n. f. XVe siècle, au sens de « débat » ; XVIIe siècle, au sens de « querelle ». Déverbal de disputer. 1. Discussion plus ou moins vive à propos d'idées, d'opinions ou d'intérêts. Il trouva de nouveaux arguments dans la chaleur de la dispute. Une dispute de mots, qui porte sur les termes plutôt que sur le fond de la question. Par ext. Vieilli. Être en dispute, être en désaccord durable. Ses amis sont en dispute sur les problèmes politiques. Les deux savants furent longtemps en dispute. 2. Spécialt. Autrefois, débat public sur une question d'ordre philosophique, théologique, scientifique. Une dispute en Sorbonne. 3. Auj. Querelle, altercation. Une dispute d'amoureux. Une dispute éclata dans la rue. Il les surprit en pleine dispute. Chercher dispute à quelqu'un, chercher des occasions de se quereller avec lui. Titre célèbre : La Dispute, de Marivaux (1744). Disputerv. intr. et tr. XIIe siècle, au sens de « discuter, débattre » ; XVIIe siècle, aux sens de « rivaliser, quereller ». Emprunté du latin disputare, « examiner, discuter, raisonner ». I. V. intr. 1. Débattre d'une question d'ordre intellectuel ; confronter des opinions. Disputer avec, contre quelqu'un. Disputer ensemble. Les docteurs en théologie disputaient de l'éternité du monde. On disputa longtemps sur la vérité du système copernicien. Être décidé à disputer ferme. Expr. fig. Disputer sur une pointe d'aiguille, sur des pointes d'aiguille, élever une contestation sur un détail sans importance. Prov. Des goûts et des couleurs on ne peut disputer. 2. Class. Disputer de, se dit de personnes ou de choses qui paraissent avoir des qualités si égales que l'on ne sait laquelle l'emporte. Rivaliser de. Ces deux femmes disputent de beauté, d'esprit. Néron et Domitien disputaient de cruauté. 3. Pron. Fam. Se quereller. Se disputer avec quelqu'un. Ces enfants ne cessent de se disputer. II. V. tr. 1. Class. Examiner un sujet, une question ; en discuter au cours d'un débat. Disputer la vérité d'une affirmation. 2. Chercher à obtenir, à conserver un bien qui fait l'objet d'une rivalité. Disputer un prix. Disputer un poste à beaucoup de concurrents. Il lui dispute le pas, la présence. Plusieurs cités se disputaient l'honneur d'avoir donné le jour à Homère. Se disputer les faveurs d'une femme. MILIT. Disputer le terrain, se défendre pied à pied contre l'ennemi et, fig., soutenir avec force son opinion, ses intérêts ou ceux d'autrui. - SPORTS. JEUX. Disputer une compétition, une course, un championnat, un tournoi, y prendre part. 3. Loc. Le disputer à quelqu'un, prétendre l'égaler en quelque chose. Le disputer à quelqu'un en valeur, en érudition, en richesse. Avec un nom de chose pour sujet. Tyr pouvait le disputer aux cités les plus opulentes.
Disputeur, -EUSE n. XIIe siècle. Dérivé de disputer.Vieilli. Personne qui aime à disputer, qui est portée à la contradiction. Un grand disputeur. Un disputeur opiniâtre.
Disquairen. XXe siècle. Dérivé de disque.Commerçant qui vend des disques, des cassettes portant un enregistrement sonore.
Disqualificationn. f. XVIIIe siècle. Emprunté de l'anglais disqualification, du verbe to disqualify, « disqualifier » (voir ce mot). 1. HIPPISME. Élimination d'un cheval qui ne remplit pas les conditions requises pour concourir. Par ext. SPORTS. Élimination d'un concurrent ou d'une équipe qui a contrevenu au règlement. 2. Rare. Discrédit qui affecte une notion intellectuelle, une réalité sociale, une valeur. La disqualification de certains diplômes.
Disqualifierv. tr. (se conjugue comme Crier). XVIIIe siècle, surtout dans le langage des courses de chevaux. Emprunté du verbe anglais to disqualify, dérivé, avec le préfixe dis-, à valeur négative, de to qualify, d'origine française. 1. HIPPISME. Éliminer d'une course un cheval qui ne remplit pas les conditions requises. Par ext. SPORTS. Exclure d'une compétition un concurrent qui a enfreint le règlement. Disqualifier un coureur pour dopage. Ce boxeur a été disqualifié pour coup bas, a été déclaré battu pour avoir frappé son adversaire au-dessous de la ceinture. 2. Priver de son crédit, de son autorité quelqu'un qui a manqué à l'honneur ou à ses devoirs de charge. Ses détours et ses manœuvres l'ont disqualifié. Il est disqualifié aux yeux de son propre parti. Pron. Perdre l'estime ou la confiance d'autrui en s'étant montré indigne de sa place ou de sa fonction. Il s'est disqualifié par de tels propos, en proférant de tels mensonges.
