la concorde entre les nations. Spécialt. Place de la Concorde à Paris, place appelée, jusqu'à la Révolution, Place Louis XV. La place de la Concorde fut aménagée d'après les plans de l'architecte Gabriel. L'obélisque de la place de la Concorde. Concorderv. intr. XIIe siècle ; rare avant le XVIIIe siècle. Emprunté du latin concordare, « vivre en bonne intelligence, s'accorder ».Être en concordance. Leurs témoignages ne concordent guère. Cela ne concorde pas avec ce que vous aviez dit. Faire concorder deux articles d'une loi. Faire concorder sa vie avec ses principes. Concourant, -ANTE adj. XVIIIe siècle. Participe présent de concourir.Surtout employé au pluriel. Qui converge avec une autre chose vers un même point. MATH. Deux droites concourantes. - MÉCAN. Des forces concourantes. Fig. et vieilli. Des efforts concourants, qui tendent à une même fin. Concourirv. intr. (se conjugue comme Courir). XIVe siècle, concurre, « se rencontrer », puis concurrer, « s'accorder ». Emprunté du latin classique concurrere, « courir pour se rassembler en un point », puis, en latin juridique, « briguer, revendiquer la même chose ». 1. GÉOM. Se rencontrer en un même point. - MÉCAN. Deux forces qui concourent au même point d'application. 2. Tendre au même but ; contribuer à une même fin. Vous avez concouru avec moi au succès de cette affaire. Concourir au bien public. Bien des causes ont concouru à cet échec. Tout semblait concourir à son bonheur, à sa perte. Ils ont tous concouru à le perdre. 3. Entrer ou être en concurrence pour obtenir un titre, un emploi, un prix. Être admis à concourir. Concourir pour un emploi public, pour une chaire de droit, de médecine. Concourir pour un prix littéraire. Les candidats doivent s'inscrire avant telle date pour être admis à concourir. Par méton. Ces œuvres ne pourront concourir. Les meilleurs films concourent à ce festival. 4. ADM. Vieilli. Avoir les mêmes droits, pouvoir prétendre à la même situation. Tous les officiers de l'armée concourent pour l'avancement. - DROIT COMMERCIAL. Ces créanciers concourent, ils ont une hypothèque de même date. Concoursn. m. XIVe siècle, au sens de « moyen de se tirer d'affaire », puis « réunion » et, depuis le XVIIe siècle, « compétition ». Emprunté du latin classique concursus, « affluence vers un même point », puis « concurrence » et, en latin médiéval, « aide ». 1. Class. Affluence spontanée de gens en un même endroit. Il y eut aussitôt un grand concours de peuple vers les Tuileries. L'incident provoqua un concours de curieux, de badauds. Par anal. Rencontre d'éléments. Selon Démocrite, l'univers résulte du concours fortuit des atomes. Fig. Par un étrange, par un heureux concours de circonstances. Il doit son succès à un concours d'évènements favorables. DROIT PÉNAL. Concours d'infractions, imputation à un même délinquant de deux ou plusieurs infractions différentes et successives (on dit aussi Cumul d'infractions). Concours de qualifications, pluralité d'incriminations applicables à un même fait. 2. Réunion d'éléments, d'organismes qui agissent pour aboutir à un même résultat. Le concours des deux Chambres est nécessaire à l'adoption des lois. Une telle mesure exige le concours de la police et de l'armée. Par ext. Aide, appui, collaboration, soutien. Requérir le concours de la force publique. La commune réclame le concours de l'État pour cette dépense exceptionnelle. Il m'a prêté son concours. DROIT CIVIL. Participation à un même acte des diverses personnes qui y sont intéressées. Le concours de tous les copropriétaires d'un immeuble est nécessaire pour que les actes relatifs à cet immeuble soient considérés comme valides. 