(g ne se prononce pas) n. m. XIIe siècle, jou. Issu du latin jugum, de même sens. 1. Pièce de bois qu'on pose sur la tête des bœufs et de certains autres animaux de trait, et avec laquelle ils sont attelés pour tirer un chariot ou une charrue. Mettre les bœufs au joug, leur ôter le joug. 2. ANTIQ. ROM. Pique attachée horizontalement à deux autres fichées en terre, et sous laquelle on faisait passer les ennemis vaincus. Passer sous le joug était un opprobre. 3. Fig. Contrainte de la servitude, de la sujétion. Le joug de la tyrannie. Mettre, tenir sous le joug. Imposer le joug. Porter, subir le joug. S'affranchir du joug, secouer le joug. Par plaisanterie. Le joug du mariage. Jouirv. intr. XIIe siècle, goïr. Issu, par l'intermédiaire du latin vulgaire *gaudire, du latin classique gaudere, « se réjouir ». 1. Profiter de quelque chose, goûter le plaisir d'une situation, l'agrément d'un état, etc. Jouir de sa bonne fortune. Il sait jouir de la vie. Il jouit du présent sans trop s'occuper de l'avenir. Jouir de la victoire. Jouir des plaisirs du monde. Jouir de l'embarras de quelqu'un, en éprouver du plaisir. Jouir de la présence, de la société de quelqu'un, ou, class., jouir de quelqu'un. Spécialt. et absolt. Éprouver le plaisir sexuel. 2. Avoir l'usage, la possession actuelle de quelque chose et en tirer tous les profits, tous les avantages, etc. Jouir d'une terre, d'une pension, d'un privilège. Jouir de ses droits civils et politiques. Il est majeur et peut jouir de son bien. Par ext. En parlant de ce qui apporte un agrément, un plaisir, un profit. Jouir d'une honnête aisance. Jouir d'une parfaite santé. Il ne jouit pas de toute sa raison, de toutes ses facultés. Jouir du repos, de la paix. Jouir d'une grande réputation, d'un immense crédit. Jouir de l'estime, de la confiance de quelqu'un. Jouir de la félicité, de la gloire éternelle. Avec un nom de chose pour sujet. La célébrité dont cet ouvrage a si longtemps joui. Cette région jouit d'un climat très doux. La maison jouit d'une vue remarquable sur les Alpes. Jouissancen. f. XVe siècle. Dérivé du participe présent de jouir. 1. Satisfaction des sens ; extrême plaisir affectif ou intellectuel. Il recherche les jouissances matérielles, grossières. Jouissance délicate. Trouver une jouissance dans le travail, dans l'amitié. Spécialt. Plaisir sexuel, orgasme. 2. DROIT. Le fait de jouir d'un bien, d'en avoir l'usage et d'en percevoir les fruits, le revenu, les intérêts. Avoir pleine et entière jouissance de ses biens. Cet arrêt le mit en pleine jouissance de cette terre. L'usufruit est un droit de jouissance. Dans certaines expressions, désigne le fait d'user librement de quelque chose, d'exercer un droit sur quelque chose. L'entrée en jouissance d'un locataire. Trouble de jouissance. Abus de jouissance. Se dit également de l'aptitude à posséder, à exercer un droit. Incapacité de jouissance. Jouissant, -ANTE adj. XVIe siècle. Participe présent de jouir.DROIT. Qui a la jouissance de quelque chose. Majeur usant et jouissant de ses droits. Jouisseur, -EUSE n. XVe siècle. Dérivé du participe présent de jouir.Personne qui recherche avant tout les jouissances matérielles. Un tempérament de jouisseur. Adjt. Égoïsme jouisseur. Joujoun. m. (pl. Joujoux). XVe siècle. Issu par redoublement de jeu, jouet.Jouet, dans le langage enfantin. Un joujou neuf. Donner des joujoux à un enfant. Loc. Faire joujou, jouer. Fig. et fam. Ce qui procure un agrément futile. C'est son joujou. Joulen. m. XIXe siècle. Du nom du physicien anglais James Prescott Joule (1818-1889).PHYS. Unité de travail, d'énergie et de quantité de chaleur du système international (symb. J). Le joule correspond au travail effectué par une force d'un newton dont le point d'application se déplace d'un mètre en direction de cette force. L'ancienne unité de mesure de la chaleur, la calorie, équivaut à 4,18 joules. Journ. m. Xe siècle, jorn. Issu du latin diurnum, proprement « de jour », neutre substantivé employé en bas latin comme synonyme de dies, « jour ». I. Lumière, clarté. 