n. f. XVIIIe siècle. Dérivé de jus.Liquide acide servant au tannage des peaux. Jusqu'au-boutismen. m. (pl. Jusqu'au-boutismes). XXe siècle. Dérivé de jusqu'au-boutiste.Volonté acharnée d'aller jusqu'au bout de ses actions, de ses engagements ; obstination à suivre ses idées ou ses entreprises, quelles qu'en soient les conséquences.
Jusqu'au-boutisten. (pl. Jusqu'au-boutistes). XXe siècle. Dérivé de la locution jusqu'au bout.Personne qui va ou qui recommande d'aller jusqu'au bout d'une action entreprise et refuse tout compromis (s'emploie notamment dans les domaines militaire et politique). Adjt. Des thèses jusqu'au-boutistes.
Jusque(devant une voyelle ou un h muet, on écrit ordinairement jusqu', et parfois, dans la langue poétique, jusques) prép. Xe siècle, jusche. Probablement issu de l'ancienne préposition enjusque, tirée du latin inde usque, proprement « d'ici jusqu'à ».Préposition utilisée pour désigner la limite, le terme qu'on ne dépasse pas, et qui souligne souvent l'éloignement ou le caractère remarquable de cette limite, l'importance de la distance, de la durée qu'elle détermine. Ne s'emploie que devant certains adverbes, certaines prépositions et en composition dans des locutions prépositives, adverbiales, conjonctives. I. Employée devant certains adverbes, dans certaines locutions adverbiales. Il s'est avancé jusque là ou jusque-là. On n'avait rien vu de tel jusqu'ici, jusqu'alors, jusqu'à présent. La fête dura jusque fort tard. Jusque tout récemment. Jusqu'où continuerez-vous votre route ? Fig. On n'aurait jamais pensé qu'il s'abaisserait jusque là. Oserait-il aller jusque là ? jusqu'à cette extrémité. Jusqu'où ira sa patience ? Voyez jusqu'où va leur licence. Expr. pop. S'en mettre jusque-là, manger abondamment. En avoir jusque-là, en avoir assez, être excédé de quelque chose. II. Employée devant d'autres prépositions. 1. Pour indiquer une limite dans l'espace. De Paris jusqu'à Rome. Ils sont arrivés jusqu'au pont, jusque sous les remparts. Pour insister sur l'éloignement de cette limite. Il est allé jusqu'au pôle. Jusqu'au ciel. Par ext. Cette nouvelle n'est pas encore venue jusqu'à nous ou, litt., jusques à nous. Lire un livre jusqu'au bout, jusqu'à la fin. Expr. fam. En avoir jusque par-dessus la tête, être excédé de quelque chose. 2. Pour indiquer une limite dans le temps. Depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte. Jusqu'à quel moment ? Je vous attendrai jusqu'à ce soir, jusqu'à cinq heures. Jusqu'à aujourd'hui ou jusqu'aujourd'hui. Jusqu'à la mort. Jusqu'au revoir (vieilli). Jusqu'à quand ? ou, litt., jusques à quand ? 3. Pour indiquer l'inclusion d'un élément ultime ou extrême dans un tout, une série. Étudier un sujet jusque dans ses moindres détails. Il eut jusqu'à dix mille hommes sous ses ordres. Jusqu'à concurrence de, voir Concurrence. Jusques et y compris, voir Comprendre. En insistant sur le caractère extraordinaire ou excessif de quelque chose. Il aime jusqu'à ses ennemis. Ils ont tué jusqu'aux enfants. Être ému jusqu'aux larmes. Il en fut affecté jusqu'à en être malade. Vous n'irez pas jusqu'à me refuser cela. Il n'est pas jusqu'à ses propres amis qu'il n'eût abusés grossièrement. III. Loc. conj. Jusqu'à ce que ou, vieilli, jusqu'à tant que (suivi du subjonctif), en attendant le moment où tel fait se produit, et sans dépasser ce terme. Je resterai ici jusqu'à ce que vous reveniez. Travaillez ferme jusqu'à ce que vous réussissiez. Suivi de l'indicatif (ne s'emploie plus guère qu'au passé simple). Ils poursuivirent le combat jusqu'à ce que la trêve leur fut annoncée.
Jusquiamen. f. XIIIe siècle. Emprunté, par l'intermédiaire du bas latin jusquiamus, du grec huoskuamos, de même sens.BOT. Plante rudérale de la famille des Solanacées, très toxique, à l'odeur vireuse, dont les feuilles sont velues et les fleurs jaunes veinées de violet.
Jussieou JUSSIÉE n. f. XIXe siècle. Emprunté du latin scientifique jussievia, mot formé sur le nom du naturaliste français Bernard de Jussieu (1699-1777).BOT. Herbe ou arbrisseau aquatique de la famille des Onagrariées, à grandes fleurs jaunes, que l'on cultive pour l'ornement.
Jussionn. f. XVe siècle. Emprunté du bas latin jussio, « ordre, commandement ».DROIT ANCIEN. Injonction adressée par une autorité supérieure. Lettres de jussion, lettres scellées, adressées par le prince aux juges d'une cour souveraine pour leur enjoindre d'enregistrer un édit, un acte législatif qu'ils avaient d'abord rejeté.
