(s se prononce) n. m. XVIIIe siècle. Mot latin signifiant « morve ».PHYSIOL. Substance visqueuse, filante, que sécrètent certaines glandes, et qui humecte et protège les muqueuses. Mucus nasal, intestinal, gastrique. Mudéjar, -ARE adj. XVIIe siècle, Mudechare, comme nom masculin ; au XIXe siècle, comme adjectif. Mot espagnol, emprunté de l'arabe mudaggan, « autorisé à demeurer ». 1. Se dit des musulmans demeurés en Castille après la reconquête chrétienne. La population mudéjare. Subst. Les mudéjars. 2. Relatif à l'art qui se développa en Espagne à partir du XIIIe siècle dans les régions reconquises par les chrétiens, et où se manifeste l'influence des techniques et des formes de l'art islamique. L'architecture mudéjare. Le style mudéjar ou, subst., le mudéjar. Mueadj. f. XIe siècle. Forme féminine de l'ancien adjectif mu, « muet ».Synonyme ancien de Muette. Ne s'emploie plus que dans l'expression Rage mue, ou Rage muette, forme de la rage caractérisée par le fait que l'animal écume, mais ne crie ni ne mord. Muen. f. XIIe siècle. Déverbal de muer. 1. Renouvellement total ou partiel du tégument (peau, cuticule) ou des phanères (poils, plumes, cornes, etc.) de certains animaux, qui se fait périodiquement ou à des époques déterminées de leur vie, en fonction de l'âge, de la croissance, des conditions du milieu. Mue du serpent. Mue des oiseaux. Mue du cerf. Mue du chien. Mue de l'écrevisse, du criquet. Spécialt. Chez les insectes holométaboles, le passage de la larve à la nymphe, puis à l'adulte. La mue d'une chenille en chrysalide, d'une chrysalide en papillon (on dit aussi Métamorphose). Par méton. Époque à laquelle ces changements ont lieu. La mue arrive, est passée. VÈN. Un autour de trois mues, qui a mué trois fois, qui a trois ans. 2. Dépouille d'un animal qui a mué. Mue du serpent, la peau laissée par le serpent. Mue des Arthropodes, tégument qu'ils abandonnent (dans ces deux emplois, on dit aussi Exuvie). Mue d'un cerf, bois que le cerf a mis bas. 3. Cage grillagée, où l'on enferme un oiseau de proie au moment où il mue, pour le protéger. Une mue de faucon. Il ne faut pas laisser voler ces oiseaux, il faut les tenir dans la mue. Par ext. Cage où l'on maintient une poule avec ses poussins ; lieu étroit et obscur où l'on tient la volaille pour l'engraisser. Mettre des chapons en mue. CHASSE. Piège composé d'une cage sans fond, maintenue soulevée au-dessus du sol par un dispositif en équilibre appelé quatre de chiffre, et que l'oiseau, en venant picorer, renverse sur lui. L'usage de la mue est réglementé. 4. Par anal. PHYSIOL. Changement qui se produit dans la voix humaine au moment de la puberté. La mue a modifié le timbre de voix de cet adolescent. Muerv. intr. et tr. XIe siècle, muder. Issu du latin mutare, « changer ». I. V. intr. 1. En parlant des animaux. Changer de poils, de plumes, de peau, etc. ; subir la mue. Ce chat mue, commence à muer. Les oiseaux muent. VÈN. Muer de tête ou, transt., muer la tête, se dit du cerf, du chevreuil qui perd les bois de l'année. 2. En parlant de la voix des jeunes gens, se transformer pour devenir plus grave. Sa voix mue. Par méton. Ce jeune homme est en train de muer. II. V. tr. Changer, transformer. Le héros de cette légende est mué en rocher par un maléfice. Le plus souvent à la forme pronominale. Son amitié s'est muée en amour. Muet, -ETTE adj. XIIe siècle. Issu du latin mutus, de même sens. 1. Qui est privé de l'usage de la parole, naturellement ou par accident. Il est muet, il est sourd et muet ou sourd-muet. Se dit aussi de certains animaux qui n'ont pas de cri. Expr. fig. N'être pas muet, se dit d'une personne qui parle hardiment ou, simplement, qui parle beaucoup. Je vous assure qu'il n'est pas muet. Et voilà pourquoi votre fille est muette, formule empruntée au Médecin malgré lui, de Molière, par laquelle on commente de manière ironique une explication qui n'a rien éclairé. Subst. Un muet, une muette. Un sourd-muet, une sourde-muette. Des sourds-muets. Spécialt. D'ordinaire au pluriel. Nom donné jadis aux serviteurs du sultan ottoman qui avaient été rendus muets, et, par ext., à ceux qui ne devaient parler que par signes. Les muets du sérail. Le sultan fit étrangler son ennemi par les muets. 