n. m. XVIIIe siècle. Emprunté, par l'intermédiaire de l'espagnol, du caraïbe urari, « poison pour flèches ».Toxique violent, d'origine végétale, dont certains Indiens d'Amérique du Sud se servent pour empoisonner leurs flèches. Le curare paralyse les muscles. Le curare ou ses analogues s'emploient aujourd'hui à faibles doses en anesthésie, lorsque le chirurgien veut obtenir un relâchement musculaire total. Curarisant, -ANTE adj. XIXe siècle. Participe présent de curariser, « soumettre à l'action du curare ».MÉD. Qui possède les mêmes propriétés paralysantes que le curare. Subst. Un curarisant de synthèse. Curatellen. f. XVe siècle. Emprunté du latin médiéval curatela, dérivé de curator.DROIT. 1. Régime de protection consistant à désigner un curateur pour assister un majeur incapable ou un mineur émancipé. Il est en curatelle, sous la curatelle de son oncle. 2. Pouvoir et charge de curateur. On lui donne la curatelle de cette succession. Il s'est fait décharger de cette curatelle. Curateur, -TRICE n. XIIIe siècle. Emprunté du latin juridique curator, « celui qui a la charge, l'office de ». 1. ANTIQ. ROM. Magistrat responsable de la direction d'un service public. Curateur des édifices sacrés, des eaux, des routes. 2. DROIT. Personne nommée par le juge des tutelles, soit pour assister un majeur incapable ou un mineur émancipé, administrer ses biens et veiller à ses intérêts, soit pour régir une succession vacante ou un bien abandonné. Établir, élire, nommer, créer un curateur. Le curateur d'un mineur, d'un interdit. Curateur à la personne d'un aliéné, aux biens d'un absent, d'un condamné. Curateur au ventre (vieilli), chargé par le conseil de famille de veiller aux intérêts de l'enfant dont une femme est enceinte au moment du décès de son mari. Curateur à la mémoire, chargé de poursuivre la réhabilitation d'un condamné. Le curateur à la mémoire est nommé par la Cour de cassation. - DROIT COMMERCIAL. Personne nommée par le tribunal de commerce pour préparer le plan de redressement d'une entreprise en difficulté et en assurer provisoirement l'administration. Curatif, -IVE adj. XIVe siècle. Dérivé savant du latin curare, « guérir ».MÉD. Qui est propre à lutter contre la maladie ; qui contribue à la guérison. On prétend que ces eaux ont des vertus curatives. Curculionidésn. m. pl. XIXe siècle. Dérivé du radical du latin classique curculio, -onis, « charançon ».ENTOM. Famille d'insectes coléoptères phytophages, comptant de très nombreuses espèces nuisibles à la végétation. Les Curculionidés sont couramment appelés charançons. Au sing. La calandre du blé est un curculionidé. Curcuman. m. XVIe siècle. Emprunté, par l'intermédiaire de l'espagnol, de l'arabe kurkum, « safran ». 1. BOT. Plante herbacée vivace, de la famille des Zingibéracées, dont il existe plusieurs espèces et qu'on trouve notamment en Inde et en Chine. 2. CUIS. Le rhizome de cette plante, réduit en poudre, utilisé comme stimulant ou comme condiment et, autrefois, comme colorant sous le nom de safran des Indes. Le curcuma entre dans la composition du cari. Curen. f. XIe siècle. Du latin classique cura, « soin, souci, traitement d'une maladie », puis, en latin médiéval, « direction spirituelle », « direction d'une paroisse », et « fonction à laquelle est attachée cette direction ». 1. Vieilli. Soin, souci. N'est plus usité que dans l'expression N'avoir cure de, ne pas se soucier de. On a beau lui prodiguer des avertissements, il n'en a cure. 2. MÉD. Période de traitement d'une maladie. Prescrire une cure de deux mois d'un médicament antidépresseur. Méthode particulière de traitement. Une cure de repos, de sommeil. - PSYCHAN. Cure analytique. Par ext. Séjour thérapeutique dans une station thermale ou climatique. Suivre une cure. Un établissement de cure. Il fait sa cure comme tous les ans à Aix-les-Bains. Par anal. Faire une cure de fruits, de lait, de poissons, en consommer beaucoup pendant quelque temps. Fig. Faire une cure de lecture, de silence. 3. RELIG. CATHOL. Fonction ecclésiastique à laquelle est attachée la direction spirituelle d'une paroisse. Une cure de village. L'évêque du diocèse établit et répartit les cures. Par méton. Demeure du curé, presbytère. La cure est en général dans le voisinage de l'église. S'adresser à la cure. Curén. m. XIIIe siècle. Dérivé de cure. 1. RELIG. CATHOL. Prêtre chargé d'une paroisse sous l'autorité de l'ordinaire du lieu. Curé de campagne. Curé d'une paroisse de Paris, de banlieue. Un jeune, un vieux curé. Notre curé. Monsieur le curé. À Paris, on appelait naguère le curé d'une paroisse « Monsieur ». Curé doyen, voir Doyen. Loc. Un jardin de curé, un petit jardin bien soigné, donnant des fleurs, des fruits et des légumes. Expr. fig. et fam. C'est Gros Jean qui en remontre à son curé, un ignorant qui veut donner des leçons à plus savant que lui. Titres célèbres : Le Curé de Tours, d'Honoré de Balzac (1832) ; Journal d'un curé de campagne, de Georges Bernanos (1936). 2. Par ext. Pop. Ecclésiastique. Il s'est fait curé. Une boîte de curés ou, vulg., à curés, un collège tenu par des ecclésiastiques. Manger, bouffer du curé, être violemment anticlérical. Cure-dentn. m. (pl. Cure-dents). XVe siècle. Composé de cure, forme verbale de curer, au sens de « nettoyer », et de dent.Petit instrument pointu avec lequel on se cure les dents. Un cure-dent de bois, d'argent. Les cure-dents étaient souvent taillés dans la hampe des plumes d'oie. |