n. m. XIIe siècle. Dérivé d'enfanter. 1. Le fait de mettre un enfant au monde. Les douleurs de l'enfantement. Le travail de l'enfantement. Les joies de l'enfantement. 2. Fig. et litt. Production, élaboration, création qui s'effectue d'une façon lente ou pénible. Le long enfantement de la grandeur romaine. Le laborieux enfantement d'une œuvre d'art. Enfanterv. tr. XIIe siècle. Dérivé d'enfant. 1. Mettre au monde un enfant. Enfanter un fils. Absolt. Enfanter dans la douleur, par allusion à la parole de Dieu à Ève, à la suite du péché originel. 2. Fig. et litt. Faire naître, produire, créer. La France doit être digne des grands hommes qu'elle a enfantés. La tyrannie enfante la rébellion. Enfanter des prodiges, des miracles. Cet esprit n'enfante que des chimères. Enfantillagen. m. XIIIe siècle, au sens de « temps de l'enfance ». Dérivé de l'ancien français enfantil, « enfantin, d'enfance », du bas latin infantilis, lui-même de infans, -antis (voir Enfant). 1. Le fait, pour un adulte, de parler, d'agir, de se comporter comme un enfant. Pour un homme de votre âge, voilà bien de l'enfantillage. Se conduire de la sorte, c'est de l'enfantillage ! 2. Surtout au pluriel. Action, parole, pensée qui ne convient qu'à un enfant. Se livrer à des enfantillages. Pardonnez-lui ses enfantillages. Par ext. Futilité, bagatelle, niaiserie. Ils se sont fâchés pour des enfantillages. Enfantin, -INE adj. XIIe siècle. Dérivé d'enfant. 1. Qui est propre à l'enfance ou en possède le caractère. Un visage enfantin. Des voix enfantines. Il a manifesté une joie enfantine. Péj. Qui décèle un manque de maturité. Cet homme a parfois un comportement enfantin. Tenir des raisonnements enfantins. 2. Qui est à la portée des moyens physiques ou intellectuels d'un enfant, qui n'offre pas de difficulté. Cet appareil est d'un maniement enfantin. Ce problème est d'une simplicité enfantine. C'est enfantin ! 3. Qui est composé d'enfants ou qui s'adresse aux enfants. Un auditoire enfantin. La littérature enfantine. Enfargerv. tr. (se conjugue comme Bouger). XIIe siècle. Mot du Centre et de l'Ouest, puis du Canada. Variante de l'ancien français enfergier, « charger d'entraves », qui remonte au latin ferrea, « chaînes, entraves ».Entraver. Enfarger un cheval. Pron. S'enfarger, s'empêtrer, trébucher. Fig. S'enfarger dans ses mensonges. Enfariné, -ÉE adj. XIVe siècle. Participe passé d'enfariner.Saupoudré, recouvert de farine. Un pain enfariné. Fig. Poudré de blanc. Un clown enfariné. Expr. fam. La bouche enfarinée, le bec enfariné et, pop., la gueule enfarinée, se dit tantôt d'une attitude sottement naïve, tantôt d'une attitude hypocrite. Enfarinerv. tr. XIVe siècle. Dérivé de farine.Saupoudrer, recouvrir de farine. Par anal. Poudrer de blanc. On lui a enfariné le visage. Pron. Fig. et vieilli. Acquérir quelques notions dans un domaine donné. S'enfariner de grec, de latin, de mathématiques. Enfer(r se prononce) n. m. Xe siècle, enfern. Emprunté du latin ecclésiastique infernum, neutre substantivé de infernus, « d'en bas, des enfers », dérivé de infer, « qui est au-dessous ». 1. Au pluriel, parfois avec la majuscule. Selon les Anciens, partie souterraine du monde où séjournent les morts. Les dieux des enfers. Selon les Grecs, Hadès régnait aux enfers. Les champs Élysées étaient la partie des enfers réservée aux justes. On appelait Tartare le séjour des méchants aux enfers. Aller, descendre aux enfers. Orphée tenta de ramener Eurydice des enfers. 