n. m. XIIe siècle. Composé de mi- et de lieu. I. Ce qui est également éloigné des extrémités ou des bords, du début et de la fin. 1. Point d'une étendue ou d'un objet, qui est également distant de la périphérie, des bords ou des extrémités. Ce monument orne le milieu de la place. Le milieu du fleuve marque la frontière entre ces deux États. Le milieu d'un segment de droite. Par ext. Se dit, dans une acception moins rigoureuse, de tout endroit qui est à une distance approximativement égale de la périphérie, des bords, des extrémités. Nous voici justement au milieu de la forêt. La rivière traverse, coupe la ville par le milieu. L'empire du Milieu, nom donné autrefois par les Chinois à leur pays, qu'ils plaçaient au centre du monde. Par méton. Un milieu de table, un surtout, une grande pièce d'orfèvrerie ou de vaisselle destinée à orner le centre d'une table. FOOTBALL. Milieu de terrain, joueur placé en soutien des avants. Se dit aussi d'une position intermédiaire entre deux ou plusieurs choses. Le doigt du milieu. La place, le rang du milieu. Loc. prép. Au milieu de, au centre de, au cœur de, en un lieu éloigné des bords, des limites de. Cette ville est située au milieu de la France. Être au milieu du gué (fig.), au moment le plus délicat d'une action, d'une entreprise. Au sein de, entre, parmi. Prendre place au milieu d'une assemblée. Ce bras de mer s'avance au milieu des terres. Fig. Il vit au milieu des plaisirs. Rester impassible au milieu des dangers. Au milieu de tout cela (fam.), parmi tout cela, en dépit de cela. Au milieu de tout cela, il demeure digne. Avec une valeur intensive. Au beau milieu de, en plein milieu de. Il s'est arrêté au beau milieu, en plein milieu du chemin. Du milieu de, du sein de. Une voix s'éleva du milieu de la foule. On le retira du milieu des flammes. 2. Point qui est également éloigné des deux termes d'un espace de temps. Vers le milieu de la nuit. Depuis le milieu du XIXe siècle. Le milieu de la vie. Loc. prép. Au milieu de. Au milieu de l'été. Il est arrivé au milieu du repas. Ils sortirent au beau milieu de la séance. 3. Par anal. Se dit en parlant des écrits ou des discours, par rapport à leur commencement et à leur fin. Ce passage se trouve vers le milieu du livre. Il fut interrompu au milieu, au beau milieu de sa harangue. II. Fig. Ce qui est également éloigné des extrêmes, des excès, ce qui constitue un moyen terme, occupe une position intermédiaire. La libéralité tient le milieu entre la prodigalité et l'avarice. Juste milieu, voir Juste. Expr. Il n'y a pas, point de milieu, il faut nécessairement choisir entre deux partis, il n'est plus possible de se dérober. Ellipt. Point de milieu, il faut se rendre ou combattre. III. Ce qui entoure un corps, un être vivant, et exerce sur lui son influence ; l'ensemble des conditions dans lesquelles il est placé. 1. SC. En parlant d'un fluide, d'une solution, d'une substance, caractérisés par diverses propriétés et déterminant certains phénomènes, certaines réactions. Milieu alcalin, neutre, acide. Milieu aqueux, alcoolique. Milieu oxydant. Milieu gazeux. Milieu conducteur, élastique. Milieu isotrope, anisotrope, voir ces mots. La cornée, le cristallin et l'humeur vitrée sont, dans l'œil, les milieux réfringents. - BIOL. Le milieu intérieur, défini par Claude Bernard comme l'ensemble des liquides physiologiques dans lesquels baignent les cellules, les organes des Vertébrés. Milieu de culture, produit artificiel et stérilisé qui permet la culture sélective de microorganismes ou de cellules. Milieu nutritif. Milieu synthétique, obtenu artificiellement. La fermentation alcoolique se déroule en milieu anaérobie. Désigne spécialement l'ensemble des conditions physico-chimiques, biologiques, climatiques, dont dépend la vie des végétaux et des animaux en un lieu donné, et l'espace naturel, le domaine soumis à l'action de ces facteurs. Milieu terrestre, aquatique, aérien. Milieu marin. Absolt. L'étude du milieu. L'interaction du milieu et de l'organisme. On dit de même, par analogie, en parlant de l'environnement des êtres humains, Milieu rural, milieu urbain, etc. 2. Fig. Se dit de l'ensemble des conditions économiques, sociales ou morales dans lesquelles se déroule la vie d'un individu et, par méton., du groupe social auquel il appartient. Milieu familial. Milieu professionnel. Des gens de même milieu. Être issu d'un milieu modeste. Généralement au pluriel. En parlant de la société que forment des personnes réunies par une communauté d'intérêts, par des activités similaires. Les milieux politiques. Les milieux diplomatiques. Fréquenter le milieu scientifique. Les milieux littéraires et artistiques. Spécialt. Le milieu, l'ensemble de ceux qui, au sein d'une société, vivent de trafics illicites, se livrent au crime de manière organisée ; le monde de la pègre. Appartenir au milieu marseillais. La loi du milieu. L'argot du milieu. Militaireadj. XIVe siècle. Emprunté du latin militaris, « de soldat ». 