n. f. XVIIe siècle, au sens de « discussion » ; XIXe siècle, au sens 2. Emprunté du latin dissertatio, « dissertation, traité ». 1. Anciennt. Discours écrit, bref traité sur une question philosophique ou scientifique. 2. Auj. Exercice écrit pratiqué dans l'enseignement secondaire et à l'université, qui consiste en un exposé de quelques pages sur une question de littérature, de philosophie, d'histoire, de droit, etc. Un sujet, un plan de dissertation française. 3. Par ext. Péj. Développement sur un sujet quelconque, rédigé dans un style doctoral déplacé. L'auteur entrecoupe constamment son récit de dissertations. Disserterv. intr. XVIIIe siècle. Emprunté du latin dissertare, « discuter, disserter », fréquentatif de disserere, « enchaîner à la file des idées, des raisonnements ». 1. Faire un développement, écrit ou oral, sur un sujet donné. Disserter sur un livre, d'un livre. Il a savamment disserté sur ce point de chronologie. Péj. Disserter à perte de vue. 2. Dans l'enseignement secondaire et à l'université, rédiger une dissertation. Les élèves ont disserté durant quatre heures. Dissidencen. f. XVIe siècle ; rare avant le XVIIIe. Emprunté du latin dissidentia, « opposition, désaccord ». 1. Action ou état de ceux qui s'éloignent de la doctrine ou de l'opinion du plus grand nombre, surtout en matière religieuse et politique. Dissidence d'opinions. Dissidence à l'intérieur d'une Église, d'un parti. 2. Action ou état d'un groupe qui ne reconnaît plus un pouvoir établi et s'y oppose, souvent par les armes. Appeler à la dissidence. Des forces armées entrées en dissidence. Passer à la dissidence. Par méton. Ce groupe lui-même. Rejoindre la dissidence. Dissident, -ENTE adj. XVIe siècle, comme terme médical au sens de « disjoint ». Emprunté du latin dissidens, entis, participe présent de dissidere, « être séparé, désuni, être en désaccord ». 1. Qui professe une doctrine, une opinion différente de celle du plus grand nombre, surtout en matière de religion et de politique. Une Église dissidente. Les membres dissidents d'un parti. Subst. Un dissident, les dissidents. 2. Qui se révolte contre l'autorité politique. Des intellectuels dissidents. Des ethnies dissidentes. Subst. Un dissident, une dissidente. Beaucoup de dissidents soviétiques furent contraints à l'exil. Dissimilaireadj. XVIe siècle. Dérivé de similaire.Rare. Qui n'est pas similaire. Questions dissimilaires. Éléments dissimilaires. Dissimilationn. f. XIXe siècle. Dérivé d'(as)similation avec le préfixe dis-.LINGUIST. Phénomène par lequel est créée ou accentuée une différence entre deux phonèmes identiques ou voisins. Du mot latin « peregrinum » au mot français « pèlerin », la transformation du premier r en l s'explique par une dissimilation. Dissimilituden. f. XIIIe siècle. Emprunté du latin dissimilitudo, « dissemblance, différence ».Manque de similitude. La dissimilitude des situations, entre les situations. Le second état de la gravure présente une dissimilitude frappante avec le premier. Dissimulateur, -TRICE n. XVe siècle. Emprunté du latin dissimilator, « celui qui cache ».Personne qui déguise habilement sa pensée, ses sentiments. Un dissimulateur-né. Adjt. Caractère dissimulateur. Elle se montra en cette circonstance extrêmement dissimulatrice. Dissimulationn. f. XIIe siècle. Emprunté du latin dissimulatio, « dissimulation, feinte ». 1. Action de dissimuler ; résultat de cette action. La dissimulation d'un sentiment, d'une mauvaise action. Même avec ses amis, il use de dissimulation. Spécialt. Procédé frauduleux consistant à ne pas faire paraître dans des comptes ou dans ses déclarations de revenu une somme d'argent. Avoir une amende pour dissimulation de bénéfices. Dissimulation d'actif, lors d'une faillite. 2. Caractère ou attitude d'une personne qui se plaît à cacher sa pensée, ses sentiments, à feindre. Une profonde dissimulation le servait dans ses intrigues. Dissimulé, -ÉE adj. XIVe siècle. Participe passé de dissimuler.Qui manque de franchise. Une personne dissimulée. Un esprit dissimulé. |