, -ÉE adj. XIVe siècle. Participe passé d'étoffer. 1. Qui est fait de beaucoup d'étoffe. Un vêtement bien étoffé. 2. Par anal. En parlant d'une personne ou d'un animal. Qui a de la corpulence, des formes amples. Une silhouette étoffée. Un cheval étoffé. 3. Fig. Qui est abondant, ample. Cette description n'est pas assez étoffée. Un style étoffé. Une voix étoffée, pleine et sonore. étofferv. tr. XIIe siècle, estoffer. Issu de l'ancien bas francique *stopfôn, « mettre, fourrer, enfoncer dans ». 1. Confectionner en utilisant sans l'épargner toute l'étoffe nécessaire ; donner, ajouter de l'ampleur à un vêtement ou à une garniture. Étoffer une robe, un manteau. Étoffer des rideaux. Par anal. Étoffer une statue, lui donner de la majesté par un déploiement de draperies. 2. Rendre plus fort, plus vigoureux. Le grand air et l'exercice ont étoffé cet enfant. Pron. Cet adolescent s'est bien étoffé depuis quelque temps. Par ext. Renforcer en nombre. Étoffer une troupe théâtrale, une équipe sportive. Spécialt. Rendre plus consistant. Étoffer une crème, une sauce, leur donner du corps en les liant, en les fouettant, etc. Étoffer un poisson, une volaille, les garnir de farce. 3. Fig. Donner plus d'ampleur à ; enrichir, nourrir, affermir. Étoffer une argumentation par de nombreux exemples. Étoffer l'intrigue d'un récit. Pron. La voix de ce chanteur s'est étoffée. étoilen. f. XIe siècle, esteile ; XIVe siècle, estoille. Issu du latin populaire *stela, du latin classique stella, de même sens. 1. Au sens usuel. Astre visible la nuit et qui a l'aspect d'un point brillant. La lune et les étoiles. Le scintillement, la clarté des étoiles. Contempler les étoiles dans le firmament. Un ciel semé, constellé d'étoiles. Le lever, le coucher d'une étoile. Observer la position, la marche, le mouvement des étoiles. L'ancienne astronomie appelait les planètes « étoiles errantes », pour les distinguer des étoiles proprement dites, appelées « étoiles fixes ». L'étoile du berger, du matin, du soir, la planète Vénus. Spécialt. Étoile tombante (vieilli), ou étoile filante, météorite qui s'embrase au contact des couches supérieures de l'atmosphère et laisse dans le ciel une trace lumineuse fugace. Faire un vœu au passage d'une étoile filante. Expr. Passer la nuit, loger, coucher, dormir à la belle étoile, en plein air. Faire voir à quelqu'un les étoiles en plein midi, lui asséner sur la tête un coup violent qui provoque un éblouissement. Fig. Compter les étoiles, entreprendre une action impossible, inepte et inutile. 2. ASTRON. ASTROPHYSIQUE. Corps céleste qui entretient sa propre source d'énergie et brille de sa lumière propre. Notre Galaxie rassemble des dizaines de milliards d'étoiles. Amas d'étoiles. Le Soleil est l'étoile la plus proche de la Terre, et celle que nous connaissons le mieux. Étoile Polaire, étoile de la constellation de la Petite Ourse, qui, voisine du nord céleste, en indique continuellement la direction. Étoiles de première, de deuxième grandeur (vieilli), étoiles de première, de deuxième magnitude. Volume, densité d'une étoile. Naissance, évolution, mort des étoiles. 3. ASTROL. Astre considéré comme ayant une relation avec la destinée d'une personne ou d'un pays. Être né sous une bonne, une heureuse, une mauvaise étoile. Avoir confiance, avoir foi dans son étoile. Lire dans les étoiles, établir un horoscope, prédire un évènement. Expr. Son étoile pâlit, la chance l'abandonne, il perd de son prestige. Par anal. En parlant d'une personne. Être la bonne, la mauvaise étoile de quelqu'un, lui porter chance, malchance. 4. Ce qui, par sa forme en rayons, rappelle ou évoque l'étoile ; emblème figurant sur maints drapeaux, armoiries, insignes d'ordre de chevalerie. Étoile à cinq branches, à six branches. Une étoile d'or, d'argent, de bronze. Les étoiles d'un blason. Les cinquante étoiles du drapeau des États-Unis d'Amérique. Les douze étoiles du drapeau de l'Europe. Étoile de David, étoile à six branches, emblème du peuple juif. HIST. Étoile jaune, insigne de discrimination raciale dont le port fut imposé aux Juifs de certains pays d'Europe à l'époque du nazisme. Spécialt. MILIT. Insigne distinctif en forme d'étoile à cinq branches. En France, les officiers généraux portent des étoiles sur les manches, sur les épaulettes, sur la coiffure de leur uniforme. Un général à deux étoiles, à trois étoiles, un général de brigade, un général de division. Ce général vient de recevoir sa