n. f. XVIIIe siècle. Emprunté du grec dramatourgia, « composition ou représentation d'une pièce de théâtre ».Art de la composition dramatique. La dramaturgie de Sophocle, de Shakespeare, de Racine. La dramaturgie classique, romantique. Par ext. Ouvrage traitant de cet art. Dans la « Dramaturgie de Hambourg » (1768), Lessing exalte le théâtre de Shakespeare. Dramen. m. XVIIe siècle. Emprunté du bas latin drama, du grec drama, « action » et, particulièrement, « action jouée sur scène ; pièce de théâtre ». I. THÉÂTRE. 1. Vieilli. Genre littéraire qui rassemble toutes les pièces composées pour le théâtre. 2. Genre théâtral, de ton moins élevé que la tragédie, qui met en scène des actions pathétiques en y ajoutant parfois des éléments familiers, comiques ou bouffons ; pièce de théâtre appartenant à ce genre. Le drame bourgeois, défini par Diderot, s'attache avec une intention moralisante à la représentation de la vie privée. Drame populaire. Drame historique. Drame romantique. Selon Victor Hugo, le drame résulte de la combinaison du sublime et du grotesque, de la tragédie et de la comédie. Les écrivains romantiques ont opposé le drame de Shakespeare à la tragédie de Racine. Spécialt. Drame satyrique, dans le théâtre grec antique, pièce à sujet mythologique, où se mêlent le tragique et le bouffon, et dont le chœur est composé de satyres. Drame liturgique, au Moyen Âge, mise en scène, pendant les offices ou en dehors des offices, de textes sacrés, accompagnée de musique et de chants. MUS. Drame lyrique, drame musical, terme souvent employé, depuis le XIXe siècle, de préférence à celui d'opéra, pour désigner des œuvres dont l'unité profonde résulte à la fois de la continuité de l'action dramatique et de celle de l'élément symphonique. « Werther », drame lyrique de Massenet. « Pelléas et Mélisande », de Claude Debussy, est un drame musical tiré d'une œuvre de Maeterlinck. II. Évènement grave de la vie quotidienne. 1. Évènement qui inspire la terreur ou la pitié. Un drame affreux, terrible, épouvantable. Un drame conjugal. Cette mort accidentelle a été un drame pour la famille. Spécialt. Fait divers aux conséquences malheureuses ; accident, crime. Un drame de la mer, de la route. Ce meurtre est un drame de la jalousie. 2. Suite d'évènements graves. Le drame de la Révolution. Le drame de la guerre, de la guerre civile. 3. Par affaibl. Situation pénible, douloureuse, due à un évènement malheureux ; état pitoyable. Le drame de l'abandon, de la maladie, de la misère, de la solitude. 4. Expr. Tourner au drame, se terminer d'une façon tragique que rien ne laissait prévoir. Leur promenade a tourné au drame. Fam. Faire un drame, des drames, tout un drame, provoquer des discussions, des querelles pour peu de chose. Il fit de l'incident tout un drame. Il n'y a pas de quoi en faire un drame. Ce n'est pas un drame, ce n'est pas grave. Drapn. m. XIe siècle, au sens de « étoffe ». Du bas latin drappus, « chiffon, morceau d'étoffe », sans doute d'origine gauloise. 1. Étoffe de laine pure ou mélangée, à la surface duveteuse, que diverses opérations ont resserrée et rendue plus résistante. Une pièce de drap fin, de gros drap. Drap d'Elbeuf. Costume de drap. Un fabricant de drap. Tisser du drap. Acheter, vendre, faire le commerce du drap. Expr. fig. et vieillie. Tailler en plein drap, être en mesure de faire librement et hardiment ce que l'on veut, agir sans contrainte. Par ext. Étoffe de haute qualité dont les fibres sont d'une matière plus précieuse que la laine. Drap de soie, d'argent, d'or. Le Camp du Drap d'or, camp d'une grande magnificence où se rencontrèrent François Ier et Henri VIII en 1520 et où l'on avait utilisé en abondance le tissu d'or. Spécialt. Drap mortuaire, pièce de drap ou de velours noir, violet ou blanc, dont on couvre le cercueil aux funérailles. 