adj. XIVe siècle, comme substantif. Emploi spécialisé de l'ancien hongre, ongre, du latin médiéval hungarus, ungarus, « hongrois », l'usage de châtrer les chevaux ayant été emprunté de la Hongrie.Se dit d'un cheval châtré. Un pur-sang hongre. Subst., au masculin. Un attelage de six hongres. Hongrerv. tr. XVIIe siècle. Dérivé de hongre.Châtrer un cheval. Ce cheval se calmera quand il sera hongré. Hongreurn. m. XIXe siècle. Dérivé de hongrer.Celui qui châtre les chevaux. Hongrois, -OISE adj. XIIIe siècle. Dérivé de l'ancien Hongre, du latin médiéval Hungarus, « Hongrois ».Relatif à la Hongrie. Le peuple hongrois. La musique, la littérature hongroise. Les Danses hongroises de Brahms. Les Rhapsodies hongroises de Liszt. Subst. Un Hongrois, une Hongroise, personne originaire de Hongrie ou qui a la nationalité de ce pays. Le hongrois, la langue finno-ougrienne parlée principalement en Hongrie. Loc. À la hongroise, à la manière hongroise. Des broderies, des bottes à la hongroise. Plat à la hongroise, plat accommodé avec une sauce au paprika et à la crème. Hongroyerv. tr. (se conjugue comme Broyer). XVIIIe siècle. Dérivé de Hongrie dans l'expression cuir de Hongrie, probablement sur le modèle de corroyer.PEAUSSERIE. Préparer les cuirs en les tannant dans une solution très concentrée d'alun et de sel marin, puis en les imprégnant de suif. Au participe passé, adjt. Un cuir hongroyé. Honnêteadj. XIe siècle, honeste, « juste, honorable ». Emprunté du latin honestus, « digne de considération, honorable, conforme à la morale, noble », dérivé de honos (voir Honneur). 1. Qui se conforme ou qui est conforme à la vertu, à la probité, à l'honneur. C'est un homme honnête, le plus honnête homme du monde. Il ne fréquente que d'honnêtes gens. Âme, cœur honnête. Amour honnête. Honnête émulation. Plaisirs honnêtes. Pensées honnêtes. Vues honnêtes. Une famille honnête. Une honnête femme, une honnête fille, qui a soin de son honneur, qui a une conduite vertueuse. Un honnête garçon, un garçon bien élevé, dont les mœurs et les inclinations sont honorables et douces. Expr. proverbiale. Il y a d'honnêtes gens partout. Iron. et fam. Qui, dans son vice, garde une certaine mesure. Honnête débauché. Honnête fripon, honnête usurier. 2. Qui est conforme à la raison, à la bienséance, qui convient à la situation, à l'âge, etc. Un langage honnête, un maintien honnête. Il n'est pas honnête de se louer soi-même. Excuse honnête, prétexte, refus honnête, plausible, fondé sur quelque apparence de raison, de bienséance. Par ext. Qui est civil, poli, de bonnes manières. Il a l'air honnête, les manières honnêtes. Il lui a fait un très honnête accueil. Il lui a parlé d'une manière très honnête. Vous êtes bien honnête, trop honnête (vieilli), formule familière de remerciement ou de refus poli. Spécialt. Honnête homme, depuis l'âge classique, désigne celui qui joint à la distinction de la culture et de l'esprit la politesse des manières. Les qualités de l'honnête homme. Cela n'est pas d'un honnête homme. Je l'ai trouvé fort honnête homme. En ce sens, on dit, au pluriel, honnêtes gens. Vos manières ne sont pas celles des honnêtes gens. 3. Qui ne trompe, ne fraude ni ne vole, qui a le souci de la probité. Un commerçant honnête. Il est foncièrement honnête. Ce n'est pas honnête de votre part. Un marché honnête, une transaction honnête. Un prix honnête, proportionné à la juste valeur d'une chose. Un vin honnête, qui n'a pas été falsifié, qui répond à ses promesses. Un travail honnête, loyalement exécuté et conformément aux engagements. Se dit aussi en parlant des choses de l'esprit. Ce raisonnement n'est pas honnête. Il a été assez honnête pour reconnaître son erreur. Loc. Pour être honnête, en toute sincérité, pour dire vrai. Pour être tout à fait honnête, je ne l'apprécie guère. Expr. fam. Il est trop poli pour être honnête. 