cinquième étoile, vient d'être élevé aux rang et appellation de général d'armée. Les maréchaux de France portaient, sur leurs manches et sur leur bâton de commandement, sept étoiles, insignes de leur dignité. Les étoiles d'une croix de guerre, fixées sur le ruban pour y indiquer les citations. - TYPOGR. Syn. vieilli d'Astérisque. - HÔTELLERIE. Signe qui symbolise le niveau de confort d'un hôtel, d'un terrain de camping, etc. Un hôtel à quatre étoiles, un hôtel quatre étoiles ou, ellipt., un quatre étoiles. - SPORTS. Marque distinctive attribuée aux skieurs après qu'ils ont subi avec succès certaines épreuves. - HIPPOL. Marque blanche sur le front d'un cheval dont la robe est foncée (voir Pelote). - ZOOL. Étoile de mer, nom usuel de l'astérie. - BOT. Étoile d'argent, étoile des neiges, autres noms de l'edelweiss. - TOPOGRAPHIE. Nom donné au lieu de croisement de plusieurs voies. Une étoile en forêt. La place de l'Étoile, à Paris. L'arc de triomphe de l'Étoile. Loc. En étoile, en forme d'étoile. Cette vitre présente une fêlure en étoile. 5. Fig. Artiste ou sportif qui se distingue par un talent et une réputation hors de pair. Une étoile de la chanson, du cinéma. Une étoile du patinage artistique. En apposition. Danseur, danseuse étoile, au sommet de la hiérarchie d'un corps de ballet. étoilé, -ÉE adj. XIIe siècle, dans cel estelet, « ciel étoilé ». Participe passé d'étoiler. 1. Qui est parsemé d'étoiles. Un ciel étoilé. Litt. La voûte étoilée, le ciel nocturne. Par méton. Une nuit étoilée. Par anal. Qui est parsemé d'ornements brillants ou de motifs décoratifs figurant des étoiles. Le bâton étoilé des maréchaux de France. La bannière étoilée, le drapeau des États-Unis d'Amérique. 2. Qui a la forme d'une étoile ; qui est disposé en étoile. Feuilles étoilées. L'anis étoilé est le fruit de la badiane. 3. Qui présente des fêlures ou des fentes en forme d'étoile. Un miroir étoilé à la suite d'un choc. Une bûche étoilée, dont le cœur est traversé par des fentes qui s'entrecroisent. étoilementn. m. XIIe siècle, estellement, attestation isolée ; de nouveau au XIXe siècle. Dérivé d'étoiler.Rare. Action d'étoiler, de s'étoiler ; résultat de cette action. L'étoilement d'une vitre. étoilerv. tr. XIIe siècle, esteler ; XVIIe siècle, estoiler. Dérivé d'étoile. 1. Litt. Parsemer d'étoiles. La nuit étoile le ciel. Pron. Se couvrir d'étoiles. Le ciel commence à s'étoiler. 2. Occasionner des fêlures, des fentes en forme d'étoiles. En lançant un caillou, les enfants ont étoilé un des carreaux de la fenêtre. Pron. Se fêler, se fendre en étoile. Le miroir s'est étoilé. étolen. f. XIIe siècle, estole. Emprunté, par l'intermédiaire du latin stola, du grec stolê, « habillement, robe ». 1. LITURG. CHRÉTIENNE. Insigne constitué d'une longue bande d'étoffe que les officiants portent autour du cou lorsqu'ils remplissent certaines fonctions sacerdotales, et dont les pans retombent par-devant. Une étole blanche, violette. Broder une étole. Mettre l'étole. Les diacres portent l'étole en écharpe sur l'épaule gauche. Anciennt. Droit d'étole, part des redevances perçues à l'occasion d'une fonction cultuelle qui revenait au curé d'une paroisse. 2. Par anal. Parure féminine d'étoffe ou de fourrure jetée sur les épaules. Une étole de vison. étonnammentadv. XVIIIe siècle. Dérivé d'étonnant.D'une manière étonnante. Elle paraît étonnamment jeune. étonnant, -ANTE adj. XVIe siècle. Participe présent d'étonner. 1. Class. Qui provoque la stupeur, le saisissement. 2. Qui surprend. Un évènement, un phénomène étonnant. Voilà une nouvelle étonnante. Rien d'étonnant qu'il ait échoué. Il n'y a là rien d'étonnant. Il n'est pas étonnant qu'il ait réussi. Subst. L'étonnant est qu'il soit à l'heure. 3. Qui suscite, par un caractère remarquable, une surprise mêlée d'admiration. C'est un homme étonnant. Il est étonnant d'intelligence. Ce livre est étonnant. Iron. Vous êtes étonnant de crédulité. étonné, -ÉE adj. XIIe siècle. Participe passé d'étonner. 1. Class. Qui est frappé de stupeur, de saisissement. 2. Qui est surpris. Je ne comprends pas pourquoi vous paraissez étonné. Par méton. Qui exprime la surprise. Un air étonné. Des regards étonnés. Elle eut un sourire étonné. Subst. Faire l'étonné, jouer les étonnés, feindre la surprise. Lorsque je lui ai révélé le but de ma visite, elle a joué l'étonnée, les étonnées. 3. BÂT. Qui est ébranlé, lézardé, sous l'effet d'un choc. Une pierre, une voûte étonnée. |