Justaucorps(ps ne se prononce pas) n. m. XVIIe siècle, just-au-corps. Composé à l'aide de juste, au et corps. 1. Anciennt. Vêtement à manches et à basques, ajusté à la taille. 2. Auj. Sorte de maillot porté pour la pratique de la danse, de la gymnastique, etc. Spécialt. Sous-vêtement d'une seule pièce, couvrant le buste et formant culotte. <!--Oui-->(Doit être préféré à l'anglais Body.)
Justeadj. XIIe siècle. Emprunté du latin justus, de même sens. I. Conforme à la justice, au droit, à la raison. 1. Qui juge ou qui agit selon la justice. Un homme juste. Un maître sévère mais juste. Soyez juste envers lui. Dieu juste et bon. Interj. Juste Dieu ! Juste ciel ! Spécialt. Qui observe exactement les devoirs de la religion, qui unit la piété à la vertu. Un homme juste et craignant Dieu. Subst. Un juste (seulement au masculin). Dieu fait luire le soleil sur les justes et sur les pécheurs. La prière du juste. Le séjour, la demeure des justes, le paradis, le ciel. Expr. plaisante et souvent iron. Dormir du sommeil du juste, des justes, d'un sommeil paisible, qui n'est troublé par aucun remords. 2. Qui répond aux règles, aux exigences de la justice. Un arrêt, une sentence juste. Défendre une juste cause. Une loi juste, un impôt juste. Ce que vous me demandez n'est pas juste. Il est juste de le dédommager. Juste récompense. Subst. Le juste et l'injuste. Par ext. Qui est légitime, fondé, justifié. Une juste colère. De justes prétentions. J'ai de justes raisons de me défier de lui. Payer quelque chose à son juste prix. Un juste retour des choses, un renversement de situation qui rétablit le cours normal des choses, qui annule une injustice. Convoler en justes noces (souvent iron.), se marier. Loc. adv. À juste titre, à juste raison, de façon légitime, à bon droit. II. Qui a de la justesse. 1. Qui convient parfaitement, qui s'adapte bien à son objet ; pertinent, vrai. Trouver l'expression, le mot juste. Chercher le ton juste. La juste mesure. Le juste milieu, ce qui est également éloigné de tous les extrêmes. Il se tient toujours dans le juste milieu, il n'a jamais d'opinions tranchées, ni dans un sens, ni dans l'autre. Opinion de juste milieu (voir aussi Juste-milieu). Se faire une idée juste de quelque chose. C'est juste ! Il n'est pas tout à fait juste d'affirmer cela. 2. Qui apprécie avec pertinence, avec exactitude ; sûr. Un esprit juste, très juste. Avoir le goût juste. En parlant d'un instrument de mesure. Horloge, balance juste. 3. Qui est tel qu'il doit être ; exact, précis. Un calcul juste. Trouver le compte juste. Il est arrivé à l'heure juste. Spécialt. Une note juste, qui est conforme à l'échelle des sons en usage, qui n'est ni trop haute, ni trop basse par rapport à un diapason. Cet instrument n'est pas juste, il est désaccordé. Avoir une voix juste. Par méton. Avoir l'oreille juste. 4. Qui est serré, ajusté et, le plus souvent, qui est trop étroit, étriqué. Un veston bien juste, trop juste. Ces chaussures sont justes. Par ext. Fam. À peine suffisant ou insuffisant. C'est une somme un peu juste. Ce déjeuner était un peu juste. Pop. Être juste, être dans la gêne. Je suis juste en ce moment. III. Emplois adverbiaux. 1. Avec justesse, avec exactitude, comme il faut. Raisonner, parler juste. Il a deviné juste. Tirer, frapper juste. Jouer, chanter juste, dans le ton, sans fausse note. 2. Précisément, exactement. Voilà juste, tout juste l'homme qu'il nous faut. Il demeure juste en face. Il est arrivé juste à l'heure du dîner. Juste, tout juste, très juste, formules d'acquiescement. Avec une nuance restrictive. Nous resterons juste un moment. 3. De façon à peine suffisante, ou insuffisante. Il fait tout juste chaud. Il a compté trop juste. Il sait tout juste lire. Avoir juste de quoi vivre. Loc. impers. C'est tout juste si, c'est à peine si. 4. Loc. adv. Au juste, précisément. Je vous dirai au juste ce que cela coûte. Je ne saurais vous le dire au juste. Fam. Au juste, que lui est-il arrivé ? Au plus juste, le plus exactement possible ou avec le plus de parcimonie possible. Compter au plus juste. Juste assez, suffisamment, à l'exacte limite. Comme de juste, comme il se doit, bien entendu (le plus souvent iron.). Comme de juste, on ne l'a pas rétribué pour cette tâche.
Justementadv. XIIe siècle. Dérivé de juste. 1. Avec justice, conformément à la justice. Il a jugé justement. Il a justement agi. Il a été puni justement. Par ext. Légitimement, à juste titre. Un homme justement estimé. 2. Avec justesse, avec pertinence ; conformément à la raison, à la vérité. Il m'a répondu très justement. On emploiera plus justement telle expression. 3. Pour établir une relation entre deux phrases, deux faits. C'est justement l'explication que je désirais, précisément. Dans un sens temporel, pour souligner une coïncidence. La voilà justement qui arrive. Justement, j'allais vous en parler. Avec une valeur d'insistance. À plus forte raison. Eh bien, justement, je ne cèderai pas.
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