interj. XVe siècle. Onomatopée.Sert à marquer le doute, l'incertitude, l'embarras, en particulier lorsqu'il est difficile de trouver ses mots ou de répondre à une question. « Cela vous convient-il ? - Heu ! il faut que j'y réfléchisse.» Heurn. m. XIIe siècle, oür, aür. Issu du latin populaire *agurium, altération du latin classique augurium, « présage, chance ».Chance heureuse. Les heurs et malheurs d'un pays. S'emploie surtout dans l'expression Avoir, ne pas avoir l'heur de (suivi d'un infinitif). Il a l'heur de vous plaire. J'ai eu l'heur de vous rencontrer. Je n'ai pas l'heur de vous connaître.
Heuren. f. XIe siècle, ure. Issu du latin hora, « heure », emprunté du grec hôra, « période de temps ». I. Espace de temps correspondant à la vingt-quatrième partie du jour. 1. Unité de mesure du temps (symb. h). L'heure se divise en soixante minutes. Un quart d'heure, une demi-heure. Trois quarts d'heure. Une heure et demie. Il sera de retour dans une heure ou, fam., dans une heure d'horloge. Fam. Une petite heure, un peu moins d'une heure. Une bonne, une grande heure, une heure au moins. Loc. Vingt-quatre heures, un jour. Quarante-huit heures, deux jours. La trêve expirera dans vingt-quatre heures. Dans les vingt-quatre heures, sous vingt-quatre heures, avant qu'un jour entier se soit écoulé. Il devait répondre à cet ultimatum dans les vingt-quatre heures. Il lui fut enjoint de quitter le pays sous quarante-huit heures. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, tout le jour, sans aucune interruption. Cette fabrique travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre. ASTRON. Heure solaire vraie, durée variable que met la Terre à tourner de quinze degrés sur elle-même. Heure solaire moyenne, durée que mettrait la Terre à tourner de quinze degrés si son mouvement était uniforme. Heure sidérale, vingt-quatrième partie du jour sidéral. Par méton. Unité de mesure d'angle égale à 15°. LITURG. CATHOL. Les prières de quarante heures, des quarante heures ou, par méton., les quarante heures, l'adoration continue du saint sacrement exposé pendant quarante heures, avant le début du carême ou dans des circonstances exceptionnelles. MYTH. GRECQ. ET LAT. Les Heures, les divinités personnifiant d'abord les saisons puis, tardivement, les heures du jour. Les Heures étaient chargées d'ouvrir et de fermer les portes du ciel. SPORTS. Les vingt-quatre heures du Mans, course automobile qui se dispute chaque année au Mans. Fig. et fam. S'emploie parfois pour désigner un long intervalle de temps, une durée jugée trop longue. Il y a une heure que je vous écoute, que j'attends. Rester des heures entières à ne rien faire. 2. Cet espace de temps considéré selon la façon dont on l'emploie. Une heure de loisir, de liberté. Quelques heures de sommeil. Une heure de lecture. Deux heures d'attente. Une heure d'enseignement. Une heure de français, de mathématiques. L'heure de location ou, ellipt., l'heure coûte vingt francs. Louer une voiture à l'heure. Une heure de travail. L'heure de travail ou, ellipt., l'heure est payée cent francs. Cet ouvrier est payé à l'heure ou, fam., est à l'heure, est rémunéré en fonction du nombre d'heures de travail effectuées. Prendre un homme de peine à l'heure. Coûter, gagner, être payé tant l'heure, à l'heure, par heure ou, fam., de l'heure. La journée de huit heures de travail ou, ellipt., de huit heures. La semaine de quarante heures ou, par méton., les quarante heures. La semaine de trente-neuf heures. Heure supplémentaire, heure de travail accomplie au-delà de la durée légale ou habituelle. Une heure de marche, une heure de route. Parcourir, faire tant de kilomètres à l'heure, par heure (symb. km/h). La voiture roulait à cent cinquante kilomètres à l'heure ou, ellipt., à cent cinquante à l'heure et, fam., faisait du cent cinquante à l'heure. Par méton. Distance parcourue en soixante minutes. Cette ville est à une heure d'avion, une heure de vol. Ce coureur a battu le record de l'heure. 