, -UE adj. XIIe siècle. Participe passé de l'ancien français esperdre, « perdre complètement », dérivé de perdre. 1. Qui a l'esprit profondément troublé par une émotion violente, une passion. Éperdu de joie, d'amour, de douleur. 2. En parlant d'un sentiment. Qui provoque l'égarement par sa puissance, sa violence. Un désir éperdu. Une crainte, une frayeur éperdue. 3. Qui exprime l'égarement d'une violente passion. Un coup d'œil, un regard éperdu. Une fuite éperdue, désordonnée, affolée. éperdumentadv. XVIe siècle. Dérivé d'éperdu.D'une manière éperdue. Il est éperdument amoureux. Serrer éperdument son enfant dans ses bras. Crier, sangloter éperdument, sans aucune retenue. Expr. fam. Il s'en moque éperdument, complètement. éperlann. m. XIIIe siècle, aspellens. Emprunté du moyen néerlandais spierlinc.Petit poisson téléostéen aux couleurs nacrées et brillantes, qui fraie dans le cours inférieur des fleuves. Des éperlans frits. Une brochette d'éperlans. éperonn. m. XIe siècle, esperun ; XVe siècle, esperon. Issu du francique *sporo, de même sens. I. 1. ÉQUIT. Pièce de métal à deux branches, qui s'adapte au talon du cavalier et dont l'extrémité pointue ou portant une molette sert à piquer les flancs du cheval pour le stimuler. Chausser les éperons. Donner de l'éperon. Piquer des éperons. Un cheval sensible à l'éperon, dur à l'éperon. Expr. fig. et vieillies. Cet homme a plus besoin de bride que d'éperon, il est impulsif. Faire sonner ses éperons, se comporter en bravache. Gagner ses éperons, faire ses premières armes avec distinction et, par ext., justifier de sa valeur par des actions brillantes. 2. Fig. Ce qui stimule, aiguillonne, incite à agir. L'éperon de l'ambition, de la vanité. II. Par anal. 1. ANAT. Nom donné à diverses formations saillantes sur un tissu ou un organe. Éperon trachéal. 2. ZOOL. Appendice situé sur la partie postérieure de la patte, chez le coq et certains mammifères, et qu'on appelle couramment ergot. Par ext. Pointe d'acier dont on arme l'ergot des coqs de combat. 3. BOT. Prolongement tubulaire situé sur certaines fleurs à la base des pétales ou des sépales. Le calice de la capucine est terminé en éperon. Le sépale supérieur du pied d'alouette, le pétale inférieur de la violette ont un éperon. 4. MARINE. Partie de la proue d'un bâtiment qui se termine en pointe et fait saillie vers l'avant. L'éperon supportait la figure qui donnait son nom au vaisseau. Spécialt. Forte saillie de la proue d'un navire, utilisée comme arme offensive contre les navires ennemis. On appelle rostre l'éperon armé de fer ou de bronze des galères antiques. Durant la dernière moitié du XIXe siècle, certains navires cuirassés furent équipés d'un éperon. 5. MILIT. Fortification en angle saillant. - P. ET CH. Ouvrage en saillie placé en avant des piles d'un pont pour les protéger du courant. - ARCHIT. Ouvrage de maçonnerie terminé en pointe, construit à l'extérieur d'un bâtiment, d'une muraille, pour les soutenir, les renforcer. 6. GÉOGR. Partie d'un relief montagneux qui forme une saillie abrupte et se termine en pointe. Un éperon rocheux, calcaire. Une forteresse construite sur un éperon. Faire éperon, avancer en éperon. éperonné, -ÉE adj. XIIe siècle. Participe passé d'éperonner.Qui porte un éperon, qui est muni d'éperons. Un cavalier botté et éperonné. Par anal. Un coq de combat éperonné. Calice, pétale éperonné. éperonnerv. tr. XIe siècle, esperoner. Dérivé d'éperon. 1. Piquer de l'éperon, des éperons. Il éperonna sa monture. Le cheval éperonné se cabra. Fig. Aiguillonner, stimuler. Le désir de vaincre l'éperonnait. C'est une intelligence un peu lente qui a besoin d'être éperonnée. 2. Munir d'éperons. Éperonner un coq, armer ses ergots de pointes d'acier pour le combat. 3. MARINE. Anciennt. Frapper de l'éperon un navire ennemi pour défoncer sa coque. Auj. Percer la coque d'un navire en le heurtant accidentellement. Le pétrolier éperonna le paquebot. éperonniern. m. XIIIe siècle, au sens 1 ; XVIIIe siècle, au sens 2. Dérivé d'éperon. 1. Artisan qui fabrique ou vend des éperons, des mors, des étriers, etc. 2. ZOOL. Oiseau de Chine, de l'ordre des Galliformes, dont le mâle porte à chaque pied deux ergots ou éperons. éperviern. m. XIe siècle, esparvier. Issu du francique *sparwâri, de même sens. 1. Petit rapace diurne de la famille des Accipitridés, aux ailes courtes et arrondies, qu'on dressait autrefois pour la chasse. L'épervier s'attaque aux petits oiseaux et parfois aux rongeurs. Chasser à l'épervier. Lâcher l'épervier. Prov. On ne saurait faire d'une buse un épervier, d'un esprit lourd on ne peut faire un esprit vif. 2. PÊCHE. Grand filet conique, dont les bords sont lestés de plomb et qu'on lance à la main. Pêcher à l'épervier. Jeter l'épervier. épervièren. f. XVIIIe siècle, au sens 1 ; XXe siècle, au sens 2. Dérivé d'épervier. 1. BOT. Plante herbacée de la famille des Composées, à fleurs généralement jaunes, dont il existe de nombreuses espèces en Europe et en Asie du Nord. L'épervière passait pour fortifier la vue de l'épervier. 2. ZOOL. Oiseau rapace nocturne à longue queue, de la famille des Strigidés. L'épervière est rare en France. En apposition. Chouette épervière. épervinn. m. Voir Éparvin. |