n. f. XIIIe siècle, au sens de « dépendance d'une maison ». Du latin adjacentia, « environs », participe présent neutre pluriel substantivé de adjacere, « être situé auprès de, être voisin ». 1. Liberté de comportement du corps, de l'esprit. Faire tout avec aisance. Il traite avec aisance les affaires les plus difficiles. Elle a beaucoup d'aisance dans ses manières. Il se présente, il s'exprime avec aisance. J'admire son aisance à parler avec clarté des sujets les plus difficiles. Spécialt. DROIT. Aisance de voirie, droit sur les voies publiques reconnu aux riverains. - COUT. Donner de l'aisance à un vêtement, lui donner une ampleur telle qu'elle permette des mouvements aisés. 2. État de fortune suffisant pour vivre dans le confort. Il vit dans l'aisance. Il est dans l'aisance. Il jouit d'une honnête aisance. Il doit son aisance à son travail. 3. Au pluriel. Cabinets d'aisances, lieux d'aisances, latrines. Fosse d'aisances, fosse des latrines. Aiseadj. et n. f. XIe siècle, ajjse, « espace vide à côté de quelqu'un » ; XIIe siècle, aise, « commodité, agrément ». Du latin populaire adjace(n)s, proprement « se trouvant à proximité », participe présent substantivé de adjacere (voir Aisance). I. Adj. Content, satisfait. Le plus souvent renforcé par un adverbe. Il fut bien aise, fort aise de s'en tirer à si bon compte. Que je suis aise de vous rencontrer ! J'en suis très aise. Nous en sommes bien aises. Elle est tout aise de cette nouvelle. II. N. f. 1. État où l'on n'éprouve ni gêne ni contrainte. N'est plus usité en ce sens que précédé de la préposition à. À l'aise. À son aise. Être à son aise, bien à son aise. Mettez-vous dans ce fauteuil, vous serez plus à l'aise. Cinq personnes tiendront à l'aise dans cette voiture. Je ne suis pas à mon aise dans cette veste. Mettez-vous donc à l'aise, à votre aise, débarrassez-vous des vêtements qui vous gênent, qui vous encombrent. Travailler à son aise. Faites cela à votre aise, quand cela vous conviendra. Ellipt. À votre aise, à votre commodité, quand vous voudrez ou, iron., comme il vous plaira. Mettre quelqu'un à son aise, l'encourager, empêcher qu'il n'ait de la timidité ou de l'embarras, faire qu'il soit dans un état de liberté et de familiarité. Il sait mettre les gens à leur aise, à l'aise. Être à l'aise avec quelqu'un, ne pas se sentir gêné en sa présence. C'est un homme agréable et commode, avec qui on est toujours à son aise. N'être pas à son aise, être mal à son aise, être mal à l'aise, se sentir gêné, contraint, embarrassé. Je ne suis pas à mon aise dans une grande assemblée. Cette personne me met mal à l'aise. Expr. N'en prendre qu'à son aise, ne faire que ce qui plaît, sans tenir compte d'autrui. En prendre à son aise avec quelque chose, ne pas en tenir grand compte. Vous en prenez un peu trop à votre aise avec le règlement. En parler à son aise, sans éprouver les douleurs, les misères dont on parle ; sans se sentir tenu de suivre les conseils qu'on donne. Vivre à son aise, être à son aise, être fort à l'aise, ne pas avoir de difficultés pécuniaires, vivre dans une relative abondance. Advt. Paix et aise (vieilli), en menant une existence tranquille, sans contraintes et sans soucis. Il vit chez lui paix et aise. 2. Au pluriel. Commodités de la vie. Aimer ses aises. Rechercher ses aises. Prendre ses aises, s'installer confortablement, au risque de gêner les autres. 