n. f. XIIIe siècle. Emprunté de l'italien barca, issu du latin tardif barca (voir Barge).Petit bateau de faible tonnage, ponté ou non, utilisé surtout pour la navigation sur les rivières ou les étangs et pour le cabotage ou la pêche. Barque de pêche. Barque à deux mâts. Une promenade en barque. Barque latine, à voiles triangulaires. Cette barque prend l'eau. Le patron de la barque. MYTH. La barque de Charon, embarcation dans laquelle l'âme du mort traversait le Styx pour entrer dans les enfers. Expr. fig. Bien mener, mal mener sa barque, bien conduire, mal conduire sa barque, réussir, échouer dans ce qu'on entreprend. Mener la barque, être celui qui commande. Barquerolle n. f. XVIe siècle, barquerole, « conducteur d'une gondole ». Emprunté de l'italien barcheruolo, « conducteur de barque », puis « petite barque » (voir Barcarolle).Vieilli. Petite barque sans mât qui ne va jamais en haute mer. Barquetten. f. XIIIe siècle. Dérivé de barque. 1. Petite embarcation, canot. Une flottille de barquettes. 2. Tartelette de forme ovale garnie d'un appareil salé ou sucré. Des barquettes aux champignons. Des barquettes aux fraises, aux myrtilles. 3. Récipient de carton léger, de matière plastique, d'aluminium, etc., dans lequel on vend certains fruits fragiles ou certaines préparations alimentaires. Une barquette de fraises des bois, de framboises. Barragen. m. XIIe siècle. Dérivé de barre. 1. Action d'interdire l'accès d'un passage. Le barrage de l'autoroute à la suite d'un accident. Le barrage de la voie ferrée par des manifestants. Expr. fig. Faire barrage à, s'opposer par tous les moyens à. Faire barrage à une initiative dangereuse, à un candidat. Spécialt. MILIT. Tir de barrage, tir d'artillerie destiné à briser une attaque terrestre ou aérienne. Barrage roulant, tir d'artillerie qu'on allonge pour préparer une attaque de l'infanterie. - SPORTS. Match de barrage, permettant de départager deux concurrents ou deux équipes qui sont à égalité à l'issue d'une compétition, ou qui se disputent l'accès à une même catégorie, à une même division. Par anal. PSYCHIATR. Arrêt brusque et momentané du discours, de l'action, comme sous l'effet d'un obstacle soudain. 2. Obstacle établi pour interdire le passage. Un barrage de madriers, de pavés, de rochers, de camions. Établir un barrage. Franchir, forcer, lever un barrage. Un barrage de police, un cordon d'agents et de véhicules de police. TRAV. PUBL. Ouvrage établi sur un cours d'eau, créant une retenue d'eau en amont. Les barrages servent à dériver ou à accumuler l'eau, pour empêcher les inondations, permettre l'irrigation, régulariser la navigation, créer une force motrice. Barrage en terre, en maçonnerie, en remblai, en béton armé. Un barrage de retenue. Un barrage-poids, dont le seul poids assure la stabilité. Des barrages-poids. Un barrage-voûte, dont la forme permet de transmettre aux appuis latéraux la poussée de l'eau. Des barrages-voûtes. Barrage d'une usine hydroélectrique. Lac de barrage. Par ext. Un barrage de douze millions de mètres cubes, qui peut retenir ce volume d'eau. Barren. f. XIIe siècle. Emprunté du latin populaire *barra, d'origine inconnue. I. Objet de forme étroite et allongée, constitué d'une matière rigide. 1. Longue et étroite pièce de bois, de fer. S'armer d'une solide barre de fer. Une barre d'acier. Assommer quelqu'un à coups de barre. Mettre une barre d'appui à une fenêtre. Les volets sont fixés de l'intérieur par une barre transversale. Poser une barre en travers des chenets pour retenir les tisons. Par ext. Une barre d'argent. Une barre d'or fin, un lingot. Par anal. Diviser une tablette de chocolat en barres. Manger une barre de chocolat. Loc. fam. Coup de barre, évènement qui accable, étourdit, assomme et, spécialement, prix très élevé demandé par un restaurateur, un artisan, etc., pour ses services. Dans cet hôtel, c'est le coup de barre. Expr. fig. et fam. Avoir un coup de barre, être victime d'un brutal accès de fatigue. C'est de l'or en barre, une promesse sur laquelle on peut compter ; une affaire sûre, lucrative, qui ne fait courir aucun risque. Avoir une barre sur le ventre, sur la poitrine, ressentir au niveau du ventre, de la poitrine, une crispation musculaire douloureuse. 