n. m. XVIe siècle. Emprunté de l'italien festone, « guirlande, ornement de fête », dérivé de festa, « fête ». 1. Guirlande de feuillages entremêlée de fleurs, de fruits, etc., que l'on suspend pour servir de décoration lors d'une fête. Une tribune décorée de festons. Par anal. ARCHIT. ARTS DÉCORATIFS. Ornement représentant une guirlande végétale. Les festons d'une corniche. 2. Découpure à dents arrondies que l'on fait à la bordure d'une robe, d'un châle, d'un rideau, d'une draperie, et que l'on garnit d'un point de broderie. Ruban à festons. Point de feston, utilisé pour broder ces découpures. Loc. En festons, en forme de festons. Découper en festons les bords d'une collerette. Festonnerv. tr. et intr. XVIe siècle. Dérivé de feston. I. V. tr. 1. Orner de festons. Festonner une façade. 2. COUT. Découper en festons. Festonner les bords d'une draperie. Nappe festonnée. Ourlet festonné. Spécialt. Découper en festons après avoir brodé au point de feston. Une collerette festonnée. II. V. intr. Fam. et vieilli. Tituber sous l'effet de la boisson. Festoyerv. tr. et intr. (se conjugue comme Broyer). XIIe siècle, festeer, festoier. Dérivé de fête. 1. V. tr. Vieilli. Recevoir à une fête, à un festin ; fêter quelqu'un en lui offrant un festin. Festoyer ses amis. 2. V. intr. Prendre part à un festin, à une fête. Les invités de la noce festoyèrent pendant trois jours. Fêtardn. m. XIXe siècle. Dérivé de fête.Fam. Personne qui fait la fête, qui mène une vie de plaisirs. Une bande de joyeux fêtards. Fêten. f. XIe siècle, feste. Issu du latin festa, de même sens, neutre pluriel (pris comme féminin) de l'adjectif festus, « en fête ». I. Jour consacré à une célébration ; cette célébration elle-même. 1. Jour consacré à une célébration religieuse particulière ; ensemble des cérémonies qui ont lieu à cette occasion. Fête solennelle. Les fêtes religieuses de l'Antiquité. Les païens célébraient la plupart de leurs fêtes par des sacrifices et des jeux. Fêtes chrétiennes, juives, musulmanes. RELIG. CHRÉTIENNE. La fête de Noël, de Pâques. Fête mobile, dont la date varie en fonction de celle de Pâques, par opposition à Fête fixe. Fête du Saint-Sacrement, plus couramment appelée Fête-Dieu. Fête carillonnée, fête solennelle, annoncée autrefois dès la veille par des carillons. Fête double, où l'on récitait les antiennes en entier, avant et après chaque psaume. La fête patronale d'une église, d'une corporation, le jour où l'on fête le saint sous la protection duquel est placée l'église, la corporation. La Saint-Vincent est la fête des vignerons. La fête de sainte Catherine ou, ellipt., la Sainte-Catherine, ensemble de réjouissances traditionnellement organisées le 25 novembre, en l'honneur des jeunes filles célibataires atteignant vingt-cinq ans. La fête d'une personne, le jour où l'on fête le saint dont elle a reçu le nom lors de son baptême et, par ext., le jour de son anniversaire. Souhaiter bonne fête à quelqu'un. Expr. fig. et fam. Cela n'arrive qu'aux fêtes carillonnées, rarement. Par anal. Fêtes des fous, fêtes médiévales au cours desquelles on parodiait les cérémonies de l'Église. Le repas de fête de la Saint-Charlemagne, qui était offert, à la fin du mois de janvier, aux meilleurs élèves d'un établissement d'enseignement. 2. Jour consacré chaque année à la commémoration d'un évènement historique, à la célébration d'un héros national, etc. Célébrer une fête nationale, une fête anniversaire. En France, le 14 Juillet est, depuis 1880, la fête nationale. La fête de Jeanne d'Arc. Fête du Travail, de la Victoire, de l'Indépendance. Fête légale, déclarée jour férié par la loi. Par anal. Jour de l'année au cours duquel sont organisées des manifestations publiques ou privées en l'honneur de quelqu'un ou de quelque chose. La fête des mères. Fête des fleurs, des vendanges. 3. Au pluriel. Période où se succèdent deux ou plusieurs jours de congé. Les fêtes de Noël, de Pâques. Les fêtes de fin d'année ou, ellipt., les fêtes, la période comprenant Noël et le nouvel an. Passer les fêtes en famille. Souhaiter de bonnes fêtes à quelqu'un. II. Manifestation de liesse, réjouissance, célébration publique ou privée. 1. Souvent au pluriel. Réjouissances publiques qui ont lieu pour une occasion extraordinaire. Les fêtes d'un sacre. Les fêtes du mariage de Louis XIV. La fête s'acheva par un feu d'artifice. 2. Réjouissance publique qui a lieu occasionnellement ou à intervalles réguliers. Fête de village. Fête foraine. Fête champêtre, aérienne, nautique. Demain sera jour de fête au village. La fête annuelle de l'école. Le comité des fêtes, la salle des fêtes d'une commune. 