v. tr. (je crains, nous craignons ; je craignais, nous craignions ; je craignis ; je craindrai ; je craindrais ; crains, craignons ; que je craigne ; que je craignisse ; craignant ; craint). Xe siècle, criembre. Du latin tremere, « trembler », « redouter, craindre », altéré en *cremere, par croisement avec un radical celtique. 1. Considérer comme dangereux, nuisible. Craindre le froid, la chaleur, le soleil. Craindre le péril, la douleur, les maladies, la mort. Craindre l'échec, la solitude, la pauvreté. Voilà ce que je crains plus que tout, par-dessus tout. Craindre la colère de quelqu'un. Craindre de mourir. Ces deux hommes se craignent. Se faire craindre, inspirer la crainte, intimider. Un tyran craint et détesté. C'est un homme craint de tous. On le craint comme le feu, comme la peste. Expr. fam. Il ne craint pas sa peine, il ne ménage pas ses efforts. Il ne craint la comparaison avec personne ou, ellipt., il ne craint personne. Litt. Ne pas craindre de faire quelque chose, en avoir l'audace. Il ne craignit pas de s'exposer seul aux coups de l'ennemi. 2. Respecter, révérer en redoutant. Craindre Dieu. C'est un homme craignant Dieu. Expr. Il ne craint rien ni personne, il ne craint ni Dieu ni diable, aucun respect, aucune crainte ne l'arrête. 3. Envisager quelque chose de fâcheux comme possible, probable ou imminent ; redouter. Sa proposition m'inquiète, je crains un piège, un danger. On peut tout craindre de lui, de sa part. On pouvait craindre le pire. Une rechute est à craindre. Il craint d'être découvert. Je crains qu'il vienne ou, mieux, avec un ne explétif, je crains qu'il ne vienne. Craignez-vous, ne craignez-vous pas qu'il ne vienne ou, plus couramment, sans ne explétif, qu'il vienne ? Je ne crains pas qu'il vienne. Je crains, je ne crains pas qu'il ne vienne pas. Impers. Il est à craindre qu'il n'échoue. Par affaibl. Dans des formules de politesse. Appréhender par scrupule, vouloir éviter. Je crains d'être importun. Je craindrais de vous froisser. Je ne crains pas de le dire. Intranst. Craindre pour, avoir des inquiétudes au sujet de. Craindre pour l'avenir, pour ses enfants, pour ses biens. Nous craignons pour sa vie. 4. Ne pouvoir supporter sans dommage. Ces arbres craignent la gelée. Les plats de terre ne craignent pas le feu. Cette couleur craint le soleil. « Craint la chaleur et l'humidité », indication qui figure sur l'emballage de certains produits. Expr. fam. Ça ne craint rien, c'est très solide, très résistant. Crainten. f. XIIe siècle, crieme. Déverbal de craindre.Le fait de craindre ; le sentiment qui en résulte. 1. Trouble mêlé d'inquiétude et d'appréhension devant ce qu'on se représente comme néfaste, dangereux, menaçant. La crainte de la mort, de l'enfer, du châtiment. Ressentir une grande crainte des maladies, de la vieillesse. Un mouvement, un sentiment de crainte. Inspirer de la crainte à quelqu'un. Introduire de la crainte dans l'esprit, dans l'âme de quelqu'un. Être saisi, pénétré, rempli de crainte. Soyez sans crainte, n'ayez crainte ! Vous pouvez parler sans crainte. La crainte du tyran, celle qu'il inspire ou celle qu'il éprouve. Crainte servile, qui naît de la seule appréhension du châtiment. La crainte de Dieu, du jugement de Dieu. Expr. proverbiale. La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse, voir Commencement. 