Disquen. m. XVIe siècle, comme synonyme de discobole ; peu usuel avant le XVIIe siècle. Emprunté du latin discus, « disque, palet », du grec diskos. Au sens 5, a subi l'influence de l'anglais disc (XIXe siècle). I. ATHLÉTISME. Dans l'antiquité grecque, lourd palet, souvent en métal, quelquefois en bois, que lançaient les athlètes. Auj. Palet de bois ou de matière plastique, cerclé de fer, ayant des dimensions déterminées et pesant un peu moins de deux kilos, qui est en usage pour des épreuves de lancer. Le lancer du disque ou, par méton., le disque est une épreuve des Jeux olympiques. II. Par anal. Tout objet, soit naturel, soit artificiel, toute partie d'un objet qui présente la forme d'un cercle. 1. ASTRON. Surface visible des grands astres. Le disque solaire. Le disque de la pleine Lune. 2. ANAT. Disque intervertébral, formation fibro-cartilagineuse qui s'intercale entre deux vertèbres voisines et en assure l'articulation. - ZOOL. Région de l'œuf à partir de laquelle se forme l'embryon. Le disque germinatif d'un œuf d'oiseau. - BOT. Protubérance en forme de bourrelet, d'anneau ou de glandes distinctes entourant la base de l'ovaire sur une fleur. 3. MÉCAN. Plaque circulaire de faible épaisseur. Disque abrasif, élément mobile d'une ponceuse. - AUTOMOBILE. Frein à disque, système dans lequel le freinage est obtenu par serrage d'un disque solidaire de la roue. Disque d'embrayage, qui assure la liaison entre le moteur et les organes de transmission. 4. Panneau ou panonceau circulaire. CH. DE FER. Moyen de signalisation constitué d'une plaque qui, selon la face présentée, indique si la voie est libre ou non. Siffler au disque, demander par un appel sonore que la voie fermée soit libre à nouveau pour le passage du convoi. - AUTOMOBILE. Disque de stationnement, carton règlementaire qui indique, sur un cadran circulaire, l'heure d'arrivée d'un véhicule et la durée autorisée de son stationnement. 5. Disque phonographique, vieilli et, auj., ellipt., disque, plaque mince et circulaire, de matière variable, qui porte la gravure d'un enregistrement sonore. Les faces, les plages d'un disque. Un disque 78 tours, 45 tours, 33 tours ou ellipt., un 78 tours, un 45 tours, un 33 tours, selon la vitesse de rotation à la minute exigée pour la lecture. Disque microsillon ou, ellipt., microsillon, où l'enregistrement est gravé sur les sillons très rapprochés, par opposition au disque 78 tours fabriqué antérieurement. Disque compact, disque de taille réduite, à codage numérique, dont la lecture se fait sans frottement mécanique par un système optique. Disque vidéo, disque lu par rayon laser et transmettant, outre les sons, des images sur l'écran d'un récepteur de télévision (on dit aussi Vidéodisque). Loc. fig. et fam. Change de disque ! cesse de répéter la même chose ! 6. INFORM. Disque magnétique, disque qui a pour principe la magnétisation, et est utilisé en informatique pour l'enregistrement et la restitution de données. Le disque dur d'un ordinateur permet de stocker autant de données que plusieurs dizaines de disquettes. III. GÉOM. Ensemble des points compris à l'intérieur d'un cercle. Disque fermé, quand les points de la circonférence appartiennent à l'ensemble ; disque ouvert, quand ils en sont exclus.
Disquetten. f. XXe siècle. Dérivé de disque.INFORM. Petit disque magnétique utilisé en micro-informatique.
Disruptif, -IVE adj. XVIe siècle, au sens de « qui sert à rompre ». Dérivé savant du latin disruptum, supin de disrumpere, « briser en morceaux, faire éclater ».ÉLECTR. En parlant d'un courant électrique. Qui transperce un isolant en désorganisant sa structure mécanique et chimique, momentanément ou définitivement. Décharge disruptive, claquage disruptif. Champ électrique disruptif.
Dissectionn. f. XVIe siècle. Emprunté du latin dissectio, « action de couper, taille ». 1. Action de disséquer ; examen anatomique d'un organisme mort ou vivant, qui consiste à isoler les parties constitutives d'une région donnée. Les dissections pratiquées dans les amphithéâtres des facultés de médecine. La dissection des cadavres humains ne fut autorisée qu'à partir de la Renaissance. La dissection d'un insecte. CHIR. Dans certaines opérations, phase préparatoire qui a pour but d'isoler les organes sur lesquels porte l'intervention. 2. Fig. et litt. Analyse précise, minutieuse, d'une réalité, d'un problème. La dissection d'un sentiment.
|