1. Clarté que le soleil répand sur la terre depuis l'aube jusqu'au soir. Le jour va bientôt paraître, commence à poindre. Au point du jour, à la pointe du jour. Se lever avant le jour, au petit jour. Il commence à faire jour. Il fait grand jour. En plein jour. Le jour baisse. À la chute du jour, au déclin du jour. Expr. Beau, belle comme le jour, se dit d'une personne d'une grande beauté. Clair comme le jour, évident, manifeste. Ses intentions sont claires comme le jour. Se dit, dans une acception plus générale, de la lumière naturelle. Le jour n'a jamais pénétré dans ces abîmes. Le jour vient de ce côté-là. Cette chambre ne reçoit pas assez de jour. Veuillez vous écarter, vous me cachez le jour. Il faut voir cette étoffe au jour, au grand jour, il faut la porter au jour. Fuir le jour, l'éclat du jour. Mettre au jour des vestiges archéologiques. Contre-jour, demi-jour, voir ces mots. ARCHIT. Tirer du jour d'un certain côté, pratiquer de ce côté une fenêtre, une ouverture. Jour droit, prodigué par une fenêtre à hauteur d'appui. Jour d'en haut, communiqué par une ouverture élevée et percée obliquement, appelée abat-jour. Jour du midi, jour du nord. Par ext. En parlant de toute autre clarté que celle du soleil. Le jour artificiel que donnent les bougies, l'électricité. Le faible jour que la lune répand sur les objets. Par anal. PEINT. Imitation de la lumière qui se répand sur les objets représentés dans un tableau. Dans cette toile le jour vient d'en haut, vient de la gauche. Au pluriel. Se dit des touches les plus claires d'un tableau. Savoir bien mêler les jours et les ombres. Titres célèbres : La Naissance du jour, de Colette (1928) ; Le jour se lève, film de Marcel Carné (1939). 2. Expr. fig. Faire le jour sur une chose, la mettre au jour, faire connaître ce qu'on en ignorait, la rendre publique. Mettre au jour la perfidie de quelqu'un. Agir au grand jour, en plein jour, sans rien dissimuler, ouvertement. Ce scandale a enfin éclaté au grand jour. Jeter du jour sur une question, sur une affaire, la rendre intelligible, l'expliquer, la débrouiller. Rien n'est plus propre à jeter du jour sur ce sujet. Voir le jour, naître. Il n'avait pas encore vu le jour. Ceux à qui nous devons le jour, qui nous ont donné le jour, nos parents. Par ext. Ce livre n'a vu le jour qu'après la mort de son auteur. Cette doctrine a vu le jour dans tel pays. Fam. Demain, il fera jour, voir Demain. 3. Spécialt. Éclairage reçu par un objet ; manière dont il est frappé par la lumière. Il faudrait voir ce tableau dans un autre jour. Vous avez placé votre modèle dans un mauvais jour. Mettre quelque chose dans son jour, lui donner la lumière, l'éclairage qui lui convient ; se dit en particulier d'un tableau qui, dans le lieu où il est exposé, reçoit la lumière du côté que le peintre avait choisi pour éclairer les objets sur la toile. Ce tableau n'est pas dans son jour. Fig. Aspect, apparence. Présenter quelqu'un sous un jour favorable, défavorable. Une chose qui s'offre, que l'on voit sous un jour favorable, sous un jour nouveau. Présenter une affaire sous un faux jour. Il n'avait jamais vu cette personne sous un tel jour. II. Ouverture par où passe la lumière. 1. Fenêtre, ouverture, baie pratiquée dans un mur pour laisser entrer la lumière extérieure. Percer, ménager un jour dans un mur. Faux jour, fenêtre percée dans une cloison intérieure. DROIT. Jour de servitude, ouverture pratiquée dans un mur mitoyen en vertu d'un titre ou d'une convention particulière. Jour de souffrance ou de tolérance, ouverture qu'on est autorisé à pratiquer dans un mur non mitoyen donnant sur une propriété voisine, et qui laisse passer la lumière sans permettre de vue. Cette maison a des jours sur la cour des voisins. 2. Interstice par où l'air ou la lumière peuvent passer. Il y a des jours dans cette muraille, un grand jour sous cette porte, du jour entre ces planches. Loc. verb. Se faire jour, se faire ouverture et passer, se frayer un chemin. Il eut grand peine à se faire jour à travers la foule. Fig. Se manifester. Tôt ou tard la vérité se fait jour. 3. Vide pratiqué dans une chose à des fins décoratives ou utilitaires. Un clocher percé à jour ou, simplement, à jour, percé de part en part pour aider à la propagation du son des cloches. Une rampe d'escalier à jour. Faire des jours dans un tissu, en tirant des fils. Des draps ornés d'un jour. Broder à jour, pratiquer dans une étoffe des trous formant dessin et les border d'un fil de broderie. Expr. fig. Percer à jour les pensées, les