3. Loc. adv. et expr. Dans l'heure, sur l'heure, sur-le-champ, à l'instant même. Faites cela sur l'heure. D'une heure à l'autre, d'un instant, d'un moment à l'autre. Nous l'attendons d'une heure à l'autre. Tout à l'heure, dans un moment, bientôt, ou il y a un moment. Je dois le voir tout à l'heure. À tout à l'heure. Vous disiez tout à l'heure... D'heure en heure, heure par heure, toutes les soixante minutes environ ou, par ext., à intervalles réguliers. Faire sa ronde d'heure en heure. L'état du malade s'aggrave d'heure en heure. Consigner ses observations heure par heure. Expr. La fuite des heures, le cours rapide du temps. Au fil des heures, au fur et à mesure que le temps passe. Compter les heures, s'ennuyer ou s'impatienter. N'avoir pas une heure à soi, n'avoir pas de temps libre, être surchargé de tâches. Le quart d'heure de grâce (fam.), voir Grâce. Le quart d'heure de Rabelais, par allusion à un épisode légendaire de la vie de Rabelais, moment où il faut payer alors qu'on n'a pas d'argent et, par ext., moment désagréable, fâcheux. Passer un mauvais quart d'heure (fam.), un moment difficile, pénible, le plus souvent du fait de la colère d'autrui. II. Moment précis du jour. 1. Point, moment du jour déterminé par rapport au temps écoulé depuis minuit ou midi et indiqué par un instrument de mesure du temps. Quelle heure est-il ? À quelle heure viendrez-vous ? Je vous attends demain à cette heure-ci, à la même heure. Vous êtes sûr de le trouver chez lui à cette heure-là, à pareille heure. À toute heure du jour et de la nuit. Savoir lire l'heure, savoir interpréter la position des aiguilles sur le cadran d'une horloge, d'une montre. Avoir l'heure, pouvoir consulter un instrument qui l'indique. Avez-vous l'heure juste, l'heure exacte ? Donner l'heure à quelqu'un, la lui indiquer. Prendre l'heure à la radio. Mettre sa montre à l'heure. Spécialt. Heure légale, fixée dans chaque pays par le gouvernement (on dit aussi Temps légal). L'heure légale, en France, est définie à partir du temps universel coordonné qu'a établi le Bureau international de l'heure. Heure d'été, heure légale adoptée pour la durée du printemps et de l'été par certains pays, et qui avance de soixante minutes sur l'heure qui est en vigueur le reste de l'année, dite Heure d'hiver. L'heure d'hiver est, en France, en avance d'une heure sur l'heure solaire. L'heure vieille, l'heure ancienne, l'heure du bon Dieu, expressions anciennes pour désigner l'heure que marque le soleil. Heure locale, celle du lieu où l'on est, et qui change selon les méridiens. L'heure de New York, de Tokyo. Heure G.M.T. (Greenwich Mean Time) ou T.U. (temps universel), celle du méridien de Greenwich. MARINE. Heure vraie, heure temps vrai, définie par la position du soleil. Heure du bord, celle de la montre du bord, qu'on règle chaque jour à midi temps vrai. - DROIT. Heure légale, avant ou après laquelle peuvent ou doivent être accomplis certains actes juridiques. Perquisitionner avant l'heure légale. Expr. L'heure tourne, le temps passe. Je ne vous demande pas l'heure qu'il est (fam.), se dit pour signifier à un importun qu'on ne souhaite pas qu'il donne son avis. Se mettre à l'heure de tel lieu, de tel pays, en adopter les usages, les modes, les façons de penser. Au XVIIIe siècle, toute l'Europe se mit à l'heure de Paris. Vivre à l'heure espagnole, selon les rythmes et les horaires habituels à l'Espagne. Titres célèbres : L'Heure espagnole, de Maurice Ravel (créée en 1911) ; Mon village à l'heure allemande, de Jean-Louis Bory (1944). 