v. tr. XVIIe siècle. Dérivé de cuirasse. 1. Revêtir d'une cuirasse ; munir d'un revêtement métallique protecteur. Cuirasser un navire de guerre, un ouvrage fortifié. 2. Fig. Être cuirassé ou, pron., se cuirasser, être ou se mettre en situation de ne plus sentir les attaques, les injures, les revers de fortune. Il est, il s'est cuirassé contre les outrages. Un homme politique doit savoir se cuirasser contre les critiques, contre la calomnie. Être cuirassé contre les injustices, contre les coups du sort. Être cuirassé d'indifférence. Cuirassiern. m. XVIe siècle. Dérivé de cuirasse.MILIT. 1. Anciennt. Soldat portant cuirasse et appartenant à la cavalerie lourde. Les cuirassiers de la garde impériale. Un escadron de cuirassiers. Une charge de cuirassiers bouscula la première ligne adverse. Les cuirassiers de Reichshoffen. Expr. Une taille de cuirassier (vieilli), une haute taille. 2. Auj. Soldat appartenant à certaines unités de l'arme dite « arme blindée et cavalerie ». Un régiment de cuirassiers. Il a été incorporé au onzième régiment de cuirassiers, au onzième cuirassiers. Par abréviation. Argot militaire. Cuir. Le 11e cuir. Cuirev. tr. et intr. (je cuis, nous cuisons ; je cuisais, nous cuisions ; je cuisis ; je cuirai ; je cuirais ; cuis, cuisons ; que je cuise ; que je cuisisse ; cuisant ; cuit). IXe siècle, au sens de « brûler ». Du bas latin *cocere, altération du latin classique coquere, « cuire, brûler, fondre », « mûrir ». I. V. tr. 1. Exposer des aliments au feu, à la chaleur ou à des ondes électromagnétiques, afin de les rendre comestibles ou d'en améliorer le goût. Cuire du pain. Cuire le pain. Cuire de la viande à grand feu, à feu doux. Cuire au bain-marie, à l'étouffée, à l'étuvée. Cuire des pommes de terre à la vapeur. Cuire au gril, sur le gril, à la poêle. Cuire au four, à la cocotte. Cuire à l'eau, au beurre. Absolt. Le boulanger cuit deux fois par jour. Les habitants du village devaient aller cuire au four banal. Expr. fig. et fam. Un dur à cuire, un soldat que les combats et les fatigues de la guerre n'ont pu abattre et, par ext., une personne capable, en toutes circonstances, de faire preuve d'une grande résistance physique ou morale. Tous les durs à cuire de la compagnie s'étaient proposés pour cette mission dangereuse. Un vieux dur à cuire. 2. Exposer à l'action du feu, de la chaleur, une matière, un objet, afin de leur donner la consistance désirée. Cuire du gypse pour en faire du plâtre. Cuire des tuiles, des briques, de la céramique. Par ext. Cuire la soie, la décreuser en la passant dans un bain alcalin à 90 °C. 3. En parlant de la cause physique, de l'instrument de la cuisson. Modifier la consistance et le goût d'un aliment en le portant à une température élevée. Ce four cuit mal les gâteaux. Absolt. Le gaz cuit plus régulièrement que le feu de bois. Un trop grand feu brûle au lieu de cuire. Modifier dans les mêmes conditions les qualités d'une matière. Un four à cuire la porcelaine. 4. En parlant d'une source lumineuse, naturelle ou artificielle et, par ext., de certains phénomènes atmosphériques. Brûler, durcir ou endommager par une action continue. Le soleil cuit les rideaux. Sa peau était cuite par le soleil, par les intempéries. Spécialt. Provoquer une sensation de brûlure. Le soleil nous cuisait le visage. Le froid leur cuisait les mains, les pieds. II. V. intr. 1. En parlant d'un aliment. Subir l'action de la chaleur jusqu'à atteindre un certain degré d'attendrissement ou de durcissement. Le potage est au feu, il cuit. Un gigot ne doit pas cuire trop longtemps. Des fruits à cuire. Du chocolat à cuire. Il faut que cette viande cuise dans son jus. Ce plat doit cuire à petit feu. Loc. Faire cuire, laisser cuire, mettre cuire (vieilli), mettre à cuire. Faire cuire, mettre à cuire un chapon. Mettre le rôti à cuire. Laisser cuire deux heures à feu doux. Par anal. La ville cuisait dans la chaleur d'été. Expr. fig. et fam. Cuire à petit feu, être laissé dans l'incertitude alors qu'on brûle d'impatience. 