n. m. XIXe siècle. Dérivé de dessuinter.TEXTILE. Opération permettant de dessuinter la laine brute. Dessuinterv. tr. XIXe siècle. Dérivé de suint.TEXTILE. Débarrasser du suint. On dessuinte la laine brute en la faisant tremper dans l'eau tiède. Dessus(de se prononce de et non dé) prép., adv. et n. m. XIe siècle, desus. Du latin desursum, « du haut », écrit desusum en latin chrétien. I. Prép. Par opposition à Dessous. À la surface de, à la partie supérieure de ; dans une position supérieure à ; sur. J'ai trois vaisseaux dessus la mer jolie (vieilli). Ne s'emploie plus guère qu'en opposition avec Dessous, ou après de. J'ai cherché dessus et dessous la table. Enlever cela de dessus la table. Il n'a pas levé les yeux de dessus son livre. Fig. Cela lui a ôté un poids de dessus la poitrine. II. Adv. 1. Sur la face ou la partie extérieure ou supérieure de quelque chose. Ce terrain est inondable, on ne peut bâtir dessus. Pour éteindre le feu, jetez de l'eau dessus. Ramassez ces feuillets afin qu'on ne marche pas dessus. Fig. Voilà la difficulté, vous avez mis le doigt dessus, vous l'avez repérée, identifiée précisément. Par ext. Tout près, très près. Vous avez le nez dessus, c'est juste devant vous. Expr. Sens dessus dessous. Bras dessus, bras dessous, voir Dessous. MARINE. Tout dessus, toutes voiles dehors. 2. Fam. Dessus remplace Sur suivi d'un complément. Avec une idée de soudaineté, d'agression ou de préhension. Le chien lui a sauté dessus, a sauté sur lui. Tout le monde lui est tombé dessus, l'a accablé de coups ou, fig., de reproches, d'accusations. Expr. Mettre la main dessus, saisir vivement, s'emparer de. La police lui a mis la main dessus, l'a arrêté. La clef a disparu, impossible de remettre la main dessus, de la retrouver. Il m'a promis cette somme et je compte dessus, je table sur elle, j'ai fondé mes calculs sur cette promesse. 3. Loc. adv. Ci-dessus, plus haut dans la page ; dans les pages précédentes. Comme nous l'avons écrit ci-dessus. Voyez le passage, la citation ci-dessus. En dessus, dans ou vers la partie supérieure, sur la face supérieure. Il a mis en dessus les plus beaux fruits. Une étoffe noire en dessus et blanche en dessous. BATELLERIE. L'écluse d'en dessus, l'écluse d'en dessous, celle d'amont, celle d'aval. Là-dessus, sur cela. Mettez ce livre là-dessus. Monte là-dessus. Fig. Sur ce sujet. Inutile de revenir là-dessus. Que n'a-t-on pas écrit là-dessus ? Nous sommes tombés d'accord là-dessus. Par antiphrase. Pop. Compte là-dessus, n'y compte pas. Par anal. Après cela, sur ces entrefaites. On lui déclara qu'il n'obtiendrait rien ; là-dessus, il partit en maugréant. Par-dessus, en s'élevant plus haut qu'un certain objet ; en disposant, en étant disposé sur un autre objet. La barrière était fermée, il a sauté par-dessus. Il s'est approché du parapet et a regardé par-dessus. Il a mis un chandail et enfilé sa veste par-dessus. De dessus, de la partie, de la face supérieure de quelque chose. Rangez cela dans le tiroir de dessus. Le drap de dessus. 4. Loc. prép. Par-dessus, en s'élevant plus haut que ; par-delà, sur. Il sauta par-dessus la barrière. Jeter quelque chose par-dessus bord. Elle porte un châle par-dessus sa robe. Expr. fig. Par-dessus tout, surtout, principalement, plus que tout. Je tiens par-dessus tout à ma liberté. Je vous recommande par-dessus tout la discrétion. Fam. Regarder quelqu'un par-dessus l'épaule, le regarder avec dédain, d'une façon altière. En avoir par-dessus la tête, être fatigué, dégoûté de quelque chose, de quelqu'un. Toutes ces histoires, j'en ai par-dessus la tête. Elle a du travail par-dessus la tête, plus qu'elle n'en peut faire. Par-dessus le marché, en plus, en outre. Je lui ai prêté une grosse somme et, par-dessus le marché, sans intérêts. Iron. Il dérange tout le monde et, par-dessus le marché, ne daigne pas s'excuser. III. N. m. 1. La partie supérieure, la face supérieure de quelque chose. Le dessus de la main, de la tête. Le dessus d'une table, d'une étoffe. Expr. fam. Le dessus du panier, ce que l'on met en évidence, ce qu'il y a de meilleur et, fig. et souvent iron., la meilleure société. Elle ne reçoit que le dessus du panier. 2. Ce qui est situé sur autre chose, à un niveau supérieur par rapport à autre chose. Sonnez à l'étage du dessus. Prendre un drap sur le dessus de la pile. Le dessus d'un théâtre, les cintres. Dessus-de-lit, dessus-de-plat, dessus-de-porte, voir ces mots. MUS. Dans une composition polyphonique, la partie la plus haute, la plus aiguë, par opposition à la basse. Un dessus de violon, de flûte, de hautbois. Par méton. Vieilli. Personne qui chante la partie la plus haute. C'est un dessus, un bon dessus. 