n. f. XIVe siècle. Emprunté du latin modulatio, de même sens. 1. Action de moduler un son ; résultat de cette action. Une modulation de la voix, une inflexion, un changement de ton, d'accent, d'intensité dans son émission. La modulation d'une flûte, la suite de sons variés et harmonieux qu'elle émet. MUS. Se dit particulièrement du passage d'une tonalité à une autre, par un procédé conforme aux règles de l'harmonie, et de l'effet qui en résulte. S'exercer à la modulation. Une suite de modulations. Modulation de majeur en mineur. Par anal. La modulation des couleurs dans un tableau. 2. L'action de faire varier ou le fait de varier, en fonction des besoins, des circonstances. La modulation des prix, des tarifs. Modulation des horaires de travail. SC. TECHN. Variation d'une des caractéristiques d'un phénomène en fonction des valeurs que prend successivement une caractéristique d'un autre phénomène. Modulation d'intensité, de vitesse. Spécialt. PHYS. TÉLÉCOMM. Variation imposée à une des caractéristiques d'un courant ou d'une oscillation électrique de haute fréquence par le signal à basse fréquence que l'on veut transmettre. La modulation d'amplitude permet les transmissions radiophoniques à grande distance. Modulation de fréquence, voir Fréquence. Modulen. m. XVIe siècle. Emprunté du latin modulus, « mesure ». I. Mesure conventionnelle servant de référence. 1. ARCHIT. Mesure servant à établir les rapports de proportion entre toutes les parties d'un ouvrage. Dans l'architecture antique, le demi-diamètre du bas de la colonne sert ordinairement de module aux divers ordres. La colonne, l'entablement a tant de modules de haut. Par anal. Ce qui sert à mesurer, étalon. Une figure d'homme placée au pied d'un monument est un module qui en fait évaluer la hauteur. Le mètre est le module des longueurs. Par ext. Mesure selon une dimension particulière. Le module d'une médaille, son diamètre. Une médaille de grand module. Le module d'une voie ferrée, son écartement. PALÉOGRAPHIE. Le module d'une lettre capitale, sa hauteur. 2. SC. TECHN. Grandeur, valeur ou coefficient. - ASTRON. Module de distance, différence entre la magnitude apparente d'un astre, corrigée des effets de l'absorption interstellaire, et sa magnitude absolue. - HYDROL. Débit annuel moyen d'un cours d'eau, calculé sur une longue période. - MATH. Le module d'un nombre complexe, sa valeur absolue. Module d'un vecteur, syn. ancien de Norme. Se dit aussi de nombres caractéristiques de certains groupes, de certaines suites, d'éléments ou de quantités servant de base à certaines opérations. Module d'une congruence, entier naturel n par lequel peuvent être divisés deux nombres ayant cette relation de congruence. - PHYS. Se dit des coefficients caractérisant les propriétés mécaniques d'un matériau et sa résistance à diverses contraintes. Module d'élasticité ou module de Young, rapport entre une contrainte de traction ou de compression et la variation de longueur qu'elle provoque. Module de rigidité, ou module de Coulomb. II. Élément conçu pour être juxtaposé à d'autres ou combiné avec d'autres, afin de former des ensembles répondant à des besoins spécifiques. Une bibliothèque constituée de modules. Construction d'habitations par modules. Le module de commande d'un engin spatial. Spécialt. Unité d'enseignement, de contenu et de durée déterminés, dans certains programmes ou plans d'études. Modulerv. tr. XVe siècle. Emprunté du latin modulari, « mesurer ». 1. Émettre un son, une suite de sons, avec des variations de hauteur et d'intensité. Des cris modulés. Moduler un air. Un rossignol modulait son chant ou, absolt., modulait. MUS. Dans la composition ou l'exécution d'un morceau, faire passer le chant ou l'harmonie dans une tonalité différente. Moduler un passage, une phrase musicale. Absolt. L'art de moduler. 2. Faire varier pour adapter aux circonstances, aux besoins. Moduler une taxe. Moduler les conditions d'un paiement. ÉLECTRON. Faire varier par modulation une des caractéristiques d'un courant électrique ou d'une onde de haute fréquence. Moduler l'amplitude, la fréquence d'une onde porteuse. Moduloprép. XIXe siècle. Emprunté du latin modulo, ablatif de modulus, « mesure ».MATH. Selon tel module (sert à définir certaines relations, notamment une congruence). 