3. Litt. Contentement, joie, plaisir. Être transporté d'aise. Il ne se sent pas d'aise. Cette nouvelle me comble, me remplit d'aise. Soupirer d'aise. Aisé, -ÉE adj. XIIe siècle. Participe passé de l'ancien français aisier, aiser, « donner ce qui est nécessaire, ce qui met à l'aise ; satisfaire », dérivé d'aise. 1. Qui se fait avec aisance, facilement. Cela est aisé, bien aisé. C'est une chose aisée. Il n'y a rien de si aisé. Des moyens courts et aisés. La critique est aisée. Aisé à, facile à. Cela est aisé à faire. Cela n'était pas aisé à trouver. Un phénomène aisé à observer. Une personne aisée à convaincre. Cela vous est bien aisé à dire, cela vous est facile à dire, ne vous engage à rien. Un homme aisé à vivre, d'un commerce facile et doux. Impers. Il est aisé de, il est facile de. Il n'est pas aisé de bien écrire. Il est aisé de voir que cela le contrarie. Par méton. Un chemin aisé, où l'on circule commodément. Vieilli. Un habit aisé, des souliers aisés, un habit, des souliers qu'on met facilement, où l'on est à l'aise. Ces souliers sont trop aisés, ils sont trop larges, ils ne serrent pas assez le pied. Fig. Une morale, une dévotion aisée, une morale, une dévotion relâchée. 2. Où l'on ne sent aucune gêne, aucune contrainte, aucune affectation. Une démarche, une élocution aisée. Des manières aisées. Un style aisé. Une conversation aisée, facile et agréable. 3. Qui jouit d'une situation de fortune lui permettant de vivre assez largement. Un homme aisé. Les classes aisées. Par méton. Une situation aisée. Aisémentadv. XIIe siècle, aisiement. Dérivé d'aisé.D'une manière aisée. Accomplir aisément sa tâche. Il viendra aisément à bout de ce problème. Un symptôme aisément reconnaissable. Une hypothèse aisément vérifiable. Il se laissera aisément persuader. Aissellen. f. XIIe siècle, asaile ; XIIIe siècle, aisselle. Du latin populaire *axella, altération du latin classique axilla. 1. ANAT. Chacune des deux cavités situées au-dessous de la jonction du bras avec l'épaule. Le creux de l'aisselle. 2. BOT. Angle plus ou moins aigu que forme avec la tige un rameau ou une feuille. Certains bourgeons naissent à l'aisselle des feuilles. Aissetten. f. XIVe siècle. Dérivé de l'ancien français aisse, du latin ascia, ascea, « cognée, marteau de tailleur de pierre ».TECHN. Marteau de couvreur, de tonnelier, dont la tête incurvée présente d'un côté une extrémité à section carrée, de l'autre un large tranchant (on dit aussi Asse, Asseau, Assette ; on écrit aussi Essette). AÎtre n. m. XIe siècle. Du bas latin atrium, « portique, parvis de basilique », en latin classique, « pièce principale d'une maison romaine ».Parvis, enclos, cloître, parfois cimetière autour d'une église. L'aître Saint-Maclou, à Rouen. AÎtres n. m. pl. Xe siècle, estras, « cour autour d'une maison ». Du latin extera, « ce qui est à l'extérieur ».Litt. Les diverses parties d'une maison, considérées dans leur distribution. Il connaît bien les aîtres de cette maison. (On écrit aussi Êtres.) Ajointerv. tr. XIIIe siècle, ajointier. Dérivé de joint, participe passé de joindre.Joindre bout à bout. Ajointer deux tuyaux, deux planches. Pron. Ces tuyaux s'ajointent exactement. Ajoncn. m. XIIIe siècle, agon ; XIVe siècle, ajonc. Mot berrichon d'origine obscure.BOT. Arbrisseau à feuilles épineuses et à fleurs jaunes, de la famille des Papilionacées. Les ajoncs croissent surtout sur les sols siliceux des collines. L'ajonc est parfois appelé genêt épineux ou jonc marin. |