2. TYPOGR. Barre de châssis, pièce de fer divisant en deux parties le châssis dans lequel on assemble ou impose les pages. - TONNELLERIE. Pièce de bois transversale qui serre et soutient les fonds d'un tonneau par le milieu. - MINES. Barre à mine, longue tige métallique terminée en biseau, destinée à forer des trous de mine. - AUTOMOBILE. Barre d'accouplement, reliant les roues directrices pour les maintenir dans deux plans parallèles. Barre de torsion, type de suspension élastique. 3. MARINE. Pièce de bois ou de fer servant à soutenir, à fixer, à régler, à orienter différentes parties d'une embarcation. Barre d'écoutille. Barre de cabestan. Barres de flèche, qui assurent la rigidité des mâts en écartant les haubans. Spécialt. La barre franche ou, ellipt., la barre, le levier horizontal qui commande la mèche de gouvernail et, par ext., tout organe de commande du gouvernail, y compris la barre à roue. Barre de plongée, à bord d'un sous-marin, organe de commande du gouvernail de profondeur. Mettre la barre sur un point, se diriger vers ce point. Mettre la barre au vent, sous le vent, écarter ou se rapprocher du lit du vent. Être à la barre, tenir la barre, tenir le gouvernail et, fig., diriger une entreprise, un État. L'homme de barre, qui manœuvre le gouvernail. Coup de barre, manœuvre modifiant brusquement la route d'un navire et, fig., changement brutal dans la conduite ou les opinions de quelqu'un. Le maire a dû donner un coup de barre à droite pour gagner l'élection. Redresser la barre, modifier sa position pour corriger la trajectoire du bateau et, fig., rétablir une situation compromise. 4. SPORTS. GYMNASTIQUE. Barre fixe, traverse d'acier horizontale soutenue par deux montants verticaux, et sur laquelle les gymnastes exécutent des exercices, des figures. Barres parallèles, traverses de bois fixées parallèlement et à la même hauteur sur des montants verticaux. Barres asymétriques, traverses de bois fixées parallèlement et à des hauteurs différentes. - DANSE. Tringle de bois, scellée horizontalement dans un mur, servant à l'entraînement des danseurs. - HALTÉROPHILIE. Barre à disques, tige d'acier aux extrémités de laquelle on place des disques d'acier de poids croissant. - ÉQUIT. Longue perche de bois servant à aménager des obstacles sur le parcours d'un concours hippique. - ATHLÉTISME. Obstacle que doit franchir le concurrent d'une épreuve de saut en hauteur ou de saut à la perche. Mettre la barre à un mètre quatre-vingts. Passer, franchir la barre, sauter par-dessus l'obstacle et, fig., atteindre le niveau requis pour accéder à une qualification, dans un concours, une élection, etc. Ce parti n'a pas franchi la barre des cinq pour cent. Rester en-dessous de la barre, d'une limite donnée. Il y a peu de candidats reçus, la barre était placée trop haut. 5. Spécialt. Par référence à la barrière qui délimitait l'enceinte du tribunal, partie de la salle d'audience où comparaissent les témoins et où les avocats prononcent leurs plaidoiries. Comparaître à la barre. On l'a mandé à la barre. Il a parlé à la barre. II. Par anal. 1. OROGR. Crête rocheuse aiguë, à flancs verticaux. La barre des Écrins. 2. OCÉAN. Banc de sable ou d'alluvions se formant dans ou devant l'embouchure d'un fleuve, à l'endroit où les eaux douces rencontrent les eaux marines. La barre du Mékong, du Mississippi, de l'Orénoque. Vague qui roule et brise continuellement à l'entrée de certaines rivières ou sur certaines côtes. Franchir la barre, passer la barre. Les barres de la Guinée, du Niger, du Sénégal. La barre de l'Adour à Bayonne. 3. Trait droit et court tracé à la plume, au crayon, à la craie, etc. Biffer un passage d'une barre. Tirer une barre à la fin d'un chapitre. Deux exemples séparés par une barre. Faire tracer à un enfant une rangée de barres. La barre du « t », le trait droit qu'on trace en travers de la partie verticale de cette lettre. MUS. Ligne verticale séparant les mesures les unes des autres. Barre de mesure. Double barre, indiquant soit la fin, soit, précédée de deux points, la reprise d'un morceau. - INFORM. Code à barres, voir Code. 4. HÉRALD. Pièce de l'écu allant de l'angle sénestre du chef à l'angle dextre de la pointe. La barre de bâtardise. Les barres et les bandes. Il porte de gueules à la barre d'argent. Péri en barre, signe de bâtardise, barre raccourcie en forme de bâton. 5. ZOOL. Chez les Équidés et les Bovidés, espace du maxillaire inférieur dépourvu de dents entre les molaires et les canines ou les incisives. On place le mors sur les barres du cheval. 