v. tr. (j'amène, nous amenons ; j'amenais, nous amenions ; j'amenai ; j'amènerai ; j'amènerais ; amène, amenons ; que j'amène ; que j'amenasse ; amenant ; amené). XIe siècle. Dérivé de mener. 1. Mener une personne en un lieu ou jusqu'à quelqu'un. Il m'a amené ici. Si vous venez nous voir, amenez votre frère. Amener les enfants à la campagne. Amener un malade chez le médecin. Amenez-le-moi. Il le fit amener devant lui. Je vous l'amènerai par le collet. Par anal. Nous avons amené d'Angleterre plusieurs chevaux. Pron. et pop. Venir. Qui est-ce qui s'amène à cette heure ? Allez ! amène-toi ! DROIT. Mandat d'amener, ordre par lequel un juge d'instruction se fait présenter, de gré ou de force, une personne mise en examen, un témoin. Par anal. L'autobus nous a amenés directement ici. Le bateau amène les voyageurs dans l'île. Un téléphérique amène les touristes au sommet. Par ext. Faire venir en un lieu, auprès d'une personne. Un évènement grave nous amène. Voici ce qui m'amène, le sujet qui m'amène. Fam. Quel bon vent vous amène ? Fig. Amener quelqu'un à une opinion, à un sentiment, parvenir à lui faire adopter cette opinion, ce sentiment. Il me fut impossible de les amener à de meilleurs sentiments. Amener quelqu'un à faire quelque chose, l'en convaincre, l'y déterminer. Amener quelqu'un à voir les choses autrement. Amener à résipiscence. Malgré sa résistance, je l'ai amené où je voulais. Ces circonstances m'amènent à vous parler de mes projets. Nous avons été amenés à modifier nos plans. La misère l'amena à émigrer. 2. Conduire, transporter une chose en un lieu ou jusqu'à une personne. Amenez-moi ma voiture. Ces marchandises sont amenées aux entrepôts par bateau. Cette conduite amènera l'eau au village. Par ext. Fam. Apporter. Amenez vos livres, vos bagages. Par anal. Mettre une chose dans un état déterminé. Amener de l'eau à ébullition, du métal à la température de fusion. Fig. Introduire ; faire adopter ; mettre en usage. Ce bateau amena la peste à Marseille. C'est lui qui a amené cette mode. 3. Tirer à soi, vers soi. Le pêcheur amène son filet. La barque est poussée en avant lorsqu'on amène la rame à soi. Fig. Il amène à lui toute la couverture, il s'attribue tout le profit de l'affaire. MARINE. Faire descendre. Amener les basses vergues. Amener les voiles ou, absolt., amenez ! Amener les couleurs, faire descendre le drapeau. Amener son pavillon ou, absolt. (vieilli), amener, abaisser son pavillon pour marquer qu'on se rend à l'ennemi. - JEUX. Faire sortir, obtenir un numéro aux jeux de hasard. Amener un six en jetant les dés. Amener un bon, un mauvais numéro à la roulette. 4. Dans les ouvrages de l'esprit. Faire venir, présenter, introduire, au terme d'une préparation, d'une transition. Il a habilement amené sa conclusion, cette citation, cet effet. Cet auteur dramatique a bien amené l'incident, le dénouement, les a préparés avec adresse. Cette comparaison est amenée de bien loin, de trop loin. Amener un sujet de conversation. Amener la conversation sur un sujet délicat. 5. En parlant d'une chose. Avoir pour conséquence, pour effet ; causer, entraîner. Ce vent nous a amené la pluie. Le remède amena un rapide soulagement du malade. Cela pourrait amener des querelles. Cet évènement allait amener une réforme importante. Un malheur en amène un autre. La fermeture de cette usine amènera une aggravation du chômage dans la région. Aménitén. f. XIVe siècle. Emprunté du latin amoenitas, dérivé de amoenus, « agréable ; amène ». 1. Douceur et charme qui émanent d'un lieu. L'aménité du Val de Loire. 2. Douceur accompagnée de politesse et de grâce. Cet homme a de l'aménité. Il est plein d'aménité. Un accueil dépourvu d'aménité. Un style plein d'aménité. 3. Au pluriel. Le plus souvent par antiphrase. Échanger des aménités, des paroles blessantes. Aménorrhéen. f. XVIIIe siècle. Formé, avec le préfixe privatif, à partir du grec mên, mênos, « mois », et rhoia, « courant », dérivé de rhein, « couler ».PATHOL. Absence ou interruption anormale des menstruations. Amenuisementn. m. XIIIe siècle. Dérivé d'amenuiser.Le fait de s'amenuiser ; l'état qui en résulte. L'amenuisement de nos ressources. L'amenuisement de son prestige. Amenuiserv. tr. et pron. XIIe siècle. Dérivé de l'ancien français menuis(i)er, « rendre menu », du latin populaire *minutiare, dérivé de minutus, « petit, menu ». I. V. tr. 1. Rendre plus menu, plus mince. Amenuiser une planche, un bâton, une cheville. 