n. m. XXe siècle. Mot japonais composé de ju, « souplesse », et do, « voie, chemin ».Sport de combat d'origine japonaise, qui se pratique à mains nues et où l'on cherche à déséquilibrer, projeter au sol et immobiliser l'adversaire ou à obtenir par divers procédés son abandon. Une prise de judo. L'une des caractéristiques du judo est de pouvoir déséquilibrer l'adversaire en tirant sur son vêtement. Judokan. XXe siècle. Mot japonais.Personne qui pratique le judo. Jugal, -ALE adj. (pl. Jugaux, -ales). XVIe siècle. Emprunté du latin jugalis, « relatif au joug, qui a la forme d'un joug ».ANAT. Qui se rapporte à la joue (on dit aussi Malaire). Os jugal, os de la pommette. Artère jugale (on dit aussi Artère zygomatique). Jugen. m. XIIe siècle. Emprunté du latin judicem, accusatif de judex, de même sens. 1. DROIT. Magistrat investi par l'autorité publique du pouvoir de dire le droit, de reconnaître le fait, de trancher les litiges soumis à une juridiction et de sanctionner les infractions à la loi. Nommer, instituer des juges. Installer un juge dans ses fonctions. Juge assesseur. Juge suppléant. Juge équitable, intègre, incorruptible. Juge sévère, rigoureux. Juge prévaricateur. Récuser un juge. Le juge compétent, qui a vocation à connaître, à juger d'une affaire. Juge civil, criminel, en matière civile, criminelle. Juge en première instance, en dernier ressort. Juge d'instance (on disait naguère Juge de paix), voir Instance. Juge consulaire, voir Consulaire. Juge d'instruction, voir Instruction. Juge d'appel, juge des référés. Juge de l'application des peines, ou juge d'application des peines. Juge des enfants. Être juge dans une cour d'appel. Juges naturels, que la loi assigne aux accusés, aux parties, suivant leur qualité et l'espèce de la cause. Juges ordinaires, se dit des juges de droit commun, à la différence des juges établis par des lois spéciales. Juge-commissaire, voir ce mot. Les juges sont aussi appelés magistrats du siège, par opposition aux magistrats du parquet. Par ext. La Cour de cassation est juge du droit. Par méton. Tribunal. Renvoyer devant le juge, par-devant le juge. Se présenter devant ses juges. Expr. Personne ne peut être juge dans sa propre cause. On ne peut être à la fois juge et partie. RELIG. Dieu est le souverain juge, le juge suprême. 2. Par ext. Toute personne choisie pour se prononcer sur un différend, et à l'autorité de laquelle on se rapporte. Convenir d'un juge. Il vous a reconnu pour juge. Vous en serez le juge. Je vous prends pour juge, je vous fais juge, je vous laisse juge. Se faire, s'établir, se constituer juge de quelqu'un, de quelque chose. En parlant d'une personne capable de juger d'une chose, de l'apprécier. Vous êtes mauvais juge, bon juge en cela. HIST. Juge mage, titre qu'on donnait, dans quelques provinces méridionales de la France, au lieutenant du sénéchal. SPORTS. Personne chargée d'assister l'arbitre, de veiller au respect des règles, de départager les concurrents et, dans certaines disciplines, de les noter. Les juges d'un championnat de gymnastique, de patinage. Juge-arbitre, voir ce mot. Juge de touche, de ligne, voir Arbitre. Juge au départ, juge à l'arrivée, qui contrôle le départ des concurrents ou les classe à l'arrivée, dans diverses compétitions et dans les courses de chevaux. 3. ANTIQ. HÉBRAÏQUE. Nom qu'on donne aux chefs qui gouvernèrent de façon épisodique le peuple juif durant la période qui commence à la mort de Josué et qui finit à la naissance de Samuel. Le livre des Juges, le septième livre de l'Ancien Testament, qui contient l'histoire du peuple d'Israël depuis son installation en Canaan jusqu'à l'établissement de la monarchie. Jugé (au)loc. adv. XIXe siècle. Participe passé de juger.Tirer au jugé, sans pouvoir viser, ni localiser très exactement l'objectif. Fig. Une décision prise au jugé, de façon intuitive, en se fondant sur de simples suppositions ou approximations. Jugeableadj. XIIe siècle. Dérivé de juger.Qu'on peut juger ; qui est en état d'être jugé. Cause jugeable. Juge-arbitren. m. (pl. Juges-arbitres). XXe siècle.Dans certains sports, en particulier au tennis, personne qui vérifie l'organisation des épreuves et juge en dernier ressort de l'application des règlements. Juge-commissairen. m. (pl. Juges-commissaires). XIXe siècle.DROIT. Juge désigné par le tribunal dont il fait partie pour procéder à certaines opérations, relatives notamment à l'instruction d'une affaire, aux procédures de redressement judiciaire, aux successions, etc. Jugementn. m. XIe siècle. Dérivé de juger. 