2. En parlant d'une matière non comestible. Subir l'action de la chaleur de manière à devenir propre à un usage particulier. La porcelaine doit cuire longtemps à haute température. 3. Par anal. En parlant d'une partie du corps. Provoquer une sensation de brûlure. Je me suis écorché la main, elle me cuit. Les yeux me cuisent. Prov. Trop gratter cuit, trop parler nuit, si l'on dépasse la mesure, il en résulte un mal au lieu d'un bien. Loc. impers., fig. et litt. Il pourrait vous en cuire, vous pourriez vous en repentir. Il vous en cuira quelque jour. Il m'en cuit de l'avoir écouté. Cuisant, -ANTE adj. XIIe siècle. Participe présent de cuire.Qui cuit, qui cause une souffrance comparable à celle d'une brûlure. Il fait un froid cuisant. Une douleur cuisante. Fig. Subir un échec cuisant. Une défaite cuisante. Des soucis, des remords cuisants. Cuiseurn. m. XIIIe siècle. Dérivé du radical du participe présent de cuire. 1. Ouvrier responsable de la cuisson dans une fabrique de poteries, de briques ou de ciment. 2. INDUSTRIE ALIMENTAIRE. Appareil servant à faire cuire de grandes quantités d'aliments. Les cuisines de certaines collectivités sont équipées de cuiseurs. Cuisinen. f. XIIe siècle. Du bas latin cocina, altération de coquina, « cuisine, art culinaire ». 1. Local, pièce d'un appartement ou d'une maison où l'on apprête les repas, où l'on met à cuire les aliments. Une vaste cuisine. Une cuisine bien aménagée. Un studio avec coin cuisine, voir Cuisinette. Une table, un buffet de cuisine. Des ustensiles de cuisine. Batterie de cuisine, ensemble des ustensiles de métal servant à la cuisson. Au pluriel. Les cuisines d'un château, d'un hôtel. Surveiller, inspecter les cuisines. Travailler aux cuisines. 2. L'ensemble du matériel nécessaire pour cuire les repas. Cuisine roulante ou, ellipt. et fam., roulante, fourneau monté sur roues utilisé par les troupes en campagne. 3. Action de préparer le repas ; manière de cuisiner ; la nourriture ainsi préparée. Faire la cuisine. Du sel de cuisine. Un livre de cuisine. Des recettes, des cours de cuisine. De la cuisine au beurre, à l'huile. Une cuisine trop riche. Cuisine bourgeoise, simple et bonne. Cuisine de régime. Un amateur de bonne cuisine. Spécialt. Art culinaire ; ensemble des traditions culinaires propres à un pays ou à une région. La grande cuisine. La cuisine française, italienne, chinoise. Apprécier une cuisine régionale. 4. Fig., fam. et péj. Latin de cuisine, latin très incorrect. Cuisine électorale, manœuvres souvent occultes visant à garantir le succès d'une élection. Cuisinerv. tr. XIIIe siècle. Dénominatif de cuisine. 1. Préparer un aliment. Un mets long à cuisiner. Un plat très bien cuisiné. Expr. Plat cuisiné, plat qu'on achète tout préparé. Un traiteur qui vend des plats cuisinés. Absolt. Elle aime à cuisiner. Elle cuisine très bien. 2. Fig., fam. et péj. Préparer en sous-main, par des moyens peu recommandables. Cuisiner une affaire. Tâcher par tous les moyens d'obtenir de quelqu'un des informations, spécialement des aveux. Cuisiner un témoin, un prévenu. Cuisinetten. f. XXe siècle. Dérivé de cuisine.Petit réduit aménagé en cuisine (on dit aussi Coin cuisine). Cuisinier, -IÈRE n. XIIIe siècle. Dérivé de cuisine. 1. Personne qui fait la cuisine, qui prépare les repas. Une habile cuisinière. 2. Personne dont le métier est de faire la cuisine. Il doit beaucoup de sa réputation à son cuisinier. Le cuisinier, le chef cuisinier d'un hôtel, d'un restaurant. Cuisinièren. f. XVIIIe siècle, au sens de « rôtissoire ». Dérivé de cuisine.Fourneau de cuisine qui sert à faire cuire les aliments. Une cuisinière à bois, à charbon, à gaz. Une cuisinière électrique. Allumer la cuisinière. Le four de la cuisinière. |