2. Ce moment énoncé par un nombre, la journée étant divisée soit en vingt-quatre heures, soit en deux périodes de douze heures (par abréviation h). La pendule marque six heures. Il est trois heures et quart à ma montre. À trois heures et demie. À quatre heures moins le quart ou, vieilli, moins un quart. La demie de cinq heures vient de sonner. Il part dès sept heures, dès sept heures du matin, et ne rentre qu'après huit heures, après huit heures du soir, après vingt heures. Ce train arrive à 0 h 20 ou à minuit vingt. Le train de 23 h 40 ou de minuit moins vingt. L'avion décolle à 12 h 15 ou à midi et quart. Elle était là à six heures juste, sonnantes. Vers six heures, vers les six heures. Bouillon d'onze heures, voir Bouillon. Dame-d'onze-heures, voir ce mot. Expr. fig. Chercher midi à quatorze heures, voir Chercher. Titre célèbre : Le Train de 8 h 47, de Georges Courteline (1888). Par méton. Chiffre, signe, servant à indiquer ces nombres sur un cadran. Les heures de cette montre sont en chiffres romains, en chiffres arabes. La petite aiguille est sur une heure. Les heures de ce cadran solaire sont effacées. Par anal. MARINE. AÉRON. Pour indiquer une direction, l'horizon étant comparé au cadran d'une montre dont le chiffre douze marquerait la direction « droit devant ». Un phare à onze heures. Chasseurs ennemis à huit heures. 3. Moment précis qu'on indique, qu'on fixe pour un rendez-vous, une affaire, etc. Choisir, donner, fixer une heure. Convenir d'une heure. Prendre jour et heure avec quelqu'un. Votre heure sera la mienne. À l'heure marquée, à l'heure dite. L'heure H, le moment précis qu'on a fixé pour le déclenchement d'une action militaire et, par ext., le moment décisif. Se tromper d'heure, oublier l'heure. Le respect de l'heure. Arriver à l'heure, avant l'heure, après l'heure. Être à l'heure, être exact, ponctuel. Il est toujours à l'heure. Expr. fig. Ne pas avoir d'heure, ne pas avoir d'horaires réguliers. Être fâché avec l'heure (fam.), ne pas savoir s'astreindre à la ponctualité. Prov. C'est peu de se lever matin, mais c'est tout de partir à l'heure. III. Moment plus ou moins déterminé de la journée. 1. Moment défini par ce qui le caractérise ou par l'emploi qu'on en fait. Choisir une heure tranquille. Une heure d'affluence à éviter. Les heures creuses, les heures de pointe. À l'heure habituelle. À une heure matinale, tardive, avancée. Arriver, rentrer à une heure indue. Se présenter à une mauvaise heure, à un moment qui ne convient pas. C'est une mauvaise heure pour lui parler. La belle heure pour arriver ! se dit à une personne qui arrive tard dans un lieu où on l'attend. Une heure propice. Une heure favorable. Voici une bonne heure pour se promener. Ce n'est pas une heure pour sortir (fam.), ce n'est pas le moment qui convient. Loc. fam. À la bonne heure, au moment opportun, à propos. S'emploie en interjection pour marquer l'approbation. Vous acceptez : à la bonne heure ! Au pluriel, le plus souvent précédé de l'adjectif possessif. Passer agréablement les heures. Employer bien, employer mal ses heures. Avoir ses heures d'étude, ses heures de récréation. Il n'a pas de temps à perdre, toutes ses heures sont précieuses, lui sont précieuses. Toutes mes heures sont prises, sont remplies. Toutes ses heures sont marquées, se dit d'une personne toujours surchargée de tâches dont chacune a son temps fixé. Heures de loisir, heures perdues, moments de liberté d'une personne qui est ordinairement très occupée. Je lirai ce livre à mes heures de loisir, à mes heures perdues. À ses heures dérobées, en prenant le temps qu'il faut sur ses occupations ordinaires. Il peint à ses heures dérobées. Loc. À ses heures, aux moments qui lui sont habituels, qui lui conviennent et, par