, -ÉE adj. XVIIe siècle. Participe passé de distinguer. 1. Dont la supériorité est reconnue. Des esprits distingués. Un des savants les plus distingués de son temps. Par méton. L'ordre national du Mérite récompense les services distingués. 2. Qui fait preuve de distinction, d'élégance et de dignité. Un homme très distingué. Par méton. Des manières distinguées. Une allure distinguée. 3. Dans les formules de courtoise épistolaires. Tout particulier. Je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments distingués, l'assurance de ma considération distinguée, très distinguée. Distinguerv. tr. XIVe siècle. Emprunté du latin distinguere, « séparer par des marques », d'où « diviser, différencier ». I. Apercevoir une différence. 1. Reconnaître par l'un des sens une chose ou une personne pour différente d'une autre. Distinguer une voix d'une autre. Distinguer deux nuances de bleu. Ces jumeaux peuvent à peine être distingués l'un de l'autre. On le distinguait dans la mêlée à son panache blanc. Spécialt. Percevoir dans sa singularité. L'obscurité était si grande qu'on ne pouvait plus distinguer les objets. Il les entendit converser sans distinguer les paroles qu'ils prononçaient. Par ext. Discerner à peine. Distinguer une ombre dans la nuit. Il distingua au loin des bruits qu'il ne parvint pas à identifier. 2. Séparer par un effort de réflexion les éléments d'un ensemble ; reconnaître par la pensée une chose pour différente d'une autre. Distinguer les intérêts en présence. Distinguer les diverses acceptions d'un terme. Distinguer l'intention et l'acte. Distinguer la flatterie d'avec l'amitié. Distinguer le vrai derrière les apparences. Absolt. Il faut distinguer, établir une distinction. Distinguer entre l'essentiel et l'accessoire. 3. Pron. à sens passif. Se laisser discerner par l'un des sens ou par la pensée. Deux sons qui se distinguent mal l'un de l'autre. De vieilles inscriptions dont les lettres ne se distinguent plus. La valeur polémique de ce texte se distingue aisément. II. Produire une différence. 1. Rendre distinct, reconnaissable au moyen de quelque marque ; caractériser, singulariser. Chaque variété de plantes était distinguée par une étiquette. Une importante innovation technique distingue ce procédé des précédents. La pensée réflexive distingue l'homme des animaux. 2. Traiter quelqu'un avec des égards particuliers, lui marquer de la considération, lui accorder sa faveur. On le distingua entre ses compagnons. Dès qu'il parut à la cour, le prince le distingua de manière flatteuse. Il sut bientôt se faire distinguer dans cette petite société de province. Avec pour sujet le nom d'une qualité. Placer au-dessus du commun, rendre remarquable. Les talents qui vous distinguent. Son courage l'a distingué entre tous. 3. Pron. à sens passif. Se caractériser par une propriété ou par une supériorité quelconque. Se distinguer par l'élévation de son esprit, par sa valeur, par son mérite. Ce romancier se distingue par la puissance de son imagination. Chercher à se distinguer, à se faire apprécier, remarquer.
Distinguo(guo se prononce go) n. m. XVIe siècle. Mot du latin scolastique distinguo, « je distingue », première personne du singulier de l'indicatif présent du latin classique distinguere (voir Distinguer).Action d'énoncer une distinction dans une argumentation ; distinction subtile. Il a toujours dans la discussion un distinguo tout prêt. Établir des distinguos.
Distiquen. m. XVIe siècle, distichon. Emprunté du latin distichon, du grec distikhon, de dis, « deux fois », et stikhos, « rangée, ligne, vers ». 1. Dans la prosodie gréco-latine. Groupe de deux vers. Distique élégiaque, succession d'un hexamètre et d'un pentamètre dactyliques, qui constituait l'unité métrique caractéristique du genre élégiaque. 2. Dans la poésie française. Suite de deux vers rimant ensemble et présentant un sens complet ; strophe de deux vers.
Distiqueadj. XVIIIe siècle. Emprunté du grec distikhos, « à deux rangées » (voir Distique I).BOT. Feuilles distiques, feuilles isolées, alternant le long de la tige à des niveaux différents et disposées en deux séries diamétralement opposées.
Distomatosen. f. XIXe siècle. Dérivé de distome, « genre d'entozoaires à doubles suçoirs » (XIXe), adaptation du latin scientifique distoma, transcription du grec distomos, « à double bouche ».PATHOL. Nom générique des maladies parasitaires qui sont provoquées, chez les Mammifères, chez l'homme, par différentes espèces de douves. Distomatose hépatique, intestinale, pulmonaire.
Distordrev. tr. (se conjugue comme Attendre). XVIe siècle. Emprunté, avec influence de tordre, du latin distorquere, « tourner de côté et d'autre, tordre, tourmenter ».Déformer en tordant. Dans les convulsions, les membres se distordent. Un visage distordu par l'hémiplégie.
Distors, -ORSE adj. XIXe siècle. Emprunté du bas latin distorsus, « contrefait, difforme ».Rare. Qui est de travers ou contourné.
Distorsionn. f. XVIe siècle. Emprunté du bas latin distorsio, de distorsum, supin de distorquere (voir Distordre). 1. État d'une partie du corps qui se tourne d'un seul côté par le relâchement des muscles opposés ou par la contraction des muscles correspondants. Distorsion de la bouche, des yeux. 2. OPT. Déformation de l'image par suite d'une aberration géométrique. - ASTRON. Déformation d'un champ stellaire en raison des diverses aberrations qui affectent l'instrument d'observation. - TÉLÉV. Défaut d'une image dans laquelle les proportions des objets représentés sont altérées. - ACOUST. Dans un processus de reproduction sonore, déformation affectant la transmission d'une onde. - ÉCON. Déséquilibre entre des facteurs qui devraient garder entre eux un rapport constant. 3. Fig. Déformation d'une donnée quelconque. Un témoin qui procède à une distorsion systématique des faits.
Distractionn. f. XIVe siècle, au sens de « action de distraire, de séparer » ; a pris le sens de « amusement » au XVIIe siècle. Emprunté du latin distractio, -onis, « action de tirer en sens divers, séparation ». I. Action de prélever une partie d'un tout ; résultat de cette action (vieilli). Un comptable malhonnête qui a fait distraction de sommes considérables. DROIT. Demande en distraction, par laquelle un tiers réclame que soient exclus d'une saisie les biens dont il se dit propriétaire. Distraction de saisie. Distraction des dépens, autorisation donnée à l'avocat de la partie gagnante d'être remboursé directement, par la partie condamnée, des frais qu'il a engagés pour son client. II. Fig. 1. Class. Action, moyen de détourner l'esprit de l'objet qui l'occupe. Il ne trouvait nulle distraction au remords qui l'obsédait. 2. Ce qui délasse l'esprit ou procure une occupation récréative. Vous vivez trop retiré, vous auriez besoin de distraction. Craignant toujours l'ennui, il cherchait la distraction dans des fêtes bruyantes. Prendre de la distraction après un effort intellectuel. Par méton. Activité divertissante. Les distractions du voyage lui rendirent un peu de calme. Procurer à quelqu'un toutes sortes de distractions. 3. Inattention, inapplication de la pensée aux objets qui devraient l'occuper. Il était d'une distraction constante. Inattention passagère. Avoir eu une distraction durant un discours. Être sujet à des distractions. Faire quelque chose par distraction. Attitude inadaptée qui résulte d'un défaut d'attention aux circonstances présentes. Les distractions d'Archimède sont restées dans l'Histoire.
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