1. Action de juger, de rendre la justice ; résultat de cette action. Il se réserva le jugement de certaines affaires. Un jugement équitable. Jugement sommaire. Mettre quelqu'un en jugement, l'envoyer devant les juges. Ester en jugement, voir Ester. Rendre, prononcer un jugement en faveur de quelqu'un. Le prononcé, les attendus d'un jugement. La minute, la grosse, l'expédition d'un jugement. Appeler d'un jugement, introduire un recours devant une juridiction supérieure. Confirmer, casser, déclarer nul un jugement. Exécuter un jugement. Le jugement n'est pas encore exécutoire. Jugement en premier, en dernier ressort. Jugement au fond, sur le fond. Jugement provisoire, définitif. Jugement avant dire droit, avant faire droit, voir Avant. Jugement contradictoire, rendu entre les parties ayant comparu et déposé leurs conclusions devant le tribunal. Jugement par défaut, rendu dans un procès où l'une des parties n'a pas comparu. Par ext. Action de départager, en parlant d'une personne ou d'une institution ayant autorité. S'en remettre au jugement de l'Église. Le jugement de Pâris, rendu sur le mont Ida par le berger Pâris, qui devait choisir entre trois déesses. « Le Jugement de Pâris », de Raphaël, de Rubens. Expr. Jugement de Salomon, par allusion à l'Écriture sainte, jugement qui permet de faire apparaître la vérité ou, simplement, qui témoigne d'une grande sagesse. « Le Jugement de Salomon », tableau de Poussin. 2. RELIG. Jugement de Dieu, dessein, décret de la justice divine, de la Providence. Jugement de Dieu se disait spécialement des épreuves extraordinaires, comme le duel, l'épreuve du feu, du fer chaud, etc., auxquelles on recourait anciennement pour décider de certaines contestations (voir Duel et Ordalie). Jugement particulier, par lequel Dieu rétribue chaque âme au moment de la mort. Le jugement dernier, le jugement universel, final ou, simplement, le jugement (parfois avec une majuscule), par lequel Dieu jugera les vivants et les morts, à la fin des temps. Le jour du jugement (on dit aussi Jour de Yahvé, Jour de colère ou Dies irae). L'ange du jugement. La trompette du jugement. Par méton. Œuvre figurant ce jugement. « Le Jugement dernier », de Rubens. 3. Opinion par laquelle on approuve ou on blâme, notamment en matière de morale. Un jugement favorable, charitable. Redouter les jugements des hommes. Par ext. Appréciation, avis. Un jugement nuancé. Jugement de valeur. Émettre un jugement. Je me rends, je me rapporte, je m'en tiens à votre jugement. Porter, donner un jugement sur quelque chose, sur un ouvrage, un auteur. Asseoir, fonder son jugement sur un fait précis. Je l'ai fait revenir sur son premier jugement. Liberté de jugement. Erreur de jugement. Fig. Le jugement de l'Histoire, l'appréciation qui sera portée sur tel évènement, tel personnage lorsqu'ils seront entrés dans l'Histoire. 4. PHIL. Acte de la pensée par lequel on affirme ou l'on nie la réalité d'une chose ou la vérité d'un rapport entre deux termes. Tout jugement qu'on exprime est une proposition. Jugement d'existence, énonçant soit qu'une chose est, soit ce qu'elle est, par opposition à Jugement de valeur (on dit aussi Jugement de réalité). « Cette table existe », « ceci est une table » sont des jugements d'existence. 5. Faculté de l'entendement qui compare et qui juge ; aptitude à raisonner avec justesse, à se former une opinion conforme au bon sens. Former, exercer son jugement. Il a le jugement bon, solide, sain. Il a du jugement, il manque de jugement. Il a de l'esprit, mais pas de jugement. Cela lui a faussé le jugement. Sa passion lui ôte le jugement. « Tout le monde se plaint de sa mémoire, et personne ne se plaint de son jugement », maxime de La Rochefoucauld. Titre célèbre : Critique du jugement, d'Emmanuel Kant (1790). Jugeoten. f. XIXe siècle. Dérivé de juger.Fam. Aptitude à bien juger, bon sens. Faire preuve de jugeote. Expr. Ne pas avoir pour deux sous de jugeote. |