n. f. XIIIe siècle. Dérivé de l'ancien verbe finer, « mener à sa fin (une transaction), payer », du latin médiéval finare, « exiger ou donner de l'argent, mener à bout ». 1. Argent comptant (vieilli). N'est guère usité que dans l'expression familière Moyennant finance, en payant comptant. À la Bastille, les prisonniers pouvaient se nourrir fastueusement, moyennant finance. HIST. Sous l'Ancien Régime, somme payée au roi pour acquérir un office, une charge, ou pour acquitter certains droits ; ferme, régie de certains droits et, par méton., ensemble des personnes à qui on attribuait cette ferme ou cette régie. Une charge de cent mille livres de finance. 2. Au pluriel. Sommes inscrites au budget d'un organisme public et particulièrement de l'État. Finances des collectivités locales. Finances communales. Finances publiques, de l'État et des collectivités publiques. L'administration des finances. Le maniement des finances. Ménager les finances de l'État. La commission des finances du Sénat. Loi de finances, loi par laquelle le Parlement autorise le gouvernement à engager les dépenses et à recouvrer les recettes d'un exercice budgétaire. Le ministère des Finances. Inspection générale des finances, corps de l'État d'abord chargé d'informer le ministre des Finances du fonctionnement de ses services par des vérifications inopinées, et qui s'est vu progressivement reconnaître une vocation de contrôle financier sur l'ensemble du secteur public. Inspecteur, contrôleur, receveur des finances. Par méton. Les Finances, l'administration chargée de gérer les recettes et les dépenses de l'État. Par ext. Fam. État de fortune, ensemble des ressources pécuniaires d'un particulier. Ses finances sont bien basses en ce moment. 3. Ensemble des activités ayant trait à l'argent. Un homme de finance. Le monde de la finance. Par méton. Ensemble de ceux qui font de grandes opérations de banque ou de Bourse, d'importantes affaires d'argent. La haute finance. La finance internationale. Il est entré très jeune dans la finance. Vieilli. Style de finance, termes de finance, le style, les termes usités dans les matières de finance. TYPOGR. Chiffres de finance, lettres de finance, voir Financier. Financementn. m. XIXe siècle, attestation isolée ; de nouveau au XXe siècle. Dérivé de financer.Action de financer ; ensemble des moyens financiers affectés à la réalisation d'un projet. Le financement d'un centre de recherches par des capitaux privés. Plan de financement. Un financement de plusieurs millions. Financerv. intr. et tr. (se conjugue comme Avancer). XVIe siècle, au sens de « fournir de l'argent ». Dérivé de finance. 1. V. intr. Fam. et vieilli. Payer, débourser de l'argent. Vous ne vous tirerez pas de cette affaire sans financer. 2. V. tr. Procurer à une entreprise, à un service public ou à un organisme semi-public les moyens financiers nécessaires à sa création, à son fonctionnement ou à son développement. Financer la construction d'une usine. Il a trouvé un mécène pour financer son projet. C'est la région qui finance ces travaux. Par ext. Payer, assurer le paiement de, Financer l'achat d'un appartement. Absolut. Fam. C'est moi qui finance. Financeur, -EUSE n. XXe siècle. Dérivé de financer.Rare. Personne ou collectivité qui finance. Les financeurs de cette épreuve sportive. <!--Oui-->Doit être préféré à l'anglais Sponsor. Financier, -IÈRE n. m. et adj. XVe siècle, financhiere. Dérivé de finance. I. N. m. 1. HIST. Sous l'Ancien Régime, celui qui avait la ferme ou la régie des droits du roi. Les financiers, les traitants, les partisans. Les exactions des financiers les ont rendus odieux. « Le Savetier et le Financier », fable de La Fontaine. 2. Personne qui fait de grandes affaires d'argent, des opérations de banque, de Bourse. Un baron Louis, un Laffitte ont été de grands financiers. Spécialt. BANQUE. Personne spécialisée dans la gestion des fonds publics, des patrimoines privés ou des opérations sur le marché des capitaux. 3. PÂTISS. Petit gâteau moelleux, à base de poudre d'amandes, de sucre et de blanc d'œuf. II. Adj. 1. Relatif à l'argent, aux ressources pécuniaires. Avoir des difficultés financières, des embarras financiers. Une situation financière délicate. La législation financière, le droit financier. Spécialt. Relatif à l'argent de l'État, aux finances publiques. Politique financière. L'équilibre financier est le principal souci du gouvernement. 2. Relatif à la gestion des patrimoines et aux opérations effectuées sur le marché des capitaux à long terme. Le marché financier. Capital financier, voir Capital. Groupe financier, groupe de banques et entreprises qui en dépendent. Un journal financier. Une opération financière. Les grandes places financières d'Europe. La chronique financière d'un hebdomadaire. Un scandale financier. Par ext. Le directeur financier d'une entreprise, qui s'occupe du budget. Par méton. Relatif à ceux qui traitent des affaires. Le monde financier. Une oligarchie financière. 3. TYPOGR. Lettres financières, caractères d'imprimerie imitant l'écriture manuscrite. Chiffres financiers, petits chiffres romains en caractères italiques, où le chiffre 1 est figuré par i ou j, et le 5 par u ou v. (On dit aussi Lettres de finance et Chiffres de finance.) 4. CUIS. Sauce financière ou, subst., financière, préparation à base de crêtes et de rognons de coq, de champignons, ris de veau, quenelles de volailles, olives et lames de truffe, dont on accompagne ou garnit des volailles, des bouchées. Poulet à la financière. Ellipt. Des vol-au-vent financière. Financièrementadv. XIXe siècle. Dérivé de financier.En matière de finances. Cette entreprise est financièrement saine. Finasserv. intr. XVIIe siècle, finesser, finasser. Dérivé de finesse.User de finesses, chercher des objections de détail, pour en tirer avantage. Il aimait à finasser dans toutes ses transactions. Par ext. Chercher à jouer toujours au plus fin. Inutile de finasser avec lui. À quoi bon finasser ? Finasserien. f. XVIIIe siècle. Dérivé de finasser.Procédé d'une personne qui finasse ; penchant à user de finesses, de subterfuges. Toutes vos finasseries n'aboutissent à rien. Il est connu pour sa finasserie. Finasseur, -EUSSE (vieilli) ou, mieux, FINASSIER, -IÈRE n. et adj. XVIIIe siècle. Dérivé de finasser. 1. N. Personne qui finasse. 2. Adj. Qui use de finasseries ; qui est propre à celui qui finasse. Une femme finassière. Un naturel finassier. Finaud, -AUDE adj. XVe siècle, dialectal. Dérivé de l'adjectif fin.Qui est fin, rusé, et cache son jeu sous un air de simplicité. Un commerçant finaud. Par litote. Il n'est pas très finaud. Par méton. Un visage, un regard, un air finaud. Subst. Un finaud, une finaude. Faire le finaud, jouer au plus fin. |