v. tr. XVIe siècle. De l'ancien français barater, bareter, « tromper, frauder », d'origine obscure, et dont le sens général a dû être celui de « agiter, remuer ».Battre dans une baratte. Barbacanen. f. XIIe siècle. Probablement emprunté du persan bâlakhanah, « étage supérieur, terrasse sur un toit ». 1. FORTIFICATIONS. Au Moyen Âge, ouvrage avancé, destiné à protéger une porte, la tête d'un pont, etc. Meurtrière pratiquée dans une muraille, permettant de tirer à couvert sur les assaillants. 2. BÂT. Petite ouverture ménagée dans un mur de terrasse, de soutènement, pour permettre l'écoulement des eaux d'infiltration. Ouverture étroite et verticale destinée à donner du jour et de l'air à un local souterrain, cave, crypte, etc. Barbant, -ANTE adj. XXe siècle. Participe présent de barber.Fam. Ennuyeux. Je ne connais personne d'aussi barbant. Un travail barbant. Une soirée barbante. Barbaquen. f. XIXe siècle. Peut-être emprunté de l'espagnol du Mexique, barbacoa, « gril servant à fumer la viande ».Pop. Viande de qualité inférieure. Dans cette pension, on ne vous sert que de la barbaque. Barbareadj. XIVe siècle. Emprunté du latin barbarus, « étranger » et, au figuré, « rude, inculte, grossier ». 1. ANTIQ. Qui est étranger au monde grec ou gréco-romain, à sa civilisation. Un peuple barbare, une langue barbare. Les invasions barbares. Subst. Les Barbares de l'Europe du Nord, de l'Asie. Arrêter les incursions des Barbares. Par anal. Anciennt. Qui est étranger à la chrétienté, à la civilisation chrétienne. Évangéliser des peuples barbares. 2. Qui a des mœurs rudes et grossières, qui est peu civilisé, peu policé. Une peuplade barbare. Des êtres frustes et barbares. Par méton. Des mœurs barbares, des superstitions barbares. Subst. C'est un barbare, un homme d'une ignorance grossière, incapable d'apprécier les richesses de la civilisation. 3. Qui n'est pas conforme aux normes esthétiques en vigueur ; qui heurte l'usage, le goût. Une architecture barbare. Un style barbare. Cette manière de parler est barbare, heurte les règles de la grammaire. Des termes barbares, qui ne sont pas conformes à la pratique usuelle de la langue. 4. Cruel, inhumain ; qui montre une impitoyable férocité. Un conquérant barbare. Des soldats barbares. Par méton. Une coutume barbare. Un spectacle barbare. Subst. N'attendez d'eux aucune pitié, ce sont des barbares. Titre célèbre : Sous l'œil des Barbares, de Maurice Barrès (1888). Barbaresqueadj. et n. m. XVIe siècle. Emprunté de l'italien barbaresco, dérivé de barbaro, « barbare », de Barberia, « la Barbarie (d'Afrique du Nord) ».Anciennt. Qui appartient à l'Afrique du Nord. Les États barbaresques. Les pirates barbaresques. Subst. Un engagement sur mer avec des Barbaresques. Barbarien. f. XVe siècle. Emprunté du latin barbaria, barbaries désignant d'abord l'Italie pour les Grecs. 1. État précédant la civilisation dans l'évolution de l'humanité ; état d'une civilisation que l'on tient pour inférieure. Rester dans la barbarie. Tirer un peuple de la barbarie. Retomber dans la barbarie. Des siècles de barbarie. 2. Caractère rude et non policé. La barbarie d'un peuple. La barbarie de leurs mœurs. 3. Caractère grossier heurtant les usages, les règles esthétiques en vigueur. Barbarie de langage, de style. 