desseins, les menées d'une personne, les pénétrer, les dévoiler. Son secret est percé à jour. Le fourbe fut percé à jour. III. Espace de temps par lequel on divise les mois, les années. Désigne proprement l'intervalle de vingt-quatre heures calculé en se référant à la rotation de la Terre autour de son axe à partir d'un méridien déterminé, et qu'on appelle Jour civil. Le premier jour de l'année, du mois. Quel jour sommes-nous ? Jours complémentaires, voir Complémentaire. Jour astronomique, défini à partir d'observations astronomiques et admettant différentes valeurs. Jour sidéral, temps que met une étoile pour revenir au même méridien. La durée du jour sidéral est de vingt-trois heures cinquante-six minutes et quatre secondes, et correspond à une rotation de la Terre sur elle-même mesurée par rapport au point vernal. Jour solaire vrai, temps compris entre deux passages du Soleil au méridien d'un même lieu. Jour solaire moyen, durée moyenne fixe du jour solaire vrai, qui correspond à vingt-quatre heures et qui commence à midi. Se dit couramment, par opposition à Nuit, du temps qui s'écoule, en un lieu donné de la terre, entre le lever et le coucher du soleil, et qu'on appelle aussi Jour naturel. Les jours s'allongent au printemps, raccourcissent en automne. Passer les nuits et les jours à l'étude. Litt. L'astre du jour, le soleil. Loc. adv. Jour et nuit, nuit et jour, tout le temps, sans relâche. Loc. adv. et adj. De jour, pendant le jour ; qui a lieu pendant le jour, qui agit ou qu'on utilise pendant le jour. Voyager de jour. Service de jour, équipe de jour. Hôpital de jour, voir Hôpital. Expr. Faire du jour la nuit et de la nuit le jour, dormir le jour et veiller la nuit. Fig. C'est le jour et la nuit, c'est la nuit et le jour, se dit de deux choses ou de deux personnes qui s'opposent en tous points. 1. Pris comme unité de durée. Il travaille tout le jour, tout le long du jour. Cela a duré un jour entier, tout un jour. Il consacre deux heures par jour à la lecture. Plusieurs fois par jour. Pendant dix jours. Une absence de plusieurs jours. Ce sera l'affaire de quelques jours. Cela passera au fil des jours. Huit jours, quinze jours, se dit souvent pour une semaine, deux semaines. On lui a donné huit jours pour mettre ordre à ses affaires, huit jours de permission. Par méton. Ce qui est fait, consommé, etc., dans cet intervalle de temps. À trois jours de marche. Il reste quelques jours de vivres. Pour établir une chronologie. Un jour trop tôt, trop tard. J'en ai fait la relation jour par jour, jour après jour, au jour le jour. Il arrivera dans quatre jours. À trois jours d'intervalle. Il vient ici un jour sur deux, tous les deux jours ou, dans des emplois régionaux, à jour passé. Chômer de deux jours l'un. Je le vois chaque jour, tous les jours, certains jours. Il devient de jour en jour, tous les jours, chaque jour plus intraitable, selon une progression régulière et rapide. Loc. et expr. Un jour, très peu de temps. Son bonheur n'a duré qu'un jour. Des jours et des jours, un très long temps. Au jour le jour, sans considérer la veille ou le lendemain, sans s'inquiéter de l'avenir. Gagner sa vie au jour le jour. Vivre au jour le jour. Fam. Long comme un jour sans pain, d'une durée qui paraît trop longue. Les vêtements de tous les jours, les vêtements ordinaires, d'usage courant. Expr. proverbiales. À chaque jour suffit sa peine. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, l'humeur, la condition des gens, l'état des choses sont sujets à changer du jour au lendemain. Paris n'a pas été bâti, ne s'est pas fait en un jour, une grande œuvre requiert temps et patience. 2. Employé pour marquer une date. Fixer, assigner un jour. Un certain jour. Au jour dit, fixé, convenu. À jour nommé. Se réunir chaque semaine à jour fixe. Prendre jour pour faire quelque chose, convenir d'une date. Votre jour sera le mien, j'accepte d'avance la date que vous choisirez. Il viendra à son jour, à mon jour, à la date qui lui conviendra, qui me conviendra. Un jour, se dit en parlant d'une date indéterminée dans le passé ou l'avenir. Un jour, vous vous repentirez de ne l'avoir pas écouté. Un jour que je me promenais, où je me promenais. Un beau jour, il disparut. Un jour ou l'autre, à une date, à un moment quelconque. D'un jour à l'autre, dans un avenir indéterminé mais proche, de façon imminente. Cela peut arriver d'un jour à l'autre. L'autre jour, récemment, sans que la date soit précisée. Du jour au lendemain, de façon très rapide, brusquement. Il fut ruiné du jour au lendemain. Un de ces jours, prochainement. J'irai vous voir un de ces jours. Jour pour jour, à pareil jour, le même jour à plusieurs mois ou à plusieurs années de distance. C'était il y a vingt ans jour pour jour. Loc. conj. Du jour où, à partir du jour, du moment précis où. Du jour où il fut promu, il cessa de les fréquenter. 