14 et 8 sont congruents modulo 3, leur différence est un multiple de trois. Modus(s se fait entendre) n. m. Mot latin signifiant « manière ».Suivi d'un verbe latin au gérondif, entre en composition dans diverses expressions utilisées comme des substantifs masculins invariables. Modus faciendi, modus operandi, manière de faire, de procéder, d'opérer. Modus vivendi, manière de vivre ; accommodement, arrangement entre deux parties en litige. Chercher, trouver un modus vivendi. Moelle(oe se prononce oi) n. f. XIIe siècle. Issu du latin medulla, de même sens. 1. Moelle osseuse ou, simplement, moelle, substance molle et grasse qui remplit les cavités des os. Moelle rouge ou moelle sanguine, riche en cellules sanguines et en vaisseaux, qui joue un rôle important dans l'ossification et l'hématopoïèse. Greffe de moelle, injection de moelle rouge, à laquelle on recourt notamment dans le traitement de certaines leucémies. Moelle jaune, constituée essentiellement de tissu adipeux. La moelle jaune emplit le canal médullaire des os longs. CUIS. Os à moelle, qui contient de la moelle jaune. Cardons à la moelle. Entrecôte à la moelle. Expr. Jusqu'à la moelle, jusqu'à la moelle des os, jusqu'aux moelles, jusqu'au plus profond de son être. Par hyperbole. Le froid l'a pénétré jusqu'à la moelle des os. Fig. Il est corrompu jusqu'à la moelle. Fig. En parlant d'ouvrages de l'esprit. Ce qu'il y a de meilleur, d'essentiel, de plus profitable. Ce livre est excellent, il faut en tirer, en extraire la moelle ou, par référence à Rabelais, la substantifique moelle. 2. Moelle épinière, partie du système nerveux central logée dans le canal rachidien et d'où partent les nerfs rachidiens. Dans la moelle épinière, la substance blanche entoure la substance grise. Moelle allongée, syn. ancien de Bulbe rachidien. 3. BOT. Substance molle et spongieuse qui se trouve au centre de la tige ou de la racine, chez certains végétaux. De la moelle de sureau. Moelleusement(oe se prononce oi) adv. XVIIIe siècle. Dérivé de moelleux.D'une manière moelleuse, pleine de douceur et d'agrément. Moelleux, -EUSE (oe se prononce oi) adj. XVe siècle. Dérivé de moelle. 1. Qui est rempli de moelle. Un os moelleux. Une tige moelleuse. 2. Qui est agréable au toucher par sa douceur, sa souplesse. Un tapis moelleux. Une étoffe moelleuse. Un lit moelleux, souple et confortable. Par ext. Qui est agréable au goût, à l'oreille, à l'œil. Une viande tendre et moelleuse. Un vin moelleux, qui joint la douceur à la force. Des courbes moelleuses, souples et gracieuses. PEINT. Pinceau moelleux, dont les touches sont larges, souples et bien fondues. Subst. Le moelleux d'une étoffe. Ce vin a du moelleux. Moellon(oe se prononce oi) n. m. XIIe siècle, moillon. Issu du latin mutulus, « corbeau (au sens architectural) ».Pierre tendre, de dimensions moindres que la pierre de taille et de forme moins régulière, qu'on emploie en maçonnerie, et qu'on recouvre ordinairement de plâtre ou de mortier. Tirer des moellons d'une carrière. Un mur construit en moellon brut. Moellon piqué, travaillé avec la pointe du marteau, et servant aux puits, aux routes, aux fossés. Moellon d'appareil, équarri et piqué, pour être employé en parement. Par ext. GÉOL. Pierre plus petite qu'un bloc et plus grosse qu'un caillou. - VERRERIE. Anciennt., pierre calcaire dure, au grain très fin, dite pierre de liais, utilisée dans le polissage des glaces ; auj., dispositif métallique servant à aplanir et polir les glaces. Moeurs(s se fait parfois entendre à tort dans le langage courant) n. f. pl. XIIe siècle, murs. Issu du latin mores, -um, de même sens. 1. Habitudes dans tout ce qui regarde la conduite de la vie, considérées sous l'angle du bien et du mal, de la morale, de la bienséance. De bonnes, de mauvaises mœurs. Des mœurs pures, honnêtes, innocentes. Des mœurs corrompues, dépravées. Réformer ses mœurs. Le dérèglement de ses mœurs. Une personne de mœurs légères, de mœurs faciles, qui mène une vie dissolue. Absolt. Avoir des mœurs, une conduite vertueuse. Ne pas avoir de mœurs, offenser, par sa conduite, la morale admise. Un homme, une femme sans mœurs. Une affaire de mœurs. La police des mœurs ou, ellipt. et fam., les mœurs, naguère, service qui s'occupait principalement de la surveillance de la prostitution et de la répression du trafic des stupéfiants (on disait aussi Police mondaine). Spécialt. DROIT. Mœurs, bonnes mœurs, qui, sans être précisément définies par la loi, sont conformes aux règles de la morale communément reconnue, notamment en matière de sexualité, et aux nécessités de l'ordre public. Certificat de bonne vie et mœurs, attestant la bonne conduite de l'intéressé. Attentat aux mœurs. Outrage aux bonnes mœurs. 2. Usages, habitudes, coutumes propres à un peuple, à une société, à un groupe humain. Ce voyageur a décrit les mœurs des pays qu'il a traversés. Mœurs antiques, féodales, modernes. Une révolution s'est opérée dans les mœurs. Cela n'est pas encore entré dans les mœurs. Par anal. Les mœurs des abeilles, des ours, les habitudes naturelles propres à ces espèces. Spécialt. Scène de mœurs, tableau, gravure, etc., représentant une scène de la vie quotidienne. LITTÉRATURE. Roman de mœurs, étude de mœurs, qui décrit les mœurs d'une époque. Expr. Ô temps, ô mœurs ! expression traduite du latin, par laquelle on condamne les mœurs du temps où l'on vit. Prov. Autres temps, autres mœurs. La musique adoucit les mœurs. Titre célèbre : Essai sur les mœurs et l'esprit des nations, de Voltaire (1756). 3. Par ext. Habitudes qui caractérisent la manière d'être, la manière de vivre d'un individu. Nous adoptons facilement les mœurs de ceux que nous fréquentons. |