, -ÉE adj. XIe siècle, forsenede. Participe passé de l'ancien verbe forsener, « être hors de sens ; rendre fou », composé à partir de fors et de l'ancien français sen, « raison ». 1. Qui est hors de son bon sens, qu'un accès de folie a rendu furieux. Surtout subst. Crier, se débattre comme un forcené. Le forcené a été maîtrisé par la police. Par ext. Qui s'abandonne à une rage aveugle. La ville fut saccagée par des envahisseurs forcenés. Par méton. Une lutte âpre et forcenée. 2. Qui se laisse emporter par une ardeur sans mesure, une passion immodérée pour une idée, une cause, une activité. Un doctrinaire forcené. C'est un partisan, un adversaire forcené de ce projet. Un joueur forcené. Par ext. Une ambition forcenée. Vouer à ses ennemis une haine forcenée. Faire preuve d'un entêtement forcené. Forceps(p et s se font entendre) n. m. XVIIe siècle. Mot latin signifiant « tenailles, pinces ».OBSTÉTRIQUE. Instrument comportant deux branches articulées, parallèles ou croisées, terminées par des cavités appelées cuillers, et que l'on utilise dans des accouchements difficiles pour faciliter l'extraction de l'enfant (on a dit aussi Fers). Forcerv. tr., intr. et pron. (se conjugue comme Avancer). XIe siècle. Issu du latin populaire *fortiare, de même sens, dérivé de fortia (voir Force). I. V. tr. 1. Faire céder par force, ouvrir de vive force. Forcer une serrure, une porte. Forcer un coffre. Forcer un barrage. Par ext. Forcer l'accès d'une propriété. Forcer tous les obstacles. ESCR. Forcer le fer, engager le fer avec force pour faire plier l'adversaire. Expr. fig. Forcer la porte d'une personne, pénétrer chez elle contre son gré. Forcer la consigne, ne pas la respecter, passe outre. 2. Prendre par force, venir à bout de ce qui ou de qui oppose une résistance. Forcer un retranchement, une citadelle. Forcer l'ennemi dans sa retraite. Spécialt. Forcer une femme, abuser d'elle. Fig. Forcer la victoire, le succès, vaincre, réussir de haute lutte. Forcer le destin, les évènements, les faire servir aux desseins qu'on a conçus. Forcer la décision, l'emporter. 3. Faire céder par la contrainte, obliger à quelque chose. On voulait le forcer au silence, à se taire. Il fut forcé de partir. Personne ne vous y force. Je ne veux forcer personne. Expr. Contraint et forcé, voir Contraindre. Par méton. Forcer les consciences, les volontés. Forcer sa nature, son inclinaison, son humeur. Expr. Forcer la main à une personne, la faire agir contre son gré. Par ext. Forcer le consentement, l'approbation d'une personne, les lui arracher. Forcer l'estime, le respect, l'admiration, susciter de tels sentiments par l'effet d'un ascendant irrésistible. Son talent force l'admiration de tous. Il espérait forcer ma confiance. 4. Soumettre à un effort excessif ; pousser au-delà de la limite normale. Forcer un cheval, le faire courir jusqu'à l'épuisement. Forcer un moteur. Forcer sa voix. Forcer la nature, vouloir faire plus qu'on ne peut. Cet acteur force son talent, son jeu est trop appuyé. Expr. Forcer la dose, dépasser la dose prescrite d'un médicament et, fig. et fam., exagérer. Forcer le ton, hausser le ton, élever la voix pour se faire entendre ou, fig., se faire obéir. Par affaibl. Renforcer, accélérer. Forcer le pas, l'allure, la marche, la cadence. VÈN. Réduire aux abois l'animal de chasse. Forcer un cerf. HORT. Forcer un arbre fruitier, une vigne, des fleurs, etc., hâter leur croissance, leur maturation, les faire produire dans des conditions artificielles. - COMPT. Forcer la recette, la dépense, porter en recette, en dépense, plus qu'on a reçu ou dépensé. 