4. Qui est convenable, suffisant, satisfaisant. Jouir d'une honnête aisance, de revenus honnêtes. Une honnête récompense, une récompense très convenable. Des résultats honnêtes, plus qu'honnêtes. Se tenir dans une honnête moyenne. Un repas honnête, tout juste honnête. C'est un livre honnête, convenable, sans plus. Honnêtementadv. XIIe siècle, onestement, « selon la morale ». Dérivé d'honnête.D'une manière honnête. 1. En respectant la vertu, la probité, l'honneur. Elle s'est toujours conduite honnêtement. Se divertir honnêtement. Class. En respectant les bienséances, les convenances ; d'une manière civile, polie. C'est un homme qui en use fort honnêtement avec vous. Il l'a reçue fort honnêtement. Il lui a parlé le plus honnêtement du monde. 2. Sans fraude ni tromperie, avec probité. Il a géré ce commerce très honnêtement. Gagner honnêtement son pain, sa vie. Fig. Sincèrement, franchement. Avertir honnêtement quelqu'un. Honnêtement, je ne vous comprends pas. Il a reconnu très honnêtement qu'il avait tort. 3. D'une manière convenable, satisfaisante. Il est honnêtement meublé, honnêtement vêtu. Son salaire actuel lui permet de vivre honnêtement, assez aisément. Il s'en est tiré honnêtement, assez bien. Sa maison s'est honnêtement vendue. Honnêtetén. f. IXe siècle, onesté. Emprunté du latin honestas, « honneur, vertu ».Qualité d'une personne honnête, de ce qui est honnête. 1. Conformité habituelle et naturelle à la vertu, à la probité, à l'honneur. L'honnêteté de sa personne, de sa conduite, de ses mœurs, de ses intentions. L'honnêteté de ses principes. Des actions d'une grande honnêteté. Spécialt. Chasteté, pudeur. Des paroles contre l'honnêteté, contraires à l'honnêteté. Des plaisanteries qui bravent, qui blessent l'honnêteté. 2. Bienséance, respect des usages de la société. Cela est contre les règles de l'honnêteté. L'honnêteté exige que vous vous y rendiez. Par ext. Civilité, politesse. Il n'a pas eu l'honnêteté de l'aller voir. Il nous a reçus avec beaucoup d'honnêteté. Par méton. Acte de civilité (vieilli). Il le reçut, le traita avec toutes sortes d'honnêtetés. Il lui a fait mille honnêtetés, toutes les honnêtetés imaginables. 3. Qualité d'une personne qui a souci de ne pas tromper, notamment en matière d'argent, d'intérêt ; qualité de ce qui est sans fraude, sans tromperie. Il est d'une honnêteté scrupuleuse, d'une parfaite honnêteté. Il a géré cette affaire avec honnêteté. Honnêteté douteuse, discutable. L'honnêteté d'une transaction, d'un marché. En parlant des choses de l'esprit. Il a eu l'honnêteté de vous reconnaître la paternité de cette invention. Honnêteté intellectuelle, franchise, respect de la vérité dans le raisonnement, la manière de penser. Loc. En toute honnêteté, en vérité, avec franchise, avec sincérité. En toute honnêteté, cette faute ne saurait lui être imputée. Honneurn. m. Xe siècle, honor. Issu du latin honos, honor, « honneur rendu aux dieux, décerné à quelqu'un ; charge honorifique, magistrature ». 1. Sentiment d'une dignité morale, estimée au plus haut, et qui porte à des actions loyales, nobles et courageuses. Les lois, les règles de l'honneur. Code de l'honneur, ensemble des règles que doit observer une personne soucieuse de sa dignité. Le code de l'honneur des chevaliers. L'honneur militaire. Selon Montesquieu, l'honneur est le principe qui anime la monarchie. Le devoir de l'honneur. Satisfaire à l'honneur. Avoir de l'honneur. Avoir le sens de l'honneur. Faire ce qu'exige l'honneur. Écouter la voix de l'honneur. Allez où l'honneur vous appelle ! Une femme, un homme d'honneur. Ce sont des gens d'honneur. Foi d'homme d'honneur, assurance que l'on donne d'être fidèle à sa promesse comme l'honneur le commande. Manquer à l'honneur. Un homme sans honneur, qui ne se soucie pas de sa dignité morale. Il n'a ni cœur ni honneur. Bandit d'honneur, voir Bandit. Baroud d'honneur, voir Baroud. Avec honneur, en restant fidèle aux lois de l'honneur. Il a combattu avec honneur. « Honneur et Patrie », devise des armées. « Honneur et Fidélité », devise de la Légion étrangère. Expr. En tout bien tout honneur, sans arrière-pensée qui aille contre l'honneur ou l'honnêteté, dans des intentions respectables. Courtiser une jeune fille en tout bien tout honneur. 