interj. XVIe siècle. Onomatopée.Bruit d'un mécanisme, d'une serrure. Subst. Le verrou fit cric crac. On entendit un cric crac répété. Cricket(t se prononce) n. m. XVIIIe siècle. Mot anglais emprunté du moyen français criquet, « bâton fiché en terre et servant de but au jeu de boule ».Sport d'équipe, d'origine britannique, qui se joue sur gazon, avec des balles de cuir et des battes de bois. Une partie, un match de cricket. Cricoïdeadj. XVIIe siècle. Emprunté du grec krikoeidês, « en forme d'anneau », de krikos, « anneau », et eidos, « forme ».ANAT. Qui est en forme d'anneau. Le cartilage cricoïde ou, subst., le cricoïde, formant la partie inférieure du larynx. Cricrin. m. XVIe siècle. Onomatopée.Chant du grillon et de la cigale. Dans la nuit d'été, on entendait le cricri des grillons. Par méton. Fam. Le grillon lui-même. Il y a un cricri dans la cheminée. Criéen. f. XIIe siècle. Participe passé féminin substantivé de crier. 1. Anciennt. Annonce verbale publique des ventes par autorité de justice. 2. Vente publique aux enchères. Vendre à la criée. Audience des criées, audience du tribunal au cours de laquelle ont lieu les ventes judiciaires d'immeubles. COMMERCE. Vente à la criée, vente en gros faite à la halle avant l'ouverture du marché. La vente du poisson à la criée dans les ports de pêche, à l'arrivée des bateaux. Par méton. Bâtiment où ont lieu de telles ventes. La criée au poisson. Crierv. intr. et tr. (je crie, nous crions ; je criais, nous criions ; je criai ; je crierai ; je crierais ; crie, crions ; que je crie ; que je criasse ; criant ; crié). Xe siècle, crider. Du latin populaire *critare, réduction du latin classique quiritare, « crier au secours », « protester en criant », de formation onomatopéique. I. V. intr. Jeter, pousser un cri, des cris. 1. Produire avec la voix un son fort et perçant. Crier d'effroi, de joie, d'excitation. Ne faites pas crier cet enfant. Laissez-le crier. Souffrir à en crier. Il crie de toutes ses forces. Un chien qui crie parce qu'on le bat. On entendait crier les hiboux. Expr. Crier à pleins poumons, à tue-tête. Crier comme un perdu, comme un fou, comme un enragé, comme un beau diable. Crier comme un putois. Il crie comme si on l'écorchait. Fig., fam. et vieilli. Plumer la poule sans la faire crier, commettre de mauvaises actions sans attirer l'attention sur elles. Il ressemble aux anguilles de Melun, il crie avant qu'on l'écorche (voir Écorcher). 2. Élever très haut la voix, hausser le ton, dans la conversation, dans une discussion. Il faut crier pour se faire entendre dans ce vacarme. Il crie comme un sourd. C'est à qui criera le plus fort. Spécialt. Forcer sa voix en chantant. Cette femme ne chante pas, elle crie. Expr. Crier vers Dieu ou, vieilli, crier au Seigneur, faire appel à Dieu, l'implorer. Crier à, faire connaître hautement ce que l'on pense de quelqu'un ou de quelque chose. Le livre à peine paru, tout le monde cria au chef-d'œuvre, au génie. Crier à l'injustice, à l'oppression, au scandale, à l'imposture, à la supercherie, les dénoncer, accuser publiquement ceux qu'on en tient pour responsables. Pop. Crier contre quelqu'un, s'en prendre à lui. 3. En parlant de choses. Produire un bruit aigre, un grincement. Cette porte crie. L'essieu de la charrette crie. Le vent faisait crier les girouettes, les enseignes. (On dit plutôt Grincer.) 4. En parlant d'une couleur. Blesser le regard. Ce jaune trop vif crie. Les deux couleurs crient entre elles, ne s'accordent pas. Ce bleu crie avec ce vert. II. V. tr. Faire connaître d'une voix forte. 1. Dire, prononcer à voix haute, plus forte que la normale. Crier des paroles d'adieu. Crier un ordre. Ils se criaient des injures. On entendit crier : « Au feu ! Au voleur ! » Crier aux armes. Crier à l'aide. Crier au secours. Crier à un passant de se garer, de se ranger. Il nous a crié qu'il rentrerait plus tard, qu'il ne fallait pas l'attendre. Fig. Avertir souvent quelqu'un d'une chose ; la lui conseiller avec insistance. Il y a longtemps que je lui crie d'être sage, de prendre garde à lui. La conscience nous crie qu'une telle action ne saurait être juste. Expr. fig. Crier haro, crier gare, crier grâce, crier merci, crier casse-cou, crier famine, crier misère, voir ces mots. Crier au loup, appeler à l'aide de manière intempestive, au risque de ne plus être cru. Crier vengeance, exiger une vengeance, appeler à se venger. Cette injustice crie vengeance. Le sang du juste crie vengeance ou, ellipt., crie. 2. Anciennt. Proclamer, annoncer au nom de l'autorité. On a crié à son de trompe que chacun eût à rendre les armes. Par ext. Faire savoir, rendre public. Faire crier un objet perdu, pour que la personne qui l'aurait trouvé sache à qui il appartient. Spécialt. En parlant d'un marchand. Annoncer pour vendre dans la rue ou dans un lieu public. Crier de vieux habits. Jadis, on criait l'eau dans les rues de nos villes. Crier le journal du soir. Elle criait le poisson à la halle. Par ext. Vendre à la criée, mettre aux enchères. Crier des meubles. 