n. m. XVIIe siècle. Participe passé substantivé de délibérer.DROIT. Délibération à huis clos entre les juges d'un tribunal, qui a lieu entre la clôture des débats et le prononcé du jugement. Ordonner un délibéré. Mettre en délibéré, remettre le prononcé du jugement à une audience ultérieure. Délibéré sur rapport, délibéré précédé du rapport d'un magistrat commis par la cour, auquel les pièces du procès sont remises. Délibéré sans rapport. Délibérémentadv. XIVe siècle. Dérivé de délibéré I.D'une manière délibérée, consciemment. Il passe délibérément sans saluer. Accepter délibérément une lourde responsabilité. Délibérerv. intr. et tr. (se conjugue comme Céder). XIIe siècle. Emprunté du latin deliberare, « réfléchir mûrement, délibérer, décider ». I. V. intr. 1. Se livrer avec plusieurs personnes à l'examen approfondi d'une question en vue d'une décision. Délibérer d'un sujet, délibérer sur une affaire importante. Je vais en délibérer avec lui. DROIT. Le tribunal ordonne qu'il en sera délibéré en chambre du conseil. Après en avoir délibéré, formule qui ouvre l'énoncé du jugement. Absolt. Ils délibérèrent entre eux. La cour a délibéré pendant trois heures. Il n'y a pas lieu de délibérer, pas matière à délibérer. 2. Examiner, peser en soi-même tous les éléments d'une question avant de prendre sa décision. Je ne déciderai pas avant d'avoir mûrement délibéré. Elle a longtemps délibéré sur ce qu'elle devait faire. Il est parti sans délibérer, sans hésiter. II. V. tr. Décider après réflexion. Ils délibérèrent longtemps la conduite à tenir. On délibéra d'attaquer à l'aube. C'est là chose délibérée. Loc. Tout bien délibéré, il a accepté. Délicat, -ATE adj. XVe siècle. Emprunté du latin delicatus, « délicat, choisi, attrayant, doux, fin ». I. En parlant des choses. 1. Qui touche et flatte les sens par son raffinement ; exquis. Le parfum délicat du jasmin. Des coloris délicats. Des mets délicats. Par méton. Des impressions, des sensations délicates. Un plaisir délicat. Une jouissance délicate. 2. Distingué par ses qualités de finesse, de légèreté, d'élégance. Les fils délicats de la toile d'araignée. Un teint délicat. Des traits délicats. La démarche délicate d'une ballerine. Avoir des gestes délicats et gracieux. 3. Exécuté, fabriqué avec beaucoup d'adresse et de minutie. Une sculpture, une gravure délicate. Une dentelle délicate. Par méton. Un style, un art délicat. La facture délicate d'une miniature. 4. Faible et fragile par excès de finesse. Des membres frêles et délicats. Elle a la peau si délicate qu'elle ne peut rester au soleil. Une fleur délicate qu'un rien flétrit. Ce bleu est bien délicat ; il passera vite. Un mécanisme trop délicat pour être vraiment solide. Par ext. Une santé délicate. Un enfant délicat. 5. Complexe et subtil, difficile à comprendre. C'est une notion philosophique particulièrement délicate. La nuance posée par cette distinction est si délicate qu'elle échappe au grand public. 6. Qui demande de la prudence et de la circonspection ; difficile à résoudre, à mener à bien. On lui a confié une affaire délicate, une mission délicate. S'engager dans une entreprise délicate. Mener des négociations délicates. Subir une intervention chirurgicale très délicate. Par ext. Malaisé, embarrassant. Mettre quelqu'un dans une situation délicate. Il est toujours délicat de dire la vérité à un malade. II. En parlant des personnes. 1. Doué d'une grande finesse de perception. Avoir un odorat délicat. Avoir une oreille délicate. Un goût délicat. 2. Adroit, plein d'une dextérité précautionneuse. La main délicate d'un fleuriste. Prendre d'un geste délicat un objet précieux dans une vitrine. 3. Doué d'un talent artistique raffiné. Une délicate musicienne. Par méton. Le délicat ciseau d'un graveur. Le pinceau délicat d'une aquarelliste. 4. Qui manifeste une grande sagacité, beaucoup de finesse, de pénétration. Un esprit délicat. 5. Doué d'une grande sensibilité morale ; plein de tact, de discrétion, de courtoisie, de prévenance. Un homme délicat dans son comportement avec les femmes. Par méton. Avoir des attentions délicates à l'égard d'un ami. Un procédé peu délicat. Elle s'est conduite de manière délicate. Spécialt. Scrupuleux, rigoureux, exigeant dans le domaine moral. Se montrer délicat sur tout ce qui touche aux convenances. Une conscience délicate. 6. Difficile à satisfaire, à contenter en raison d'une extrême sensibilité. Vous êtes bien délicat ! À trop vous plaindre des conditions de ce voyage, vous passez pour délicat. Un public délicat et exigeant. Un amateur d'art délicat et pointilleux. Subst. Péj. Faire le délicat, se montrer dédaigneux de tout ; se dire choqué de peu de chose. Délicatementadv. XVe siècle. Dérivé de délicat.D'une manière délicate. 1. Avec finesse et précision. Une pierre délicatement sertie. Vous avez délicatement traité le sujet. Une pensée délicatement exprimée. 