2. Estime qu'a de soi et qu'obtient d'autrui une personne qui obéit en toute chose à ce sentiment. Porter atteinte à l'honneur de quelqu'un. Attaquer, blesser, flétrir l'honneur de quelqu'un. Ménager, sauver l'honneur de quelqu'un. Toucher quelqu'un en son honneur. Défendre, venger son honneur. Engager, hasarder son honneur. Compromettre son honneur. Il y va de son honneur professionnel. Son honneur de soldat est en jeu. Perdre l'honneur. C'est une tache à son honneur, sur son honneur. Il met son honneur à ne pas céder. Répondre sur son honneur d'un engagement, de quelqu'un. Jurer sur l'honneur. Une attestation sur l'honneur. Parole d'honneur, promesse faite ou assurance donnée sur l'honneur. Il m'a donné sa parole d'honneur. Formules de serment. Sur l'honneur, sur mon honneur. Parole d'honneur ! Expr. Une dette d'honneur, voir Dette. Un prêt d'honneur, prêt sans garantie matérielle, que l'on s'engage sur l'honneur à rembourser. Une affaire d'honneur, une affaire où l'honneur est en jeu et, anciennt., un duel. Jury d'honneur, composé d'arbitres réunis exceptionnellement pour délibérer d'un cas mettant en cause la dignité et la réputation d'une personne. Point d'honneur, question dans laquelle on pense que son honneur ou sa dignité est en jeu. Il est trop sensible sur le point d'honneur (vieilli). Autrefois, les maréchaux de France étaient juges du point d'honneur. Se quereller pour un point d'honneur. Mettre son point d'honneur à exécuter correctement une tâche. Se faire un point d'honneur de n'avoir jamais de dettes. L'honneur est sauf, se dit après un échec, une défaite ne portant pas atteinte à la réputation, ou à l'issue d'un duel sans résultat. Nous n'avons pas su vaincre, mais nous avons sauvé l'honneur. Tout est perdu, fors l'honneur, voir Fors. Perdre quelqu'un d'honneur, lui ôter toute la considération dont il jouit. C'est un homme perdu d'honneur. Cette action le perdit d'honneur. Piquer d'honneur une personne, lui persuader qu'il y va de son honneur de faire ou ne pas faire quelque chose. Se piquer d'honneur, montrer plus d'habileté, de courage, de générosité, que l'on n'a coutume d'en faire paraître. Il s'est piqué d'honneur, son ouvrage est beaucoup mieux fait qu'à l'ordinaire. Spécialt. Class. Souci qu'a une femme de se respecter soi-même, soin qu'une femme a de la vertu, de la décence, de la fidélité et de la réputation qui s'y attache. Tenir à son honneur, perdre son honneur. Par ext. En parlant d'un ensemble de personnes. Soutenir l'honneur de la famille. Soutenir l'honneur du corps, du régiment, de la profession. L'honneur national. Par méton. Veiller à l'honneur du nom, à la réputation de la famille. Compromettre l'honneur de son nom. 3. Estime, considération, renom, gloire qui s'attachent aux mérites, aux talents, à la vertu, au courage. S'acquérir de l'honneur. Il eut pour lui tout l'honneur de la victoire. Il s'en est tiré avec beaucoup d'honneur. Il n'y a ni honneur ni profit à cela. Jouer pour l'honneur, d'une manière désintéressée, pour le plaisir. La partie d'honneur, la belle (voir Beau). Honneur aux braves ! Honneur aux vaincus ! Mourir, tomber au champ d'honneur, voir Champ. Expr. Être, mettre en honneur, être, mettre en grande estime, ou, par affaibl., en faveur. Sous son règne les vertus, les talents furent en honneur. Ce style architectural fut en honneur à cette époque. Il mit les lettres, les sciences en honneur. Être l'honneur de son siècle, de son pays, de sa famille, de sa profession, etc., en être la gloire et l'ornement. Il est l'honneur de la magistrature. Elle est l'honneur de son sexe. Faire honneur à son siècle, à son pays, à sa famille, etc., lui acquérir de la gloire, de la réputation, de l'estime, par ses talents, par ses actions. Faire honneur à sa naissance, à son passé, en soutenir la dignité. Faire honneur à son éducation, répondre aux soins dont elle a été l'objet. Faire honneur à ses engagements, les remplir avec exactitude. On dit dans le même