n. f. XVIe siècle. Emprunté de l'italien intrigo, déverbal de intrigare (voir Intriguer). 1. Vieilli. Affaire embrouillée, situation délicate, embarrassante. Nous nous sommes bien sortis d'intrigue, de cette intrigue. (En ce sens, s'est rencontré au masculin jusqu'au XVIIe siècle.) 2. Liaison amoureuse et passagère plus ou moins secrète. Ils ont eu une intrigue. 3. Menée secrète, action, parfois déloyale, à laquelle on se livre pour arriver à ses fins. Conduire, mener, former une intrigue. Aller d'intrigue en intrigue. Une intrigue difficile à démêler, à débrouiller. Déjouer une intrigue, mettre au jour une intrigue. Pénétrer les secrets d'une intrigue. Couvrir les intrigues d'autrui. Une généreuse intrigue. Singulier à sens collectif. Aimer l'intrigue. Vivre d'intrigue. Avoir l'esprit d'intrigue. 4. Ensemble des incidents et des péripéties qui forment la trame d'une pièce de théâtre, en constituent l'action et conduisent au dénouement. Une intrigue compliquée. Le nœud de l'intrigue. Perdre le fil de l'intrigue. L'intrigue de cette comédie est bien conduite. Comédie d'intrigue, qui soutient l'intérêt en variant les incidents et en multipliant les rebondissements. « Les Fourberies de Scapin », « Le Mariage de Figaro » sont des comédies d'intrigue. Par ext. L'intrigue d'un roman, d'un film. Intriguerv. tr. et intr. XVIe siècle. Emprunté, par l'intermédiaire de l'italien intrigare, « embrouiller », puis « éveiller la curiosité », du latin intricare (voir Intriquer). 1. V. tr. Troubler, donner à penser, en suscitant la curiosité, la perplexité. Il nous a intrigués par ses allusions. Absolt. Son attitude, son silence intrigue. Au participe passé, adjt. Regarder quelqu'un d'un air intrigué. 2. V. intr. Ourdir une intrigue, des intrigues ; prendre part à une intrigue. Un homme qui ne cesse d'intriguer. Il a fait sa fortune en intriguant. Ils intriguèrent en vue de le perdre. Intriguer pour le bien.
Intrinsèqueadj. XIVe siècle. Emprunté du latin scolastique intrinsecus, « intérieur ».Qui fait partie intégrante d'une chose ou d'une personne ; qui lui est propre et essentiel. Qualités, propriétés intrinsèques. Cette maladie a des causes intrinsèques. La bonté intrinsèque de cette personne. Arguments intrinsèques, tirés du fond même du sujet. Spécialt. ANAT. Muscles intrinsèques, qui sont situés à l'intérieur de certains organes et en constituent la plus grande partie. Les muscles intrinsèques de la langue. - DROIT. Vice intrinsèque, inhérent à un acte particulier. - FINANCES. La valeur intrinsèque d'une pièce de monnaie, celle du métal précieux qu'elle contient, indépendante de toute convention. Cette pièce d'or a une valeur intrinsèque supérieure à sa valeur faciale.
Intrinsèquementadv. XVe siècle. Dérivé d'intrinsèque.D'une manière intrinsèque. Cela est bon intrinsèquement. Un homme intrinsèquement honnête, foncièrement honnête.
Intriqué, -ÉE adj. XIIIe siècle, entriké. Emprunté du latin intricatus, de même sens.Se dit de choses entremêlées de façon inséparable. Des rameaux intriqués.
Intriquerv. tr. XXe siècle. Emprunté du latin intricare, « embrouiller, empêtrer ».Entremêler, enchevêtrer. Intriquer des fils. Surtout à la forme pronominale. Ces racines se sont intriquées. Les terminaisons nerveuses s'intriquent les unes dans les autres.
Intro-Emprunté du latin intro, « dedans, à l'intérieur ».Élément de composition signifiant À l'intérieur, tourné vers l'intérieur.
Introducteur, -TRICE n. XIIe siècle, introduitor. Emprunté du bas latin introductor, « celui qui fait entrer dans ; guide ». 1. Personne qui en introduit une autre auprès de quelqu'un ou dans un milieu nouveau. Il a été mon introducteur auprès de vous, dans le monde des affaires. Spécialt. Introducteur des ambassadeurs ou, ellipt., introducteur, fonctionnaire chargé de conduire les chefs d'État, les ministres et les ambassadeurs étrangers à une audience du souverain et, aujourd'hui, du président de la République. Au Quai d'Orsay, le chef du protocole a le titre d'introducteur des ambassadeurs. 2. Personne qui introduit une mode, une habitude nouvelle, qui met quelque chose en usage. Jean Nicot a été l'introducteur du tabac en France.
Introductif, -IVE adj. XVIe siècle. Dérivé d'introducteur.Qui sert à introduire, à marquer le commencement d'une chose. Propos, discours introductif. DROIT. Qui sert à introduire une procédure. Requête introductive. Exploit introductif.
Introductionn. f. XIIIe siècle. Emprunté du latin introductio, « action d'introduire ». I. Action d'introduire. 1. Action de faire entrer une personne dans un lieu ou dans un milieu déterminé, de lui donner accès auprès de quelqu'un. L'introduction d'un nouveau membre dans un cercle. L'introduction d'un ambassadeur auprès du chef de l'État. Une lettre, un mot d'introduction. 2. Action de faire entrer une chose dans une autre ou de lui faire prendre place dans un ensemble. L'introduction d'une clé dans une serrure. L'introduction d'une sonde dans l'œsophage. L'introduction de données dans un programme informatique. L'introduction d'une clause dans un acte. L'introduction d'un titre en Bourse. DROIT. L'introduction d'une instance, le fait de porter une affaire en justice. 3. Spécialt. Action de faire entrer dans un pays, un milieu. L'introduction en France de ces marchandises reste prohibée. Fig. Action de faire connaître une nouveauté, de la faire recevoir, entrer en usage. L'introduction en France, au XVIIe siècle, du café, du chocolat. L'introduction d'une coutume nouvelle, d'un usage étranger. L'introduction de mots nouveaux dans la langue, dans un dictionnaire. II. Ce qui introduit. 1. Ce qui prépare à l'étude ou à la pratique d'une chose. Une introduction à la physique, à la géographie. Ce livre est une excellente introduction à la philosophie. Titre célèbre : Introduction à l'étude de la médecine expérimentale, de Claude Bernard (1865). 2. Texte placé en tête d'un ouvrage ; exorde. L'auteur, dans son introduction, souligne ce qu'il doit à ses prédécesseurs. La préface sera suivie d'une introduction. Par ext. L'introduction d'un exposé, d'une dissertation, son entrée en matière. 3. MUS. Fragment musical, de forme libre, généralement court et lent, qui précède l'exposition d'un thème, l'entrée d'une partie chantée. L'« Introduction et rondo capriccioso » de Camille Saint-Saëns.
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