n. f. XVe siècle, gendarmerye, « ensemble de gens en armes ». Dérivé de gendarme. 1. HIST. Troupe de gens d'armes à cheval. A désigné le corps de cavalerie lourde issu des compagnies d'ordonnance de Charles VII, puis le corps des gendarmes attachés à la maison du roi, de la reine et des princes. Spécialt. Gendarmerie d'élite, nom donné, au cours du XIXe siècle, à divers corps de troupe chargés de la protection du gouvernement. 2. Depuis 1791, Gendarmerie nationale, corps de troupe issu de l'ancienne maréchaussée, spécialement chargé de veiller à la sécurité publique, d'assurer le maintien de l'ordre, l'exécution des lois et des arrêts judiciaires sur l'ensemble du territoire national et dans les armées. La gendarmerie nationale comprend la gendarmerie départementale, la gendarmerie mobile et diverses formations spécialisées, comme la Garde républicaine. Brigade, compagnie, groupement, légion de gendarmerie. Brigadier, adjudant, capitaine de gendarmerie. Gendarmerie mobile, mise à la disposition du gouvernement pour le maintien de l'ordre public. Un escadron de gendarmerie mobile. La gendarmerie exerce certaines de ses missions militaires dans le cadre des prévôtés. Gendarmerie maritime, chargée de la sécurité des ports et arsenaux ainsi que de la surveillance du littoral. Gendarmerie de l'air, affectée à la sécurité des bases et établissements de l'armée de l'air. Gendarmerie des transports aériens, chargée de la police et de la sûreté des aérodromes civils. Gendarmerie de l'armement. 3. Par méton. Caserne où sont logés des gendarmes et où sont établis leurs bureaux. Il y a une gendarmerie dans chaque chef-lieu de canton. Être convoqué à la gendarmerie. Gendren. m. XIIe siècle. Issu du latin generum, accusatif de gener, de même sens.Pour un père ou une mère, le mari de leur fille. Accepter quelqu'un pour gendre. (On dit aussi Beau-fils.) Expr. proverbiale. Faire d'une fille deux gendres, tirer deux fois profit d'une même occasion, ou promettre la même chose à deux personnes. Titre célèbre : Le Gendre de Monsieur Poirier, d'Émile Augier et Jules Sandeau (1854). Gènen. m. XXe siècle. Emprunté de l'allemand Gene, de même sens, mot créé par le biologiste danois Johannsen à partir du grec genos, « naissance, famille, race ».BIOL. Élément du chromosome qui commande la transmission et la manifestation d'un ou plusieurs caractères héréditaires. Le gène est composé d'acide désoxyribonucléique (ou A.D.N.). Chaque gène occupe un endroit précis sur un chromosome donné et constitue une unité d'information génétique. Les gènes dirigent la synthèse des protéines. Gènes allèles, désigne les différentes formes que peut prendre un gène. Mutation d'un gène. Gène récessif, dominant. Gênen. f. XIVe siècle, gehenne ; refait au XVIe siècle. Altération de l'ancien français gehine, « torture ». 1. Anciennt. Torture à laquelle on soumettait un suspect ou un accusé pour lui arracher des aveux. Mettre à la gêne, soumettre à la question. Donner, souffrir la gêne. Par méton. Instrument de torture. Par hyperbole, vieilli. Vif tourment, torture morale. Se mettre l'esprit à la gêne, s'inquiéter, se tourmenter. Il s'est mis l'esprit à la gêne pour trouver cette démonstration. 2. Malaise provoqué par ce qui met à l'étroit, empêche de se mouvoir librement. La gêne causée par un vêtement trop ajusté. Le malade éprouve une sensation de gêne respiratoire, gastrique. Par méton. Ce qui entrave, ce qui importune. Cette prothèse est une gêne supplémentaire pour lui. Par ext. Embarras créé par la présence ou le comportement d'une personne. Vous ne me causez aucune gêne. Par méton. Je ne voudrais pas être une gêne pour vous. 3. Embarras ; confusion liée à quelque situation fâcheuse ou troublante. J'éprouve toujours un peu de gêne en sa présence. Sa rougeur trahit sa gêne. Une grande gêne gagna l'auditoire. Expr. proverbiale et populaire. Où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir. Spécialt. Par euphémisme. Être dans la gêne, avoir des ressources insuffisantes, manquer d'argent. Subir une gêne passagère. 