ext., de temps à autre selon sa fantaisie. Il ne peut dormir, il ne peut travailler qu'à ses heures. Il ne fait rien qu'à ses heures. Expr. Avoir ses bonnes et ses mauvaises heures, être d'un caractère changeant. Expr. proverbiale. Il est comme la mule du pape, qui ne boit et ne mange qu'à ses heures. Spécialt. Moment de la journée habituellement consacré à une activité déterminée. Il est l'heure de se retirer, de se coucher. Avancer l'heure du dîner. L'heure de la messe. L'heure de la récréation. L'heure de la sieste. Les heures d'audience d'un ministre. Aux heures des repas. Aux heures d'ouverture des bureaux. J'irai chez lui à l'heure de son lever, à l'heure où il se lève. Le voilà déjà, ce n'est pourtant pas son heure. Par méton. L'heure du laitier, où passait habituellement le laitier et, fig., à l'heure du laitier, très tôt le matin. L'heure du berger, voir Berger. Expr. proverbiale. Fam. Il n'y a pas d'heure pour les braves, toute heure du jour et, par ext., tout moment convient pour agir, quand on en a le courage. 2. LITURG. CHRÉTIENNE. Chacun des moments fixés pour les diverses parties de l'office canonial. L'heure des matines, des laudes, des vêpres. Par méton. Chacune des parties de l'office. Les petites heures, telles que tierce et none. Les grandes heures, telles que matines et vêpres. Dire, réciter ses heures, son bréviaire. Par ext. Livre d'heures ou, ellipt., heures, recueil de dévotion privée, destiné aux laïcs, principalement en usage du XIVe au XVIe siècle. Des heures en français, en latin. Des heures enluminées par Jean Fouquet. Les « Très Riches Heures du duc de Berry » sont conservées au musée Condé, à Chantilly. IV. Temps, moment, époque de la vie d'une personne, de l'évolution ou du déroulement de quelque chose. Vivre des heures agréables, des heures cruelles. Un ami de toutes les heures, un homme dont l'amitié ne se dément jamais. Les heures glorieuses d'un règne. Aux heures d'abandon, de découragement. À l'heure du danger, aux heures de danger. Attendre l'heure propice. L'heure de la décision, l'heure décisive. L'heure de sa ruine allait sonner. L'heure fatale est proche. Les chagrins avancèrent l'heure de sa fin. Dernière heure, heure dernière, heure suprême, le moment de la mort. Sa dernière heure approchait. L'heure de vérité, le moment où la vérité éclate, où l'on doit la dire ou l'affronter. L'heure de la victoire, de la vengeance. Expr. Vivre à l'heure de, en s'adaptant à. Vivre à l'heure de l'informatique. Spécialt. Moment qui convient ; moment où une chose doit arriver (souvent précédé de l'adjectif possessif). L'heure est venue de vous révéler ce mystère. Mourir avant l'heure, prématurément. Ce livre vient à son heure, au moment opportun. Choisir son heure pour intervenir. Cette théorie a eu son heure, a eu du crédit pendant quelque temps. Son heure viendra, le moment où il obtiendra le succès attendu. Son heure est enfin venue. Par euphémisme. Moment où une personne doit mourir. Il est sorti indemne de l'accident : son heure n'était pas venue, ce n'était pas encore son heure. Il crut son heure arrivée. Absolt. L'heure, se dit du moment présent. L'heure est grave. Les difficultés de l'heure. Il est l'homme de l'heure. Loc. L'heure est, n'est pas, n'est plus à, convient, ne convient pas, ne convient plus à. L'heure est à la réflexion. L'heure n'est pas aux tergiversations. L'heure n'est plus à la plaisanterie. V. Loc. et expr. Heure entre dans diverses locutions et expressions pour désigner tantôt un moment du jour, tantôt une époque ou une durée indéterminée. À l'heure qu'il est, à cette heure (vieilli), pour l'heure (fam.), à l'heure actuelle, actuellement, en ce moment même ; à notre époque, dans les circonstances présentes. À l'heure qu'il