v. tr. (se conjugue comme Céder). XIVe siècle, puis XVIIe siècle, attestations isolées ; repris au XIXe siècle. Emprunté du latin eviscerare, de même sens, dérivé de viscera, « viscères ».Extraire les viscères de. Éviscérer un cadavre. Éviscérer un animal saigné pour la boucherie et dépouillé. évitableadj. XIIe siècle. Dérivé d'éviter, d'après le latin evitabilis, de même sens, lui-même dérivé de evitare, « éviter ».Qui peut être évité. Ce malheur était facilement évitable. évitagen. m. ou, vieilli, ÉVITÉE n. f. XVIIIe siècle. Dérivé d'éviter.MARINE. I. Mouvement d'un navire qui évite. 1. Changement de cap d'un bateau à l'ancre, soit sous l'effet du vent ou de la marée, soit grâce à sa machine, à ses amarres, ou à l'intervention d'un remorqueur. Les deux navires s'abordèrent à l'évitage. 2. Manœuvre d'un bateau pour ne pas heurter un autre bâtiment ou un quai. L'évitage réussit de justesse. II. Lieu où s'effectue ce mouvement. 1. Espace suffisant pour qu'un navire à l'ancre puisse éviter, puisse tourner librement, lorsque le vent ou la marée change. Se ménager l'évitage. Garder un évitage suffisant. 2. Endroit d'un plan d'eau où il est possible et permis à un navire d'éviter. Aller chercher l'évitage. Il y a un évitage plus haut dans le chenal. Bassin d'évitage. Cercle d'évitage, dont le centre est l'ancre. Champ d'évitage, plus restreint, si le bateau est sur plusieurs ancres. évitementn. m. XVIe siècle. Dérivé d'éviter.Action d'éviter. CH. DE FER. Voie d'évitement, voie supplémentaire permettant de dégager la voie principale pour le passage d'un autre train. Gare d'évitement, où le dédoublement d'une voie unique permet à un train d'en laisser passer un autre. éviterv. tr. et intr. XIVe siècle. Emprunté du latin evitare, de même sens, de vitare, « se garder de ». I. V. tr. 1. Faire en sorte de ne pas rencontrer quelqu'un, de ne pas se trouver en sa présence. Le débiteur essaya d'éviter son créancier. Éviter un importun. Pron. Depuis leur dispute, ils s'évitent avec soin. Par ext. Éviter le regard de quelqu'un, se détourner pour l'esquiver. 2. S'écarter afin d'échapper à un danger ou à un désagrément. Éviter un bloc de pierre, un trou, en les contournant. Le piéton évita de justesse l'automobile qui surgissait. Éviter un coup. Éviter de, se garder de. Éviter de parler à quelqu'un. Évitez de lui prêter de l'argent. Fig. Éviter une corvée. Cette proposition est un piège à éviter. Éviter l'alcool, les nourritures trop riches, s'en abstenir. 3. Faire en sorte que quelque chose de fâcheux ne se produise pas. Éviter une catastrophe, la prévenir. Éviter que, empêcher que. Évitez qu'on vous voie. Je ne pus éviter qu'il tombât. 4. Éviter quelque chose à quelqu'un, faire en sorte qu'une personne échappe à un danger, à un désagrément, le lui épargner. Nous lui avons évité bien des tracas. Ce croquis m'a évité de longues explications. Éviter à quelqu'un de faire quelque chose, lui épargner la peine, le désagrément de faire cela. Il m'évita de commettre une bévue. 5. MARINE. Faire prendre, à l'arrêt, un autre cap à un navire. Les remorqueurs évitent le cargo amarré par bâbord pour le faire accoster sur tribord. II. V. intr. MARINE. En parlant d'un navire, changer de cap, en route ou, plus généralement, au mouillage. Éviter sur son ancre. Éviter au vent, au courant, sous l'effet du vent, du courant. Absolt. Le navire n'aura pas assez de champ pour éviter. évocableadj. XVIIe siècle. Dérivé d'évoquer.Qui peut être évoqué. Se dit surtout en termes de droit. Cette affaire n'est pas encore évocable. évocateur, -TRICE adj. XIXe siècle. Dérivé d'évoquer, d'après le latin evocator, « celui qui fait appel à », puis « celui qui évoque ».Qui a le pouvoir d'évoquer, de rendre présent à la pensée, à la mémoire. Un mot évocateur de souvenirs anciens. Une date évocatrice. évocationn. f. XIVe siècle. Emprunté du latin evocatio, « appel », et, spécialement, « appel aux armes, appel en justice, évocation des morts », de evocare (voir Évoquer). 1. Action d'entrer en communication, par la parole ou des gestes rituels, avec des morts, des esprits ou des êtres surnaturels. L'évocation des démons. Pour connaître leur destin. Ulysse et Énée eurent tous deux recours à l'évocation des morts. L'évocation des esprits au cours d'une séance de spiritisme. 2. Action de rappeler à la mémoire le souvenir de quelque chose ou de quelqu'un. L'évocation du bon vieux temps. Il s'abandonna à une longue évocation de ses parents. L'évocation d'un grand homme. 3. Le fait de rendre présent à l'esprit, sans référence nécessaire au passé, une idée, un évènement, une image. L'évocation de tout ce qui nous lie. Le pouvoir d'évocation d'une phrase musicale, d'un mot, les images que fait naître cette phrase, ce mot. L'évocation de lendemains meilleurs, d'un destin glorieux. Spécialt. La simple mention d'une chose. L'évocation des difficultés actuelles. L'auteur se contente d'une brève évocation des faits. 4. DROIT. Procédure qui consiste, pour une juridiction supérieure, à se saisir d'une affaire qui est de la compétence d'une juridiction inférieure. évocatoireadj. XIVe siècle. Emprunté du bas latin evocatorius, « qui appelle », dérivé de evocare (voir Évoquer). 1. Qui participe d'une évocation. Une cérémonie évocatoire. 2. DROIT. Rare. Qui justifie une évocation. Des motifs évocatoires. évohé !interj. XVIIIe siècle. Emprunté, par l'intermédiaire du latin evoe, euhoe, du grec euoî, de même sens.ANTIQ. GRECQ. Cri rituel poussé par les bacchantes en l'honneur de Dionysos (on écrit aussi Évoé !). |