1. Qui se rapporte à la guerre, au métier des armes. L'art militaire. L'état militaire. Embrasser la carrière militaire. École militaire. Architecture militaire. Gloire militaire. HIST. Les ordres religieux et militaires, ordres institués au Moyen Âge, dont les membres faisaient vœu de défendre la chrétienté et de lutter contre les infidèles. L'ordre du Temple, l'ordre Teutonique et l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem comptent parmi les ordres religieux et militaires. Par ext. Se dit des caractères, des qualités que l'on prête à ceux qui exercent le métier des armes. Affecter une allure militaire. Une exactitude toute militaire. 2. Qui est relatif aux forces armées d'un État, à leur organisation, à leurs missions, à leurs usages. Régions militaires. Unités militaires. Aviation militaire. La hiérarchie militaire. Préparation militaire, formation qui était dispensée aux jeunes gens désirant devenir sous-officiers ou officiers de réserve. Service militaire, temps passé sous les drapeaux du temps de la conscription. Effectuer son service militaire. Satisfaire à ses obligations militaires. Brevets militaires. Livret militaire. Action, intervention, expédition militaire. Matériel militaire. Convoi militaire. Camp militaire. Hôpital militaire. Cimetière militaire. Justice militaire, celle qui, jusqu'en 1982, s'exerçait dans les armées, suivant les lois spéciales composant l'ancien Code de justice militaire. Tribunal militaire. Tenue, uniforme militaire. Plaque d'identité militaire. Faire le salut militaire. Défilé militaire. Honneurs militaires, voir Honneur. Cercle militaire. Police militaire. La musique militaire, l'ensemble de pièces destinées particulièrement aux cuivres et autres instruments à vent qui constituent les formations musicales des armées. Une fanfare militaire. Jouer une marche militaire. En parlant de certaines fonctions exercées au sein des armées. Gouverneur militaire, voir Gouverneur. Médecin, aumônier militaire. L'attaché militaire d'une ambassade, d'une légation. 3. Qui est le fait des armées, qui repose sur la force armée. Coup d'État militaire. Dictature militaire. Junte militaire. 4. Subst., au masculin. Celui qui exerce le métier des armes, qui appartient à une armée régulière. Un militaire de carrière. Les militaires du rang. Les civils et les militaires. Militairementadv. XVIe siècle. Dérivé de militaire.Selon l'usage propre aux armées ; en usant de moyens militaires, par la force armée. Faire garder militairement un lieu. Occuper militairement une province. Fig. Exercer militairement un pouvoir, une autorité, avec force et rigueur. Militant, -ANTE adj. et n. XIVe siècle. Participe présent de militer. 1. Adj. Qui lutte, qui combat ; qui s'engage dans l'action pour défendre ses opinions. Un syndicaliste militant. Esprit militant. Par méton. Zèle militant. Ardeur militante. Spécialt. THÉOL. CATHOL. L'Église militante, l'assemblée des fidèles sur terre, par opposition à l'Église souffrante et à l'Église triomphante. 2. N. Personne qui milite au sein d'une organisation politique ou syndicale, d'un mouvement religieux. Réunir les militants d'un parti. Militant ouvrier, militant pacifiste. Militantismen. m. XXe siècle. Dérivé de militant.Activité d'une personne qui milite au sein d'une organisation, d'un mouvement (on rencontre parfois Militance). Par ext. et péj. Attitude, état d'esprit portant à la propagande partisane. Militarisationn. f. XIXe siècle. Dérivé de militariser.Action de militariser, le fait de se militariser ; l'état qui en résulte. La militarisation de certains secteurs industriels. Militariserv. tr. XIXe siècle. Dérivé de militaire. 1. Pourvoir d'installations militaires une zone, une région, y déployer des troupes. Militariser une frontière. 2. Organiser militairement un secteur d'activité ou le placer sous le contrôle de l'armée. Militariser les moyens de transport d'un pays. Militariser une entreprise en temps de guerre. Par ext. Militariser le travail. Militarismen. m. XIXe siècle. Dérivé de militaire.Attachement à l'armée, état d'esprit de ceux qui exaltent les vertus guerrières, l'institution et les valeurs militaires. Par ext. Système politique inspiré par cet attachement et qui tend à organiser militairement la société et l'État, ou fait jouer à l'armée un rôle prépondérant dans les institutions et le gouvernement d'un pays. Militaristeadj. XIXe siècle. Dérivé de militaire.Qui s'inspire du militarisme ou qui en est partisan. Campagne, propagande militariste. Subst. Un, une militariste. Militaristes et pacifistes. Militerv. intr. XIIe siècle. Emprunté du latin militare, « servir dans l'armée ». 1. Anciennt. Combattre. 2. S'engager activement pour défendre une cause, une idée, ou pour gagner à une doctrine de nouveaux adeptes, notamment au sein d'un mouvement, d'une organisation. Militer pour la paix, contre la guerre. Militer pour la révision d'un procès, la réhabilitation d'un condamné. Militer dans un parti, un syndicat. Fig. Cet argument milite en faveur de sa thèse, contre sa thèse, la sert, la dessert. |