v. tr. XIIIe siècle, escarter, « s'éloigner de ». Du latin populaire *exquartare (dérivé du latin classique quartus, « quatrième, quart » ), proprement, « partager en quatre, diviser », d'où « séparer ». 1. Éloigner l'un de l'autre, les uns des autres les éléments d'un ensemble. Écarter les lèvres, les paupières. Écarter les bras du corps. Écarter les volets, les battants d'une porte, les mâchoires d'un étau. Pron. Les planches s'écartent sous l'effet de la chaleur. Les gens s'écartèrent ou, avec un singulier collectif, la foule s'écarta pour le laisser passer. Absolt. Ce fusil écarte, il disperse trop le plomb ou il ne tire pas juste. 2. Éloigner, mettre ou tenir à distance. Écarter sa chaise de la table. Écarter la main du feu. On écarta les témoins. Écarter les gêneurs. Écarter un importun. Écartez-vous, prenez de la distance. Ne vous écartez pas, restez à proximité. Par anal. Écarter une personne de la conversation. Écarter quelqu'un d'un emploi. Écarter un prétendant du trône. Écarter ses rivaux, ses adversaires, les évincer. Fig. Il écartait de son esprit toute préoccupation fâcheuse. Écarter les soupçons, les dissiper. Écarter une question, un problème, les laisser de côté ou les éliminer. Écarter une objection, la négliger ou la réfuter. 3. Éloigner de la direction prise, détourner. La tempête a écarté le paquebot de sa route. Il écarta le coup avec son bâton. Pron. Trompé par l'obscurité, il s'écarta du sentier. Si vous preniez ce chemin, vous vous écarteriez trop, vous feriez un trop grand détour. S'écarter du bon chemin, ne plus suivre la bonne direction et, fig., manquer à son devoir. Fig. S'écarter du but, le perdre de vue. S'écarter de son propos, faire une digression. S'écarter de la droite raison, du bon sens. S'écarter de son devoir. Ce jugement s'écarte de l'équité. 4. JEUX. Dans les courses landaises, provoquer la vache, puis, au dernier moment, esquiver la charge de la bête. écarterv. tr. XVIIe siècle. Dérivé de carte (à jouer), probablement sur le modèle de l'italien scartare.JEUX DE CARTES. Retirer de son jeu, dans les conditions permises par la règle, les cartes dont on ne veut ou ne peut se servir. Écarter un as, un roi. Absolt. Je n'ai pas encore écarté. écarteurn. m. XIXe siècle. Dérivé d'écarter I. 1. JEUX. Dans les courses landaises, celui qui provoque l'animal et s'en écarte au moment où celui-ci le charge. 2. MÉD. Instrument destiné à écarter les lèvres d'une incision chirurgicale ou les bords d'une cavité naturelle. écatirv. tr. Voir Catir. écatissagen. m. Voir Catissage. écatisseurn. m. Voir Catisseur. écaudé, -ÉE adj. XIXe siècle. Adaptation du latin scientifique ecaudatus, dérivé du latin classique cauda, « queue ».Qui n'a pas de queue, a une queue très courte ou a perdu sa queue. Ecce homo(ecce se prononce ekcé) n. m. composé inv. XVIIe siècle. Mots latins signifiant « voici l'homme », prononcés par Pilate pour présenter le Christ au peuple lors de sa Passion.Tableau ou statue du Christ couronné d'épines. Les ecce homo de Jérôme Bosch. Titre célèbre : Ecce homo, de Friedrich Nietzsche (1888). Eccéité(eccé se prononce ekcé) n. f. XVIe siècle. Adaptation française du latin scolastique ecceitas, dérivé du latin classique ecce, « voici ».PHIL. Terme de scolastique. Caractère de singularité absolue par lequel un individu se distingue de tout autre. Ecchymose(cch se prononce k) n. f. XVIe siècle, echymosis. Emprunté du grec ekkhumôsis, « enflure, tache produite par le sang extravasé ».Épanchement sanguin sous-cutané, entraînant une tache violacée, puis brune et jaunâtre, qui apparaît après un traumatisme local ou traduit un trouble de l'hémostase. |