5. Fausser, tordre en exerçant une pression trop forte. Forcer une vis, un écrou. Forcer une clef. Par anal. Forcer un muscle, une articulation. Fig. Forcer le sens d'un mot, d'un texte, le déformer, l'altérer par une interprétation abusive. II. V. intr. 1. Fournir ou subir un effort excessif. Nous avons dû forcer pour soulever cette armoire. Il a terminé la course sans forcer. Un mât, un cordage qui force. Par méton. Opposer une résistance à une pression, une poussée. Cette charnière, cette porte force. Le voilier forçait contre le courant. Fig. et fam. Forcer sur, abuser de. Forcer sur la boisson ou, pop., sur la bouteille, boire immodérément. 2. Gagner en force, en puissance, en intensité. Forcer de rames, de voiles (vieilli), faire force de rames, de voiles. Forcer sur les avirons, ramer le plus vigoureusement possible. Absolt. MARINE. Syn. rare de Forcir. La brise commence à forcer. - JEUX. Fournir une carte plus forte que celles déjà jouées dans la couleur demandée. Aux tarots, on est tenu de forcer. III. V. pron. 1. Vieilli. Faire quelque chose avec trop de force, de violence. Ne vous forcez point tant, vous vous feriez mal. 2. Se contraindre, faire effort sur soi-même. Je devrai me forcer pour faire cette démarche. Se forcer à ne rien dire ou, class., de ne rien dire. Forcerien. f. XIIIe siècle, au sens de « violence ». Dérivé de forcer.HORT. Serre chauffée où l'on pratique le forçage. Une forcerie d'azalées. Par ext. Exploitation rapide agricole où l'on pratique le forçage. Une forcerie de fruits et légumes. Forcesn. f. pl. XIIe siècle. Issu du latin forfices « cisailles ».Grands ciseaux aux lames réunies par un ressort, qui servaient autrefois à couper les tissus, à tailler des feuilles de métal, etc. Les forces sont encore parfois utilisées pour tondre les moutons. Forceur, -EUSE n. XVIe siècle, au sens de « celui qui fait violence, qui attaque par force ». Dérivé de forcer. 1. Personne qui ouvre par force un objet. Un forceur de coffres-forts. Par ext. Les forceurs de blocus. 2. Rare. Celui qui force, qui traque les bêtes sauvages. Un forceur d'ours. Par ext. Ce chien est un bon forceur de renards ou, ellipt., un bon forceur. 3. Personne qui dirige une forcerie. Forcirv. intr. XIXe siècle. Dérivé de fort, d'après forcer. 1. Devenir plus fort, plus intense. La brise avait forci au cours de la nuit. La tempête forcissait rapidement. 2. En parlant d'une personne. Devenir plus robuste. Comme cet enfant a forci pendant les vacances ! Par ext. Prendre de l'embonpoint. Elle a beaucoup forci. Forclorev. tr. défectif (se conjugue comme Clore ; ne s'emploie plus qu'à l'infinitif et au participe passé). XIIe siècle. Composé à partir de fors et de clore.DROIT. Exclure une personne du bénéfice d'un droit, parce qu'elle ne l'a pas exercé dans les délais requis. Il voulait se porter candidat aux prochaines élections, mais il s'est laissé forclore. Il a été forclos. La partie adverse fut déclarée forclose. Forclusionn. f. XVe siècle. Dérivé de forclore, sur le modèle d'exclusion.DROIT. Le fait de forclore ; situation résultant de l'expiration du délai fixé pour l'exercice d'un droit ou d'une action. Le tribunal a prononcé la forclusion du demandeur. Il y a forclusion. Forerv. tr. XIIe siècle. Emprunté du latin forare, « percer, trouer ». 1. Percer d'un trou. Forer une clef, un canon. 2. Creuser à l'aide d'engins mécaniques. Forer un puits de mine, un tunnel. Le trépan permet de forer les puits de pétrole. |