interj. XVIIe siècle. De même origine que mordieu.Vieilli. Euphémisme du juron Par la mort de Dieu, exprimant la colère, l'impatience, l'insistance. Te tairas-tu, morbleu ! On trouve aussi l'expression Par la morbleu. Morceaun. m. XIIe siècle, morsel. Diminutif de l'ancien français mors, « action de mordre ». 1. Portion séparée d'un aliment solide. Morceau de pain, de fromage, de viande. Sucre en morceaux. Gros, petit, menu, bon morceau. Morceau délicat, friand. Découper une volaille en morceaux. Le morceau honteux (vieilli et fam.), le morceau qui reste le dernier sur le plat. Les bas morceaux, morceaux de viande de qualité inférieure. Expr. fam. Les morceaux en sont bons, pour dire qu'un mets qui s'est fractionné par accident garde sa saveur. Manger un morceau, faire un repas léger, rapide. Exp. fig. et fam. Un morceau de roi, se dit de ce qui est particulièrement bon, recherché, désirable. C'est un gros morceau, une affaire dont il est difficile de venir à bout. Pop. Emporter, enlever le morceau, réussir, avoir gain de cause, parvenir à ses fins, et notamment enlever un marché. Casser, lâcher, manger le morceau, expliquer clairement ses griefs ; avouer, dire tout ce que l'on sait, souvent pour trahir. Ne pas lâcher le morceau, résister fermement ; refuser de parler. 2. Partie séparée d'un corps solide et continu. Découper un morceau d'étoffe, de bois. Des morceaux de verre. Mettre, réduire en morceaux, en petits morceaux, en mille morceaux. Expr. fig. et fam. Recoller les morceaux, travailler à la réconciliation, à l'apaisement après une querelle ou une crise. Loc. Fait de pièces et de morceaux, se dit d'un ouvrage de couture fait de pièces, d'éléments empruntés à diverses étoffes et qui ne vont pas bien ensemble. Un vêtement fait de pièces et de morceaux. Fig. Se dit de ce qui n'est pas bien coordonné, dont les parties n'ont pas la même origine et s'accordent mal. Ce livre est fait de pièces et de morceaux. 3. Portion, partie non séparée, mais distincte et considérée à part, d'un tout, d'un ensemble. Morceau de terre. Apercevoir un morceau de ciel. Spécialt. Partie, fragment qu'on distingue à l'intérieur d'un ouvrage de l'esprit, d'une œuvre d'art. Un recueil de morceaux choisis. Il y a de beaux morceaux dans ce poème, dans ce tableau. Un morceau d'anthologie, digne de figurer dans une anthologie. Morceau de bravoure, voir Bravoure. Se dit aussi parfois d'un ouvrage, d'une œuvre formant un tout et que l'on considère par rapport au genre auquel ils appartiennent. Un beau morceau d'éloquence, de poésie, de musique, d'architecture. Morcelableadj. XXe siècle. Dérivé de morceler.Qui peut être morcelé. Domaine morcelable. Morcelerv. tr. (se conjugue comme Amonceler ). XVIe siècle. Dérivé de morceau.Diviser par morceaux. Morceler une terre, un domaine. Cet empire a été morcelé ou, pron., s'est morcelé en territoires autonomes. Fig. Morceler un exposé. Morcellement n. m. XVIIIe siècle. Dérivé de morceler.Action de morceler ou fait de se morceler ; résultat de cette action. Le morcellement d'une propriété agricole. Mordachen. f. XVIe siècle. Issu du latin mordax, « mordant ».TECHN. 1. Pièce de bois ou de métal tendre qu'on place entre les mâchoires d'un étau afin de ne pas déformer l'objet qu'on y serre. 2. Désigne l'extrémité de certaines grosses tenailles ou pinces et, par ext., une pince de grande taille permettant de saisir des bûches. Mordacitén. f. XVe siècle. Emprunté du latin mordacitas, de même sens, dérivé de mordax, « mordant ».Vieilli. Qualité corrosive, par laquelle un corps agit sur un autre et le dissout en tout ou en partie. La mordacité de l'eau-forte. Fig. et litt. Caractère de ce qui est mordant, piquant. Mordançagen. m. XIXe siècle. Dérivé de mordancer.TECHN. Opération consistant à appliquer un mordant sur une surface. Le mordançage des étoffes, des peaux permet de fixer les substances colorantes. Le mordançage du métal, destiné à le décaper. Mordancerv. tr. (se conjugue comme Avancer). XIXe siècle. Dérivé de mordant II.TECHN. Soumettre au mordançage ; imprégner de mordant. Mordant, -ANTE adj. XIIe siècle. Participe présent de mordre. 1. Qui mord. Au sens littéral, ne se rencontre guère qu'en termes de chasse. Bêtes mordantes, sangliers, renards et, parfois, blaireaux. Par anal. Froid mordant, bise mordante. 2. CHIM. TECHN. Qui a une qualité corrosive. Un acide mordant. 3. Fig. Qui censure, raille, critique avec malignité et vivacité. C'est un esprit mordant. Par ext. Ironie mordante. Paroles mordantes. Une satire mordante. |