sens Faire honneur à une lettre de change, faire honneur à sa signature, etc. Faire honneur à la vérité, la respecter et la répandre. Faire honneur à quelqu'un, être pour lui un sujet de gloire, de considération. Cette statue fait honneur au sculpteur. Cet acte, ce discours, cet ouvrage lui fait honneur. Ces sentiments vous font honneur, manifestent votre qualité. Faire à quelqu'un honneur d'une chose, la lui attribuer, ou lui en attribuer le mérite. On lui fait honneur d'un sentiment qu'il ne connut jamais. Il se fait honneur d'un ouvrage qui n'est pas de lui. Se faire honneur de quelque chose ou (vieilli) de quelqu'un signifie aussi s'en tenir honoré, s'en honorer. Scipion se faisait honneur d'être ami de Térence. Il se fait honneur de son fils. Il se faisait honneur d'être allié de telle maison. On dit dans le même sens (class.) Tenir à honneur. Je tiens à honneur de lui être présenté. Se faire honneur de sa fortune, en faire un bon et digne emploi (vieilli) ou s'en vanter, en tirer vanité. Loc. adv. À l'honneur de, à la gloire, à la louange de. On doit dire à l'honneur de cet homme qu'il ne s'est jamais dérobé à ses responsabilités. C'est tout à son honneur. Il en est sorti à son honneur. MARINE. Ranger à l'honneur, longer de très près un bateau, une roche, un danger, ce qui fait honneur au capitaine. 4. Marque, démonstration extérieure de l'estime, de la considération qu'on a pour la dignité ou pour le mérite d'une personne ; faveur, distinction. Prétendre à un honneur. Recevoir un honneur. Il ne mérite pas tant d'honneur. L'honneur d'être appelé à de hautes fonctions. Il eut l'honneur de siéger dans cette compagnie. C'est un honneur que d'être admis à sa table. Il ne lui a pas même fait l'honneur de le regarder. À vous l'honneur ! à vous de jouer, de commencer le premier. Vieilli. Réclamer l'honneur du pas, réclamer la préséance. Porter à quelqu'un honneur et respect. Par affaibl. Se dit par civilité, notamment dans les formules épistolaires. Lorsque j'aurai l'honneur de vous voir. La lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. J'ai l'honneur de solliciter... J'ai l'honneur de vous informer... J'ai bien l'honneur de vous saluer ou, ellipt., j'ai bien l'honneur, formule cavalière dont on use pour rompre une conversation, pour prendre congé. À qui ai-je l'honneur de parler ? ou, ellipt. et fam., à qui ai-je l'honneur ? Iron. Faites-moi l'honneur de m'écouter un instant. Par méton. Votre honneur, traduction française des titres dont on use dans les pays anglo-saxons, dont on usait dans l'ancienne Russie, pour s'adresser à certains personnages éminents, à des hauts fonctionnaires, et principalement aux magistrats. Loc. prép. En l'honneur de, pour célébrer quelqu'un, quelque chose. Faire quelque chose en l'honneur de quelqu'un, en l'honneur de Dieu. Cette cérémonie a été faite en mon honneur, en l'honneur de mon retour. Composer des vers à l'honneur, à l'honneur et gloire de quelqu'un. Fam. En quel honneur ? pour quelle raison, pourquoi ? En quel honneur me posez-vous cette question ? Iron. Est-ce en l'honneur de cette femme qu'il se met en frais ? est-ce pour elle, à cause d'elle ? Loc. adj. D'honneur, destiné à honorer quelqu'un. Légion d'honneur, la plus élevée des distinctions nationales, qui récompense des mérites éminents acquis au service de la nation. Il a été élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur. Médaille, prix, diplôme d'honneur, récompensant divers mérites. Croix d'honneur (vieilli), voir Croix. La garde d'honneur d'un souverain, voir Garde. Les dames, les filles d'honneur de la reine, voir Dame, Fille. Chevalier d'honneur, personne de qualité attachée au service d'une princesse ou, anciennt., conseiller d'épée qui avait séance et voix délibérative dans les cours souveraines. Demoiselle, garçon d'honneur, voir Demoiselle, Garçon. La cour d'honneur, la cour principale d'un palais, d'un château, où l'on rend les honneurs aux visiteurs de marque. Escalier d'honneur, voir Escalier. Tribune, loge d'honneur. Place