3. Ensemble d'épreuves destinées à départager les candidats à un poste, une place. L'écrit, l'oral d'un concours. Se présenter à un concours. Passer un concours. Être reçu, échouer à un concours. Le premier reçu au concours. Les concours d'entrée aux grandes écoles. Le concours de l'agrégation. Les fonctionnaires sont normalement recrutés par concours. Expr. fam. Bête à concours, voir Bête. 4. Compétition dans laquelle sont engagés plusieurs candidats pour l'obtention d'un prix, d'un honneur. Le Concours général des lycées ou, ellipt., le Concours général, concours auquel participent chaque année, dans différentes disciplines, les meilleurs élèves des classes de première et de terminale de tous les lycées de France. La distribution des prix du Concours général. Les lauréats du Concours général. Les ouvrages présentés à un concours littéraire. Rousseau sortit vainqueur du concours institué en 1750 par l'académie de Dijon. Les concours du Conservatoire de musique. Expr. Être hors concours, ne plus pouvoir se présenter à un concours parce qu'on en a antérieurement remporté le prix et, fig. et fam., être d'une valeur incomparable. AGRIC. Concours agricole, où des prix sont attribués aux plus beaux animaux, aux meilleurs produits. - SPORTS. Gagner un concours de saut en hauteur. Les concours hippiques, où s'affrontent, sur un parcours d'obstacles, les meilleurs chevaux et cavaliers. Par anal. Concours de beauté, d'élégance. Un concours publicitaire. Un concours de pronostics. Concret, -ÈTE adj. XVIe siècle, au sens de « consistant ». Emprunté du latin concretus, « épais, compact », adjectif tiré du participe passé de concrescere, « croître par agglomération, se solidifier ». 1. Très vieilli. Épaissi et solidifié, par opposition à Fluide. Une liqueur concrète. Le camphre est une huile concrète, l'acide benzoïque un acide concret. 2. Réel, qui peut être perçu par les sens. Un exemple concret. Voir les choses de façon concrète. Il a su tirer de cette position des avantages concrets. Par méton. Un style concret, qui évoque bien la réalité concrète. Subst. Le réel, la réalité. Opposer le concret à l'abstrait. 3. Spécialt. GRAMM. LOGIQUE. Terme concret, qui désigne un être, un objet, par opposition à terme abstrait, qui désigne une notion. Dans « une femme pieuse », « un homme savant », « un vieillard aveugle », les adjectifs « pieux », « savant », « aveugle » sont des termes concrets, alors que les substantifs correspondants « piété », « science », « cécité », seraient des termes abstraits. - ARITHM. Nombre concret, à la suite duquel on précise la nature des unités dénombrées. Dans « dix francs », « vingt pommes », « cent chevaux », les adjectifs numéraux sont des nombres concrets, alors que « dix », « vingt », « cent », pris isolément, sont des nombres abstraits. - MUS. Musique concrète, obtenue à l'aide de divers objets sonores autres que les instruments de musique traditionnels. Concrètementadv. XXe siècle. Dérivé de concret.De façon réelle, concrète ; pratiquement. Manifester concrètement sa solidarité, la manifester par des actes. Concréter (se)v. pron. (se conjugue comme Céder). XVIIIe siècle. Dérivé de concret.Très vieilli. S'épaissir, se solidifier, se coaguler. Concrétionn. f. XVIe siècle. Emprunté du latin concretio, « action de s'agglomérer », « agrégat », dérivé de concrescere (voir Concret). 1. Très vieilli. Le fait de s'épaissir ou de se solidifier. La concrétion du lait, de l'huile. 2. Résultat d'une solidification, d'une agrégation. GÉOL. Les stalactites et les stalagmites sont des concrétions calcaires. Des concrétions salines. - PATHOL. Formation anormale de masses solides, pierreuses, dans une partie quelconque de l'organisme. Concrétion arthritique. Des concrétions biliaires. Concrétiserv. tr. XIXe siècle. Dérivé de concret, au sens 2.Matérialiser, réaliser. Concrétiser son idée dans un projet détaillé. Concrétiser ses sentiments par des actes. Pron. Nos espoirs se concrétisent. J'ai fait maintes démarches, mais elles ne se sont pas concrétisées, elles n'ont abouti à aucun résultat. |