est, il est déjà loin. C'est tout ce que nous savons pour l'heure. À l'heure actuelle, ces idées sont passées de mode. Pour l'heure, cette affaire est encore à l'étude. De bonne heure, tôt ; précocement. Se lever de bonne heure. Il est de trop bonne heure pour dîner. Il est encore de bonne heure. Ces arbres fleurissent de bonne heure. Il s'est de bonne heure habitué au travail. Les arts ont fleuri de bonne heure en Italie. De meilleure heure, plus tôt. Une autre fois, venez de meilleure heure. Il aurait fallu y songer de meilleure heure. À la première heure, à la dernière heure, très tôt, très tard dans la journée, ou au premier, au dernier moment. Demain, vous partirez à la première heure ou dès la première heure. Il nous a rejoints à la première, à la toute première heure. Il ne s'est rallié qu'à la dernière heure. Fig. Un combattant, un résistant de la première heure, qui a lutté, résisté depuis le commencement. Un converti de la dernière heure, tardif ou très récent. Nouvelles de dernière heure, qui viennent de parvenir, ou qui sont parvenues à un organe de presse juste à temps pour qu'il les publie et, par méton., la dernière heure, la page, la rubrique d'un journal réservée à ces nouvelles. ÉCRITURE SAINTE. Les ouvriers de la onzième heure, qui n'ont travaillé qu'une heure, mais que le maître rétribue comme ceux qui ont travaillé toute la journée.
Heureusementadv. XIVe siècle. Dérivé d'heureux. 1. Avec bonheur, avec succès ; d'une manière avantageuse ou favorable. Aborder heureusement au port. Conclure heureusement une affaire. Être heureusement né, heureusement doué, doté par la nature de talents, de dispositions favorables. Cela est heureusement exprimé, heureusement conçu, de manière élégante, habile. 2. Par bonheur, par une chance heureuse. Heureusement, il est sorti indemne de cet accident. Heureusement pour moi, vous êtes arrivé. Ellipt. « Faudra-t-il l'opérer ? - Heureusement, non !»
Heureux, -EUSE adj. XIIe siècle, euros. Dérivé d'heur. 1. Qui jouit du bonheur, qui possède ce qui peut le satisfaire pleinement. Les hommes aspirent à être heureux, à vivre heureux. Il a tout pour être heureux. Elle se trouve très heureuse ainsi. Vous devez être bien heureux d'avoir de tels enfants. C'est le plus heureux des hommes. Un rien le rend heureux. Être heureux de vivre (fam.), être d'un naturel serein, savoir jouir de la vie sans se tourmenter. Ellipt. Heureux qui sait maîtriser ses passions ! Spécialt. Dans les Béatitudes. Heureux les doux, les pacifiques ! Heureux les pauvres en esprit. Expr. fam. Être heureux comme un roi. Prov. Les gens heureux, les peuples heureux n'ont pas d'histoire. Pour vivre heureux, vivons cachés. Est heureux qui croit l'être. Par affaibl. Satisfait ; réjoui. Être heureux de la tournure des évènements. Il est bien heureux, il n'est que trop heureux de ce résultat. Nous sommes heureux d'avoir pu vous plaire. Dans diverses formules de courtoisie. Je suis heureux, très heureux de vous rencontrer. Par méton. Un visage, un air heureux, qui exprime le bonheur, le contentement, la satisfaction. Couler des jours heureux. Mener une vie heureuse. L'âge heureux de l'enfance. Je vous souhaite une bonne et heureuse année. Tout leur promettait un avenir heureux. Laissez-la dans cette heureuse ignorance. L'heureuse simplicité de nos pères. Spécialt. Faire une fin heureuse, mourir sereinement, sans souffrances ni angoisse ou, dans le langage religieux, en accord avec sa foi. 2. Qui est favorisé par le sort, par le destin. Un joueur heureux. Son rival fut plus heureux. Ne vous plaignez pas, vous êtes un heureux mortel. Être heureux au jeu, en affaires, dans ses amours. Il ne fut pas plus heureux dans cette nouvelle situation, il n'y réussit pas mieux. Il fut assez heureux pour obtenir ce poste. Il peut s'estimer heureux d'en être quitte à si bon compte. Expr. proverbiale. Malheureux au jeu, heureux en amour. 