n. f. XVIe siècle. Dérivé savant du latin emulsus, participe passé de emulgere, « traire, extraire », de ex, « hors de », et mulgere, « traire ». 1. CHIM. Dispersion, sous forme de particules très fines, d'un liquide au sein d'un autre liquide dans lequel il n'est pas soluble ; la composition qui en résulte. Émulsion d'huile dans l'eau. - PHARM. Préparation d'apparence laiteuse destinée à faciliter l'absorption des huiles. Émulsion d'huile de foie de morue. 2. PHOT. Préparation chimique sensible à la lumière, appliquée en couches très minces à la surface des plaques, des films, des papiers photographiques. La sensibilité d'une émulsion. émulsionnerv. tr. XVIIe siècle. Dénominatif d'émulsion. 1. Mettre un liquide en émulsion (on dit aussi Émulsifier). 2. PHOT. Couvrir un support photographique d'une émulsion sensible.
Enprép. IXe siècle. De la préposition du latin in, « dans, en, sur », en parlant de l'espace et du temps. En devant l'article ayant abouti à des formes complexes telles que en le contracté en enl, el, ou, et en les, contracté en els, ès (voir ce mot), il a perdu beaucoup de ses emplois au profit de dans - devenu courant seulement à la fin du Moyen Âge -, mais figure dans de nombreux emplois figés à date ancienne et sans article. I. En introduit divers compléments circonstanciels. A. Compléments circonstanciels de lieu. 1. En sert à marquer une localisation ou une direction vers un lieu. En ville, en pleine ville, en pleine rue, en pleine campagne. Habiter en banlieue. Être à l'hôpital, en salle commune. Avoir de l'argent en poche, en caisse. Mettre en prison. Porter en terre. De fleur en fleur. Recevoir un coup en plein visage, en pleine poitrine. Aller en ville. Fig. Tomber de Charybde en Scylla. De fil en aiguille. De mal en pis. Avoir un projet en tête, des centaines de vers en mémoire. En mon âme et conscience. Mourir en Dieu. Se mettre martel en tête. Par ext. S'emploie pour délimiter une quantité. Cela fait cinq en tout. En vingt, combien de fois quatre ? 2. En introduit une activité, un état ou une situation déterminée. Être en affaires, en pourparlers, en apprentissage, en conférence, en consultation, en procès. Se mettre en grève. Être en activité, en fonction, en observation. Entrer en religion. Être en liesse. Être en vie. Être en péril de mort. Fam. Être en forme, en pleine forme. 3. En peut également conserver le sens ancien de sur. Christ en croix. Casque en tête. Mettre un genou en terre. Être en chemin. Être en selle, en croupe. 4. Emplois de en avec les noms de pays, d'îles, de départements, de villes, etc. Les noms de pays au féminin, ou au masculin à initiale vocalique, se font précéder de la préposition en. Être, aller en Chine, en France, en Indonésie, en Algérie, en Israël. Au contraire, les noms de pays au masculin à initiale consonantique se font précéder de au. Au Brésil, au Japon, au Danemark. Les noms de certaines grandes îles demandent la préposition en. En Corse, en Crète, en Sardaigne, en Irlande, en Islande, en Nouvelle-Calédonie, mais à Cuba, à Madagascar, à Tahiti, à Terre-Neuve. Les noms de province ou de région sont également précédés de la préposition en s'ils sont au singulier et au féminin. En Auvergne, en Anjou, en Lombardie, en Bavière. Roissy-en-France, Dammartin-en-Goële, Sucy-en-Brie. Les noms de département formés de deux noms reliés par et demandent la préposition en, sauf lorsque le premier de ces noms est masculin. En Maine-et-Loire, en Meurthe-et-Moselle, en Seine-et-Marne, mais dans le Tarn-et-Garonne, dans le Loir-et-Cher. Litt. ou régional. Devant certains noms de villes commençant par la lettre a. En Arles, en Avignon. B. Compléments circonstanciels de temps. 1. En sert à marquer la localisation dans le temps. En ce temps-là, en cette saison, en semaine, en temps de paix. En mai, en septembre. En été, en automne, en hiver, mais au printemps. En plein jour, en pleine nuit. 2. En, en correspondance avec de, sert à indiquer le passage d'un moment du temps à un autre. De temps en temps, de moment en moment, de jour en jour. Je viendrai de demain en huit, en quinze. 3. En sert à marquer la durée nécessaire à l'accomplissement d'une action. Faire un travail en huit jours. En un instant, en un clin d'œil, en une nuit. C. Autres compléments circonstanciels. 1. Cause. Agir en haine de la société. En considération de son passé. En mémoire d'une victoire. 2. But. Aller en vacances, en villégiature, en mission, en guerre, en voyage, en promenade. Se mettre en campagne. 