n. f. XIIe siècle. Dérivé de mesure.Manque de mesure ; outrance dans les propos ou les actes qui peut prendre la forme d'un défi orgueilleux. La démesure d'Alexandre. Pour les Grecs, la démesure était punie des dieux. Démesuré, -ÉE adj. XIIe siècle, desmesuré. Dérivé de mesuré, participe passé de mesurer.Qui excède la mesure normale ou ordinairement admise. Une taille démesurée. Fig. Un orgueil démesuré. Il est d'une ambition démesurée. Démesurémentadv. XIe siècle, desmesureement. Dérivé de démesuré.D'une manière démesurée ; excessivement. Un homme démesurément ambitieux. Démettrev. tr. (se conjugue comme Mettre). XIIIe siècle, au sens de « déplacer » ; XVIe siècle, au sens actuel. Dérivé de mettre.Déplacer, déboîter, luxer une articulation. Il a reçu un coup de pied de son adversaire qui lui a démis la cheville. Il a eu l'épaule démise. Replacer un membre démis. Pron. Se démettre le pied. Son genou s'est démis. Démettrev. tr. (se conjugue comme Mettre). XIIe siècle, sei demetre de, « renoncer à », et, comme transitif, demetre. Emprunté du latin demittere, « faire descendre, jeter en bas », et, sous l'influence de dimittere, « congédier, renvoyer ».Priver d'un emploi, d'une dignité, destituer. On l'a démis de sa charge. Pron. Il s'est démis de ses fonctions. Mac-Mahon fut sommé par Gambetta de se soumettre ou de se démettre. Démeublerv. tr. XIIIe siècle, desmobler, « dépouiller de ses biens » ; XVIe siècle, au sens actuel. Dérivé de meuble.Dégarnir une habitation de ses meubles. Démeubler une maison. Demeurantn. m. XIIe siècle, adjectif, demorant, demourant, « qui reste » ; XIVe siècle, comme substantif ; XVe siècle, au demeurant. Participe présent de demeurer.Litt. Ce qui reste. Se contenter du demeurant, faute de mieux. Loc. adv. Au demeurant, au reste, pour le reste, cependant, tout bien pesé. Il est un peu vif, mais c'est, au demeurant, un bon garçon. Brave femme au demeurant, elle avait mauvais caractère. Demeuren. f. XIIe siècle, demure, demore, « retard » ; XIIIe siècle, au sens de « lieu où l'on séjourne ». Déverbal de demeurer. 1. Vieilli et litt. Le fait de tarder à faire quelque chose. Sans plus de demeure, courez la rejoindre. Aujourd'hui, ne s'emploie que dans l'expression Il y a péril en la demeure, il y a danger à différer davantage. Ne vous hâtez pas, il n'y a pas péril en la demeure. DROIT. Être mis ou constitué en demeure, être dans l'état d'un débiteur en retard pour exécuter une obligation. Mettre quelqu'un en demeure de, lui faire obligation, le sommer de remplir un engagement sans tarder. On l'a mis en demeure de régler ses dettes. Mise en demeure, sommation. Par anal. Elle l'a mis en demeure de tenir sa promesse. 2. Lieu où l'on vit habituellement ; domicile, habitation, résidence. Choisir, établir sa demeure quelque part. Acheter une vieille maison pour en faire sa demeure. Établir sa demeure en Provence. Par emphase. Belle maison, château. Une demeure de style Renaissance. Cette vieille demeure ne manque pas de cachet. Expr. fig. et litt. La dernière demeure, la sépulture. Accompagner un ami jusqu'à sa dernière demeure. 3. Loc. adv. À demeure, de manière fixe, de façon durable ou permanente. Après de brefs séjours, il s'est installé à demeure dans notre ville. BÂT. Un châssis, un vitrage à demeure, inamovible. - AGRIC. Le persil se sème à demeure, ne se repique pas. - DROIT. À perpétuelle demeure, se dit des meubles fixés ou scellés à un immeuble au point de n'en pouvoir être détachés sans dommage, ou affectés à un lieu par les dispositions d'un legs ou d'une donation. Les glaces d'un appartement sont censées être à perpétuelle demeure, être immeubles par destination. Demeuré, -ÉE adj. XXe siècle. Participe passé de demeurer.Retardé ou arrêté dans son développement intellectuel ; faible d'esprit. Elle est un peu demeurée. Subst. Un demeuré, une demeurée. C'est un vrai demeuré ! Demeurerv. intr. XIe siècle, demorer, « tarder » (jusqu'au XVIe siècle) ; XIIe siècle, demurer, « rester un certain temps là où l'on se trouve » ; XIIIe siècle, demourer, « résider en un lieu ». Emprunté du latin populaire *demorare, du latin classique demorari, « demeurer, rester, s'arrêter ». I. Conjugué avec l'auxiliaire Être. Litt. Rester. 1. S'arrêter en un endroit et n'en pas bouger. Demeurez ici jusqu'à mon retour. Il est demeuré à son poste malgré l'ordre de repli. La voiture demeura au milieu du chemin sans pouvoir avancer. Ils sont demeurés en arrière. Expr. fig. Demeurer en reste, rester débiteur. Je ne veux pas demeurer en reste avec lui, je lui dois une politesse, ou bien, par ironie, une revanche. En demeurer là, ne pas aller au-delà. L'affaire n'en demeurera pas là, elle aura des suites. Les choses en sont demeurées là. Je vous prie d'en demeurer là, je refuse d'en entendre davantage. Demeurons-en là, cessons d'en parler ; tenons-nous à cette résolution. 2. Rester, subsister, continuer à exister. L'œuvre de ce philosophe demeurera. Force doit demeurer à la loi. Impers. Il ne lui est demeuré qu'un léger bégaiement. Expr. proverbiale. Les paroles s'envolent, les écrits demeurent. 3. Persister dans une situation, dans un état défini. Il faut que le passage demeure libre. Une forêt demeurée à l'état naturel. La plage demeura à sec. Le problème demeure entier. Demeurer fidèle. Demeurer ferme, maître de soi. Demeurer en repos, en paix. Elle en est demeurée d'accord. Il est demeuré muet, interdit, confus. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. Demeurer neutre. II. Conjugué avec l'auxiliaire Avoir. 1. Habiter, loger, faire sa demeure. Victor Hugo a demeuré longtemps place des Vosges. Il avait demeuré trois ans à Madrid. Où demeurez-vous ? Nous demeurions alors à la campagne, en ville. Demeurer chez soi, ne pas quitter sa maison, son pays. 2. Vieilli ou litt. Tarder, employer plus ou moins de temps à faire quelque chose. Il a demeuré longtemps en chemin. Elle n'a demeuré qu'une heure à faire son ouvrage. |