v. tr. XVe siècle, graffer. Dérivé de greffe II. 1. HORT. Insérer un greffon sur une autre plante par une opération de greffe. Greffer des rameaux, des yeux détachés d'un arbre. Par ext. Greffer un pêcher sur un prunier. Un poirier greffé sur cognassier. Pron. L'abricotier peut se greffer sur l'amandier. Absolt. Couteau à greffer, mastic à greffer. (On dit aussi Enter.) Se dit aussi en parlant de la plante sur laquelle on insère le greffon. Greffer un arbre, un plant de vigne, pour le régénérer. Greffer un sauvageon. 2. CHIR. Transférer un tissu, un fragment d'organe ou un organe entier prélevé sur un sujet, d'une région du corps à une autre ou de ce sujet à un autre. Greffer à un grand brûlé la peau de son bras. Greffer un rein, un cœur. Au participe passé, adjt. Rein greffé. Par ext. Un malade greffé. Subst. Un greffé, une greffée. Les greffés du cœur. 3. Fig. Ajouter un élément à un autre ou l'insérer dans un ensemble qui lui servira de support. On a greffé cette nouvelle règlementation sur les lois existantes. Le romancier a greffé une intrigue amoureuse sur des faits historiques. Pron. Se développer à partir de, s'ajouter à. Cette querelle se greffe sur un différend plus ancien. D'autres objections peuvent se greffer sur cette première remarque. Greffeur, -EUSE n. XVIe siècle. Dérivé de greffer.HORT. Personne qui greffe, qui sait greffer. Greffier, -IÈRE n. XIIIe siècle. Dérivé de greffe I. 1. Employé d'un secrétariat-greffe, chargé d'assister les magistrats à l'audience et de dresser les actes du greffe (on dit, dans le langage administratif, Secrétaire-greffier). Le greffier en chef ou secrétaire-greffier en chef est dépositaire des minutes et archives, délivre les expéditions et copies, a la garde des scellés, des sommes et objets déposés au greffe. 2. Officier public titulaire de sa charge, chargé de diriger les services du greffe d'un tribunal de commerce. Le greffier, présenté par son prédécesseur, est nommé par le ministère de la Justice. En apposition. Commis greffier, voir Commis. 3. N. m. Argot. Chat. Greffoirn. m. XVIIIe siècle. Dérivé de greffe II.HORT. Couteau à lame très tranchante, et souvent pourvu d'une spatule en os, dont on se sert pour greffer. Greffonn. m. XVIe siècle, grafon. Dérivé de greffe II. 1. HORT. Partie d'un végétal qu'on prélève sur une plante pour la greffer sur une autre. Prélever des greffons. Implanter un greffon sur le porte-greffe. 2. CHIR. Tissu organique ou organe prélevé sur un individu en vue d'une greffe ou d'une transplantation. Greffon vasculaire. Le rejet d'un greffon. (On dit aussi Greffe.) Grégaireadj. XIXe siècle. Adapté du latin gregarius, « qui fait partie du troupeau, de la troupe », dérivé de grex, gregis, « troupeau, troupe ».ZOOL. Qui vit en groupe plus ou moins structuré, de façon temporaire ou permanente. Espèces grégaires. Les criquets, les étourneaux sont des animaux grégaires. Contrairement à l'opinion commune, les moutons ne sont pas naturellement grégaires. Par anal. BOT. Plantes grégaires, plantes congénères, qui poussent en grand nombre dans un même lieu. Par ext. Se dit de l'instinct qui pousse les individus d'une même espèce à se rassembler en groupes et à adopter un même comportement. L'instinct grégaire des oiseaux migrateurs. Fig. et péj. En parlant des êtres humains. Mentalité, esprit grégaire, qui pousse certains individus à s'agréger à un groupe dont ils adoptent le comportement, les opinions, ou à calquer leur conduite sur celle du plus grand nombre. Opinion, réaction grégaire, commandée par l'appartenance à une communauté, à un groupe, à une foule. Comportement, phénomène grégaire. Grégarismen. m. XIXe siècle. Dérivé savant du latin gregarius (voir Grégaire).ZOOL. Chez certaines espèces animales, tendance qu'ont les individus à vivre en groupe, à former des groupes, même en dehors de la période de reproduction. Le grégarisme des chenilles processionnaires du pin. Le grégarisme des sauterelles qui essaiment, des coccinelles qui hivernent. Grègeadj. XVIe siècle. Emprunté de l'italien (seta) greggia, « (soie) brute ».TEXTILE. Soie grège, telle qu'on l'obtient en dévidant le cocon. Fils grèges, faits avec cette soie. Par ext. Se dit d'une couleur beige clair qui évoque cette soie. Une étoffe de couleur grège ou, ellipt., une étoffe grège. De la laine grège. Grégeoisadj. m. XIIe siècle. Altération de l'ancien français grezeis, grezois, « grec », issu du latin populaire *graeciscus, dérivé du latin classique Graecus, « grec ».Seulement dans l'expression Feu grégeois, mélange inflammable qui pouvait brûler sur l'eau, composé de soufre, de salpêtre et de substances grasses ou résineuses, employé dans l'Antiquité et au Moyen Âge pour fabriquer des engins incendiaires utilisés au cours des sièges et des combats navals. On lançait le feu grégeois à l'aide d'arbalètes ou de balistes. Le feu grégeois fit la force de la marine de Byzance. Grégorien, -IENNE adj. XVe siècle. Emprunté du bas latin gregorianus, « de Grégoire », dérivé de Gregorius, « Grégoire », nom de plusieurs papes, du grec Grêgorios, tiré de grêgoros, « qui veille ».Qui se rapporte à certains papes du nom de Grégoire. 1. Qui se rapporte au pape du VIe siècle Grégoire Ier le Grand, et aux modifications qu'il introduisit dans la liturgie. Rite grégorien. Chant grégorien, chant de la liturgie romaine, dont la codification, attribuée à tort à ce pape, s'opéra vraisemblablement au VIIIe siècle. Répertoire grégorien. Subst. Chanter, composer en grégorien. 2. Qui se rapporte au pape du XIe siècle Grégoire VII. Réforme grégorienne, introduite par ce pape, visant à restaurer l'esprit religieux et la discipline dans le clergé, et à libérer l'Église de la tutelle du pouvoir temporel. 3. Qui se rapporte au pape du XVIe siècle Grégoire XIII. Calendrier grégorien, calendrier institué à l'initiative de ce pape, en 1582, et qui remplaça le calendrier julien. Le calendrier grégorien se rapproche, à quelques secondes près, de l'année solaire. Année grégorienne, voir Année. |