4. Cruauté, férocité. Une barbarie aveugle, sanguinaire. Pousser la répression jusqu'à la barbarie. Un acte de barbarie. Par méton. Acte d'une cruauté inhumaine. Tant de barbaries ont fait de lui la terreur de son peuple. Barbarismen. m. XIIIe siècle. Emprunté du latin barbarismus, « expression vicieuse ».Façon de parler incorrecte et vicieuse. Spécialt. Faute de langage qui consiste à forger des mots ou des formes qui ne respectent pas les règles morphologiques d'une langue. « Nominer », pour « nommer, citer », est un barbarisme. Un thème latin truffé de solécismes et de barbarismes. Faire un barbarisme. Barben. f. XIe siècle. Du latin barba, « barbe » (en parlant d'un homme ou de certains animaux). I. Ensemble des poils qui poussent sur les joues, le menton et les lèvres de l'homme adulte. La première barbe. Se laisser pousser la barbe. Une barbe blonde, blanche, grisonnante, broussailleuse, fournie, frisée, hirsute. Un collier de barbe. Tailler sa barbe. Se couper, se raser, se faire la barbe. Une barbe de huit jours, qui n'a pas été rasée depuis huit jours. Un plat à barbe, ou vieilli, un bassin à barbe, plat à larges bords, échancré d'un côté, dans lequel on mettait la mousse de savon qui servait au rasage. Porter une fausse barbe. Spécialt. Partie de cet ensemble, par opposition à Moustache. Porter la barbe et la moustache. Par ext. Une femme à barbe. Expr. fig. et fam. Une vieille barbe, un homme âgé, aux idées rétrogrades. Il n'a pas de barbe au menton, c'est un jeune homme sans expérience. Rire dans sa barbe, éprouver une satisfaction maligne qu'on cherche à dissimuler. Parler dans sa barbe, de manière peu audible. Faire quelque chose à la barbe de quelqu'un, au nez et à la barbe de quelqu'un, en sa présence et comme en dépit de lui. Interj. fam. La barbe ! cela suffit, cela n'a que trop duré. Quelle barbe ! que cela est ennuyeux ! II. Par anal. 1. ZOOL. Touffe de longs poils que certains animaux ont sous la mâchoire inférieure ou de chaque côté du museau. La barbe d'un bouc, d'une chèvre. Barbe de coq, chacune des deux petites excroissances qui pendent sous le bec du coq. Barbes de poisson, nageoires cartilagineuses des poissons plats comme le turbot, la barbue. Barbes de baleine, filaments qui terminent les fanons de la baleine. Barbes de plume, chez les oiseaux, filaments implantés de chaque côté du tuyau d'une plume. 2. BOT. Barbes d'épi, arêtes ou filets, longs et minces, qui hérissent les épis de certaines graminées telles que l'orge. Barbe-de-capucin, une chicorée frisée que l'on mange en salade. Des barbes-de-capucin. Barbe-de-bouc, nom vulgaire du salsifis des prés. Des barbes-de-bouc. Barbe-de-chèvre, autre nom de la clématite. Des barbes-de-chèvre. Barbe-de-Jupiter, autre nom de la joubarbe. Des barbes-de-Jupiter. Barbe-de-moine, autre nom de la cuscute. Des barbes-de-moine. 3. Spécialt. Moisissure qui se développe sur les confitures, le pain, le fromage, le gibier, etc. 4. CONFIS. Barbe à papa, friandise constituée de filaments de sucre aromatisé étirés à chaud et enroulés autour d'un bâtonnet. 5. Au pluriel. Bandes de toile ou de dentelle, qui pendent de chaque côté de certaines coiffures de femme. Les barbes d'une coiffe, d'un bonnet. 6. TECHN. Inégalité, bavure ou excroissance qui subsiste dans certains ouvrages de métal et doit être arasée avec un outil tranchant, ou limée. - PAPETERIE. Irrégularité sur les bords d'une feuille de papier. Une marge avec ses barbes. - SERRURERIE. Chacune des parties saillantes de la queue du pêne, sur lesquelles agit le panneton de la clef. Barben. m. XVIe siècle. Emprunté de l'italien barbero, dérivé de Barberia, « la Barbarie (d'Afrique du Nord) ».Cheval de selle, originaire d'Afrique du Nord. Il a fait l'acquisition de deux barbes vigoureux. En apposition. Une jument barbe. |