4. Loc. Sans gêne, se dit d'une personne qui prend ses aises, sans s'inquiéter du dérangement ou du déplaisir qu'elle peut causer. Cet homme est tout à fait sans gêne. Il s'est comporté avec vous sans aucune gêne, sans la moindre gêne. Par ext. Des manières sans gêne. Subst. Le sans-gêne ; un, une sans-gêne, voir ce mot. Généalogien. f. XIIe siècle. Emprunté, par l'intermédiaire du bas latin, du grec genealogia, de même sens. 1. Dénombrement, suite des ancêtres qui constituent la filiation d'une personne ou d'une famille. Dresser, établir la généalogie de quelqu'un. Généalogie obscure, compliquée. Par méton. L'ensemble des ascendants d'une personne ou d'une famille. Il tire vanité de sa généalogie. Par ext. La généalogie d'un chien de race, d'un cheval de course (on dit aussi Pedigree). 2. Partie de la recherche historique dont l'objet est d'établir l'origine et la filiation des familles. Être féru de généalogie. Un expert en généalogie. 3. Par anal. En parlant des origines, de l'histoire d'un groupe, d'un domaine, d'une idée. Généalogie des espèces animales ou végétales (on dit plutôt Phylogenèse). La généalogie d'une science. Généalogiqueadj. XVe siècle. Dérivé de généalogie.Relatif à la généalogie ou à une généalogie. Arbre généalogique, représentation des filiations d'une même famille sous la forme de ramifications issues d'un tronc commun. Table généalogique. Spécialt. Livre généalogique, registre où est consignée la filiation des animaux de race. Généalogisten. XVIIe siècle. Dérivé de généalogie.Personne qui s'occupe de généalogie, qui dresse des généalogies. Pierre d'Hozier fut, au XVIIe siècle, un grand généalogiste. Genépiou GÉNÉPI n. m. XVIIIe siècle. Mot savoyard, à rapprocher du latin Dianae spicum, littéralement « épi de Diane ».Espèce d'armoise de haute montagne. Par méton. Liqueur préparée avec l'essence aromatique extraite de cette plante. Gênerv. tr. XIVe siècle, gehenner. Dérivé de gêne. 1. Anciennt. Mettre à la gêne, torturer pour obtenir des aveux. Gêner un prisonnier. Par hyperbole. Soumettre à un vif tourment, à une torture morale. Les malheurs dont son âme est gênée. 2. Mettre à l'étroit, empêcher de se mouvoir librement, entraver. Ce soulier me gêne. Gêner la circulation du sang, la respiration. Ce véhicule en double file gêne la circulation. Fig. Ce règlement gêne le commerce, l'industrie. Cet homme-là gêne mes projets, me gêne dans mes projets. Expr. fam. Être gêné aux entournures, voir Entournure. Par ext. Encombrer, être importun, causer un désagrément à. En prolongeant mon séjour, je craindrais de vous gêner. La fumée vous gêne-t-elle ? 3. Mettre mal à l'aise, troubler. Sa présence, son regard me gêne. J'étais gêné par la crainte de lui déplaire. Il est très gêné d'avoir commis cet impair. J'en suis gêné pour lui. Au participe passé, adjt. Un rire, un air gêné. Spécialt. Par euphémisme. Mettre ou être en difficulté financière. Cette dépense risque de vous gêner. Il est un peu gêné en ce moment. 4. Pron. Se gêner, se contraindre par discrétion ou par timidité. Pourquoi vous gêner ? Je n'aime pas que l'on se gêne chez moi. Le plus souvent dans des tournures négatives. Ne vous gênez pas pour moi. Elle ne s'est pas gênée pour lui dire son fait. Absolt. Ne pas se gêner, prendre ses aises. Surtout péjorativement ou par antiphrase. Expr. fam. Vous n'êtes pas gêné ! se dit à une personne qui en use trop familièrement ou sans discrétion. Ne vous gênez pas ! Il ne faut pas se gêner ! Général, -ALE adj. (pl. Généraux, -ales). XIIe siècle. Emprunté du latin generalis, « qui appartient à un genre, à une espèce ; général », dérivé de genus, generis (voir Genre). 1. Qui se rapporte ou s'applique à un ensemble. Les caractères généraux d'une espèce animale ou végétale. Les dispositions générales d'un peuple. Les lois générales de la physique. Une règle générale. Une observation, une remarque d'ordre général. Une maxime générale, dont l'application convient à toutes les personnes, ou à toutes les situations. Il a commencé son exposé par des considérations générales. Employer un mot dans son acception la plus générale. Le mot « plante » est plus général que le mot « fleur ». Subst. Le général, ce qui s'applique ou est susceptible de s'appliquer à la totalité d'un ensemble. Conclure du général au particulier ou, plus justement, du général au spécial. Il n'est de science que du général, expression empruntée à Aristote. Loc. adv. D'une manière ou de manière générale, d'une façon ou de façon générale, en général, en règle générale, globalement, abstraction faite des cas particuliers, le plus souvent. D'une manière générale, il suit les conseils de ses maîtres. De façon générale, il est ponctuel. En règle générale, l'espérance de vie des hommes est moindre que celles des femmes. Parler en général, sans entrer dans le détail. Peindre l'homme en général et non en particulier. 