3. Expr. fig. Avoir, prendre le dessus, obtenir l'avantage dans un combat, un débat, etc. Nous avons eu le dessus dans la discussion, dans ce conflit. Reprendre le dessus, se remettre d'une maladie, d'un échec, d'une déception, etc. 4. Loc. adv. Au-dessus, plus haut. Il habite le premier étage et ses bureaux sont installés au-dessus. Par anal. D'une valeur, d'une grandeur supérieure à celle dont on parle. Une pointure au-dessus. On exempta les hommes de soixante ans et au-dessus. Fig. J'admire Shakespeare et ne mets personne au-dessus. 5. Loc. prép. Au-dessus de, plus haut que. L'eau nous arrivait au-dessus du genou. Cette montagne s'élève au-dessus de toutes les autres. Il habite au-dessus du magasin. Au-dessus de la porte, une enseigne était suspendue. Spécialt. et abusivt. Au nord de. Lille est au-dessus de Paris. En amont de. L'Yonne se jette dans la Seine au-dessus de Paris. Par anal. Dans une échelle de mesures, une hiérarchie. Supérieur à. Le thermomètre est à deux degrés au-dessus de zéro. Ce phare s'élève à quarante mètres au-dessus du niveau de la mer. Une taille très au-dessus de la moyenne. On enrôla tous les citoyens au-dessus de dix-huit ans. Le capitaine est au-dessus du lieutenant. Par rapport à une référence, à un élément de comparaison. Cet homme est bien au-dessus de l'idée que je m'en faisais. Cela est au-dessus de tout éloge. La tâche était au-dessus de ses forces. Cela le met, l'élève au-dessus de ses rivaux. Il est fort au-dessus des autres en mérite, fort au-dessus du commun. Expr. Être au-dessus de ses affaires (vieilli), avoir une fortune bien établie, des recettes supérieures aux dépenses. Être au-dessus de sa condition, avoir des sentiments, des qualités qui se trouvent rarement chez les personnes de la même condition. Vivre au-dessus de ses moyens, dépenser plus qu'on ne gagne, qu'on ne possède. Spécialt. Pour marquer une supériorité morale. Être au-dessus de, être dégagé de, affranchi de, hors d'atteinte de ; dédaigner, ne point se mettre en peine de. Il est au-dessus des vicissitudes de la fortune, au-dessus de ces vaines craintes. Un citoyen au-dessus de tout soupçon. Cet homme est au-dessus de l'envie, de la calomnie. Une âme au-dessus de l'ambition, de l'intérêt. C'est un homme au-dessus des louanges, de la flatterie. Dessus-de-litn. m. inv. XIXe siècle.Syn. de Couvre-lit. Dessus-de-platn. m. inv. XXe siècle.Couvercle dont on couvre un plat (on dit aussi Couvre-plat). Dessus-de-porten. m. inv. XVIIe siècle.ARCHIT. Ornement de boiserie, de peinture ou de sculpture, placé dans un encadrement de boiserie au-dessus du chambranle d'une porte. Des dessus-de-porte en grisaille. Déstabilisationn. f. XXe siècle. Dérivé de déstabiliser.Action tendant à rompre un équilibre, à mettre fin à une situation stable ; résultat de cette action. S'emploie surtout en matière politique, diplomatique, stratégique ou économique. La déstabilisation d'un régime, d'un front, d'une monnaie. La désinformation, comme la subversion et le terrorisme, est un procédé de déstabilisation. Déstabiliserv. tr. XXe siècle. Dérivé de stabiliser.Agir de façon concertée pour rompre un équilibre politique, diplomatique, stratégique, économique. Chercher à déstabiliser un pays, une région du monde. Destinn. m. XIIe siècle. Déverbal de destiner. 1. Puissance supérieure et inconnaissable à laquelle on attribue le pouvoir de gouverner l'ordre des choses et la succession des évènements. L'ordre, les arrêts du destin. Le destin aveugle, implacable. Les anciens tenaient le destin pour une puissance à laquelle les dieux mêmes étaient soumis. Spécialt. Cette puissance divinisée. Le Destin. Litt. Au pluriel. Au-dessus des dieux, il y a les destins. Les destins ennemis. Les destins favorables. Expr. Forcer le destin, s'élever contre une apparente fatalité. C'est le destin ! la fatalité contre laquelle on ne peut rien faire. 2. Le cours de la vie humaine, considéré comme relevant de la fatalité. Un heureux destin. Un destin funeste, tragique. Il était promis à un destin glorieux. Accomplir son destin. Se soumettre à son destin. 3. Le cours de la vie personnelle ou collective, regardé comme modifiable par la volonté, les décisions, les choix personnels. Être maître de son destin. Prendre en main son destin. Être responsable de son destin. Agir sur son destin. Manquer son destin. 4. Par anal. Ce qu'il advient de quelque chose. Le destin, les destins d'un empire. Les destins d'un combat, d'une campagne militaire. Tel est le destin des dictatures, la fin qu'on peut leur prédire. 5. Finalité, vocation, orientation, avenir d'un être, d'une espèce, d'une société, d'une discipline, etc. Le destin de l'homme est de dépasser la condition animale. Le destin d'une découverte. 6. Class. Vie, existence. Il a terminé son destin. Trancher, abréger le destin de quelqu'un. Destinatairen. XIXe siècle. Dérivé savant du latin destinatum, supin de destinare, « destiner ». 1. Personne à qui est adressé un envoi. Remettre un pli à son destinataire. Le destinataire de ce colis a changé de domicile. 2. LINGUIST. Personne à qui est adressé un message, récepteur d'un message. |