adv. XIe siècle, ne... guaires, ne... gueres. Issu du francique *waigaro, « beaucoup ».Forme, avec la particule ne, des locutions adverbiales de sens négatif. Ne... guère, ne... pas beaucoup. Je ne m'en soucie guère. Ils n'ont guère d'argent. Vous ne venez guère nous voir. Cela n'a guère duré. Il n'est guère aimable, pas très aimable. Il n'y a plus guère d'espoir, plus beaucoup d'espoir. Cette locution ne s'emploie plus guère, presque plus. Employé avec que pris dans un sens restrictif. Cela ne se produit guère qu'en hiver, se produit presque uniquement en hiver. Je ne vois guère que lui qui en soit capable. (On rencontre en poésie, pour les besoins de la rime ou de la mesure, la graphie ancienne Guères.) Guéretn. m. XIe siècle, guaret. Mot de l'Ouest et du Sud-Ouest, issu, par l'intermédiaire du gallo-roman *waracto, du latin vervactum, « jachère ».Terre labourée mais non encore ensemencée, ou, par ext., terre laissée en jachère. Des chasseurs arpentant les guérets. Se disait parfois, au pluriel, de toute terre cultivée. Des guérets couverts d'abondantes moissons. Guéridonn. m. XVIIe siècle. Peut-être emprunté du nom de Guéridon, personnage de farce. 1. Anciennt. Meuble haut, à un pied, formant une colonne et soutenant un candélabre, un flambeau. Un guéridon de bois doré. 2. Table ronde ou ovale, à pied central. Un guéridon Napoléon III. Guérillan. f. XIXe siècle. Emprunté de l'espagnol guerrilla, « petite formation militaire », diminutif de guerra, de même origine que guerre. 1. Vieilli. Corps franc, bande de partisans. 2. Guerre de harcèlement menée par des bandes de partisans contre les troupes régulières. Un chef de guérilla. La guérilla eut bientôt gagné toute la province. Fig. et fam. La guérilla que l'opposition mène contre le gouvernement. Guérilleroou GUÉRILLÉRO n. m. XIXe siècle. Emprunté de l'espagnol guerrillero, dérivé de guerrilla.Partisan qui se livre à la guérilla. Les guérilleros d'Amérique du Sud. Guérirv. tr. et intr. XIe siècle, guarir, d'abord au sens de « protéger, garantir ». Issu du francique *warjan, « défendre, protéger ». I. V. tr. 1. Délivrer par des soins appropriés d'un mal physique, d'une maladie. Ce médecin l'a guéri d'une pneumonie. Dans huit jours, vous serez guéri. Par méton. Faire cesser un mal. Guérir une plaie. Absolt. L'art de guérir, la médecine. Soigner n'est pas guérir. C'est un remède qui guérit presque à coup sûr. Expr. proverbiale. Mieux vaut prévenir que guérir. 2. Fig. Délivrer d'un mal moral, d'un travers. Rien ne saurait le guérir de cette passion. Cette mésaventure l'a définitivement guéri de son indiscrétion. Par méton. Guérir un chagrin. Expr. proverbiale. La mort guérit toutes nos misères. II. V. intr. ou pron. 1. Se débarrasser d'un mal physique, recouvrer la santé. Il guérit peu à peu. Par méton. Une blessure qui tarde à guérir. Pron. à sens passif. Cette maladie se guérit très bien. 2. Fig. Se débarrasser d'un mal moral, se corriger d'un défaut ; être lavé de ses péchés. Guérissez-vous de cette manie. Il avait réussi à se guérir de sa timidité. Son âme sera guérie. Par méton. Sa peur n'a jamais guéri, ne s'est jamais guérie. Guérisonn. f. XIe siècle, guarison, au sens de « défense, protection ». Dérivé de guérir.Action de guérir ; le fait d'être guéri. Une prompte guérison. Jusqu'à complète, entière, parfaite guérison. Il ne partira qu'après sa guérison, qu'après guérison. Fig. La guérison de ses erreurs. Guérissableadj. XIVe siècle, garissable. Dérivé de guérir.Qui peut être guéri. Un mal guérissable. Fig. La passion du jeu est difficilement guérissable. Guérisseur, -EUSE n. XIVe siècle, gariseur. Dérivé de guérir. 1. Celui, celle qui guérit. Ce médecin est mon guérisseur. 2. Se dit le plus souvent d'une personne faisant profession de guérir sans être médecin ou par des pratiques étrangères à la médecine. Elle a eu recours à un guérisseur. Un guérisseur poursuivi pour exercice illégal de la médecine. Guériten. f. XIIIe siècle, garite. Adaptation probable de l'ancien français garrette, dérivé de guarir, guérir, « protéger ».Abri léger, aménagé pour protéger des intempéries un soldat en faction, un gardien. La sentinelle monte la garde dans sa guérite. Par ext. Construction légère servant d'abri, de dépôt, de guichet, etc. Une guérite de cantonnier. Les billets d'entrée sont vendus dans cette guérite. |