2. Vive inquiétude devant l'imminence probable d'un malheur. Vivre dans la crainte. Connaître la crainte. Souvent au pluriel. J'éprouve des craintes à son sujet, pour lui. Cette situation m'inspire des craintes, renforce, redouble mes craintes. Cette prise de position a dissipé nos craintes. Par affaibl. La crainte du ridicule, de l'opinion, des jugements du monde. Être retenu par la crainte du qu'en-dira-t-on. 3. Loc. prép. Dans la crainte de, par crainte de, de crainte de ou, fam. et vieilli, crainte de, parce que l'on craint de. Dans la crainte d'une indiscrétion. Par crainte de se trahir. De crainte d'être surpris. Crainte de malheur, crainte d'accident. Loc. conj. Dans la crainte que, par crainte que, de crainte que, parce que l'on craint que. De crainte qu'on vous trompe ou, avec ne explétif, qu'on ne vous trompe. Par crainte que, de crainte qu'il ne tienne pas sa promesse. Craintif, -IVE adj. XIVe siècle, craintis. Dérivé de crainte.Qui est sujet à la crainte. Un enfant craintif. Un animal craintif. Être d'un naturel craintif. Une âme craintive. Par méton. Qui révèle la crainte. Un regard craintif. Une expression craintive. Craintivementadv. XVe siècle. Dérivé de craintif.D'une manière craintive ; en manifestant de la crainte. Parler, agir craintivement. L'animal approcha craintivement. Crambeou CRAMBÉ n. m. XVIe siècle. Emprunté du grec krambê, « chou ».BOT. Plante vivace, de la famille des Crucifères, que l'on trouve sur le littoral de la Manche et de l'Atlantique, et dont les jeunes pousses sont comestibles (on dit aussi Chou marin). Cramerv. intr. XIXe siècle. Francisation du provençal cramar, lui-même issu du latin cremare, « brûler ».Pop. Brûler. Laisser cramer le rôti. Toute l'usine a cramé. Au participe passé substantivé. Ça sent le cramé dans la maison. Cramiquen. m. XIIIe siècle. Emprunté du flamand kraammik.PÂTISS. En Belgique et dans le Nord de la France, pain brioché contenant des raisins secs. Cramoisi, -IE adj. XIIIe siècle, cremosi. Emprunté, par l'intermédiaire de l'italien, de l'arabe qirmizi, « rouge de kermès » (voir Carmin).D'un rouge foncé, tirant sur le pourpre. Velours cramoisi. Soie cramoisie. Expr. fam. Être, devenir cramoisi, rougir violemment sous l'effet d'une émotion. Subst. Le cramoisi, couleur rouge foncé tirant sur le pourpre. Un beau cramoisi. Titre célèbre : Le Rideau cramoisi, nouvelle de Jules Barbey d'Aurevilly (1874). Crampen. f. XIIe siècle. Emprunté de l'ancien bas francique *krampa, d'un radical germanique *kramp, « courbé ».Contraction musculaire spontanée et douloureuse. Avoir des crampes. Être pris de crampes à la jambe, au pied. Il fut pris d'une crampe en nageant. Crampe des écrivains, affectant les muscles de la main qui tient la plume. Crampe fonctionnelle ou professionnelle, provoquée par la répétition des mêmes gestes dans l'exercice d'une profession. Fam. Crampe d'estomac, contraction douloureuse dans la région de l'estomac. Cramponn. m. XIIIe siècle, au sens de « pièce de fer recourbée ». Emprunté de l'ancien bas francique *kramp, « crochet », d'un radical germanique *kramp, « courbé ». 1. Pièce métallique recourbée, à une ou plusieurs pointes, qui sert à assembler ou à fixer fortement. Mettre un crampon. Attacher avec un crampon. Un anneau fixé à un crampon. 2. Par anal. HIPPOL. Bout recourbé qu'on ajuste aux fers d'un cheval, pour l'empêcher de glisser sur la glace ou sur un sol mouillé. - ALPINISME. Semelle métallique à pointes d'acier, que l'on fixe sous ses chaussures pour progresser sur la glace ou sur la neige dure. Chausser, mettre les crampons. - FOOTBALL. RUGBY. Petit cylindre de cuir, de caoutchouc ou de matière plastique faisant saillie sous la semelle, et qui empêche de glisser. - AUTOMOBILE. Petit élément métallique fixé sur l'enveloppe d'un pneumatique. Les pneus à crampons permettent de circuler sur des routes enneigées ou verglacées. 3. BOT. Appendice à l'aide duquel certaines plantes s'accrochent aux corps voisins et qui, mis en contact avec le sol, devient parfois une racine adventice. Les crampons du lierre, de la vigne. 4. Fig., fam. et péj. Personne qui s'attache importunément à une autre, dont on ne peut se défaire. Quel crampon que ce gamin, que ce visiteur ! |