2. Drap de lit ou, ellipt., drap, grande pièce de toile, généralement utilisée par paire, avec laquelle on garnit un lit pour isoler le corps, soit du matelas, drap de dessous, soit des couvertures, drap de dessus. Une paire de draps. Draps de coton, de lin, de soie. Draps blancs, draps de couleur. Une pile de draps. Plier, repasser des draps. Changer les draps. Par ext. Drap de bain, de plage, grande serviette en tissu éponge. Expr. fig. et fam. Mettre, se mettre, être dans de beaux, dans de jolis draps, mettre, se mettre, être dans une situation embarrassante. Le voilà dans de beaux draps. Il est dans de mauvais, dans de vilains draps. Drapén. m. XXe siècle. Participe passé substantivé de draper.Disposition des plis donnée à un tissu, à un vêtement. Le drapé d'une toge. Le drapé d'un ciel de lit. BX-ARTS. Représentation, en sculpture, peinture ou dessin, du mouvement que forment ces plis. Le drapé des sculptures du Parthénon. Le drapé des figures de Raphaël. Un drapé somptueux, élégant, souple, raide. Un drapé fantaisiste. THÉÂTRE. Savoir porter le drapé, avoir le sens du drapé, se dit des grands interprètes de la tragédie classique. Drapeaun. m. XIIe siècle, drapel, « morceau de tissu, chiffon », « vêtement », puis « langes ». Dérivé de drap. I. Au sens propre. 1. Pièce d'étoffe fixée à une hampe, à un mât, de manière à pouvoir se déployer et flotter au vent, et portant les couleurs et les emblèmes d'une nation, d'une province, d'une organisation, d'une unité militaire. Le drapeau national. Le drapeau français, allemand, italien. Le drapeau européen. Le drapeau de la Croix-Rouge. Le drapeau olympique. Le drapeau d'un régiment. La cravate d'un drapeau, voir Cravate. Des drapeaux pris à l'ennemi, sur l'ennemi. On salue un chef en inclinant les drapeaux. Le salut au drapeau. Une ville pavoisée de drapeaux. Déployer, hisser, amener un drapeau. Mettre un drapeau en berne, en signe de deuil, le placer à mi-hauteur du mât ou l'enrouler sur lui-même en ne laissant flotter que son extrémité. Au drapeau ! batterie ou sonnerie militaire exécutée pour rendre les honneurs au drapeau. Planter son drapeau sur une terre, en prendre possession au nom d'une nation ou à titre symbolique. Par ext. Petits drapeaux en carton, en papier. Piquer des drapeaux sur une carte. Spécialt. Drapeau tricolore, désigne en particulier le drapeau français, bleu, blanc, rouge. Drapeau blanc à fleurs de lis, emblème de la France de 1816 à 1830. Le drapeau du Royaume-Uni est appelé l'Union Jack. Drapeau rouge, sans surcharge, emblème des révolutionnaires. Drapeau noir, pavillon des pirates, puis emblème des anarchistes. 2. Pièce d'étoffe ou morceau de matière rigide, fixé à un manche et servant à donner un signal. Le drapeau rouge du chef de gare. Agiter un drapeau rouge pour signaler un danger, des travaux sur une route. Donner le signal du départ d'une course en abaissant un drapeau. Délimiter une zone avec des drapeaux. Spécialt. Drapeau blanc, en temps de guerre, qui marque le désir de l'un des adversaires de suspendre les hostilités, de parlementer ou de se rendre. II. Au sens figuré. 1. Symbole de l'armée, de la patrie. Le respect, l'honneur, le culte du drapeau. Se rallier autour du drapeau. Mourir pour le drapeau. Au pluriel. Être sous les drapeaux, être en activité de service, ou faire son service militaire. Appeler une classe, appeler les réservistes sous les drapeaux. Se ranger, servir, combattre sous les drapeaux, servir à l'armée. 