n. m. XVIIe siècle. Dérivé d'écraser. 1. Action d'écraser, le fait d'être écrasé. L'écrasement du raisin dans le pressoir. 2. Fig. Anéantissement. L'écrasement d'un peuple, d'une révolution. écraserv. tr. XVIe siècle, escrager, écrazer ; ainsi qu'accraser. Emprunté du moyen anglais crasen, « briser, mettre en morceaux ». I. Au sens propre. 1. Déformer, aplatir, sous l'effet d'un grand poids, d'un coup violent, d'une chute. La poutre, en glissant, lui a écrasé le bras. Le coup de marteau lui a écrasé le doigt. Écraser un insecte d'un coup de talon. Par exag. Il m'a serré la main à l'écraser. Vous m'écrasez le pied. Fam. Écraser la pédale de frein, écraser l'accélérateur, l'enfoncer jusqu'au bout de sa course pour freiner d'un coup, pour accélérer brusquement. Pron. Après une chute de plusieurs mètres, l'acrobate s'écrasa au sol. La voiture s'est écrasée contre un arbre. Fig. À l'heure de la fermeture, les clients s'écrasaient aux portes du magasin. 2. Concasser, broyer sous l'effet d'une pression. Écraser des groseilles, des noix. Écraser des pommes de terre pour en faire de la purée. Par ext. Écraser une cigarette, l'éteindre en la pressant sur une surface plane. Écraser une larme, l'essuyer. 3. En parlant d'un véhicule. Tuer ou blesser grièvement une personne, un animal, en lui passant sur le corps. Le char a écrasé deux manifestants. Le chien s'est fait écraser en traversant la rue. Par méton. Un chauffard a écrasé un enfant sur le passage protégé. II. Au sens figuré. 1. Accabler physiquement. Les voyageurs étaient écrasés sous le poids de leurs bagages. Être écrasé de fatigue, de sommeil. 2. Accabler par l'excès de charges, d'obligations, d'un poids moral, etc. Écraser le peuple d'impôts. Être écrasé de dettes. Il se sentait écrasé par l'importance de ses responsabilités. Être écrasé par le remords, l'insuccès. 3. Dominer par sa taille, son volume, sa masse ce qui est situé à proximité. Les tours de la cathédrale écrasent les vieilles maisons qui l'entourent. La décoration exubérante du portail écrase la façade de l'édifice. Marquer une supériorité qui, par effet de contraste, rejette les autres au second plan. Ce parvenu écrasait ses voisins par son luxe. 4. Par anal. Détruire, anéantir, vaincre totalement. Nos armes ont écrasé l'ennemi. La rébellion a été écrasée dans l'œuf, elle a été anéantie dès son début. Par affaibl. Dans un débat, une compétition, l'emporter facilement sur un adversaire. Nous avons écrasé nos adversaires. Expr. proverbiale. Le fort écrase le faible. 5. Vulg. Pron. S'écraser, ne pas insister ; se soumettre, se taire, filer doux. Intranst. Écrase-toi ! Ça suffit, écrasez ! En écraser, dormir profondément. écrémagen. m. XVIIIe siècle, comme terme de verrerie. Dérivé d'écrémer. 1. Opération manuelle ou mécanique permettant d'écrémer le lait. 2. Fig. et fam. Action de prélever, parfois dans un esprit de détournement, les meilleurs éléments d'un ensemble. écrémerv. tr. (se conjugue comme Céder). XIVe siècle, escramer. Dérivé de crème. 1. Extraire du lait la crème qu'il contient. Écrémer le lait. Du lait écrémé. 2. TECHN. Repousser ou enlever les impuretés qui remontent à la surface de certaines matières en fusion. Écrémer le verre. 3. Fig. Prélever ce qu'il y a de meilleur. Il a écrémé cette bibliothèque. Écrémer les plus belles pièces d'une collection. écrémeusen. f. XIXe siècle. Dérivé d'écrémer.TECHN. 1. Machine permettant d'extraire la matière grasse du lait par centrifugation pour obtenir la crème. 2. VERRERIE. Voir Écrémoire. écrémoiren. f. XIVe siècle ; XXe siècle, au sens 2. Dérivé d'écrémer. 1. Instrument utilisé dans certaines régions pour écrémer le lait. 2. VERRERIE. Outil avec lequel les verriers nettoient la surface du verre en fusion (on dit aussi Écrémeuse). écrêtageou, plus couramment, ÉCRÊTEMENT n. m. XIXe siècle. Dérivés d'écrêter.Action d'écrêter. 1. MILIT. Action d'abattre, par un tir d'artillerie, le sommet d'une crête ou d'une fortification ennemie. 2. P. ET CH. Amélioration du profil d'une voie par abaissement des parties les plus hautes. L'écrêtement d'une route. 3. Fig. Écrêtement des prix, des traitements, des salaires, par allusion aux tracés statistiques, diminution des prix ou des salaires les plus élevés. Écrêtement des horaires. écrêterv. tr. XVIIe siècle. Dérivé de crête. 1. Dégarnir de sa crête. Écrêter un coq. Par anal. Écrêter les maïs. Fig. Le vent écrête les vagues. 2. MILIT. Abattre, par un tir d'artillerie, le sommet d'une crête ou la partie supérieure d'un ouvrage militaire. Écrêter un rempart, un parapet. 3. P. ET CH. Écrêter une côte, améliorer le profil de la route en abaissant, dans les parties hautes, le niveau de la chaussée. 4. ADM. Fig. Réduire ou supprimer les parties extrêmes. Écrêter les horaires les plus longs. Écrêter les rémunérations. écrevissen. f. XIIIe siècle, escreveice. De l'ancien bas francique féminin *krevitja, devenu crevice, crevisse et altéré pour une raison inexpliquée. 1. Crustacé décapode vivant dans l'eau douce, dont les pattes antérieures se terminent par des pinces. Les écrevisses se déplacent souvent à reculons. CUIS. L'écrevisse rougit à la cuisson. Bisque d'écrevisses. Coulis d'écrevisses. Buisson d'écrevisses, écrevisses dressées en pyramide. Écrevisses à la nage, au court-bouillon. Expr. Devenir rouge comme une écrevisse, à la suite d'un coup de soleil ou sous l'effet d'une timidité extrême. Fig. Marcher, aller, avancer comme une écrevisse, comme les écrevisses, reculer, au lieu d'avancer dans ses entreprises. 2. HIST. Cuirasse à l'écrevisse, au XVe et au XVIe siècle, cuirasse formée d'écailles métalliques partiellement superposées. 3. TECHN. Grosse tenaille de forgeron. 4. ASTROL. Nom donné à un signe du zodiaque (on dit plutôt Cancer). écrier (s')v. pron. (se conjugue comme Crier). Xe siècle, escrider, « prononcer en criant » ; XIe siècle, comme verbe pronominal. Dérivé de crier.Lancer quelques mots en s'exclamant. Je m'écriai que c'était injuste. Souvent employé en incise. Je refuse, s'écria-t-il, de me prêter à cette manœuvre ! |