3. Qui promet ou annonce de la bonne chance, de la bonne fortune ; qui procure du bonheur ou de la satisfaction ; favorable, avantageux, bénéfique. Un heureux augure. D'heureux présages. Sous d'heureux auspices. Par un heureux hasard. Un heureux concours de circonstances. Profiter d'une heureuse occasion. Un sort heureux, une heureuse destinée. Voilà une heureuse nouvelle. Une heureuse tentative, que le succès accompagne, qu'il couronne. L'heureuse issue d'une affaire. Un changement heureux. Un conseil heureux. Une heureuse influence, un heureux ascendant. Impers. Il est heureux pour vous qu'elle n'en ait rien su, c'est une chance. Iron. Il s'est enfin décidé à rembourser sa dette : c'est heureux ! Ellipt. et fam. Encore heureux qu'il ait présenté ses excuses ! c'était la moindre des choses. Expr. Attendre un heureux évènement, attendre la naissance d'un enfant. Être né sous une heureuse étoile, connaître le succès dans ce qu'on entreprend ou, simplement, avoir de la chance. Avoir la main heureuse, se dit d'un joueur qui gagne souvent et, par ext., d'une personne que le sort semble favoriser dans ses entreprises. Faire une heureuse rencontre, une rencontre heureuse, rencontrer une personne que l'on souhaitait voir, avec laquelle on se trouve des affinités, ou encore qui vous apporte au moment opportun une aide, un appui, un soutien. Par une heureuse rencontre, une heureuse coïncidence, se dit lorsqu'on trouve par hasard ce que l'on cherchait, que l'on espérait. Spécialt. En parlant d'entreprises sujettes à quelque danger, quand elles se terminent avec succès. Un heureux coup d'audace. Au terme d'une heureuse traversée. Le retour de l'expédition fut moins heureux que l'aller. 4. Qui semble distingué par une faveur du sort ou de la nature ; qui est remarquable, excellent en son genre. Il est doué d'une heureuse constitution, d'un heureux tempérament. Il a ou, par méton., c'est un heureux caractère, une heureuse nature, il est porté à l'optimisme et d'un commerce aisé, agréable. Il a un heureux talent de peintre. Une heureuse solution. D'heureuse mémoire, formule de louange qu'on utilise quelquefois en parlant des souverains défunts et, par ext., d'autres grands personnages. Tel prince, d'heureuse mémoire. Par affaibl. Se dit de ce qui frappe par ses qualités, son agrément, sa grâce. Un édifice d'heureuses proportions. Ce choix de couleurs n'est pas très heureux. Une repartie heureuse. Une heureuse tournure. Une rime heureuse. 5. Subst. Le plus souvent au pluriel. Personne favorisée par le sort ; personne qui est dans un état de contentement ou de satisfaction. Un petit nombre d'heureux. Faire un heureux, donner, procurer à une personne une chose, un avantage qu'elle attendait ou espérait. Cette décision a fait plus d'un heureux. Il aime à faire des heureux autour de lui. Les heureux de la terre, de ce monde, les riches, les puissants, qui paraissent comblés par le sort.
Heuristiqueadj. et n. f. XIXe siècle. Emprunté de l'allemand heuristik, heuristisch, adaptation du latin scientifique heuristica, de même sens.PHIL. SC. 1. Adj. Qui sert à la découverte ; qui est propre à guider une recherche ou à vérifier une hypothèse. Méthode heuristique, qui procède par hypothèses provisoires, approches, trouvailles successives dans la résolution d'un problème. Pédagogie heuristique, qui incite l'élève à découvrir par lui-même ce qu'on veut lui enseigner. Spécialt. Relatif à la recherche des documents historiques. 2. N. f. Discipline qui cherche à définir des règles propres à guider la recherche scientifique. Spécialt. Recherche des documents historiques.