2. Avec précaution, avec légèreté, avec douceur. Prendre délicatement un bibelot. Effleurer délicatement la joue d'un bébé. 3. Avec tact. Il lui a annoncé la nouvelle très délicatement. Décliner délicatement une invitation. Il s'est conduit fort peu délicatement. Délicatessen. f. XVIe siècle. Dérivé de délicat, sur le modèle de l'italien delicatezza.Caractère de ce qui est délicat. 1. Qualité de ce qui flatte les sens par sa finesse. La délicatesse de l'arôme d'un grand cru. La délicatesse des nuances de l'orchestre, des tons d'un tableau. Par méton. Au pluriel. Rare. Les délicatesses de la table, produits ou mets de haute qualité. 2. Qualité de ce qui a de la finesse, de la légèreté, de l'élégance. La délicatesse de petits cristaux de givre. La délicatesse des fleurs des champs. Son visage prit une expression d'une grande délicatesse. 3. Qualité de ce qui est exécuté avec beaucoup d'adresse et de minutie. Un travail remarquable par sa délicatesse. La délicatesse d'une dentelle, d'une broderie. Par anal. La délicatesse de la langue, du style d'un écrivain. 4. Fragilité par excès de finesse. La délicatesse de ces jeunes pousses demande des soins particuliers. La délicatesse d'un mouvement d'horlogerie. Sa délicatesse de constitution la rend sujette à la fatigue, aux maladies. 5. Légèreté de mouvement, dextérité. Ce sculpteur maniait le ciseau avec force et délicatesse. Prendre avec délicatesse les ailes d'un papillon. Il ne faut manier ces porcelaines qu'avec beaucoup de délicatesse. 6. Finesse de perception, aptitude à apprécier les nuances. La délicatesse de l'ouïe du mélomane. La délicatesse du palais d'un gourmet. Dans l'ordre intellectuel. Exposer avec délicatesse les subtilités d'une philosophie. 7. Raffinement des sentiments, tact, discrétion. Elle lui a écrit une lettre pleine de délicatesse. Sa délicatesse lui interdit d'évoquer en public les déboires de ses amis. Agir avec délicatesse dans une situation difficile. Manquer de délicatesse. Par méton. La délicatesse des manières, d'un procédé. Spécialt. Attitude scrupuleuse et exigeante pour tout ce qui touche la morale, les convenances. Une délicatesse excessive. Une fausse délicatesse. 8. Litt. Susceptibilité, propension à s'offenser facilement. Faire preuve d'une extrême délicatesse sur le point d'honneur. Expr. Être en délicatesse avec quelqu'un, ne pas avoir avec lui des rapports aussi francs et amicaux que précédemment. 9. Class. et péj. Excès de sensibilité ; caractère d'une personne exigeante en matière d'aises, de plaisirs, d'agréments. Il est d'une telle délicatesse qu'il ne supporte pas la moindre gêne. Par ext. Excès de soins ou de précautions. Un enfant élevé avec trop de délicatesse, dans la mollesse, dans le luxe. Délicen. m. et n. f. XIIe siècle, féminin pluriel, puis masculin singulier. Emprunté, pour le singulier, du latin delicium, et, pour le pluriel, de deliciae (rare au singulier), « jouissances, voluptés, douceurs, agréments ». 1. N. m. sing. Jouissance exquise. Quel délice que cette musique ! Par méton. Se dit de ce qui produit cette jouissance. Cet entremets est un délice. Vivre dans ce pays est un vrai délice. 2. N. f. pl. Litt. Plaisirs extrêmes. Les délices des sens, de l'esprit. Savourer les délices de la campagne. Un lieu de pures délices. Il y a longtemps que je n'ai goûté de telles délices. Se plonger dans les délices de la lecture. Cette femme a fait naguère ses délices. Il fait les délices de cette société, il la divertit, il l'amuse. Il fait ses délices de la lecture d'ouvrages anciens, il y prend grand plaisir. Mettre ses délices à faire quelque chose (vieilli). Expr. Les délices de Capoue, délices où l'on oublie ses devoirs, où l'on s'amollit, par allusion aux plaisirs auxquels se serait abandonnée l'armée d'Annibal à Capoue, après la bataille de Cannes. S'endormir dans les délices de Capoue. Spécialt. Le Jardin des délices, le paradis terrestre. Par affaibl. Séjour idéal. Délicieusementadv. XIIIe siècle. Dérivé de délicieux.D'une manière délicieuse, avec délice. Il se sentit délicieusement ému. Il s'abandonna délicieusement à la rêverie. Par affaibl. Elle joue délicieusement du piano. Délicieux, -EUSE adj. XIIe siècle. Emprunté du bas latin deliciosus, « doux, agréable, délicieux, voluptueux ».Qui est extrêmement agréable, qui procure un plaisir de qualité. Des impressions, des sensations délicieuses. Ressentir une joie délicieuse. J'en garde un souvenir délicieux. Il fait un temps délicieux et, ellipt., il fait délicieux aujourd'hui. Spécialt. Très agréable aux sens (s'applique surtout à ce qui flatte le goût et l'odorat). Un parfum délicieux. Un mets, un repas délicieux. Par affaibl. Joli. Une toilette délicieuse. En parlant d'une personne, séduisant, charmant. Une femme délicieuse. De délicieux amis. Délicoterv. tr. XVIIe siècle. Dérivé de licot, variante normanno-picarde de licou.Vieilli. Débarrasser un cheval de son licou. Pron. La jument s'est délicotée. |