3. Dire hautement ; proclamer publiquement. Crier son indignation, sa rancune, son découragement. Crier sa joie, sa douleur, sa haine. Il n'a cessé de crier son innocence. Répéter avec insistance ou importunité. Il ira crier cela partout. N'allez pas crier sur les toits ce que je vous ai dit. Il crie aux oreilles de tout le monde qu'on lui a fait une injustice. 4. Fig. En parlant de choses. Manifester de façon évidente. Ses bijoux crient le faux. Sa tenue criait la misère. Crieur, -EUSE n. XIIe siècle. Dérivé de crier. 1. Personne qui crie souvent, qui ne cesse de gronder. Faites taire ce crieur, cette crieuse. 2. Personne qui, dans la rue, sur un marché, annonce à haute voix ce qu'elle vend ou ce qu'on vend. Un crieur de journaux. Une crieuse de marée. 3. Anciennt. Crieur public, chargé de faire les annonces publiques, les proclamations. Faire annoncer une mesure par le crieur public. Crimen. m. XIIe siècle, crimne, « manquement grave à la morale ». Emprunté du latin classique crimen, « accusation, crime, méfait ». 1. Infraction très grave à la morale ou à la loi. Commettre un crime. Se rendre coupable, complice d'un crime. Regarder, considérer un acte comme un crime. Le tyran devra rendre compte de ses crimes. Un crime contre nature. Sa fin malheureuse fut la juste punition de ses crimes. Expr. proverbiale. Le crime ne paie pas, ne procure qu'un avantage éphémère. 2. DROIT PÉNAL. Infraction que la loi punit d'une peine infamante ou d'une peine afflictive et infamante, par opposition au délit et à la contravention. Être prévenu d'un crime. Accuser, convaincre d'un crime. Imputer un crime à quelqu'un. Le crime est avéré. La peine, la punition d'un crime. Crimes contre les personnes, contre les biens. Crime de faux et usage de faux. Crime de fausse monnaie. Crime de haute trahison, crime contre la sûreté de l'État. Anciennt. Crime de lèse-majesté, atteinte à la grandeur du pouvoir souverain. Crime d'État, atteinte à la sûreté de l'État. - DROIT INTERNATIONAL. Crime de guerre, violation des lois et coutumes de la guerre. Crime contre l'humanité, violation des conventions internationales et des droits essentiels de la personne humaine. La déportation, le génocide ont été décrétés crimes contre l'humanité. Crime contre la paix. 3. Spécialt. Homicide volontaire, meurtre. Un double crime. Un crime crapuleux, passionnel. Un crime gratuit. Le crime parfait. L'auteur du crime a été identifié. L'arme du crime, les mobiles du crime. Revenir sur les lieux du crime. Le Boulevard du crime, voir Boulevard. Titre célèbre : Crime et Châtiment, de Fédor Dostoïevski (1866). 4. Action blâmable, condamnable. C'est un crime contre l'intelligence, contre la liberté, contre la tolérance. Souvent par exag. Toute faute, même légère. C'est un crime d'avoir laissé perdre ces manuscrits, d'avoir abattu de si beaux arbres. Expr. Faire à quelqu'un un crime de quelque chose, exagérer sa faute par injustice ou malveillance, ou même blâmer, par mauvaise foi, ce qui devrait être sujet à louanges. On lui a longtemps fait un crime de cette étourderie, de cette parole malheureuse. On lui faisait un crime de ses exploits, de ses vertus. Imputer quelque chose à crime à quelqu'un, lui en tenir gravement rigueur. On lui a imputé à crime la franchise de ses paroles. Tout son crime, son seul crime est de, c'est là sa seule faute, son seul tort. Voilà tout son crime, tout mon crime. Fam. Ce n'est pas un grand crime, c'est une faute sans gravité. Titre célèbre : Le Crime de Sylvestre Bonnard, d'Anatole France (1881). 5. Par méton. Litt. L'ensemble des personnes criminelles, des actes criminels. Châtier, désarmer le crime. La capitale du crime. Criminaliserv. tr. XVIe siècle, au sens de « incriminer ». Dérivé savant de criminel.DROIT. Faire passer une affaire de la juridiction civile ou correctionnelle à la juridiction criminelle. Criminaliser un délit, un procès. Criminalisten. m. XVIIIe siècle. Dérivé savant de criminel.DROIT. Juriste spécialisé dans les questions criminelles. Un grand criminaliste. |