2. Qui s'étend à tout un domaine, que l'on considère ou qui est considéré de manière globale. D'ici, on a une vue générale sur la vallée. Apprécier la situation générale d'un pays. L'état général du malade s'est amélioré. Les signes généraux d'une maladie. Dresser un tableau général de la situation. Médecine générale, relative à l'ensemble de l'organisme. Histoire générale des civilisations. Le « Cours de linguistique générale » de Ferdinand de Saussure. Dictionnaire général, syn. de Dictionnaire de la langue, par opposition à Dictionnaire spécialisé (voir Dictionnaire). Culture générale, voir Culture. Enseignement général, par opposition à Enseignement professionnel et Enseignement technique. Collège, lycée d'enseignement général. MÉD. Anesthésie générale, de tout l'organisme, par opposition à Anesthésie locale. - PATHOL. Paralysie générale, qui affecte tous les muscles volontaires. Désigne en particulier l'atteinte diffuse, par la syphilis, des méninges et du cerveau. 3. Qui est relatif ou commun à tous les individus d'un groupe, qui les concerne tous. La volonté générale. Travailler au bien général. L'intérêt général exige souvent le sacrifice des intérêts particuliers. S'opposer au laisser-aller général. Prendre des mesures d'ordre général. Une croyance générale, une approbation générale, un enthousiasme général. Dans la confusion générale, personne ne l'a remarqué. Il a su s'attirer la sympathie générale. De l'avis général, son ouvrage est le meilleur. Obligation générale, qui s'impose à tous. Règlement général. Rassemblement général. Assemblée générale, qui rassemble tous les membres d'une institution, d'une association, etc. Conseil général, autorité délibérante du département, qui réunit les représentants élus de chaque canton. États généraux, voir État. Concours général, voir Concours. Grève générale, étendue à tous les secteurs de l'économie. THÉÂTRE. La répétition générale ou, subst. et fam., la générale, la dernière répétition d'une pièce, jouée dans sa continuité devant un public invité. - MILIT. Assaut général. Mobilisation générale, rappel de tous les réservistes sous les drapeaux. L'alarme générale, ou, subst., la générale, voir Générale I. 4. Dont les compétences ou les pouvoirs s'étendent à l'ensemble d'un domaine, d'un organisme, d'un territoire, et, par ext., qui occupe la position la plus élevée. La ferme générale des impôts, les fermiers généraux (anciennt.), voir Ferme, Fermier. L'inspection générale, les inspecteurs généraux des finances, de l'Éducation nationale, etc. Avocat général, procureur général, voir Avocat, Procureur. Le secrétaire général d'un ministère, d'une mairie, d'une préfecture. Le secrétaire général d'un parti politique. Le directeur général d'une entreprise. Le surveillant général d'un lycée. La surveillante générale d'un service hospitalier, qui assure la direction des équipes d'infirmières. Les services généraux d'une administration. La Confédération générale du travail, organisation syndicale (par abréviation C. G. T.). MILIT. Officier général, qui a le grade de général ou un grade équivalent. État-major général des armées, voir État-major. Quartier général, poste de commandement où se tient l'état-major d'une armée en temps de guerre. Anciennt. Lieutenant général, voir Lieutenant. - RELIG. Vicaire général, prêtre chargé par l'évêque de l'assister dans l'administration d'un diocèse (on disait aussi Grand vicaire). Le supérieur général, la supérieure générale d'un ordre, d'une congrégation, le religieux, la religieuse qui en a la direction. Le prieur général des Carmes, le maître général des Frères prêcheurs, le ministre général des Frères mineurs, l'abbé général des Cisterciens, des Prémontrés. Le préposé général ou, subst., le général des Jésuites. |