adv. XVIe siècle. Dérivé de contradictoire.DROIT. En présence des deux parties. Les débats doivent être conduits contradictoirement. Un arrêt rendu contradictoirement. Contraignableadj. XIVe siècle. Dérivé du radical du participe présent de contraindre.DROIT. Qui peut être contraint, par des voies légales, à donner ou à faire quelque chose. Les débiteurs ne sont plus contraignables par corps, ne sont plus passibles d'emprisonnement lorsqu'ils sont en défaut. Contraignant, -ANTE adj. XIIIe siècle. Participe présent de contraindre.Qui contraint, à quoi l'on ne peut échapper. Une obligation contraignante. Un engagement contraignant. Les dispositions de la loi sont contraignantes. Par ext. Qui laisse peu de liberté. Un horaire, un métier contraignant. Contraindrev. tr. (se conjugue comme Craindre). XIIe siècle, constreindre, puis constraindre, « presser, faire peser ». Emprunté du latin constringere, « lier ensemble, enchaîner, réprimer ». 1. Réprimer, contenir, réfréner. Contraindre ses humeurs, ses désirs, ses sentiments, ses passions. Pron. Il avait peine à se contraindre, à se maîtriser. Litt. Gêner. Je ne me suis jamais laissé contraindre dans mes goûts, mes sentiments, mes opinions. 2. Loc. Contraindre à, contraindre de, forcer quelqu'un à faire quelque chose contre son gré, contre sa volonté. Je saurai vous contraindre à parler, à vous taire. La nécessité le contraint à vendre sa propriété. Le mauvais temps nous a contraints d'écourter notre séjour. La ville fut contrainte de se rendre. J'ai été contraint à cette démarche. Il a été contraint au silence. Absolt. Elle décidera librement, je ne veux pas la contraindre. Expr. Par redondance. Contraint et forcé, dans l'impossibilité absolue d'agir autrement. Je ne m'y résignerai que contraint et forcé. Il n'a donné sa signature que contraint et forcé. 3. DROIT. Obliger par voie légale. Contraindre quelqu'un par une procédure, par voie de justice, par justice. Contraindre par saisie de biens, par corps et autres voies. Contraindre quelqu'un pour les dépens du procès, pour une dette. J'enverrai les huissiers pour le contraindre. Absolt. Seul le juge a le droit de contraindre. 4. MUS. Basse contrainte, voir Basse. Contraint, -AINTE adj. XVIIe siècle. Participe passé de contraindre.Qui trahit la gêne et l'embarras, qui manque de naturel, de spontanéité. Un rire contraint. Une mine, une attitude contrainte. Il n'y a rien de contraint dans ses manières. Contrainten. f. XIIe siècle. Forme féminine substantivée du participe passé de contraindre. 1. Recours à la force, à la violence, à l'intimidation, pour obliger quelqu'un à faire quelque chose contre son gré ou l'empêcher d'agir comme il le voudrait. Employer, utiliser la contrainte. Exercer une contrainte sur quelqu'un. Subir une contrainte. Je ne cèderai pas à la contrainte. Une signature extorquée par la contrainte. Agir, obéir sous la contrainte. 2. Obligation qu'imposent la société, le milieu où l'on vit, les circonstances. Les contraintes de la bienséance. Être soumis à la dure contrainte, aux nombreuses contraintes de l'opinion publique. Les contraintes d'une profession, d'un métier. Se libérer de toutes les contraintes. Agir sans contraintes. Par ext. Retenue, réserve que l'on s'impose ; gêne, embarras. Rire sans contrainte. La politesse ne va pas sans contrainte. Un air de contrainte. Spécialt. Discipline qu'impose le respect de la langue et de la versification. Les contraintes de l'orthographe, de la syntaxe, de la rhétorique. Les contraintes du rythme, de la métrique, de la rime. 3. DROIT. Titre exécutoire établi par l'État en matière de liquidation des créances publiques ; ordre de mettre en œuvre une exécution forcée contre un redevable négligent ou récalcitrant. Ordonner, prononcer, décerner la contrainte. Contrainte par corps, emprisonnement employé comme moyen de coercition en vue d'amener le paiement d'une dette. La contrainte par corps a disparu en matière civile. L'huissier de justice est souvent chargé de signifier et d'exécuter les contraintes. La contrainte précède la saisie des biens. Par méton. Document qui signifie la contrainte. Un porteur de contraintes. 4. MÉCAN. Force tendant à déformer un matériau par compression, torsion, cisaillement, etc. Mesurer les contraintes qui s'exercent sur une pièce. Contraireadj. XIIe siècle. Emprunté du latin contrarius, « en face de, opposé, contraire, défavorable », de contra (voir Contre). I. En parlant de deux choses. 1. Totalement opposé, aussi différent que possible. Deux directions contraires, telles qu'il faut tourner le dos à l'une pour s'engager dans l'autre. Deux mouvements contraires. Les deux voitures roulaient en sens contraire. Deux projets, deux intérêts contraires. Des mots de signification contraire. Des attitudes, des témoignages, des affirmations, des volontés contraires. Les deux médecins étaient d'avis contraires. Subst. Vous m'avez dit le contraire. Je ne dis pas le contraire. Je soutiens, je prouverai le contraire. Vous m'aviez promis le contraire. Essayer de concilier les contraires. Il est le contraire de son frère, le contraire d'un homme habile. 2. LOGIQUE. Qui, dans un même genre, se situe à l'autre extrémité, à l'autre pôle. Le chaud et le froid, le grand et le petit, la douceur et la violence sont des termes contraires. Propositions contraires, qui ne peuvent être vraies en même temps, mais peuvent être fausses toutes les deux. « Tout homme est vertueux », « tout homme est vicieux » sont des propositions contraires. Subst. L'ombre est le contraire de la lumière, le faux le contraire du vrai, le mal le contraire du bien. II. En parlant d'une personne ou d'une chose. 1. Qui est opposé à ; défavorable, préjudiciable, hostile. C'est un homme qui m'a toujours été contraire. Nous avons été retardés par un vent contraire. Le nageur luttait contre un courant contraire. Une alimentation contraire à la santé. Se plaindre d'un destin contraire. 2. Non conforme à, incompatible avec. Vos affirmations sont contraires à la vérité, à l'honneur, au bon sens. Sa décision est contraire à la loi, au règlement, à l'équité. Une conduite contraire aux bonnes mœurs. III. Loc. 1. Loc. adv. Au contraire, bien au contraire, tout au contraire, d'une manière toute différente, à l'opposé, à l'inverse. On le croyait pauvre, il était au contraire très riche. Je n'ai pas refusé de l'aider, bien au contraire. 2. Loc. prép. Au contraire de, contrairement à, à l'inverse de. Il s'est enrichi, au contraire de son frère. Les campagnes se dépeuplent, au contraire des grandes agglomérations. Contrairementadv. XVe siècle. Dérivé de contraire. 1. Class. De façon contraire. 2. Loc. prép. Contrairement à, d'une manière opposée à, en contradiction avec. Agir contrairement au bon sens, aux usages. Contrairement à ce que certains pensent, c'est un excellent homme. Contralton. m. (pl. Contraltos). XVIIe siècle. Mot italien, proprement « voix d'alto qui est contre, qui est proche de l'alto ».CHANT. La plus grave des voix de femme. Par méton. Chanteuse dotée de cette voix. Un contralto. Contrapontiqueadj. XIXe siècle. Dérivé du radical de contrapontiste.MUS. Qui suit les règles du contrepoint. Le style contrapontique. La fugue est fondée sur l'écriture contrapontique. (On écrit aussi Contrapuntique et Contrepointique.) |