3. Spécialt. Pour parler de la journée présente ou de celle dont il est question. Nous arriverons, nous sommes repartis le jour même. Ce jour, aujourd'hui. À partir, à compter de ce jour. À ce jour, nous n'avons reçu aucune nouvelle. On disait aussi Ce jour d'hui, surtout dans la langue juridique. Au jour d'aujourd'hui, par les temps qui courent. Les nouvelles du jour. Le saint du jour, le saint que l'on fête en cette journée. Le plat du jour, proposé au menu d'un jour donné. Des œufs du jour, fraîchement pondus. Loc. L'ordre du jour, dans les assemblées délibérantes, la liste des questions qu'on doit examiner au cours d'une séance (voir aussi Ordre). Inscrire à l'ordre du jour. Passer à l'ordre du jour. Fig. Être à l'ordre du jour, faire partie des préoccupations du moment. Mettre à jour, mettre en ordre, en règle pour n'avoir aucun retard. Tenir à jour sa correspondance, ses comptes, ses registres. Se mettre à jour dans son travail. Fig. Ce règlement avait besoin d'être mis à jour, d'être adapté aux circonstances actuelles. Par ext. Désigne l'époque présente ou celle dont il est question. L'évènement, la nouveauté du jour. L'homme, le héros du jour. Au goût du jour, se dit de ce qui plaît dans le moment, de ce qui est à la mode. Son théâtre n'est plus au goût du jour. 4. Au pluriel. Pris pour symbole de la vie de l'homme. Les auteurs de nos jours, nos parents. Couler doucement ses jours. Prolonger, abréger ses jours. On tremble pour ses jours. Ses jours sont comptés. Dans ses derniers jours. Sur ses vieux jours, dans sa vieillesse. À la fin de nos jours. Finir ses jours dans la misère. Mettre fin à ses jours, se donner la mort. Loc. adv. De nos jours, de notre vivant et, par ext., à notre époque. Nous ne verrons plus cela de nos jours. 5. Accompagné d'un adjectif ou d'un complément qui le caractérise. Un jour de printemps, d'été. Par un jour de pluie. Un jour de beau temps, un beau jour. Les beaux jours, la période de l'année où le temps et la température sont cléments, agréables. Jour de fête. Le jour de Noël, de Pâques. Le jour de l'an, le 1er janvier. Le jour de la fête nationale. Jour anniversaire. Le jour de sa naissance, de ses noces. Le grand jour, le jour J, voir Grand et J. Le jour du Seigneur, le dimanche. Le jour du Sabbat, le samedi. Le jour des Morts, le lendemain de la Toussaint. Le jour des Rois, l'Épiphanie (voir ce mot). Jour gras, jours maigres, voir Gras, Maigre. Jour ouvré, jour ouvrable. Jour férié. Jour de congé. Le jour de la rentrée. Jour de classe. Le jour du marché. Jour d'audience, de consultation. Le jour de réception ou, ellipt., le jour d'une maîtresse de maison, celui où elle reçoit chez elle. Le mardi est son jour. HIST. Les Grands Jours, sous l'Ancien Régime, assemblée ou compagnie extraordinaire de juges, tirés ordinairement des cours supérieures, qui avaient commission d'aller dans les provinces éloignées pour écouter les plaintes des peuples et faire justice. Il fut condamné par les Grands Jours. On transféra les Grands Jours de Limoges à Poitiers. En parlant des dispositions d'une personne, ou en se référant au cours de son existence. Dans un jour de tristesse, d'audace. Être dans un mauvais jour, être dans de mauvaises dispositions ou d'humeur chagrine, avoir une indisposition physique ou de la malchance dans ses entreprises. On dit de façon contraire Être dans un bon jour. Avoir ses bons et ses mauvais jours, se dit d'une personne dont l'humeur ou la santé peuvent varier considérablement. C'était son jour de chance ou, simplement, C'était son jour, celui où devait lui arriver, en bien ou en mal, quelque chose d'exceptionnel. Son jour viendra, le moment où la personne dont