3. Moyen. S'exprimer en grec, en français. Payer en espèces, en nature. Sauter en parachute. Franchir l'océan en bateau, en avion. En voiture, en auto, en traîneau, mais à bicyclette, à moto. 4. Manière. Pour caractériser une modalité de l'action, de l'état ou du sujet. Se confondre en excuses. Tomber en décrépitude. Être, se mettre en colère. Arriver en avance, en retard. Se ruiner en folles dépenses. S'épuiser en vains efforts. Grandir en sagesse, en vertu. Prendre en enfilade. Écrire en ronde, en cursive, en abrégé, en sténographie. Pour indiquer le résultat d'une transformation, d'un processus. Mettre un poème en musique. Traduire en espagnol. La chrysalide se transforme en papillon. S'en aller en fumée. Se résoudre en pluie. Son amour tourna en aversion. Réduire en bouillie, en chair à pâté, en capilotade. Couper en morceaux. Diviser en deux, en trois, en quatre parties ou, ellipt., en deux, en trois, en quatre, etc. Pour caractériser la tenue, l'apparence extérieure. Être en deuil, en bleu, en veston, en tailleur, en manches de chemise, en bras de chemise, en habit, en civil, en uniforme, en grande tenue. Être en beauté. Dans un emploi vieilli. Sortir en cheveux, sans chapeau. II. En introduit des compléments d'objet indirect et diverses locutions. A. En introduit des compléments d'objet indirect de verbes ou de substantifs correspondants. J'espère en votre indulgence. Croire en Dieu. Avoir confiance en son prochain. B. En sert à créer des locutions verbales, adverbiales ou prépositives dont le sens est donné au mot principal. 1. Locutions verbales. Être en charge. Prendre en main. Être en attente, en chasse, en panne, en instance, en sursis, en liberté provisoire. Mettre en gage, en dépôt. Mettre en vente. Mettre en cause. Mettre en doute. Avoir en horreur. Prendre en amitié, en bonne, en mauvaise part. Fondre en larmes. Éclater en sanglots. Être en appétit, en sommeil, en joie, en veine. 2. Locutions adverbiales. En général, en apparence, en réalité, en vérité, en fait, en secret, en cachette, en silence, en face, en zigzag, en résumé, en gros, en détail, en vrac, en foule, en bandes, en catimini, en tapinois, en privé, en public, en puissance, en vain, en entier, en froid, en règle générale, en bonne justice, en toute conscience, etc. 3. Locutions prépositives. En avant de, en arrière de, en travers de, en haut de, en bas de, en face de, en présence de, en cachette de, en cas de, en tête de, en cours de, en quête de, etc. III. En introduit d'autres éléments grammaticaux. A. Attribut du sujet ou du complément d'objet. Agir en homme d'honneur, en père. Répondre en soldat. Il l'a pris en traître. Traiter quelqu'un en ami. Accueillir en héros. Livrer en otage à l'ennemi. B. Complément de nom servant à caractériser 1. La forme, l'apparence. Christ en majesté. Portrait en pied. Fenêtre en ogive. Construction en pyramide. Barbe en pointe. Un poème en quatre chants, une comédie en cinq actes, un ouvrage en deux volumes. Des troupes en éventail, en ordre, en désordre. Du blé en herbe, une vigne en fleur, une terre en friche. Par ext. Une idée en germe. Une théorie en vogue, en déclin. Un mot en usage. Une succession en déshérence. L'homme en société. 2. La matière. Une dent, une montre en or, en acier. Une table en marbre. Une figure en glaise. Un manteau en laine. (Il y a concurrence entre en et de dans ce domaine. En indique plus nettement la matière, mais se prête moins à des emplois figurés.) Le domaine, le point de vue. Graveur en médailles, peintre en miniatures. Docteur en médecine, en droit. Spécialiste en électronique. 3. On peut ajouter à ces compléments ceux qui donnent une précision supplémentaire. Général en chef. Commandant en chef, en second. La récolte en blé, en vin. De façon analogue, certains adjectifs se construisent avec la préposition en. Abondant en fruits. Chiche en paroles. Fécond en imagination. Fertile en inventions. Fort en thème. Nul en mathématiques. IV. En sert à former le gérondif, qui a la valeur d'un complément circonstanciel de temps, de moyen, de manière, d'opposition. Il est tombé en sautant trois marches à la fois. En travaillant, vous réussirez. Il marche en se dandinant. Dans le cas d'une valeur concessive, le gérondif est souvent précédé de tout. Tout en musardant, il réussit à ses examens. La langue actuelle exige le même sujet pour le verbe principal et le gérondif, alors que, jusqu'au XVIIe siècle, la construction pouvait être plus lâche, comme le prouvent les proverbes : La fortune vient en dormant ; L'appétit vient en mangeant. V. Construction du complément introduit par en. Dans la langue moderne, en n'est suivi de l'article défini que dans certaines expressions figées : en l'honneur de, en l'absence de, en l'espace de, en la société de, en l'église de, en la bonne ville de, en l'état, en la matière, en l'an 2000, ainsi que derrière certains verbes : croire en la fidélité, en l'avenir, espérer en la destinée.
