n. m. XVIe siècle. Dérivé de froncer.En parlant des traits du visage. L'action de froncer ou le fait de se froncer. Un froncement de sourcils. Froncerv. tr. (se conjugue comme Avancer). XIe siècle, froncier. Probablement dérivé de fronce.Plisser en contractant, en resserrant. Froncer les sourcils. Il en fronça le sourcil de colère. Pron. Son nez s'est froncé. Spécialt. COUT. Plisser par une série de fronces. Froncer les poignets d'un corsage. Une jupe froncée à la taille. Pron. Ce tissu se fronce aisément.
Frondaisonn. f. XIXe siècle. Dérivé de fronde II. 1. Litt. Végétation des arbres et des arbustes ; ensemble des branches et des feuilles. Les frondaisons de la forêt. Une frondaison opulente, touffue. 2. Apparition des feuilles sur les arbres. Le printemps est l'époque de la frondaison. Une frondaison précoce, tardive. Une forêt en pleine frondaison.
Fronden. f. XIIIe siècle. Probablement issu du latin populaire *fundula, diminutif du latin classique funda, « fronde, arme de jet, balle de plomb ». 1. Arme de jet formée d'une poche de cuir contenant une pierre ou une balle et reliée à deux lanières. On fait tournoyer la fronde, puis on lâche l'une des lanières pour lancer au loin le projectile. David tua Goliath d'un coup de fronde. Les anciens avaient dans leurs troupes des soldats armés de frondes. Par ext. Jouet d'enfant fait d'une petite fourche et d'un caoutchouc (on dit aussi Lance-pierre). 2. HIST. La Fronde, la rébellion de diverses factions contre le cardinal Mazarin, au cours de la régence d'Anne d'Autriche. À la Fronde parlementaire (1648-1649), succéda la Fronde des princes (1650-1653). Par méton. Le parti des Frondeurs. Par ext. Esprit de critique, mouvement de contestation dirigé contre l'autorité ou l'ordre établi. La fronde des étudiants. Il soufflait alors un vent de fronde.
Fronden. f. XVe siècle. Emprunté du latin frons, frondis, « feuillage ».BOT. Feuille aérienne des fougères, qui porte les sporanges.
Fronderv. intr. XVIIe siècle. Dérivé de fronde I. 1. Vieilli. Lancer des pierres, des balles avec une fronde. Des enfants qui s'amusent à fronder. 2. HIST. Être du parti de la Fronde, participer à la Fronde. Par ext. Parler, agir avec un esprit de fronde, de rébellion, de contestation. C'est un homme qui a passé sa vie à fronder. Transt. Critiquer, blâmer ; railler avec virulence. Fronder le gouvernement. Fronder les travers du temps, les ridicules de la société.
Frondeur, -EUSE n. XVIIe siècle. Dérivé de fronder. 1. N. m. Anciennt. Soldat armé d'une fronde. Les habitants des îles Baléares passaient pour être les plus habiles frondeurs. 2. N. HIST. (Le plus souvent avec une majuscule.) Personne qui appartenait au parti de la Fronde. Par ext. Personne qui critique et conteste l'autorité, l'ordre établi, les opinions reçues, etc. C'est un éternel frondeur. Adjt. Un esprit, un caractère frondeur. Une attitude frondeuse.