on parle connaîtra la chance, le succès, la revanche ou, parfois en mauvaise part, la punition qu'elle mérite. Dès son premier jour, jusqu'à son dernier jour. Les jours de son enfance. Ses jours heureux, ses beaux jours ont passé. Les amis qui lui restent aux jours de l'infortune. Il a connu des jours meilleurs. Par ext. Aux premiers jours du monde. Les derniers jours d'une amitié. Les beaux jours d'un règne. Ce furent les beaux jours de ce mouvement artistique, sa période la plus éclatante. Cet acteur a fait les beaux jours du cinéma muet, en était une figure marquante. Titres célèbres : Les Travaux et les Jours, d'Hésiode (vers 700 av. J.-C.) ; Les Plaisirs et les Jours, de Marcel Proust (1896). Journaladj. et n. m. (pl. Journaux). XIIe siècle, journel, jurnal, jornal, comme adjectif et comme nom. Dérivé de jour ou issu du bas latin diurnalis, « de jour ». I. Adj. Anciennt. Relatif au jour, à chaque jour. Ne se rencontre guère que dans la locution Livre journal et, subst., journal, registre de commerce où l'on écrit, jour par jour et de suite, ce qu'on a reçu ou payé, acheté ou vendu, etc. II. N. m. 1. Relation jour par jour de ce qui se passe ou s'est passé en quelque pays, en quelque endroit, en quelque affaire, etc. Journal du siège de Candie, de la campagne de Flandre de telle année. Journal du parlement de Paris, des audiences de telle cour. Tenir un journal. Le journal d'un voyage, d'une traversée. Journal de bord, voir Bord. LITTÉRATURE. Journal intime ou, ellipt., journal, où l'auteur note, en principe pour lui-même, jour après jour, les évènements de sa propre existence, ses réflexions. Le journal intime d'Amiel. Le journal des Goncourt. Titres célèbres : Journal d'un bourgeois de Paris (œuvre anonyme du XVe siècle) ; Journal d'un curé de campagne, de Georges Bernanos (1936). 2. Publication quotidienne ou périodique donnant les nouvelles et les accompagnant ou non d'articles de fond, de commentaires. Un journal quotidien, hebdomadaire, mensuel, trimestriel ou, ellipt., un quotidien, un hebdomadaire, un mensuel, un trimestriel. Publier un journal. Le directeur, la rédaction d'un journal. Les numéros, la collection d'un journal. Ouvrir, lire le journal. Coupure de journal. Les rubriques d'un journal. Journal du matin, du soir. Les journaux d'information, d'opinion. Crieur de journaux. Kiosque à journaux. Il a lu cela dans le journal, dans les journaux. Tous les journaux en parlent. Par anal. Journal parlé, journal télévisé, compte rendu radiodiffusé ou télévisé des évènements de l'actualité. Désigne notamment une publication périodique consacrée à un domaine particulier de l'actualité ou s'adressant à un public donné (en ce sens, on dit aussi Revue). « Le Journal des savants » existe depuis le XVIIe siècle. Journal financier, économique. Journal de médecine, d'histoire. Journal de modes. Journaux féminins. Journaux pour enfants. Journal lycéen, rédigé par les élèves d'un établissement. Spécialt. Le « Journal officiel de la République française », l'organe quotidien publié sous l'autorité du gouvernement et assurant la publicité des lois, décrets, actes et documents administratifs, ainsi que le compte rendu des séances et débats des assemblées parlementaires. Une loi n'est exécutoire qu'après sa parution au « Journal officiel ». En apposition. Papier journal, qui sert à l'impression des journaux quotidiens. Par méton. Administration, locaux d'un journal. Écrire au journal. III. N. m. Ancienne mesure agraire qui représentait ce qu'un attelage pouvait labourer dans une journée, et dont la désignation a survécu longtemps dans la langue paysanne. Le journal variait suivant les provinces. Deux journaux de terres labourables. Journalier, -IÈRE adj. et n. XVIe siècle, d'abord comme adjectif. Dérivé de journal. I. Adj. 1. Qui se fait chaque jour ; qui est quotidien. Travail, exercice journalier. Occupation, tâche journalière. Indemnité journalière. Besoins journaliers. 2. Qui est sujet à changer d'un jour à l'autre, qui n'est pas d'égale qualité. Son esprit est journalier. Les plus grandes beautés sont journalières. Son humeur est journalière. Ellipt. Il est journalier, elle est journalière. II. N. m. Personne qui travaille à la journée. Engager des journaliers pour la récolte, les vendanges. |