Enpr. adverbial. IXe siècle, int, puis ent. Du latin inde, proprement, « de là, à partir de là », sous le triple rapport du lieu, du temps et de la cause. I. Adverbe de lieu ou de temps : de là, de cet endroit, de l'époque dont il vient d'être question. Il est allé là-bas et en est revenu. Il a eu des années difficiles, il en est sorti aguerri. II. En a pris très tôt la valeur d'un pronom personnel qui, dans la langue moderne, renvoie exclusivement à une troisième personne. Invariable, il équivaut à lui, elle, eux, elles, cela, précédés généralement de la préposition de. Son emploi dispense de répéter un nom, un pronom, toute une proposition précédemment exprimés. L'antécédent est, de nos jours, plutôt une chose, un animé non humain ou toute une partie d'énoncé. Mais il s'agit là d'un usage plutôt que d'une règle : en renvoie aussi, aujourd'hui encore, à des personnes, dans des conditions qui ne peuvent faire l'objet d'une règle rigoureuse. On distinguera bien, en principe, Cet outil est excellent, j'en suis satisfait, de Cet élève est excellent, je suis satisfait de lui. Mais J'en suis satisfait n'est pas exclu. Bien plus, des raisons stylistiques peuvent conduire à préférer le pronom au complément prépositionnel, même lorsque l'antécédent est une personne. Rodrigue aime Chimène et en est aimé. Il veut en faire son épouse. Lorsqu'il joue le rôle d'un pronom personnel, en peut avoir diverses fonctions. A. Complément circonstanciel de verbes exprimant : 1. La provenance, l'origine. Elle a essayé plusieurs traitements et n'en a obtenu aucune amélioration. Il en attend son salut. Les bienfaits que j'en espérais. 2. L'agent. C'est un évènement triste, j'en suis bouleversé. Il ne put éviter la flèche, et il en fut transpercé. 3. Le moyen. Il est très habile de ses mains, il en fait ce qu'il veut. 4. L'instrument. Enlevez-lui ce hautbois, il en joue trop mal. 5. La cause. Il y avait tant de vacarme qu'on en arrivait à ne plus s'entendre. B. Complément d'objet indirect de verbes se construisant avec la préposition de. Il en convient. Il en use et abuse. Il s'en sert. Il a trop d'objets inutiles, et il s'en débarrasse. Il a suffisamment de soucis, mais il sait en triompher. Nous serons en retard, j'en ai peur. C. Complément d'adjectifs se construisant avec la préposition de. Il en est avide, capable, amoureux, coutumier, digne. J'ai appris la mort de mon plus vieil ami, j'en suis très triste. D. Complément de nom. Cet emploi est subordonné à deux conditions : que le nom soit exprimé dans la proposition précédente ; que, si le déterminé est sujet de la proposition, le verbe soit un verbe d'état et non d'action. Malgré ces diverses restrictions, c'est là une tournure très employée en français. J'aime cette forêt, j'en connais tous les sentiers. J'ai su par cœur cette poésie, il ne m'en reste que cinq ou six vers. Mais on dit : Le soleil était accablant, et ses rayons brûlaient la campagne. En revanche, on pourra dire : C'était un soleil d'hiver, les rayons en étaient pâles. III. En partitif. A. Accompagne des expressions quantitatives, en ajoutant l'idée qu'il s'agit d'une partie provenant d'un tout. Servant au départ de complément partitif, en est devenu un pronom d'appui pour les adjectifs numéraux, les adverbes de quantité, les mots indéfinis, les mots à sens négatif, les expressions désignant une catégorie pourvue de telle ou telle qualité. J'en veux un, cent. J'en connais beaucoup, peu. Il en est certains qui... J'en veux un autre, quelques-uns, plusieurs. On en prend certains, on en laisse d'autres. Il n'en est pas un qui... Il y en a des bleus, des jaunes, des verts. B. Joue le rôle de complément d'objet direct, en gardant cependant sa valeur partitive. J'en connais, j'en mange, j'en bois. Fam. Il en rajoute. Il en remet. Du courage, il en a. Il en a, du toupet. Elle en fait, des embarras. En étant ressenti comme un collectif neutre, le participe reste invariable. Des nouvelles ? J'en ai reçu. Plus j'ai reçu de lettres, et moins j'en ai écrit. Il rejette à la rivière autant d'ablettes qu'il en a pris. IV. Loc. verb. Beaucoup de verbes s'accompagnent du pronom-adverbe en, et souvent le sens de la locution ainsi formée est plus ou moins éloigné du sens du