2. Rendre moins important ; affaiblir. Ces réductions ont amenuisé nos effectifs. Le temps amenuisa les rancœurs. Par ext. Faire paraître plus menu. La distance amenuisait leurs silhouettes. II. Pron. Perdre de son importance, de sa valeur ; diminuer, se réduire. Le fût de l'arbre s'amenuisait vers le haut. Ses revenus se sont singulièrement amenuisés. Vos chances de succès s'amenuisent. Amer(r se prononce), -ÈRE adj. et n. XIIe siècle. Du latin amarus. I. Adj. 1. Qui excite ou affecte la sensibilité gustative par une saveur âpre, souvent désagréable, et parfois tonique. La saveur amère s'oppose aux trois autres saveurs fondamentales : sucrée, salée, acide. Ce vin est amer, est devenu amer. Un café amer. Des herbes amères. Un suc amer. Ce fruit a un goût amer. Amande amère, orange amère, variété d'amande, d'orange à la saveur âpre, par opposition à Amande douce, Orange douce. De la confiture d'oranges amères. Par anal. Un parfum amer. Par méton. Avoir la bouche amère, avoir dans la bouche un goût d'amertume. Ce médicament rend la bouche amère. Litt. L'onde amère, les flots amers, la mer. 2. Fig. Qui inspire un sentiment de rancœur, d'âpre tristesse. Une amère déception. Perte, privation amère. Sacrifice amer. Regrets, souvenirs amers. Par méton. Qui exprime rancœur ou ressentiment. Plaintes amères. Tenir des propos amers. Reproches amers. Un rire, un sourire amer. Une raillerie amère, mordante et offensante. Un esprit amer. Cet échec l'a rendu amer. II. N. m. 1. Décoction ou infusion de certaines herbes ou écorces amères, aux propriétés toniques et dépuratives. Un amer d'aloès, de chicorée. 2. Boisson apéritive alcoolisée, aromatisée avec des herbes ou des écorces amères. Un amer à la gentiane, au quinquina. 3. Fiel de certains animaux. Un amer de bœuf, de volaille. Crever l'amer d'une carpe, d'un brochet. Amer(r se prononce) n. m. XVIIe siècle. Dérivé du normand merc, « borne de séparation », emprunté du néerlandais.Point fixe sur la côte ou en mer, visible de loin et servant de repère aux navigateurs. Prendre ses amers. Ce phare et ce clocher servent d'amers. Titre célèbre : Amers, recueil de vers de Saint-John Perse (1957). Amèrementadv. XIIe siècle. Dérivé d'amer. 1. Avec une vive tristesse, un regret amer. Se plaindre amèrement. Pleurer amèrement. Se repentir amèrement. 2. D'une manière acrimonieuse, aigre, sarcastique. On l'a critiqué, raillé amèrement. Il m'en a parlé fort amèrement. Américain, -AINE adj. et n. XVIe siècle. Dérivé d'Amérique. I. Adj. 1. Relatif à l'Amérique. Le continent américain. Langues américaines, langues indigènes du continent américain. 2. Relatif aux États-Unis d'Amérique. Le drapeau américain. La littérature américaine. Le cinéma américain. Des cigarettes américaines. MUSIC-HALL. Vedette américaine, chanteur, artiste qui passe à la fin de la première partie d'un spectacle, juste avant la vedette principale. - CINÉMA. Nuit américaine, effet produit par une technique d'éclairage et de tirage, donnant l'impression qu'une scène a été tournée de nuit. Plan américain, plan qui présente les personnages à mi-corps. II. N. 1. Habitant du continent américain. Les Américains du Nord. Les Américains du Sud. 2. Personne qui habite les États-Unis d'Amérique ou en est originaire. 3. N. m. L'américain, forme prise par l'anglais écrit et parlé aux États-Unis d'Amérique. 4. Loc. À l'américaine, à la manière des habitants des États-Unis d'Amérique. Vivre à l'américaine. Vol à l'américaine, escroquerie doublée d'une mystification, un des malfaiteurs jouant le rôle d'un riche Américain. Enchère à l'américaine, où chaque enchérisseur paie immédiatement la différence entre la valeur qu'il propose et celle qui a été proposée avant lui. CUIS. Sauce à l'américaine, sauce relevée, à base de tomates, d'oignons, d'échalotes, de cerfeuil, de persil, d'estragon, de cognac, de poivre de Cayenne et de vin blanc, accompagnant surtout les crustacés et certains poissons. Un homard à l'américaine. (On dit aussi À l'armoricaine.) Américanisationn. f. XIXe siècle. Dérivé d'américaniser.Action d'américaniser ; le fait de s'américaniser ; l'état qui en résulte. L'américanisation des modes de vie. L'américanisation d'un pays. |