Heurtn. m. XIIe siècle, hurt. Déverbal de heurter. 1. Choc, coup donné en heurtant. Éviter les heurts. Le heurt de deux bouteilles. Le heurt d'un vaisseau contre un rocher. Un heurt entre deux voitures. Par méton. Marque laissée par un tel coup. Ce cheval a un heurt à un pied de devant. Par ext. Affrontement brutal ; querelle. Des heurts entre manifestants et forces de l'ordre. La séance s'est achevée sans heurt. 2. Fig. Rencontre d'éléments qui s'opposent vivement ou contrastent violemment. Le heurt de deux caractères, de deux tempéraments, de deux cultures. Le heurt des idées, des doctrines. Le heurt des sonorités, des couleurs entre elles.
Heurté, -ÉE adj. XVIIe siècle. Participe passé de heurter.Qui présente de vifs contrastes, des oppositions marquées ; qui manque de nuances, de liaison, d'harmonie. Le jeu heurté d'un pianiste. La manière heurtée, la touche heurtée d'un peintre. Cet écrivain a un style trop heurté. Des phrases heurtées. Un discours au rythme heurté.
Heurterv. tr. et pron. XIIe siècle, hurter. Probablement dérivé savant du francique *hûrt, « bélier ». I. V. tr. 1. Entrer rudement en contact, le plus souvent de manière accidentelle, avec une personne ou une chose. Heurter quelqu'un dans la rue. La voiture a heurté un passant. Il m'a heurté avec sa valise. Heurter un vase de la main. Sa tête a heurté le sol. Intranst. Heurter contre une pierre, buter contre. Le navire heurta contre un écueil. Heurter de la tête contre la muraille. Heurter à la porte ou, absolt., heurter, y frapper pour qu'on l'ouvre. On heurte fort. Heurter en maître (très vieilli). On a heurté trois coups, par trois fois. Heurter au carreau. Fig. Heurter à toutes les portes, solliciter tout le monde, employer dans une affaire tous les moyens possibles. 2. Fig. Contrecarrer, aller contre et, par ext., contrarier, blesser. On ne peut agir ainsi sans heurter beaucoup de gens. Heurter de front l'opinion d'autrui. Heurter les intérêts, heurter l'amour-propre de quelqu'un. Cela heurte la raison, le sens commun. Heurter le bon goût, les règles du savoir-vivre. Par méton. Heurter quelqu'un dans ses convictions, le choquer dans ses convictions. II. V. pron. 1. Emploi réciproque. Se rencontrer rudement. Les deux véhicules se sont heurtés de plein fouet. Fig. S'opposer violemment, se contrarier. Ces couleurs se heurtent. Des caractères, des intérêts qui se heurtent. Ces deux hommes se heurtent souvent, entrent en conflit, se querellent. 2. Emploi réfléchi. Venir frapper contre. Se heurter à un meuble, contre le coin d'une table. Se heurter à une grille, à un obstacle. Expr. Se heurter à porte close, se voir refuser l'accès à un lieu et, par ext., la possibilité d'approcher une personne. Se heurter à un mur (fig.), rencontrer une opposition systématique, se voir opposer un refus catégorique. Fig. Se trouver opposé à ; affronter. Se heurter à un ennemi supérieur en nombre, à une vive résistance. Se heurter à forte partie. Il s'est heurté à une difficulté imprévue. Se heurter à l'indifférence, à l'égoïsme, à la mauvaise volonté. Emploi réfléchi indirect. Se heurter la tête contre une poutre. Expr. fig. et fam. C'est se heurter la tête contre un mur que de vouloir l'en persuader, c'est une entreprise vaine, tant il est obstiné.
Heurtoirn. m. XIIIe siècle, hurteuer. Dérivé de heurter. 1. Marteau articulé, fixé à une porte, avec lequel on frappe pour s'annoncer et se faire ouvrir. 2. CH. DE FER. Syn. de Butoir.
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