verbe simple. Il y a même eu agglutination dans des verbes comme enlever, s'enfuir, s'envoler. À l'origine, en avait le sens d'un complément de provenance, de point de départ ou d'un complément de propos. Dans la plupart des cas, l'antécédent est maintenant sous-entendu et vague, et ne se dégage que du contexte et de la situation. S'en aller, s'en venir, s'en revenir, s'en retourner, s'en tirer, s'en sortir, en appeler à, s'en prendre à, s'en tenir à, il s'en faut de peu, il s'en faut de beaucoup, en vouloir à, en imposer, en rester à, en finir, en avoir assez, en avoir le cœur net, en savoir long, en user mal avec, en être quitte pour, c'en est fait, vous en avez menti, afin que nul n'en ignore, n'en plus pouvoir, n'en pouvoir mais, savoir ce qu'il en coûte, il en va de même, à en croire, etc. Fam. S'en faire, n'en pas rater une, en voir de toutes les couleurs. Pop. S'en ficher, en baver, s'en donner, en pincer pour, en avoir de bonnes. V. Place du pronom-adverbe atone en. Il suit toujours les pronoms personnels compléments et le pronom adverbial y. Il s'en donne à cœur joie. Le désir de s'en croire. Il y en a. A. Avec une forme verbale autre que l'impératif, en précède le verbe. Il en parle. Il n'en dit rien. Si le verbe est à un temps composé, il précède l'auxiliaire : Il en a parlé. Si le verbe est à la forme négative, en se met après la négation, le pronom personnel complément s'intercalant, éventuellement, entre la négation et en. Il n'en a pas parlé. Il ne vous en a pas parlé. B. Avec l'impératif à la forme positive, en suit la forme verbale, séparé d'elle, le cas échéant, par la forme atone des pronoms compléments de la 1re ou de la 2e personne. Prends-en. Donne-m'en. Va-t'en. Allons-nous-en, allez-vous-en. Retourne-t'en. Avec l'impératif à la forme négative, en se construit comme il est dit au paragraphe précédent. N'en prends pas. Ne t'en prends pas à lui. C. Pour les verbes de la première conjugaison, ainsi que pour avoir et savoir, il s'ajoute un s final à la forme impérative, afin d'éviter qu'elle ne ressemble, dans la prononciation, à celle du participe présent. Donnes-en une part. Aies-en soin. Saches-en le texte pour demain. L'impératif reprend sa forme normale sans s si en est suivi d'un infinitif, puisque dans ce cas il se rapporte non pas à l'impératif, mais à l'infinitif. Ose en dire un mot. Daigne en faire don.
En-(em- devant un radical commençant par une des labiales b, p ou m). Du préfixe latin in-, issu de la préposition in, « dans, en, sur ». Mais, employé avec des verbes de mouvement tels que s'enfuir, emmener, emporter, etc., en- est issu de l'adverbe latin inde (voir En II).Préfixe qui a servi à créer des verbes, souvent à partir d'un substantif correspondant. Encadrer, encercler, enchaîner, encourager, enfermer, enfiévrer, ennoblir, ennuyer, embarquer, embrasser, emmancher, emmener, empoisonner, emprisonner, etc.
énallagen. f. XVIIe siècle. Emprunté du bas latin grammatical enallage, ou du grec enallagê, « interversion, transposition », de enallassein, « échanger ».RHÉTOR. Figure de style qui consiste à employer une forme, une construction à la place de celle qu'on attendait. Le présent historique est un cas d'énallage grammaticale : par exemple « Il revient demain », pour « Il reviendra demain ».
Enamouré, -ÉE (en se prononce an) ou ÉNAMOURÉ, ÉE adj. XVIe siècle. Participe passé d'énamourer.Qui éprouve un penchant amoureux, une vive tendresse. Une femme énamourée. Par méton. Parfois iron. Un regard énamouré. Des discours énamourés.
Enamourer (s')(en se prononce an) ou ÉNAMOURER (S') v. pron. XIIIe siècle. Dérivé d'amour.Avec une intention d'ironie. Devenir amoureux, s'éprendre. Il s'est encore énamouré.
énarchien. f. XXe siècle. Dérivé d'énarque, sur le modèle de synarchie, « organisation occulte de technocrates ».Néol. 1. Ensemble des énarques. 2. Par dérision. Système politique supposé, dans lequel les décisions importantes sont prises sous l'influence déterminante des énarques.
énarquen. XXe siècle. Dérivé de l'acronyme ENA, et de l'élément suffixal -arque, tiré par dérision de mots tels que monarque, oligarque.Néol. Ancien élève de l'École nationale d'administration.
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