6. Au pluriel. Vieilli. Jeu où s'affrontent à la course deux équipes séparées par une ligne tracée au sol et où chaque camp s'efforce de faire prisonniers les joueurs adverses. Jouer aux barres. Une partie de barres. Expr. Toucher barres (vieilli), atteindre la marque du camp auquel on appartient pour en repartir aussitôt. Fig. Ne faire que toucher barre, ne pas s'arrêter dans un endroit, repartir sitôt arrivé. Avoir barres ou, auj., barre sur quelqu'un, avoir un avantage sur lui. Si vous lui cédez, vous lui donnerez barre sur vous, il prendra barre sur vous. Barré, -ÉE adj. XIIe siècle. Participe passé de barrer. 1. Dont un barrage, une barrière, ou tout autre obstacle interdit l'accès. Rue barrée. Issue barrée. Route barrée. Fig. Avoir l'estomac barré, éprouver la sensation douloureuse d'une barre au niveau de l'estomac. 2. ANAT. Dent barrée, dont les racines présentent une coudure dans l'os maxillaire, qui rend l'extraction difficile. 3. Qui porte une barre. HÉRALD. Un écu barré ou, subst., un barré, un écu dont le champ est divisé en un nombre pair de parties égales d'émaux alternés, dans le sens de la barre. Barré d'argent et de gueules. - FINANCES. Chèque barré, portant au recto deux barres parallèles qui indiquent qu'il ne peut être payé que par virement sur un compte bancaire ou postal. 4. SPORTS. Dans une course d'aviron, en parlant d'un bateau ou d'un équipage, qui est dirigé par un barreur. Les deux barré, le quatre barré. Barreaun. m. XIIIe siècle, au sens de « visière » ; XVIe siècle, au sens 2. Dérivé de barre. 1. Barre de bois ou de métal, de faible diamètre, servant, seule ou en combinaison avec d'autres, de soutien, de support, de clôture. Sceller un barreau dans un soupirail. Les barreaux d'une grille, d'une cage, d'une prison. Être, rester derrière les barreaux, en prison. Limer, rompre des barreaux. Les barreaux d'une chaise, les petites barres de bois servant à maintenir et assembler les montants d'une chaise. Appuyer ses pieds sur le barreau d'une chaise. 2. TRIBUNAUX. Partie de la salle d'audience, réservée au banc des avocats et autrefois fermée par une barre de bois ou de fer. Par méton. La profession d'avocat. Se destiner au barreau. L'éloquence du barreau, propre au genre judiciaire. Le corps des avocats inscrits auprès d'un tribunal ou d'une cour d'appel. S'inscrire au barreau de sa ville natale. Le barreau de Paris. Être radié du barreau. Barrementn. m. XIVe siècle, au sens de « exception ». Dérivé de barrer.FINANCES. Action de barrer un chèque. Barrerv. tr. XIIe siècle, au sens de « consolider à l'aide d'une barre ». Dérivé de barre. 1. Fermer à l'aide d'une barre. Barrer une fenêtre, une porte. Spécialt. Au Canada. Fermer à clef. TECHN. Fortifier, consolider au moyen d'une barre ou d'un barreau. Barrer une table, un châssis, les fonds d'un tonneau. 2. Fermer, obstruer un chemin, un passage. Barrer une route. Un éboulement a barré la route nationale. Un long cortège barrait la rue. L'entrée du port était barrée par les sables. Barrer la route, le chemin à quelqu'un, se mettre devant lui pour l'empêcher de passer et, fig., se mettre en travers de ses projets, de ses entreprises. Il a réussi à lui barrer la route du pouvoir. Ellipt. Barrer quelqu'un, faire obstacle à sa carrière. Fig. La peur lui barrait l'estomac. 3. Marquer d'un trait de plume, de crayon, etc. Barrer ses « t ». Barrer un chèque, tirer deux traits parallèles et transversaux sur le recto d'un chèque pour indiquer qu'il ne peut être payé que par virement à un compte bancaire ou postal. Par anal. Être placé en travers de. Une mèche de cheveux lui barrait le front. Sa joue était barrée d'une balafre. Spécialt. Rayer d'un ou de plusieurs traits ce qui est écrit, pour le biffer, l'annuler. Il faut barrer ces deux lignes, cette phrase. 4. MARINE. Diriger une embarcation à l'aide de la barre. Barrer un canot, un voilier ou, absolt., barrer. 5. Pron. Pop. Se barrer, s'en aller, partir ; s'enfuir. Barretten. f. XIVe siècle. Emprunté de l'italien barretta, du latin médiéval biretum, « chapeau ».Toque carrée à trois ou quatre cornes, pouvant se replier et s'aplatir, qui sert de coiffure aux ecclésiastiques. La barrette est noire pour les prêtres, violette pour les évêques et rouge pour les cardinaux. Recevoir la barrette de cardinal ou, ellipt., recevoir la barrette, être nommé cardinal. |