3. Réjouissance organisée pour une assemblée privée. Organiser une fête entre amis. Vous serez tous de la fête. Une fête de famille. Repas, banquet de fête. Fête enfantine, costumée. BX-ARTS. Fête galante, représentation picturale d'une assemblée galante de personnages costumés, dans un décor champêtre. « L'Embarquement pour Cythère », de Watteau, la « Fête à Saint-Cloud », de Fragonard, sont des fêtes galantes. Titre célèbre : Fêtes galantes, de Paul Verlaine (1869). 4. Par ext. Toute occasion de réjouissance, de plaisir. Ce voyage fut une fête pour les enfants. Par anal. Ce spectacle est une fête pour les yeux. Sa conversation est une fête pour l'esprit. 5. Expr. et loc. Être en fête, se dit d'un lieu où se célèbrent des réjouissances. Le village est en fête. Prendre, avoir un air de fête, une apparence riante et animée. Être de la fête, y prendre part. Le héros de la fête, la reine de la fête, la personne en l'honneur de laquelle on donne une fête, ou celle qui est la plus remarquée, la plus entourée. Troubler la fête, troubler la joie, les plaisirs d'une réunion. Trouble-fête, voir ce mot. Triste comme un lendemain de fête. Spécialt. Faire la fête, mener une vie de plaisirs, et, plus récemment, célébrer joyeusement un évènement. Fig. Avoir le cœur en fête, se sentir gai et heureux. Faire fête à quelqu'un, l'accueillir avec chaleur, manifester de la joie à le voir. Le chien fit fête à son maître. Se faire une fête de quelque chose, en attendre beaucoup de plaisir, de joie. Fam. Il ne s'était jamais vu à telle fête, à pareille fête, n'avait jamais connu de situation plus heureuse. Ne pas être à la fête, être dans une situation désagréable, embarrassante. Par antiphrase et pop. Faire sa fête à quelqu'un, le réprimander ou le malmener, le rosser. Ça va être sa fête, il va passer un mauvais moment. Expr. proverbiale. Ce n'est pas tous les jours fête, on ne s'amuse pas tous les jours. Fêterv. tr. XIIIe siècle, fester. Dérivé de fête. 1. Célébrer une fête religieuse ou civile par une cérémonie, par des réjouissances. La paroisse fête aujourd'hui son saint patron. Fêter le jour des Rois, la Saint-Jean. Fêter l'anniversaire de la Victoire. Pron. L'Assomption se fête le quinze août. 2. Célébrer un évènement de caractère public ou privé en organisant des réjouissances, en manifestant sa joie. Fêter un anniversaire. Fêter une victoire. Fêter son succès à un examen. Fêter le retour d'un ami. Par ext. Fêter quelqu'un, organiser en son honneur une fête ou l'accueillir avec empressement, par des manifestations de joie. Le lauréat a été fêté par sa famille. À son arrivée, tout le monde le fêta. Fétichen. m. XVIIe siècle, fetisso, puis fétiche. Emprunté du portugais feitiço, « sortilège, amulette ». 1. Nom donné à des objets naturels ou façonnés par l'homme, dans lesquels, selon certaines religions animistes, des esprits viennent temporairement résider et qui sont alors revêtus de pouvoirs magiques. Vénérer un fétiche. En apposition. Arbres fétiches. Pierre fétiche. 2. Par ext. Objet ou animal auquel est attribuée une influence bénéfique ou protectrice ; mascotte. Ce bijou est pour elle un fétiche. En apposition. Une poupée fétiche. Féticheurn. m. XIXe siècle. Emprunté, par l'intermédiaire du néerlandais feticheer, du portugais feiticero, « sorcier ».Dans certaines civilisations africaines, celui qui fabrique des fétiches et leur confère un pouvoir magique. Fétichismen. m. XVIIIe siècle, au sens 1 ; XIXe siècle, au sens 2 ; XXe siècle, au sens 3. Dérivé de fétiche. 1. Ensemble de pratiques connues surtout dans l'Ouest africain, fondées sur la croyance au pouvoir des fétiches et des esprits qui y résident. On donne volontiers le nom de fétichisme aux pratiques des religions qu'on ignore. 2. Respect poussé jusqu'à l'excès pour une personne, une idée, un principe, etc. Le culte qu'ils vouent à leur chef relève du fétichisme. Par ext. Obsession, culte obsessionnel. Le fétichisme du passé. Le fétichisme des diplômes. 3. PSYCHOPATHOL. Perversion qui lie de manière exclusive l'excitation ou la satisfaction sexuelle à une partie du corps ou à un objet. Le fétichisme de la chevelure, de la chaussure. Fétichisteadj. XIXe siècle. Dérivé de fétiche. 1. Relatif au culte des fétiches. Religion fétichiste. 2. Qui pratique le fétichisme. Peuple fétichiste. 3. Qui attribue un pouvoir mystérieux à certains objets ; qui témoigne d'un respect exagéré et souvent aveugle à l'égard de quelqu'un ou de quelque chose. Une admiration fétichiste. Un attachement fétichiste. 4. PSYCHOPATHOL. Qui manifeste un fétichisme sexuel. Subst. Un, une fétichiste. |