2. Qui ne prononce aucune parole, qui se tait volontairement, parce qu'il ne peut, ne veut, ne sait pas répondre. Rester muet. Il demeura muet d'étonnement. La frayeur l'avait rendu muet. Par anal. VÈN. Chien muet, chien courant qui chasse sans donner de la voix. Expr. fig. Être muet comme une carpe, comme une tombe, ne rien dire et, spécialement, garder sur quelque chose le secret le plus complet. Subst. Faire le muet, affecter de ne rien dire. Fam. La grande muette, surnom donné à l'armée, par allusion à l'obligation de discrétion et de réserve imposée aux militaires. Loc. adv. À la muette, sans parler, sans faire de bruit. Par ext. En parlant d'objets. Les cloches de cette église restent muettes. Cet ouvrage est muet à ce sujet, il ne l'évoque pas. Les lois sont muettes sur ce point. Spécialt. Une médaille muette, dépourvue de légende. Carte muette, sur laquelle aucun nom n'est porté. Menu muet, dans les restaurants, menu qu'on présente aux invités et qui ne comporte pas de prix. 3. Qui se manifeste, se fait sans recours à la parole. Un reproche muet, une plainte muette. On dit que les grandes douleurs sont muettes. THÉÂTRE. CINÉMA. Jeu muet, partie du jeu de l'acteur qui exprime sans paroles, par le geste, le maintien, l'air du visage, etc., les sentiments de son personnage. Scène muette. Rôle muet, rôle d'un personnage qui n'a pas de texte à prononcer. Cinéma muet, sans paroles ni son. 4. Spécialt. GRAMM. Se dit d'une voyelle ou d'une consonne qui, bien qu'elle figure dans un mot, ne se prononce pas. E muet, h muet. Le « h » du mot « herbe » est muet. Ellipt. et subst. Une muette, une lettre muette. Muetten. f. XIVe siècle. Ancienne forme de meute.Nom donné autrefois à des pavillons servant de rendez-vous de chasse, et parfois même à de grands édifices. La muette du bois de Boulogne. La muette de la forêt de Saint-Germain. Subsiste aujourd'hui, avec la majuscule, dans certains noms propres. Le château de la Muette, le quartier de la Muette, à Paris. Muezzin(zz se prononce dz ; n se fait entendre) n. m. XVIe siècle, maizin. Emprunté, par l'intermédiaire du turc meyzin, müezzin, de l'arabe mu'addin, de même sens.Fonctionnaire musulman attaché aux mosquées, qui, du haut du minaret, appelle les fidèles à la prière cinq fois par jour, selon une des règles fondamentales de l'islam. L'appel du muezzin. Muffin(u se prononce e ; n se fait entendre) n. m. XVIIIe siècle. Mot anglais.Petit pain rond et plat, grillé et servi beurré avec le thé. Des toasts et des muffins. Muflen. m. XVIe siècle. Altération de moufle, « visage rebondi », sous l'influence de museau. 1. Nom donné à l'extrémité du museau de certains mammifères (carnassiers, rongeurs et surtout ruminants), qui est dépourvue de poils, humide, et autour de laquelle poussent de longs poils raides, ou vibrisses. Un mufle de tigre. Mufle de rat. Le mufle d'un cerf, d'un bœuf. Par ext. Ornement de sculpture qui représente un mufle d'animal, le plus souvent celui du lion ou du tigre. Fig. Visage aux traits grossiers, à l'expression brutale. Avoir un vilain mufle. 2. Fig. et fam. Terme de mépris par lequel on désigne un homme au caractère brutal, aux manières grossières, un goujat. Il s'est comporté avec elle comme un mufle. Quel mufle ! Adjt. Il est assez mufle pour se conduire ainsi. |