d'honneur, place réservée dans une assemblée, un repas, à la personne que l'on veut honorer. Présidence d'honneur et, par méton., président d'honneur. Membre d'honneur d'une assemblée. Vin d'honneur, offert à l'occasion d'une fête, d'une célébration particulière et, par méton., cette fête, cette célébration. Être convié à un vin d'honneur. SPORTS. Places d'honneur, les deux ou trois places suivant celle du vainqueur dans une compétition. Tour d'honneur, tour de piste supplémentaire effectué par le vainqueur d'une compétition, pour que le public le salue, l'applaudisse. Par antiphrase. Bras d'honneur (triv.), voir Bras. Expr. Rendre honneur à quelqu'un, à la mémoire de quelqu'un, reconnaître publiquement son mérite. Rendre honneur à un savant pour sa découverte. Faire un honneur à quelqu'un, donner à quelqu'un des marques de considération, de respect. Faire honneur à un hôte, l'accueillir avec des égards marqués. Iron. Vous me croyez capable d'une telle action, vous me faites là un bel honneur, c'est beaucoup d'honneur, c'est trop d'honneur que vous me faites ou, ellipt. et fam., c'est trop d'honneur ! Par ext. Fam. Faire honneur à un plat, à un repas, montrer qu'on l'apprécie en mangeant d'abondance et avec un plaisir manifeste. Prov. À tout seigneur tout honneur ou, vieilli, À tous seigneurs tous honneurs, à chacun selon son rang, sa qualité ; se dit quand on veut faire un honneur à quelqu'un, lui donner la préséance, etc. 5. Au pluriel. Témoignages publics d'estime et de considération, rendus au cours d'une cérémonie. On lui a fait de grands honneurs, des honneurs extraordinaires. Il fut reçu avec tous les honneurs dus à son rang. Décerner à un général romain les honneurs du triomphe. Auguste souffrit qu'on lui rendît les honneurs divins. Les honneurs funèbres, suprêmes, les derniers honneurs, la cérémonie des funérailles. Les honneurs militaires, cérémonial au cours duquel un corps militaire salue et honore une personnalité. Avoir droit aux honneurs militaires. Rendre les honneurs militaires ou, absolt., les honneurs. La Garde républicaine rendit les honneurs au chef de l'État. Obtenir les honneurs de la guerre, voir Guerre. Admettre quelqu'un aux honneurs de la séance, l'inviter, pour l'honorer, à la séance d'une assemblée ou d'une compagnie dont il ne fait pas partie. Par ext. Faire à quelqu'un les honneurs de sa maison, le recevoir et lui présenter soi-même sa maison, avec beaucoup d'empressement. Faire les honneurs de la table, présider au repas et veiller à la satisfaction de chacun des convives. Fam. Avoir les honneurs de la première page, être cité à la première page d'un journal. Spécialt. VÈN. Faire les honneurs du pied, à la fin de la chasse offrir le pied droit de devant de l'animal à la personne que le maître d'équipage veut honorer. Par méton. Les honneurs, sonnerie de trompes exécutée pendant cet hommage. Par méton. Les dignités, les charges publiques. Aspirer aux honneurs. Briguer les honneurs. Être élevé aux honneurs. Parvenir aux plus grands honneurs. Le chemin, la carrière des honneurs. HIST. Couronne, sceptre et autres pièces symboliques qui servaient dans certaines grandes cérémonies, telles que le sacre, le baptême, les funérailles des rois. Porter les honneurs. - JEUX. Les figures, les hautes cartes de chaque couleur ou, spécialt., de l'atout. Au bridge, les honneurs sont l'as, le roi, la dame, le valet et le dix. Compter cent points d'honneurs. Honnirv. tr. XIe siècle, hunir. Issu du francique *haunjan, « railler, insulter ».Litt. Couvrir publiquement de honte, de déshonneur. Surtout à l'infinitif et au participe passé. Sa conduite l'a fait honnir. Il est honni partout. Être honni d'une personne, par une personne, lui inspirer exécration ou mépris. Adjt. Un gouvernement honni. Un uniforme honni. Expr. Honni soit qui mal y pense, devise de l'ordre de la Jarretière, en Angleterre. S'emploie ironiquement pour blâmer ceux qui soupçonneraient quelque intention mauvaise dans les actes ou les propos les plus honnêtes. |