2. RELIG. CHRÉTIENNE. Au pluriel. Lieu où erraient les âmes des morts qui attendaient la venue du Christ pour être délivrées ou sauvées. Jésus-Christ est descendu aux enfers. (On dit aussi Limbes.) Au sing. Lieu destiné aux damnés. Aller en enfer. Les feux, les tourments, les supplices de l'enfer. Brûler en enfer. Redouter l'enfer. Par méton. Le diable, les puissances de l'enfer. Passer un pacte avec l'enfer. Expr. Une vision d'enfer. Un feu, une chaleur d'enfer. Un bruit d'enfer, excessif. Aller un train d'enfer. Jouer un jeu d'enfer, jouer très gros jeu. Enfer et damnation ! imprécation marquant l'étonnement, la colère, l'impuissance (vieilli). Fam. Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer, formule de serment employée par les enfants. Prov. L'enfer est pavé de bonnes intentions, les bonnes intentions aboutissent parfois aux pires résultats. Titre célèbre : Une saison en enfer, d'Arthur Rimbaud (1873). 3. Lieu, état, condition qui expose à d'extrêmes tourments physiques ou moraux. Cette ville est un enfer ! L'enfer de la faim, de la soif. Sa vie familiale est un enfer. L'enfer du bagne. Expr. Souffrir l'enfer, éprouver les pires souffrances. Porter son enfer avec soi, avoir l'enfer dans le cœur, dans l'âme, être tourmenté par le remords, le ressentiment, la haine. 4. Spécialt. La partie fermée d'une bibliothèque privée ou publique contenant les ouvrages dont la lecture est jugée dangereuse. Les œuvres du marquis de Sade sont longtemps restées dans l'enfer des bibliothèques. L'enfer de la Bibliothèque nationale. 5. Vieilli. Maison de jeu, tripot. Spécialt. Aller en enfer, dans certains jeux, être momentanément écarté de la partie. Enfermementn. m. XVIe siècle. Dérivé d'enfermer.Action d'enfermer ; le fait d'être enfermé, claustration. L'enfermement des aliénés. Il supporte mal l'enfermement dans un bureau. Enfermerv. tr. XIIe siècle. Dérivé de fermer. 1. Mettre dans un lieu, un endroit complètement fermé. Enfermer un homme dans une prison. Enfermer un enfant dans sa chambre. On l'a enfermé à clef, à double tour. Enfermer de l'argent, des bijoux dans un coffre-fort. Enfermer des papiers dans un secrétaire. Enfermer sous clef. Spécialt. Mettre, détenir dans une prison, un asile d'aliénés. Il faut enfermer ce délinquant. Cet homme est fou à enfermer. Pron. Il s'enferme presque toute la journée pour travailler. S'enfermer dans une place forte, demeurer dans une place forte qui va être assiégée et que l'on veut défendre. Par anal. Se maintenir dans un état, une situation, une attitude dont on ne peut ou dont on ne veut sortir. S'enfermer dans une vie médiocre. S'enfermer dans le mutisme, dans le silence. Fig. et litt. Contenir, comprendre. Ces pages enferment beaucoup de vérité. Vous croyez devoir diviser votre discours en deux parties, mais la première enferme la seconde. Expr. proverbiale. Enfermer le loup dans la bergerie, laisser ou introduire une personne dangereuse dans le lieu même où elle peut être nuisible. 2. Par ext. Enclore, enserrer, environner de toutes parts. Enfermer sa propriété d'une haie. Il a enfermé son parc de hauts murs. Des montagnes enferment la vallée. Le navire était enfermé par les glaces. MILIT. Encercler une unité militaire en l'empêchant de se déployer en ordre de bataille. Les ennemis se sont laissé enfermer par nos troupes. - SPORTS. Serrer un concurrent à la corde ou à l'intérieur du peloton, de façon à l'empêcher de se dégager. Ce coureur a commis la faute de se laisser enfermer au début du dernier tour. Fig. Dans une discussion, réduire son interlocuteur à une position sans issue. Enfermer son contradicteur dans ses sophismes, dans ses propres contradictions. |