2. Symbole de la cause pour laquelle on combat. Le drapeau d'un parti. Le drapeau de la liberté. Rester fidèle à son drapeau. Abandonner, trahir son drapeau. En parlant d'une personne. Servir de drapeau à une cause, en être le symbole. Metternich craignait que l'Aiglon ne servît de drapeau à la cause bonapartiste. Cet homme est le drapeau de la réaction (vieilli). Expr. Arborer, déployer, lever haut son drapeau, exprimer publiquement ses opinions. Se rallier au drapeau, se ranger sous le drapeau de quelqu'un, embrasser son parti. Fam. Mettre son drapeau dans sa poche, dissimuler ses opinions. III. Spécialt. 1. CIRQUE. Figure d'équilibre exécutée par un athlète qui se tient à l'horizontale d'un support vertical. Exécuter un drapeau. 2. AÉRON. Mettre une hélice en drapeau, mettre les pales d'une hélice à pas variable, en cas d'arrêt du moteur en vol, dans la position qui offre le moins de résistance à l'air. Draperv. tr. XIIIe siècle, au sens de « fabriquer du drap ». Dérivé de drap. 1. Recouvrir de drap, de draperies, souvent en signe de deuil ou de réjouissance publique. Draper de noir le portail d'une église. Des tambours drapés de crêpe. Draper une estrade d'une étoffe tricolore. 2. Envelopper le corps d'une ample pièce d'étoffe qui forme des plis, en vue d'obtenir un certain effet. Draper un mannequin d'une pièce de soie. Acteur drapé à l'antique. BX-ARTS. Représenter une figure drapée. Draper une statue à l'antique. Ce peintre drape ses personnages de lourdes étoffes. En parlant d'un vêtement ou d'un tissu. Envelopper. Sa serviette de bain le drape de la tête aux pieds. Pron. Se draper dans une toge, dans un châle, dans une couverture. Cet acteur sait bien se draper. Fig. et iron. Se draper dans sa vertu, dans sa probité, dans sa dignité, en faire parade. 3. Garnir un objet d'une étoffe ample dans une intention de décoration. Le décorateur a drapé le guéridon d'une soierie ancienne. En parlant d'une étoffe. Un cachemire drape le dossier du lit. 4. Disposer une étoffe ou un vêtement de manière à former des plis harmonieux. Draper de la mousseline sur un mannequin. Draperien. f. XIIe siècle, au sens de « tissu ou vêtement de drap ». Dérivé de drap. Au sens 4, dérivé de drapier. 1. Tissu de laine, souvent mélangée d'une autre fibre. Un coupon de draperie. Le rayon des draperies dans un grand magasin. Une maison de draperies. 2. Pièce d'étoffe d'une certaine ampleur servant de vêtement, drapée et ajustée. La draperie est un vêtement sans couture. S'envelopper dans une draperie. Une draperie bien jetée. Une draperie qui dissimule les formes du corps. Une draperie moulante. Les draperies des Anciens. Le sari des femmes indiennes est une draperie. 3. Pièce d'étoffe d'une certaine ampleur, disposée dans une intention de décoration. Les draperies d'un baldaquin, d'une portière. Des tentures disposées en draperie, formant draperie. Une draperie de faille. De lourdes draperies de brocart. Spécialt. Étoffes dont on recouvre une partie des édifices publics à l'occasion d'une cérémonie. BX-ARTS. Représentation d'une étoffe ample et formant des plis. Les draperies à plis cassés de Van Eyck. L'art de la draperie chez Poussin. 4. Fabrication et commerce du drap ; manufacture de drap. La draperie des Flandres. Les draperies de Sedan. Drap-houssen. m. (pl. Draps-housses). XXe siècle.Drap de dessous dont les coins et les rebords sont cousus de manière à entourer exactement le matelas. Drapier, -IÈRE n. XIIIe siècle. Dérivé de drap.Personne qui fabrique ou qui vend du drap. En apposition. Un marchand drapier. Un ouvrier drapier. Adjt. Qui concerne la fabrication ou le commerce du drap. La corporation drapière. L'industrie drapière. Drastiqueadj. XVIIIe siècle, en médecine ; XIXe siècle, au sens de « énergique ». Emprunté du grec drastikos, « qui opère, actif, efficace, énergique ». 1. Se dit d'un remède très énergique et, plus particulièrement, d'un laxatif brutal. Un purgatif drastique. 2. Très rigoureux, très contraignant. Un règlement drastique. Prendre des mesures drastiques contre la spéculation. |