n. f. XIIe siècle. Altération, d'après aigre, d'agremoine, qui, par le latin, remonte au grec argemônê, « sorte de pavot ».BOT. Plante de la famille des Rosacées, à fleurs jaunes disposées en épis et à feuilles ailées. Aigret, -ETTE adj. XIIIe siècle. Dérivé d'aigre.Vieilli. Un peu aigre. Cette boisson a un goût aigret qui n'est pas désagréable. Une sauce aigrette. (On dit plutôt Aigrelet.) Aigretten. f. XIVe siècle, égreste, « héron ». Emprunté de l'ancien provençal aigreta, dérivé d'aigron, forme dialectale de héron. 1. ZOOL. Échassier blanc, de la famille des Ardéidés, remarquable par les plumes dressées en faisceau sur sa tête. 2. Faisceau de plumes effilées et droites qui orne la tête de certains oiseaux. L'aigrette du paon, les aigrettes du hibou. 3. Bouquet de plumes ornant une coiffure, un dais, un lit de parade, la tête des chevaux lors de cérémonies. Elle portait un chapeau à aigrette. Un turban, une toque à aigrette. Spécialt. Sorte de plumet qui orne certaines coiffures militaires. L'aigrette d'un shako. 4. Par anal. Élément d'un décor, ornement, détail anatomique dont la forme rappelle le bouquet de plumes qui surmonte la tête de certains oiseaux. Aigrette d'eau, petit jet d'eau divergent. Litt. Une aigrette de fumée. Une aigrette de nuages. JOAILL. Parure destinée à orner les cheveux ou le front d'une femme. Aigrette de diamants, bijou composé de diamants montés sur des fils droits et fins. Aigrette de saphirs. Aigrette de verre, ornement composé de fils de verre. - BOT. Ensemble de poils ou de filets déliés surmontant les graines de certaines plantes, comme le chardon, le pissenlit. Les aigrettes assurent la dissémination des graines que le vent transporte souvent à de grandes distances. - PHYS. Aigrette lumineuse, faisceau de rayons lumineux divergents accompagnant une décharge électrique en milieu gazeux. Aigretté, -ÉE (e se prononce è ou e) adj. XVIIe siècle. Dérivé d'aigrette.Pourvu d'une aigrette, d'aigrettes. Semences aigrettés. Volatile aigretté. Aigreurn. f. XIVe siècle. Dérivé d'aigre. 1. Qualité de ce qui est aigre. Ce vin a pris de l'aigreur. L'aigreur du lait tourné. 2. Au pluriel. Sensation de brûlure au niveau de l'estomac, de l'œsophage, le plus souvent due à un excès d'acidité gastrique et accompagnée de renvois. Des aigreurs d'estomac. Causer, provoquer, éprouver des aigreurs. 3. GRAV. Défaut d'une taille où l'eau-forte a trop mordu. 4. Amertume mêlée d'irritation. Parler, répondre avec aigreur. L'aigreur d'un propos, d'une réplique. L'aigreur de sa remarque me surprit. Une lettre pleine d'aigreur. Par ext. Disposition chagrine qui porte à se montrer désagréable. C'est un homme plein d'aigreur. Spécialt. Il y a entre eux quelque aigreur, un peu d'aigreur, un commencement de brouille. Aigri, -IE adj. XIXe siècle. Participe passé d'aigrir.Qui est devenu aigre. Vin aigri. Fig. Rendu amer, irritable. Un homme aigri. Subst. Un aigri, une aigrie. Aigrirv. tr., intr. et pron. XIIe siècle. Dérivé d'aigre. I. V. tr. 1. Rendre aigre. Le levain aigrit la pâte. 2. Remplir d'amertume, irriter. Tout l'aigrit. L'âge ne l'a pas aigri. Litt. Aigrir une personne contre quelqu'un, exciter son ressentiment contre quelqu'un. 3. Fig. Aviver. Cela ne fait qu'aigrir son mal, sa douleur. Aigrir la haine, les ressentiments. II. V. intr. et pron. 1. Devenir aigre. Ce vin a aigri, s'est aigri. 2. Seulement pron. Devenir amer, irritable. Son caractère s'est aigri. Les esprits commençaient à s'aigrir. Litt. S'aigrir contre quelqu'un, s'irriter contre quelqu'un. Par ext. Devenir plus vif. Le mécontentement s'aigrit. Le conflit va en s'aigrissant. Aigu, -UË adj. XIe siècle, agu, au sens 1. Du latin acutus, « aigu, pointu ; fin », et, en grammaire, syllaba acuta, « syllabe marquée de l'accent aigu ». 1. Qui se termine en pointe ou en tranchant et qui est propre à percer ou à fendre. Le fer aigu d'un javelot. Une lame aiguë. Un bec aigu. Par anal. Une plante aux feuilles aiguës. Un profil aigu. Litt. La flèche aiguë d'une cathédrale. GÉOM. Un angle aigu, plus petit qu'un angle droit. 2. Vif, pénétrant. Un froid aigu. Une douleur aiguë. Une intelligence aiguë. Un sens aigu des réalités. Spécialt. En parlant d'un son, perçant. Des cris aigus. Une voix aiguë. MUS. Le registre aigu d'un instrument de musique, d'une voix, le registre le plus élevé de cet instrument de musique, de cette voix. Subst. L'aigu, l'ensemble des sons qui avoisinent la limite extrême et élevée de l'échelle musicale. Sa voix monte très haut dans l'aigu. Il passe facilement du grave à l'aigu. Au pluriel. Les aigus, les sons aigus. Elle s'est montrée très à l'aise dans les aigus. GRAMM. Accent aigu, incliné en descendant de droite à gauche. En français, l'accent aigu note le timbre fermé de l'e. 3. PATHOL. Affection, maladie aiguë, affection, maladie grave qui survient brusquement et qui évolue rapidement. Pneumonie aiguë. Conjonctivite aiguë. Rhumatisme articulaire aigu. Une forme aiguë de scarlatine. La phase aiguë d'une maladie, période pendant laquelle la maladie est à son plus haut degré de développement. Fig. Soudain et de grande intensité. Un conflit aigu, une crise aiguë. Aiguaden. f. XVIe siècle. Emprunté du provençal aigada, dérivé de aiga, « eau », du latin aqua, « eau ».MARINE. Vieilli. Provision d'eau douce que l'on va prendre à terre au cours d'un voyage. Faire aiguade, faire provision d'eau. Par méton. Lieu où les marins vont chercher de l'eau douce. Trouver une bonne aiguade. Aiguailn. m. (pl. Aiguails). XVIe siècle, esgail, égail ; XVIIe siècle, aiguail. Mot dialectal du Sud-Ouest, dérivé de egue, aigue, « eau », du latin aqua, ou déverbal d'aigailler, « faire de la rosée » (voir Égailler).Rosée qui demeure au matin sur les herbes et les feuilles. L'aiguail rend le flair des chiens de chasse moins subtil. |