Frontn. m. XIe siècle. Dérivé du latin frons, frontis, « front, visage ». I. Partie supérieure du visage de l'être humain, comprise entre la racine des cheveux et les sourcils. Avoir le front haut, large, bombé. Un front bas, fuyant. Avoir des rides au front, sur le front. Il a donné du front contre la porte. Avoir une bosse, une cicatrice au front. Se dit aussi en parlant de certains animaux. Le front d'un bœuf, d'un éléphant. Le taureau baisse le front pour attaquer. Un cheval qui a une étoile au milieu du front. Expr. Se frapper le front, en signe d'impatience ou sous l'effet d'une inspiration soudaine. La rougeur couvrait son front, lui montait au front. Avoir le rouge au front, ressentir, manifester une honte, une gêne extrême. Gagner son pain à la sueur de son front, au prix d'un dur labeur (expression proverbiale empruntée de la Genèse et rappelant la malédiction jetée sur le premier couple). Par ext. L'ensemble du visage et de son expression. Montrer un front serein. Un front sévère, riant, soucieux. Opposer à la critique un front impassible. Fig. Attitude impudente, trop grande hardiesse. Aura-t-il le front de nier ses propos ? De quel front ose-t-il se présenter devant nous ? Absolt. Vieilli. C'est avoir bien du front, bien de l'audace. Litt. S'emploie comme synonyme de Tête dans quelques locutions figurées exprimant l'abaissement, l'humiliation ou, au contraire, la fierté, la révolte. Courber le front, son front, baisser le front ou, vieilli, humilier son front, se soumettre, s'abaisser. Lever, relever le front, trouver ou retrouver l'audace de résister, refuser de s'avouer vaincu. Marcher le front levé, le front haut, ne pas avoir à craindre de reproches, ou montrer un air de défi. II. Par anal. 1. La face antérieure d'une construction monumentale. Le front d'un palais. Spécialt. Front de mer, avenue longeant la mer, ensemble d'immeubles construits en bordure de mer. 2. MILIT. Étendue que présente une troupe déployée en ligne, une armée rangée en bataille. Le front d'un régiment, d'un bataillon. Le général fut décoré sur le front des troupes. Front de bandière (vieilli), voir Bandière. Attaque de front, par opposition à Attaque de flanc (on dit aussi Attaque frontale). Ligne de front, les premiers rangs d'une troupe déployée en ordre de bataille. - MARINE. Ligne de front, formation que prennent des navires de guerre lorsqu'ils gouvernent parallèlement, à égale distance, par opposition à Ligne de file. Par ext. Ligne des positions occupées face à l'ennemi ; ensemble des unités disposées à l'avant de la zone des combats. Le front a avancé, a reculé. Le front s'étend jusqu'à la mer. Percer, rompre, désorganiser le front. Les troupes du front, les troupes de première ligne. Par méton. La zone des combats, le théâtre des opérations. Aller, monter au front. Être envoyé au front, être sur le front. Le front de la Somme. En août 1944, le débarquement des Alliés en Provence a ouvert un nouveau front. Loc. verb. Faire front, se dit d'une troupe qui, étant de flanc, se tourne de manière à faire face à l'ennemi. Par ext. Résister, tenir tête hardiment. Le sanglier faisait front aux chiens. Fig. Faire front à une campagne de calomnies, à l'adversité. Loc. adv. De front. De face. Attaquer l'ennemi de front. Les deux véhicules se sont heurtés de front. Fig. Heurter de front les préjugés. Aborder de front un problème, directement, sans détour. Côte à côte, sur une même ligne. Des chevaux attelés de front. Ils marchaient tous trois de front. Fig. Mener deux affaires, deux intrigues de front, s'en occuper en même temps. 3. Union d'organisations, de partis, en vue d'une lutte commune. Front de libération. Front populaire. Spécialt. Le Front populaire, en France, la coalition de partis de gauche qui l'emporta aux élections législatives de 1936. 4. Spécialt. MINES. Partie d'un gisement en cours d'exploitation. Front de taille. Front d'abattage.- MÉTÉOR. Limite entre des masses d'air de densité et de température différentes. Front polaire. Front des alizés.
Frontailn. m. (pl. Frontails). XVIe siècle, « compresse qu'on applique sur le front ». Altération de frontal.Voir Fronteau.
Frontal, -ALE, adj. et n. (pl. Frontaux, -ales). XIe siècle. Dérivé de front, sous l'influence du latin frontalia, « têtière des chevaux ». I. Adj. 1. ANAT. Relatif au front ou proche du front. L'os frontal ou, subst., le frontal. Veine frontale. Muscles, sinus frontaux. Les lobes frontaux du cerveau. 2. Qui se présente de front, de face. Une attaque frontale (on dit aussi Attaque de front). Une collision frontale. Spécialt. GÉOM. Plan frontal, plan vertical de référence, utilisé en géométrie descriptive. Droite frontale ou, subst., frontale, droite parallèle au plan frontal de référence. II. N. m. Bandeau qui enserre le front (voir aussi Fronteau).
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